La situation en Irak

Répondre


Cette question vous permet de vous prémunir contre les soumissions automatisées et intensives effectuées par des robots indésirables.
Émoticônes
:?: :!: :arrow: :nule: :coeur: :) ;) :( :mal: :D :-D :oops: :cool: :/ :oui: :> :diable: <: :s :hypocrite: :p :amoureux: :clown: :rire: :-[ :sonne: :ciao: :zut: :siffle: :saint: :roule: :incertain: :clap: :fleur: :-@ :non: :cry: :bomb: :exclamation: :dormir: :wow: :boxe: :furieux: :toast: :dance: :flash:
Plus d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : La situation en Irak

Re: Irak: tout un peuple tétanisé

par etienne lorant » mer. 24 sept. 2014, 14:46

etienne lorant a écrit : Que cette guerre concerne le monde entier, je l'ai compris hier en découvrant l'opération entamée par les Australiens sur leur propre territoire ! En Australie ? Moi qui croyais que c'était le dernier endroit où l'islam radical aurait pu pénétrer ! Mais je m'étais trompé, il suffit de voir ce titre :
L'Australie a annoncé jeudi avoir arrêté 15 personnes et déjoué des assassinats sur son sol projetés par des jihadistes du groupe Etat islamique (EI), qui auraient notamment eu l'intention de filmer la décapitation d'un civil.
http://www.rtbf.be/info/monde/detail_l- ... id=8358201

Qui aurait pu songer à l'Australie comme terrain de manoeuvre pour les Djiadistes de tout poil ? Dès lors tout est possible.
...
----------------------

Suite de l'intervention en Australie :

Un jeune homme, soupçonné de "terrorisme" par le renseignement australien, a blessé deux policiers à coups de couteau avant d'être abattu, un attentat survenu au lendemain d'appels lancés par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) exhortant les musulmans à tuer des ressortissants occidentaux.

L'Australie, qui vient de relever son niveau d'alerte face au danger représenté par les combattants australiens de l'EI de retour du Moyen-Orient, avait fait savoir qu'elle prenait les dernières menaces jihadistes très au sérieux.

Le jeune homme de 18 ans, dont le passeport avait été annulé il y a une semaine pour raisons de sécurité, avait été convoqué mardi soir dans un commissariat de la banlieue de Melbourne pour un interrogatoire "de routine" par les agents de la lutte antiterroriste.

Abdul Numan Haider a serré la main de deux enquêteurs avant de sortir un couteau et de poignarder les deux hommes à plusieurs reprises, blessant l'un d'eux à la tête, au cou et au ventre.

L'article est long :

http://www.lalibre.be/actu/internationa ... e61041face

Re: Irak: tout un peuple tétanisé

par etienne lorant » dim. 21 sept. 2014, 14:56

Sous le lien qui suit des chrétiens d'Irak ont trouvé un lieu d'accueil en Alsace:

http://france3-regions.francetvinfo.fr/ ... 36562.html

Re: Irak: tout un peuple tétanisé

par jean_droit » dim. 21 sept. 2014, 9:52

"Irak : Tout un peuple tétanisé".

Il ne faut pas aller dans l'exagération journalistique.

D'abord en rappelant qu'il semble que tout se passe bien dans la partie chiite de l'Irak, y compris, sans doute, à Bagdad ensuite que dans les villes tenues par les islamistes de l'EI une partie importante de la population se sent "en paix" chez elle , d'abord parce qu'elle est sunnite comme les membres de l'EI et, pour certains, parce qu'elle approuve l'EI.

Les journalistes un tendance à voir la réalité en fonction de leur idéologie.

La réalité est toujours plus complexe surtout en pays du Moyen Orient.

Re: Irak: tout un peuple tétanisé

par etienne lorant » ven. 19 sept. 2014, 18:52

Qu'une troisième guerre moniale soit engagée, comme dit le Pape, j'ai commencé d'y songer, avec beaucoup de mes semblables, le jour où j'ai vu, en direct, à la télé, le 11 septembre 2001.

Cela ressemblait tellement à l'attaque sur Pearl Harbor - sauf qu'à New-York, on était en plein territoire américain ! Sauf qu'une aile du Pentagone a sauté ! Au contraire d'un de nos posteurs qui a écrit quelque chose comme "13 ans plus tard, les Américains n'ont pas compris", je crois au contraire que depuis ce jour-là, les Etats-Unis ont commencé la riposte, et tout monte à nouveau en puissance.

