par Jean-Mic » mer. 04 janv. 2023, 15:58
Merci Gaudens pour cette contribution qui nous change des habituels anathèmes qui polluent le débat. Vos "convergences souhaitables" me semblent des idées des plus intéressantes. Elles ne sont probablement pas les seules possibles, mais celles-ci ont le mérite de sembler simples à mettre en œuvre. Pourtant, je n'ai pas écrit "sont simples" mais "semblent simples". Ne prenez pas ça pour une critique, mais plutôt pour une demande d'éclaircissements. Je me propose de prendre la première de vos propositions afin de préciser mes demandes :
Gaudens a écrit : ↑mer. 28 déc. 2022, 21:28Du Novus Ordo vers le Vetus Ordo :
Orientation du prêtre vers l’Orient à partir de la Préface, sauf pour les monitions et le dialogue avec les fidèles.
Remarque préalable :
Je me suis déjà exprimé à plusieurs reprises sur la notion d'Orient, et sur l'orientation de nos églises, bien moins fréquente qu'on ne le pense dans les églises construites après le concile de Trente (bien peu d'églises baroques sont réellement orientées, on a d'abord fait avec le terrain qu'on avait, comme le recommandaient Charles Borromée et Pie V). Je n'insiste donc pas et je renvoie ceux qui voudraient encore en débattre à le faire sur le fil du forum où cette question a été abordée. (Je ne sais pas comment on renvoie d'un fil vers un autre. Si quelqu'un sait faire, qu'il veuille bien le faire en réponse ou me l'expliquer.)
Je me permets donc de réécrire ainsi votre proposition :
orientation du prêtre vers l'extrémité du chœur (et, à défaut d'Orient géographique, l'éventuel retable ou le vitrail d'axe) ... ou pourquoi pas
orientation commune du prêtre et de l'assemblée ? Et je m'empresse de dire que j'y adhère pour une large part. C'est une évidence que la plus grande partie de la prière eucharistique s'adresse à Dieu lui-même (à commencer par la grammaire employée) et que la disposition
ensemble tournés vers le Seigneur met en valeur l'aspect du
sacrifice offert par le prêtre pour l'assemblée. Inversement, que les paroles de la consécration ainsi que toutes les parties dialoguées de la PE soient prononcées face à l'
assemblée appelée à la communion est tout aussi riche de sens comme manifestation de la communion qui est en jeu ! Comment donc mettre en valeur ces deux aspects dans une même célébration ?
Je pense que ce serait un exercice très formateur que nous pourrions tous faire que de relire mot-à-mot les textes de la messe (pourquoi pas en soulignant de deux couleurs différentes) ce qui mérite d'être prononcé par le prêtre
au nom de l'assemblée et donc
ensemble tournés vers le Seigneur, et ce qui ce qui justifie d'être dit par le prêtre
à l'assemblée,
église communiant (avec le prêtre) au même Seigneur. Il me semble que ce petit exercice (exercice d'école sans recherche d'application immédiate, j'en conviens) pourrait nous faire mieux goûter l'infinie richesse de l'Eucharistie ... même s'il me paraît bien difficile à mettre en œuvre.
J'ai en effet de la peine à imaginer les déplacements autour de l'autel et les aménagements liturgiques que cela supposerait. Que le prêtre et ses acolytes changent de côté pour les différents temps de la célébration eucharistique, après tout pourquoi pas ? Avec un peu de bon sens, on trouverait bien un mode de procession adapté. Mais, bon, convenons que dans la pratique, cela resterait compliqué. Pour ne prendre qu'un point de détail, comment installer le crucifix et les candélabres sur l'autel pour permettre une telle alternance ?
Il reste quand même difficile de concilier dans une même liturgie les deux dimensions, sacrificielle et communautaire, de la célébration eucharistique. Intrinsèquement difficile dans la mesure où nos actes humains ne pourront jamais rendre tout à fait compte de la richesse incommensurable d'un mystère comme celui de l'Eucharistie.
