par ademimo » sam. 20 mai 2023, 3:35
Deux choses.
1.
Pour revenir à la question initiale, le rejet de Jésus a une cause toute simple : sa prédication bouscule extraordinairement ce qu'il a lui-même appelé la "tradition". Son irruption personnelle provoque même une gêne inévitable. Quelle était l'alternative à la Passion, si ce n'est le reconnaître pour le Fils de Dieu, et Dieu lui-même ? Est-ce qu'on peut imaginer le Sanhédrin délibérer qu'en fin de compte, Jésus est bel et bien le Messie, et même plus que cela : le Fils de Dieu en personne ? On ne réfléchit jamais à cette possibilité. Cette situation aurait-elle pu se produire ? Que serait-il arrivé par la suite ? Rien, dans la religion mosaïque constituée ne prévoyait un tel cas de figure.
En fin de compte, les pharisiens, scribes, sénateurs et grands prêtres ont une réaction humaine. Dieu les met au pied du mur en leur proposant d'abandonner purement et simplement l'ensemble de leurs traditions, rites, coutumes, doctrines, croyances pour se mettre à la suite d'un homme qu'il faut reconnaître comme le Fils de Dieu incarné sur terre. Il n'y a pas de demi-mesure possible.
Comme ils ne sont pas convaincus d'avoir vraiment affaire au Fils de Dieu, leur réaction de rejet est plutôt logique : ils pensent avoir plutôt affaire à un illuminé dangereux capable de créer des séditions, et n'ont qu'une seule hâte, que cette prédication cesse.
En fait, la question de l'exemplarité ne se pose pas vraiment. Le sujet est avant tout politique et religieux.
2.
Quant à savoir s'il vaut mieux être exemplaire et rejeté, ou cultiver une vie médiocre pour ne pas être rejeté, l'alternative ainsi proposée me paraît fausse, du point de vue de l'Évangile, ou du moins du point de vue de l'Eglise. L'Eglise ne nous demande pas de faire la guerre à son prochain pour mériter la sainteté. Au contraire, le premier devoir d'un chrétien est d'être charitable envers son prochain, et on peut l'être sans être un lâche médiocre flagorneur et hypocrite. La relation avec autrui se doit d'être guidée entièrement par la charité. L'Evangile paraît être en accord avec cette idée (celui qui te requiert pour une course, fais-en le double pour lui, etc.), de même que les épîtres, où l'empathie est requise (soit joyeux avec celui qui est dans la joie, triste avec celui qui souffre).
Le seul point où une tension pourrait naître toucherait à la persécution à laquelle s'expose celui qui veut prêcher les inconvertis. Mais je crois me souvenir que l'Eglise incite cependant à la prudence dans ce domaine. On ne peut pas convertir n'importe comment, et l'apostolat est un peu le rôle de l'Eglise. Les fidèles doivent-ils être en première ligne et rechercher la persécution ? Il ne me semble pas que ce soit une obligation.
L'exemplarité de Jésus est surtout - et c'est déjà très bien si on s'y astreint - dans l'effort à produire sur soi-même, ses propres démons et pour sa propre conversion. C'est ce qui signifie ultimement la Passion du Christ : il a souffert pour nos péchés, les a assumés sur la Croix, et nous invite à y prendre part. C'est uniquement dans cette perspective que l'exemplarité de la Croix prend tout son sens.
Et si on est un grand saint, on pourra pousser l'exemplarité jusqu'à une imitation parfaite du Christ en prenant part également à sa persécutions par les hommes.
Deux choses.
1.
Pour revenir à la question initiale, le rejet de Jésus a une cause toute simple : sa prédication bouscule extraordinairement ce qu'il a lui-même appelé la "tradition". Son irruption personnelle provoque même une gêne inévitable. Quelle était l'alternative à la Passion, si ce n'est le reconnaître pour le Fils de Dieu, et Dieu lui-même ? Est-ce qu'on peut imaginer le Sanhédrin délibérer qu'en fin de compte, Jésus est bel et bien le Messie, et même plus que cela : le Fils de Dieu en personne ? On ne réfléchit jamais à cette possibilité. Cette situation aurait-elle pu se produire ? Que serait-il arrivé par la suite ? Rien, dans la religion mosaïque constituée ne prévoyait un tel cas de figure.
En fin de compte, les pharisiens, scribes, sénateurs et grands prêtres ont une réaction humaine. Dieu les met au pied du mur en leur proposant d'abandonner purement et simplement l'ensemble de leurs traditions, rites, coutumes, doctrines, croyances pour se mettre à la suite d'un homme qu'il faut reconnaître comme le Fils de Dieu incarné sur terre. Il n'y a pas de demi-mesure possible.
Comme ils ne sont pas convaincus d'avoir vraiment affaire au Fils de Dieu, leur réaction de rejet est plutôt logique : ils pensent avoir plutôt affaire à un illuminé dangereux capable de créer des séditions, et n'ont qu'une seule hâte, que cette prédication cesse.
En fait, la question de l'exemplarité ne se pose pas vraiment. Le sujet est avant tout politique et religieux.
2.
Quant à savoir s'il vaut mieux être exemplaire et rejeté, ou cultiver une vie médiocre pour ne pas être rejeté, l'alternative ainsi proposée me paraît fausse, du point de vue de l'Évangile, ou du moins du point de vue de l'Eglise. L'Eglise ne nous demande pas de faire la guerre à son prochain pour mériter la sainteté. Au contraire, le premier devoir d'un chrétien est d'être charitable envers son prochain, et on peut l'être sans être un lâche médiocre flagorneur et hypocrite. La relation avec autrui se doit d'être guidée entièrement par la charité. L'Evangile paraît être en accord avec cette idée (celui qui te requiert pour une course, fais-en le double pour lui, etc.), de même que les épîtres, où l'empathie est requise (soit joyeux avec celui qui est dans la joie, triste avec celui qui souffre).
Le seul point où une tension pourrait naître toucherait à la persécution à laquelle s'expose celui qui veut prêcher les inconvertis. Mais je crois me souvenir que l'Eglise incite cependant à la prudence dans ce domaine. On ne peut pas convertir n'importe comment, et l'apostolat est un peu le rôle de l'Eglise. Les fidèles doivent-ils être en première ligne et rechercher la persécution ? Il ne me semble pas que ce soit une obligation.
L'exemplarité de Jésus est surtout - et c'est déjà très bien si on s'y astreint - dans l'effort à produire sur soi-même, ses propres démons et pour sa propre conversion. C'est ce qui signifie ultimement la Passion du Christ : il a souffert pour nos péchés, les a assumés sur la Croix, et nous invite à y prendre part. C'est uniquement dans cette perspective que l'exemplarité de la Croix prend tout son sens.
Et si on est un grand saint, on pourra pousser l'exemplarité jusqu'à une imitation parfaite du Christ en prenant part également à sa persécutions par les hommes.