Que cette guerre concerne le monde entier, je l'ai compris hier en découvrant l'opération entamée par les Australiens sur leur propre territoire ! En Australie ? Moi qui croyais que c'était le dernier endroit où l'islam radical aurait pu pénétrer ! Mais je m'étais trompé, il suffit de voir ce titre :
L'Australie a annoncé jeudi avoir arrêté 15 personnes et déjoué des assassinats sur son sol projetés par des jihadistes du groupe Etat islamique (EI), qui auraient notamment eu l'intention de filmer la décapitation d'un civil.
http://www.rtbf.be/info/monde/detail_l- ... id=8358201

Qui aurait pu songer à l'Australie comme terrain de manoeuvre pour les Djiadistes de tout poil ? Dès lors tout est possible. A quand une attaque suicide dans une de nos cathédrales en Europe ?

...

Re: Irak: tout un peuple tétanisé

par etienne lorant » ven. 19 sept. 2014, 10:52

Vous avez souffert, à présent c'est notre tour", a dit le pape François au président du Congrès juif mondial (WJC), Ronald Lauder, dans une allusion aux persécutions des chrétiens d'Irak, a rapporté M. Lauder jeudi à la presse à Rome.

"Ce sont d'abord les juifs qui ont souffert des attaques sauvages commises à leur encontre (par les nazis, ndlr), et le monde est resté silencieux", a rappelé M. Lauder, qui a été reçu mercredi soir par le pape au Vatican.

"Aujourd'hui, ce sont les chrétiens qui sont anéantis et les réactions sont peu nombreuses: pourquoi personne ne réagit?", s'est-il interrogé en condamnant, comme le pape, les attaques contre des chrétiens au Moyen-Orient.

Il faut "que cela cesse, car c'est immoral", a-t-il insisté, en rappelant qu'il avait dénoncé en août dans une tribune du New York Times le silence face à ces persécutions et la solidarité de la communauté juive avec ses "frères chrétiens".

Evoquant une nouvelle fois l'idée que le monde est engagé dans "une troisième guerre mondiale" du fait des extrémismes religieux, le pape a affirmé que juifs et chrétiens devaient prier ensemble pour la paix, a également rapporté M. Lauder.
http://www.lalibre.be/actu/internationa ... e61040c08a

Irak: tout un peuple tétanisé

par etienne lorant » mar. 16 sept. 2014, 10:30

Voici le carnet de route de Christophe Lamfalussy, envoyé spécial de "La Libre Belgique" en Irak.


En vingt-cinq ans de reportages, de guerres et de crises internationales, je ne me souviens pas avoir vu des regards aussi vides que celui des Yézidis qui affluent aujourd'hui dans le Kurdistan irakien, logeant sous les arbres, le long des routes, dans des camps de toile ou des immeubles abandonnés. C'est le regard des hommes qui m'a le plus frappé – un regard fixe, si transparent que l'on croit entrer dans l'âme de celui qu'on regarde. Voilà pourquoi, pour la première fois, je me suis permis dans un article (article abonné) de parler d'âmes brisées.

Je le confesse : j'ignorais qui étaient les Yézidis avant d'aller à leur rencontre. J'ai trouvé un peuple persécuté pour ce qu'il est, dans la plus grande négation de l'humanité et du droit à tous de vivre sur cette planète. J'ai vu des enfants tétanisés, immobiles, endormis sur des paillasses, le regard aussi vide. J'ai vu des femmes pleurer à toute heure de la journée. Chaque sourire arraché à ces Yézidis était pour nous comme une victoire sur la barbarie.

Ce qui m'amène à ceux qui les ont chassés de leur vallée de Sinjar.

Ce qui me frappe dans l'Etat islamique, ce n'est pas la brutalité, mais l'extrême organisation de ce groupe dont on dit qu'il draîne près de 30 000 recrues, en grande majorité originaires d'Irak et des pays musulmans. Daech n'est pas un groupe terroriste, mais un Etat en construction. La brutalité renvoie à Tamerlan et aux califes du temps passé, mais l'organisation rappelle le fascisme.


La percée des jihadistes a été si bien préparée que ceux-ci disposent sur ordinateurs de listes des habitants dont ils contrôlent l'identité. A la recherche de vierges, promises au mariage forcé et à l'esclavage, ils dépêchent des docteurs pour examiner les femmes yézidis qu'ils détiennent en otage. A Al-Raqqa, leur quartier-général en Syrie, ils ont instauré une police des mœurs intimant aux femmes de se couvrir parfaitement la tête et aux hommes de renoncer à la musique occidentale.

Ils sont aussi prosélytes, entraînés dans leur quête d'un islam purifié et régénéré. Daech a laissé partir des chrétiens de Qaraqosh ayant simulé une conversion à l'islam. Les hommes pris en otage sont obligés de suivre des prières musulmanes. Comme si on pouvait convertir ceux dont on a tué les proches. Cette proximité de la conviction et de l'hyperviolence est un signe d'une idéologie totalitaire.