Alors, faute de pouvoir concilier ces dimensions en une même liturgie, il faut choisir ! Et c'est ce qu'on fait les promoteurs des deux rites, l'un en accentuant (à l'extrême) le caractère sacrificiel de la messe, l'autre en accentuant (à l'extrême) le caractère communautaire de la messe, à chaque fois au risque (plus qu'effectif) de l'oubli ou de l'abandon de la pluralité des sens et des expressions. Pourtant, permettez-moi de rêver, il n'est pas exclu que la liturgie évolue (ce qu'elle a toujours fait en vingt-et-un siècle) et s'enrichisse (ce qu'elle a toujours fait en vingt-et-un siècles) pour rendre compatible l'expression de ces sens multiples de l'Eucharisitie.
Gaudens a écrit : ↑mer. 28 déc. 2022, 21:28
Du Vetus Ordo vers le Novus Ordo :
Utilisation,chaque fois que c’est possible, d’un autel « détaché du mur » comme demandé par la même constitution du Concile Vatican II (« pour qu’on en fasse aisément le tour »…).
C'est la conséquence logique de ce que j'ai écrit ci-dessus. Mais cela se heurte à l'existence-même et à la disposition-même des autels issus de la réforme tridentine.
Faire-aisément-le-tour-de-l'autel n'a de sens qu'en absence de retable et de tout ce qui peut faire écran pour l'assemblée ! Cela est tout à fait concevable dans l'aménagement liturgique d'un lieu de culte neuf, mais que faire des formidables retables baroques ou même des retables en modèle réduit des siècles qui suivirent (notamment ceux des néo-styles du 19ème) ?
Voilà mes questions, mes demandes d'éclaircissements. J'ai essayé de les exposer sans dogmatisme, même si la plupart des habitués de ce forum savent bien de quel côté mon cœur balance en matière liturgique.
Merci Gaudens pour cette contribution qui nous change des habituels anathèmes qui polluent le débat. Vos "convergences souhaitables" me semblent des idées des plus intéressantes. Elles ne sont probablement pas les seules possibles, mais celles-ci ont le mérite de sembler simples à mettre en œuvre. Pourtant, je n'ai pas écrit "sont simples" mais "semblent simples". Ne prenez pas ça pour une critique, mais plutôt pour une demande d'éclaircissements. Je me propose de prendre la première de vos propositions afin de préciser mes demandes :
[quote=Gaudens post_id=455324 time=1672255712 user_id=16704]Du Novus Ordo vers le Vetus Ordo :
Orientation du prêtre vers l’Orient à partir de la Préface, sauf pour les monitions et le dialogue avec les fidèles.[/quote]Remarque préalable : [size=75]Je me suis déjà exprimé à plusieurs reprises sur la notion d'Orient, et sur l'orientation de nos églises, bien moins fréquente qu'on ne le pense dans les églises construites après le concile de Trente (bien peu d'églises baroques sont réellement orientées, on a d'abord fait avec le terrain qu'on avait, comme le recommandaient Charles Borromée et Pie V). Je n'insiste donc pas et je renvoie ceux qui voudraient encore en débattre à le faire sur le fil du forum où cette question a été abordée. (Je ne sais pas comment on renvoie d'un fil vers un autre. Si quelqu'un sait faire, qu'il veuille bien le faire en réponse ou me l'expliquer.)[/size]
Je me permets donc de réécrire ainsi votre proposition : [i]orientation du prêtre vers l'extrémité du chœur (et, à défaut d'Orient géographique, l'éventuel retable ou le vitrail d'axe) ...[/i] ou pourquoi pas [i]orientation commune du prêtre et de l'assemblée[/i] ? Et je m'empresse de dire que j'y adhère pour une large part. C'est une évidence que la plus grande partie de la prière eucharistique s'adresse à Dieu lui-même (à commencer par la grammaire employée) et que la disposition [i]ensemble tournés vers le Seigneur[/i] met en valeur l'aspect du [i]sacrifice offert par le prêtre pour l'assemblée[/i]. Inversement, que les paroles de la consécration ainsi que toutes les parties dialoguées de la PE soient prononcées face à l'[i]assemblée appelée à la communion[/i] est tout aussi riche de sens comme manifestation de la communion qui est en jeu ! Comment donc mettre en valeur ces deux aspects dans une même célébration ?
