D'accord, pas d'accord, Kerniou !
D'accord !
Revenons aux paroles exactes des couplets de
Tressaillez de joie. Je cite la strophe 2 des cinq premiers couplets :
Si le monde vous appelle à lui rendre une espérance,
A lui dire son salut, bienheureux êtes-vous !
Si le monde vous appelle à l'accueil et au partage
Pour bâtir son unité, bienheureux êtes-vous !
Si le monde vous appelle à lutter contre la haine
Pour la quête de la Paix, bienheureux êtes-vous !
Si le monde vous appelle à marcher vers la lumière
Pour trouver la vérité, bienheureux êtes-vous !
Si le monde vous appelle au combat pour la justice,
Au refus d'être violents, bienheureux êtes-vous !
Soit ! Ce chant a tellement et tellement été repris qu'il en est devenu une rengaine un peu soulante. Mais on pourrait en dire autant de toutes les générations de cantiques serinés par les assemblées de tout le 20ème siècle.
Soit ! Certaines formulations peuvent être maladroites : "
rendre au monde une espérance" ne me dit pas grand chose. J'aurais préféré "
apporter l'espérance" ou "
témoigner de l'espérance". Mais c'est aussi le cas de bien des cantiques plus anciens, et encore plus de certaines traductions en Français de cantiques en Latin. Et je ne parle des cantiques de pèlerinage issus d'avant les deux guerres ...
Mais enfin, je ne vois rien d'hérétique là-dedans, et rien de contraire à l'Evangile de celui qui nous exhortait à être dans le monde, mais pas du monde, de celui qui n'est pas venu pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé.
Avant de jeter ce cantique aux orties par principe parce qu'il serait trop ceci, ou pas assez cela, je suggère de lire Jn17.
Pas d'accord !
Je serai en revanche beaucoup plus sévère pour "
Donne la paix à ton frère".
Certes ! C'est une louable intention que de vouloir répandre la paix autour de soi. Mais il faut avouer que musicalement et rythmiquement parlant, c'est plutôt pauvre.
Mais le vrai problème de cette rengaine, c'est qu'elle est systématiquement, ou presque, employée à contresens de la liturgie en cours (C'est un conciliaire convaincu qui vous le dit).
Comme la plupart des invocations à la Paix divine ...
1/ elle fait la part belle à un rite qui n'est que facultatif, le geste de paix ; un geste pourtant beau et digne, mais trop souvent galvaudé,
2/ plus grave encore, elle est très souvent, et carrément, substituée à l'Agneau de Dieu qui doit être chanté au moment où le célébrant rompt le Corps du Christ, ce qui constitue un perte de sens liturgique majeure (je le redis : c'est un conciliaire convaincu qui le constate et le déplore !)