Enfin, certains jihadistes semblent mus par un esprit de lucre et de consumérisme. Comment, sinon, expliquer que les ravisseurs du journaliste américain James Foley aient d'abord pensé à monnayer sa libération auprès de ses parents avant de le décapiter lâchement?

Les Yézidis sont victimes de tout cela. Mais ils ne sont pas les seuls. Chiites, chrétiens, agnostiques, kurdes, sabéens, turcormans tous fuient ce “paradis islamique”, cet Etat radical sunnite qui n'est qu'un enfer pour les autres. L'Irak offre aujourd'hui le spectacle effrayant d'un pays divisé, communautarisé, où chacun prend les armes pour se défendre. Il n'est pas sûr que le peuple irakien puisse se ressaisir seul et reconstruire une identité nationale sans un fort soutien international. Mais, dans l'immédiat, portons secours aux Yézidis, minorité parmi les minorités.

http://www.lalibre.be/actu/internationa ... e610402b42

Re: La situation en Irak

par jean_droit » lun. 08 sept. 2014, 17:10

Peut être une bonne nouvelle :

Peut être que si le nouveau gouvernement arrive à oeuvrer solidairement il sera possible de repousser militairement mais, surtout, surtout, psychologiquement l'EI.

L'armée irakienne a été équipée et formée par les américains. Elle possède troupes et matériel.
C'est une force qui peut être redoutable si elle est unie.

Mais que pensent les soldats sunnites ?

Pourvu que les américains et les occidentaux soutiennent sans imposer leurs vues.

De Yahoo :

Début article :
L'Irak dans l'attente d'un nouveau gouvernement rassembleur
Par Salam FARAJ | AFP – il y a 2 heures 23 minutes

D'ultimes tractations se tenaient lundi en Irak pour la formation d'un nouveau gouvernement appelé à représenter toutes les communautés, deux jours avant la présentation du "plan d'action" de Barack Obama pour lutter contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI).

Une importante étape politique pourrait être franchie à l'occasion de la réunion, à 17H00 GMT, du Parlement, soumis à de fortes pressions pour approuver l'équipe du Premier ministre désigné Haïdar Abadi.

Son prédécesseur Nouri al-Maliki, au pouvoir depuis 2006, avait été accusé par ses détracteurs d'avoir contribué à la montée en force de l'EI, en menant une politique autoritaire excluant la minorité sunnite dans un pays majoritairement chiite.

Re: La situation en Irak

par Lys_Sul » mer. 03 sept. 2014, 1:39

Pour ceux qui veulent des nouvelles via twitter 4 comptes essentiels :

https://twitter.com/RomainCaillet

https://twitter.com/SimNasr

https://twitter.com/_DavidThomson

Re: La situation en Irak

par Lys_Sul » dim. 31 août 2014, 23:56

L’armée américaine a mené jusqu’ici 110 frappes aériennes dans le Nord de l’Irak. Chaque jour, soixante vols de reconnaissance décollent du porte-avion Georges H.W Bush, stationné dans le Golfe persique. Le coût de ces opérations s‘élèverait à 7,5 millions de dollars par jour. Les Etats-Unis ont aussi envoyé 800 hommes en Irak pour évaluer la situation sur le terrain.
http://fr.euronews.com/2014/08/30/irak- ... -avancent/

Re: La situation en Irak

par Fée Violine » sam. 30 août 2014, 18:12

Message d'un prêtre irakien au pape:

