par Jean-Mic » lun. 12 sept. 2022, 20:12
Malheureusement, ces quelques pages ne permettent pas vraiment de savoir ce qu'a exactement écrit Catherine de Sienne.
L'ouvrage présenté est véritablement écrit dans une perspective purement apologétique (au mauvais sens du terme) alors que Pie IX vient de clore le débat en promulguant le dogme. Evidemment qu'il ne va pas aller à l'encontre de Rome ! D'un point de vue intellectuel et scientifique (car la théologie est bien une science, soumise - toute science divine qu'elle soit - aux mêmes impératifs d'explicitation, de confrontation, et d'argumentation que toute autre science), les arguments donnés manquent cruellement de rigueur. Les sources ne sont jamais explicites : il cite bien des noms d'auteurs, mais jamais il ne renvoie à des citations précises (ou alors vraiment laconiques) et datées qu'on pourrait retrouver en bibliographie ou en annexes. En revanche, les écrits supposés contraires au dogme proclamé deux ans plus tôt sont balayés d'un revers de manche, sur le mode : "quelqu'un a dit que ...", "quelqu'un a écrit que ...".
Pourtant, on voit bien que ces écrits prêtés à Catherine de Sienne gênent l'auteur. On voit bien qu'il cherche à éviter toute discussion proprement théologique pour dérouler son apologétique aux fondements si peu étayés. Ce n'est pas ainsi qu'on travaille, ni la théologie, ni aucune autre discipline !
Comprenons-nous bien ! Je ne nie en rien la vérité de la conception immaculée de Marie, et j'ai personnellement, et depuis longtemps, une grande dévotion à Notre-Dame de Lourdes, l'Immaculée Conception, que j'invoque quotidiennement ou presque. En revanche, je m'en prends ici à la démonstration laborieuse de cet ouvrage assez lourdingue, aux arguments insuffisants, et même bancals. Le Mystère de Marie mérite mieux que cette logorrhée !
Il reste que, avant la proclamation du dogme en 1854, il n'y a rien d'étonnant à ce que d'éminents théologiens, et théologiennes comme sainte Catherine, et autant de mystiques aient débattu la question.
Non seulement ils ne sont pas hérétiques de l'avoir fait, mais leurs contributions, débattues et confrontées par les plus grands penseurs chrétiens de la fin du Moyen-Âge dont plusieurs ont été proclamés
docteurs de l'Eglise,
ont grandement participé à éclairer et à donner forme au dogme tel qu'il a (enfin !?)
été proclamé au milieu du XIXe siècle (seulement !?). C'est ainsi que, de tout temps, s'est forgée la Tradition de l'Eglise !
Avec ça, on ne sait toujours pas ce qu'a exactement écrit sainte Catherine de Sienne !

Malheureusement, ces quelques pages ne permettent pas vraiment de savoir ce qu'a exactement écrit Catherine de Sienne.
L'ouvrage présenté est véritablement écrit dans une perspective purement apologétique (au mauvais sens du terme) alors que Pie IX vient de clore le débat en promulguant le dogme. Evidemment qu'il ne va pas aller à l'encontre de Rome ! D'un point de vue intellectuel et scientifique (car la théologie est bien une science, soumise - toute science divine qu'elle soit - aux mêmes impératifs d'explicitation, de confrontation, et d'argumentation que toute autre science), les arguments donnés manquent cruellement de rigueur. Les sources ne sont jamais explicites : il cite bien des noms d'auteurs, mais jamais il ne renvoie à des citations précises (ou alors vraiment laconiques) et datées qu'on pourrait retrouver en bibliographie ou en annexes. En revanche, les écrits supposés contraires au dogme proclamé deux ans plus tôt sont balayés d'un revers de manche, sur le mode : "quelqu'un a dit que ...", "quelqu'un a écrit que ...".
Pourtant, on voit bien que ces écrits prêtés à Catherine de Sienne gênent l'auteur. On voit bien qu'il cherche à éviter toute discussion proprement théologique pour dérouler son apologétique aux fondements si peu étayés. Ce n'est pas ainsi qu'on travaille, ni la théologie, ni aucune autre discipline !
Comprenons-nous bien ! Je ne nie en rien la vérité de la conception immaculée de Marie, et j'ai personnellement, et depuis longtemps, une grande dévotion à Notre-Dame de Lourdes, l'Immaculée Conception, que j'invoque quotidiennement ou presque. En revanche, je m'en prends ici à la démonstration laborieuse de cet ouvrage assez lourdingue, aux arguments insuffisants, et même bancals. Le Mystère de Marie mérite mieux que cette logorrhée !
Il reste que, avant la proclamation du dogme en 1854, il n'y a rien d'étonnant à ce que d'éminents théologiens, et théologiennes comme sainte Catherine, et autant de mystiques aient débattu la question. [b]Non seulement ils ne sont pas hérétiques de l'avoir fait, mais leurs contributions[/b], débattues et confrontées par les plus grands penseurs chrétiens de la fin du Moyen-Âge dont plusieurs ont été proclamés [i]docteurs de l'Eglise[/i], [b]ont grandement participé à éclairer et à donner forme au dogme tel qu'il a[/b] (enfin !?) [b]été proclamé au milieu du XIXe siècle[/b] (seulement !?). C'est ainsi que, de tout temps, s'est forgée la Tradition de l'Eglise !
Avec ça, on ne sait toujours pas ce qu'a exactement écrit sainte Catherine de Sienne ! ;)