Je pense que ce serait un exercice très formateur que nous pourrions tous faire que de relire mot-à-mot les textes de la messe (pourquoi pas en soulignant de deux couleurs différentes) ce qui mérite d'être prononcé par le prêtre [b]au nom de[/b] l'assemblée et donc [i]ensemble tournés vers le Seigneur[/i], et ce qui ce qui justifie d'être dit par le prêtre [b][size=110]à[/size][/b] l'assemblée, [i]église communiant (avec le prêtre) au même Seigneur[/i]. Il me semble que ce petit exercice (exercice d'école sans recherche d'application immédiate, j'en conviens) pourrait nous faire mieux goûter l'infinie richesse de l'Eucharistie ... même s'il me paraît bien difficile à mettre en œuvre.
J'ai en effet de la peine à imaginer les déplacements autour de l'autel et les aménagements liturgiques que cela supposerait. Que le prêtre et ses acolytes changent de côté pour les différents temps de la célébration eucharistique, après tout pourquoi pas ? Avec un peu de bon sens, on trouverait bien un mode de procession adapté. Mais, bon, convenons que dans la pratique, cela resterait compliqué. Pour ne prendre qu'un point de détail, comment installer le crucifix et les candélabres sur l'autel pour permettre une telle alternance ?
Il reste quand même difficile de concilier dans une même liturgie les deux dimensions, sacrificielle et communautaire, de la célébration eucharistique. Intrinsèquement difficile dans la mesure où nos actes humains ne pourront jamais rendre tout à fait compte de la richesse incommensurable d'un mystère comme celui de l'Eucharistie.
Alors, faute de pouvoir concilier ces dimensions en une même liturgie, il faut choisir ! Et c'est ce qu'on fait les promoteurs des deux rites, l'un en accentuant (à l'extrême) le caractère sacrificiel de la messe, l'autre en accentuant (à l'extrême) le caractère communautaire de la messe, à chaque fois au risque (plus qu'effectif) de l'oubli ou de l'abandon de la pluralité des sens et des expressions. Pourtant, permettez-moi de rêver, il n'est pas exclu que la liturgie évolue (ce qu'elle a toujours fait en vingt-et-un siècle) et s'enrichisse (ce qu'elle a toujours fait en vingt-et-un siècles) pour rendre compatible l'expression de ces sens multiples de l'Eucharisitie.
[quote=Gaudens post_id=455324 time=1672255712 user_id=16704]
Du Vetus Ordo vers le Novus Ordo :
Utilisation,chaque fois que c’est possible, d’un autel « détaché du mur » comme demandé par la même constitution du Concile Vatican II (« pour qu’on en fasse aisément le tour »…).[/quote]C'est la conséquence logique de ce que j'ai écrit ci-dessus. Mais cela se heurte à l'existence-même et à la disposition-même des autels issus de la réforme tridentine. [i]Faire-aisément-le-tour-de-l'autel[/i] n'a de sens qu'en absence de retable et de tout ce qui peut faire écran pour l'assemblée ! Cela est tout à fait concevable dans l'aménagement liturgique d'un lieu de culte neuf, mais que faire des formidables retables baroques ou même des retables en modèle réduit des siècles qui suivirent (notamment ceux des néo-styles du 19ème) ?
Voilà mes questions, mes demandes d'éclaircissements. J'ai essayé de les exposer sans dogmatisme, même si la plupart des habitués de ce forum savent bien de quel côté mon cœur balance en matière liturgique.