http://fr.radiovaticana.va/news/2014/08 ... is/1105540

Re: La situation en Irak

par Fée Violine » mar. 26 août 2014, 21:21

D'un frère dominicain irakien (sur la page "Ordo praedicatorum" de facebook):
Point de vue sur le déracinement en cours des Chrétiens d'Irak
Le diabolique projet de déracinement des chrétiens d'Irak est le loup qui nous dévore.
L'histoire récente de l’Irak nous dit que notre siècle a été inauguré par une sale guerre contre l'Irak. Cette guerre avait été faussement déclarée au nom de la démocratie et de la liberté. Malheureusement, le mensonge règne et ce, malgré la bonne volonté des gens qui ont manifesté contre cette guerre.
En observant les évènements qui se sont déroulés en Irak depuis la guerre de 2003, nous sommes amenés à nous poser cette question fondamentale : quels sont les fruits de cette guerre? L'Irak d'aujourd'hui est complètement détruit. En outre, il est clair que le tissu social des irakiens se déchire de plus en plus. Les statistiques indiquent également que le pays est très dangereux, qu’il est devenu invivable et inhabitable.
Les pauvres de ce pays se demandent vers quel avenir l'Irak se dirige??? Est-ce vers un pays moderne, stable, démocratique ??? Une simple réponse de n'importe quel habitant d'Irak sera : l'Irak se dirige vers l'inconnu. Car ce seront l'avidité et la cupidité des producteurs de pétrole qui contrôleront le pays. En d’autres mots, c'est le jeu du virus et de l’antivirus que les compagnies utilisent.
Mais, dans ce désordre imposé par le pouvoir du mal, la question qui s’impose est la suivante : quel est l'avenir des chrétiens d'Irak? Faut-il les chasser ou les exterminer? Il ne faut pas oublier qu'ils se trouvent entre le marteau et l'enclume. Peut-être parce que la vallée de Ninive est pleine de richesses naturelles intéressantes? Cela donne-t-il l'autorisation au pouvoir dominant intouchable de détruire la très belle histoire de cette terre et de cette Église!
Il semble que notre pèlerinage, notre chemin de croix, notre fardeau soient devenus trop lourds et trop longs. Les évènements dramatiques que les chrétiens irakiens subissent en ce moment sont scandaleux. Il n’y a plus que des camps de concentration dans ce projet de déracinement diabolique. Les responsables politiques et ecclésiastiques se succèdent et les exilés passent leurs nuits sous les tentes et dans les lieux publics. Malgré l'alerte rouge, le temps passe et les exilés, eux, restent sans abri.
Entre une solution magique miraculeuse et une solution pratique, nous choisissons la solution pratique : chaque famille mérite une liberté et une dignité humaine; chaque personne mérite d’être à l’abri sans menace permanente; chaque religion doit être respectée sans condition.
Je voudrais vous dire cette vérité : la condition de nos familles, sous les tentes, dispersées dans les rues, est misérable. Mon pays est boiteux, Mon Église est désorientée
Je confie notre misère à Marie qui sait défaire les écheveaux emmêlés.
Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien.
votre frère, Majid o.p

Re: La situation en Irak

par jean_droit » dim. 24 août 2014, 9:52

Avec l'irruption du pseudo Califat on oublie que la véritable lutte se trouve entre les chiites et les sunnites.

Ce sont les sunnites qui soutiennent, plus ou moins, le Califat. On peut penser que l'Arabie Saoudite et le Quatar, comme d'habitude, soutiennent en sous main le Califat, au moins financièrement. Et même si ce Califat disparait le problème restera le même.

Tant qu'aux chrétiens ils sont "hors jeu", malgré leurs souffrances .....

http://www.aleteia.org/fr/international ... 1041181696
Irak : 70 morts dans l'attaque d'une mosquée sunnite à Bagdad

Cette attaque, qui a tout l’air d’une vengeance des miliciens chiites, fait redouter aux autorités irakiennes et américaines une nouvelle radicalisation des sunnites.

L’attentat a eu lieu dans la journée de vendredi dans une mosquée sunnite de la province de Diyala, non loin de Bagdad. Des hommes armés ont fait irruption en tirant sur la foule de fidèles, faisant au moins 70 morts et des dizaines de blessés.

Il semblerait que cette fusillade fasse suite à une attaque à la bombe contre une patrouille des civils chiites, dont beaucoup se sont ralliés aux forces de sécurité irakiennes pour lutter contre l’Etat Islamique et son inquiétante avancée vers Bagdad.

C’est en tout cas la version de la députée Nahida Al-Daini, confirmée par le ministre de l’intérieur, rapporte Le Monde. Les autorités avaient immédiatement désigné les combattants de l’EI comme responsables de l’agression.

Cette « vengeance » chiite soulève dès lors de vives craintes quant à une nouvelle vague de folie meurtrière sunnite et particulièrement de la part de l’Etat islamique, trois jours après l’impitoyable exécution du journaliste américain James Foley.

Les familles des victimes ont en outre fait connaître leur intention de se faire justice elles-mêmes si les tribunaux manquaient à leur devoir.

C’est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement irakien à majorité chiite, qui comptait sur la coopération d’une partie des sunnites pour combattre les troupes terroristes d’Abou Bakr al-Baghdadi.

Les Etats-Unis, qui ont décidé d’intensifier leurs frappes et leur soutien aux troupes kurdes après l’exécution de James Foley, redoutent l’assassinat d’un second otage américain, Steven Sotloff, par les terroristes sunnites. A l’annonce de l’attaque contre la mosquée, le département d’Etat a « condamné avec force » cet attentat « brutal », qui a coûté la vie à 70 personnes, rappelant « le besoin urgent pour les dirigeants irakiens de tout l'échiquier politique de prendre les mesures nécessaires pour contribuer à unifier le pays contre tous les groupes extrémistes violents».

L'armée américaine a indiqué avoir mené 93 frappes aériennes depuis le 8 août dans le nord de l'Irak.

Re: La situation en Irak

par Cinci » jeu. 14 août 2014, 1:31

Parmi des choses vues ...


"... après les opérations militaires, les morts précoces continuent (Agnès Stienne, "Irak : après les feux de la guerre, les cancers", Visions cartographiques, 5 décembre 2012, http://blog.mondediplo.net)

En 2009, les médecins de l'hôpital général de Fallouja, effrayés par ce qu'ils constataient au fil des ans, adressèrent un courrier commun aux Nations unies pour réclamer des investigations indépendantes : "En septembre 2009, sur cent soixante-dix nouveau-nés, 24% sont morts dans leur première semaine, parmi lesquels 75% présentèrent des malformations importantes." Des enquêtes partielles seront menées à Fallouja et à Bassora quelques mois plus tard, et les résultats publiés dans le Bulletin of Environnemental Contamination and Toxicology de l'université du Michigan. Les auteurs résument leurs observations en une phrase, qui veut tout dire : "Le taux de cancer et de leucémie et de mortalité infantile observé à Fallouja est plus élévé qu'il le fut à Hiroshima et Nagasaki en 1945". Il est rappelé que l'exposition aux métaux toxiques (dont les effets morbides sont connus) est source de complications sévères pour les femmes enceintes et le développement du foetus.

Il est plus que probable que les munitions utilisées pour les bombardements de ces deux villes soient à l'origine de ces tragédies.





Enfin ...

"... Richard Perle cosigna avec Douglas J, Feith en 1996, un rapport à l'attention du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou intitulé A Clean Break . Ce rapport conseillait au premier ministre issu du Likoud de "rompre proprement" avec le processus de paix israélo-palestinien.

Douglas Feith, moins connu du grand public, occupa pourtant à partir de juillet 2001, l'un des postes clés du Pentagone, comme sous-secrétaire adjoint en charge des questions politiques. Il était le numéro trois des civils du Pentagone derrière M. Rumsfeld et Wolfowitz. Ses fonctions le plaçait bien sûr au coeur de la guerre en Irak mais lui conféraient aussi un rôle de grand architecte dans le repositionnement stratégique des troupes américaines dans le monde et dans la lutte internationale contre le terrorisme. Douglas Feith était déjà en charge des questions du Moyen-Orient, sous Reagan de 1981 à 1982, alors qu'il travaillait pour le NSA auprès de la Maison-Blanche [...]

Douglas Feith ne cache pas ses convictions sionistes. Entre 1986 et son retour aux affaires au Pentagone, son activité d'avocat au sein du cabinet qu'il a crée à Washington lui a laissé le temps d'écrire quelques articles. Ainsi fin 1993, il déclare dans la revue Natinal Interest que "le mandat de la ligue des Nations a accordé aux juifs des droits irrévocables de s'établir en Cisjordanie." En moins lyrique, alors que le processus d'Oslo commence péniblement à se mettre en place avec notamment un accord conclu à Hebron le 15 février 1997, Feith dans "Une stratégie pour Israël'', demande à l'État hébreu de réoccuper" les zones sous contrôle de l'Autorité palestinienne' même si "le prix du sang doit être élevé".

On comprend pourquoi le 13 octobre 1997, Douglas Feith et son père reçurent une distinction de la très à droite Zionist Organisation of America, qui décrivit les lauréats comme de remarquables juifs philanthropes et activistes pro-Israël".

Source : Philippe Sébille-Lopez, Géoplitique du pétrole, p. 389

Re: La situation en Irak

par Cinci » jeu. 14 août 2014, 0:50

Longtemps les responsables américains l'ont affirmé : l'invasion de l'Irak n'était pas destiné à s'emparer du pétrole. Pourtant des documents récemment déclassifiés racontent une autre histoire.


"Pour la population irakienne c'est une évidence; pour les "faucons" du Pentagone, un contresens. La guerre d'Irak, qui, depuis mars 2003, a fait au moins 650 000 morts, un million huit cent mille exilés et autant de personnes déplacées, a-t-elle été une guerre pour le pétrole ?

Grace à une série de documents récemment déclassifiés, et malgré les dénégations de Monsieur Georges W. Bush, de son vice-président Richard ("Dick") Cheney, de son ministre de la défense Richard Rumsfeld, ainsi que de leur fidèle allié Anthony Blair, premier ministre britannique au moment de l'invasion, l'historien peut désormais répondre par l'affirmative.



En janvier 2001, quand il arrive à la Maison Blanche, M. Bush doit faire face à un problème déjà ancien : le déséquilibre entre la demande de pétrole, qui augmente rapidement en raison de la montée en puissance de grands pays émergents comme la Chine ou l'Inde, et une offre qui ne suit pas.

La seule solution envisageable se trouve dans le Golfe, qui abrite 60% des réserves mondiales [...] Comment tirer plus de pétrole du Golfe sans mettre en danger la suprématie américaine dans la région ? Les néoconservateurs - à l'origine des intellectuels démocrates gagnés à un impérialisme décomplexé après la chute de l'Union soviétique - croient avoir trouvé la solution. Ils n'ont jamais admis la décision du président George Bush Senior, en 1991, lors de la première guerre du Golfe, de ne pas avoir renversé Saddam Hussein.

Dans une lettre ouverte au président William Clinton inspirée par leur "Projet pour un nouveau siècle américain" (PNAC), ils préconisent dès 1998 un changement de régime à Bagdad. La ligne des néoconservateurs est simple : il faut sortir de force Saddam Hussein et faire entrer les majors américaines en Irak. Plusieurs des signataires du PNAC se retrouvent à partir de 2001 dans la nouvelle administration républicaine.

L'année suivante, c'est l'un d'entre eux, M. Douglas Feith, juriste de profession et second de M. Rumsfeld au ministère de la défense, qui supervise le travail des experts sur l'avenir de l'industrie pétrolière irakienne. Sa première décision est d'en confier la gestion, après la victoire, à Kellog Brown & Root (KBR), une filiale du groupe pétrolier américain Haliburton, que M. Cheney a longtemps dirigé. [...]"



Et

[+] Texte masqué
'"M. McKnee, qui a succédé à M. Carrol au poste-clé de conseiller pétrolier du proconsul américain, constate à son arrivée à l'automne 2003 : "Les gens en place sont nuls et ont été nommés par le ministère pour des raisons religieuses, politiques ou de copinage. Ceux qui ont fait tourner l'industrie pétrolière sous Saddam Hussein, puis qui l'ont ramenée à la vie après la libération du pays, ont été systématiquement poussés dehors".

Sans surprise, l'épuration ouvre une voie royale aux conseillers de tout poil, venus pour l'essentiel d'outre-Atlantique. Ils squattent les directions du ministère du pétrole et multiplient notes, circulaires et rapports [...] sans trop se préoccuper de leur application sur le terrain.

La rédaction de deux textes fondamentaux, la nouvelle Constitution et la loi pétrolière, va leur donner l'occasion inespérée de bouleverser les règles du jeu. La survie d'un État centralisé est à priori condamnée : Washington n'en veut pas, au nom de la lutte contre le totalitarisme et des crimes perpétrés contre les Kurdes au temps de Hussein. Le nouveau régime, fédéral ou même confédéral, sera donc décentralisé au point d'en être déstructuré. Il suffit de rassembler deux tiers des voix dans l'une des trois provinces du pays pour exercer un droit de veto sur les décisions du gouvernement central.

Mais seul le Kurdistan en a les moyens et l'envie. Le pouvoir en matière pétrolière va être de fait divisé entre Bagdad et Erbil, siège du gouvernement régional du Kurdistan, qui impose sa lecture de la Constitution en la matière : [...] l'octroi de nouveaux permis relève de la compétence des provinces.

Une intense querelle se développe entre les deux capitales, d'autant que le gouvernement du Kurdistan consent aux compagnies américaines des conditions beaucoup plus favorables que Bagdad : les majors qui investisent sur le sol kurde jouiront d'un droit sur une partie de la production qui peut être très important au cours des premières années d'exploitation. C'est la formule que les Américans, politiques comme pétroliers, voulaient imposer dès leur arrivée.

Exxon Mobil, BP, Shell, Total, mais aussi des groupes russes, chinois, angolais, pakistanais ou turcs, se précipiteront dans l'espoir que les choses évolueront dans le bon sens pour eux. Newsweek titre le 24 mai 2010 sur le "miracle irakien" et écrit : "Ce pays a le potentiel pour devenir la nouvelle Arabie saoudite".
[+] Texte masqué
Compagnies étrangères et gouvernement turc tentent de jouer la carte du Kurdistan

Malgré l'oukaze du gouvernement fédéral irakien qui menace de déchoir de leurs droits les compagnies qui se laisseraient séduire par des contrats de partage de production au Kurdistan, Exxon Mobil puis Total passent outre. Pis, la compagnie américaine répond à la menace par une provocation supplémentaire : la mise en vente de son contrat de service sur West Qurna, le plus grand gisement du pays, ou elle devrait investir 50 milliards de dollars et doubler la production actuelle du pays. Bagdad est sous pression : si son refus des conditions persiste, le Kurdistan lui sera préféré, même si ses réserves sont trois fois moins importantes que celles du sud du pays.

La Turquie, qui ne fait rien pour arranger les choses avec Bagdad, promet un oléoduc direct entre le Kurdistan et la Mediterrannée. Chantage ? Pour une part, sans doute. Mais, sans la guerre, les compagnies auraient-elles eu le loisir de mettre les Irakiens en compétition entre eux ?

[...]

M. Alan Greenspan, qui a dirigé la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, de 1987 à 2006, et qui est donc bien placé pour connaître l'importance du pétrole dans l'économie internationale, a sans doute formulé ce qui s'approche le plus de la vérité dans cette sanglante affaire : "Je déplore qu'il soit politiquement déplacé de reconnaître ce que tout le monde sait : l'un des grands enjeux de cette guerre d'Irak était le pétrole de la région" (Alan Greenspan, Le Temps des turbulences, J.-C. Lattès, Paris, 2007)
Source : Jean Pierre Sereni,"Échec d'une guerre pour le pétrole", Le Monde diplomatique, mars 2013





Pour faire un résumé :

Le Kurdistan dans la partie nord de l'Irak se révèle être une "pierre angulaire" du dispositif turco-américain de reconfiguration de l'Irak. C'est la véritable raison pourquoi Obama intervient sur place. C'est pourquoi il se foule un peu contre le groupe islamiste sunnite fanatisé. Les Américains et les Turcs ont justement besoin des Kurdes en Irak, pour s'assurer une emprise sur l'Irak, pour bénéficier à meilleur coût des puits d'huile, pour stabiliser la situation en Turquie et mieux faire pression sur Assad en Syrie.

Les chrétiens ne comptent pour rien dans tout cela. Zéro. Rien de rien et moins que zéro.

Les peshmergas kurdes du nord de l'Irak ont déjà fait leur "fête" aux chrétiens par le passé. Les Kurdes ont déjà massacrés du chrétien, détruit des églises par centaines. Les chrétiens sont pris entre l'enclume et le marteau.

L'administration américaine ne fait que suivre les bons conseils de Voltaire en son temps : "Qu'il est toujours bon d'avoir un parti pour soi". Bien paraître aux yeux du pape (de l'opinion internationale) ne peut pas nuire, d'autant plus lorsque le beau geste coincide avec les impératifs géostratégiques du militaire et de l'économique en même temps. Pourquoi s'en priverait-on ? Entre deux largages de caisses de munitions aux combattants peshmerga anti-chrétien, une caisse d'eau pour l'autre groupe de civils un peu loin et quelques ration pack ...

Re: La situation en Irak

par Cinci » jeu. 14 août 2014, 0:10

jean_droit,
Voilà les américains, tout penauds, obligés d'intervenir militairement dans le nord de l'Irak.
La situation était telle qu'il n'y avait pas d'autre solution.

étienne lorant,
Le sort réservé aux minorités chrétienne et yézidie d’Irak aura donc été l’ultime raison pour riposter aux forces de l’État islamique (EI).

Non, non ... pas vraiment ... Il n'est rien de chevaleresque dans tout ça ... et puis les stratèges américains ne sont pas penauds. Non, ils ne sont pas pris au dépourvu comme des innocents. Comme disait Bush Senior, ex-président et ancien directeur de la CIA : "We are in command".


  • De l'utilité de la guerre en Irak

    "Parmi les bénéfices collatéraux de l'entreprise au plan pétrolier, les 2,8 Millons b/j que Bagdad pourrait injecter rapidement sur le marché, car tel était le niveau de ses potentialités en 2002, contribueraient à accroitre l'offre pétrolière mondiale voulue par Richard Cheney. Enfin l'installation d'un régime pro-occidental à Bagdad servirait les desseins énergétiques américains à plus long terme : le Golfe arabo persique étant incontournable sur le marché des hydrocarbures. Selon les prévisions de l'AIE, il devrait fournir 65% de la production mondiale de brut en 2030.

    Ces facteurs expliquent pourquoi la levée de l'hypothèque iraquienne était si importante aux yeux de Washington, même si son objectif était avant tout politique : débarrasser le Moyen-Orient d'un tyran affaibli et d'un foyer potentiel d'instabilité, pour remodeler la région et peser sur l'allié saoudien, dont l'état des réserves commençait en outre à susciter quelques interrogations dans certains milieux outre atlantique. Dans cette optique, le pétrole de Saddam Hussein constituait plus un moyen qu'un but de guerre à court terme. A moyen terme, il permettait de financer l'effort de guerre américain et la reconstruction à plus long terme, il devenait aussi un des bénéfices indirects de la guerre.

    Rappelons que le marché irakien suscitait de nombreuses convoitises et que ces perspectives guerrières n'effrayaient en rien les compagnies pétrolières américaines qui assiégeaient l'opposition irakienne en exil, notamment Ahmed Chalabi, principal dirigeant du Congrès national irakien (CNI), pour revenir en Irak dès le renversement de Saddam Hussein.

    Ces compagnies voulaient s'imposer sur un marché que leurs concurrents français (Total), italienne (Agip) et, surtout, russes (Lukoil, Slaveft) avaient commencé de se partager, sans pouvoir en tirer profit à cause de l'embargo des Nations unies. A la veille de l'invasion en 2003, Ahmed Chalabi, est allé jusqu'à se prononcer en faveur de la création, à l'issue de la guerre, d'un consortium pétrolier, au sein duquel les compagnies américaines seraient en position dominante, ce qui n'avait pas manquer d'inquiéter le PDG de British Petroleum.

    [...]

    La guerre en Irak était aussi un moyen de faire pression sur l'OPEP. Membre fondateur de l'Organisation, l'Irak y a joué un rôle central jusqu'à la première guerre du Golfe. Les sanctions qui lui furent imposées ont réduit le rôle du pétrole irakien [...] le retour de l'offre irakienne, estimé à terme par les spécialistes à 6 M b/jour aurait placé la production irakienne en seconde position, juste derrière celle de l'Arabie saoudite, au sein des 11 pays membres de l'Organisation. Il aurait aussi, toujours en théorie, obligé les autres pays à réduire leur production ou à accepter une forte baisse du prix du pétrole.

    Pour les compagnies anglo-saxonnes, il fallait impérativement participer au contrôle du pétrole irakien, pour des questions de coût de production, le pétrole irakien défiant toute concurrence par rapport aux autres régions du monde : un facteur essentiel en cas de baisse possible des cours du brut.

    Rappelons que Bagdad extrayait 3,5 M b/jour à la fin des années 1970. Mais huit années du guerre avec l'Iran suivies de douze années de sanctions internationales ont gravement endommagé les infrastructures pétrolières du pays. Les spécialistes du secteur estimaient à la fin de l'offensive militaire proprement dite en avril 2003, qu'il faudrait trois ans et 7 milliards de dollars d'investissements pour revenir au niveau des années 1970 et pas moins de dix ans et 20 milliards de dollars pour augmenter les rendements et parvenir à 5,5 M b/jours.

    Cette politique permettrait dans l'intervalle de faire contrepoids au régime saoudien, mais aussi amener ce dernier à ouvrir son amont pétrolier. Riyad refusant toujours de remettre en cause le monopole de l'Aramco, certains au sein de l'administration Bush espéraient que la concurrence irakienne inciterait l'Arabie saoudite à s'ouvrir aux multinationales américaines".


    Source : Philippe Sébille-Lopez, Géopolitique du pétrole, Paris, Armand Collin, 2006, p. 380


    Note : l'ouvrage est publié grace au concours de la fondation Prometheus. La fondation a été crée en 2005 par dix entreprises
    désireuses de mobiliser les pouvoirs publics et l'ensemble des acteurs politiques, économiques et sociaux. Elle doit contribuer à
    l'analyse des enjeux de la mondialisation et, ainsi, à la paix économique et à la transparance, notamment commerciale, dans les
    relations internationales.

    Les entreprises participantes : Alstom, Areva, Caisse nationale des Caisse d'épargnes, Caisse des dépôts et consignations, Dassault Aviation, EADS, Sagem Defense Sécurité, Sanofti-Aventis, Thales. Président de Prometheus : Bernard Carayon, député (UMP) du Tarn.


Le kurdistan irakien


"Mais les groupes kurdes au sein de la Syrie sont très divisés et c'est ici que Barzani entre en jeu. Le plus grand groupe de
coordination kurde en Syrie, le Congrès National kurde (KNC), bénéficie du soutien de Barzani. Si le KNC pouvait être amené à
établir des liens avec l'opposition syrienne, la Turquie se sentirait beaucoup plus à l'aise.

En effet, la Turquie encourage Barzani à convoquer une conférence nationale kurde à Arbil en juin, en vue de pousser les intérêts
de la Turquie : museler le PKK ; encourager les Kurdes de Syrie à abandonner leur ambigüité actuelle pour un "changement de régime" à Damas et les amener à se lier de manière décisive avec l'opposition à Assad, opposition basée en Turquie. Ankara sait parfaitement que Barzani est un client peu sûr. Mais ce qui encourage les dirigeants turcs, c'est que les Etats-Unis sont également intervenus pour veiller à ce que Barzani tienne ses promesses. Début avril, les USA ont invité Barzani à Washington, où le président Barack Obama l'a reçu.

Prenant le relai de la Turquie, Washington nourrit également les instincts de marchand de bazar de Barzani. Un US-Kurdistan Business Council a été créé à Washington pour promouvoir les « investissements » US dans les territoires du nord de l'Irak sous le contrôle de Barzani. Le chef de la direction d’Exxon Mobil, Rex Tillerson, a rencontré Massoud Barzani à Washington. En Novembre, Barzani avait accordé des contrats lucratifs à Exxon Mobil pour explorer six champs de pétrole au Kurdistan, en ignorant les véhémentes protestations du gouvernement fédéral de Maliki, qui rappelle que le pouvoir d’accorder des concessions pétrolières aux compagnies étrangères est réservé à l'Etat fédéral".


http://www.michelcollon.info/USA-Turqui ... kiens.html

Haut