par Jean-Mic » lun. 30 mai 2022, 19:57
J'écrivais plus haut que la valorisation extrême (et mille fois justifiée) de l'Eucharistie par le concile de Trente avait eu, entre autres, pour conséquence l'installation magnifique du tabernacle comme point focal de l'église, sur l'autel, surmonté d'un retable. J'avais auparavant montré combien ce nouvel usage était en rupture avec ceux des siècles précédents. Et je terminais mon message en écrivant que cette pratique si riche de sens n'était pourtant pas sans risque. (NB : Je l'avais écrit au pluriel - des risques - mais je m'aperçois que ce pluriel était inapproprié.)
Le risque encouru était, et est toujours, celui de la redondance. La messe n'est-elle pas tout entière eucharistique ? N'est-elle pas la manifestation la plus accomplie de l'Eucharistie, sacrifice offert et communion partagée pour l'Eglise ? Elle l'est tout entière, sans rien pouvoir y retrancher : des premières notes et des premiers pas de la procession d'entrée jusqu'aux dernières notes et aux derniers pas de la procession de sortie.
Dans ces conditions, le tabernacle n'est pas à proprement parler indispensable à la célébration de la messe. De fait, nombre de messes, dont nul ne mettra la validité en doute, sont célébrées quotidiennement en l'absence de tabernacle. Qu'on pense aux messes d'un aumônier d'hôpital, d'un aumônier militaire, d'un aumônier scout, ...
Pas indispensable à la validité de la messe ! mais fort utile néanmoins ! (Lisez-moi jusqu'au bout avant de vous récrier.) Comme écrit plus haut, durant une messe avec assemblée, la réserve eucharistique remplit en effet les fonctions décrites dans mon premier message : pragmatique (variable d'ajustement, dans un sens ou dans l'autre, du nombre d'hosties consacrées et du nombre de communiants), théologique (respect dû aux Espèces consacrées non consommées), et pastorale (manifestation permanente de la communion avec les absents). (Cf. supra.) Et ce n'est pas rien ! Cette troisième fonction, celle de réserve en vue de la communion des absents, est encore plus grande, plus riche de sens qu'on ne le pense généralement. Ses conséquences liturgiques et ecclésiologiques sont immenses. La réserve eucharistique manifeste en effet à quel point, comme le dit la prière eucharistique, le sacrement est célébré et partagé pour toute l'Eglise. Toute l'Eglise ! Voilà une dimension proprement vertigineuse que l'on pourrait oublier dans nos assemblées parfois si peu nombreuses : quand nous célébrons la messe, quel que soit notre nombre et notre lieu, nous célébrons pour toute l'Eglise !!!
Que le lieu et l'agencement de la réserve soit digne, et, tant qu'à faire, aussi commode d'accès que possible, tout le monde en conviendra. Mais, pour cela, nul besoin que la réserve eucharistique soit sur l'autel où est présentement célébré le Saint Sacrifice, ni nécessairement dans le sanctuaire lui-même. En effet, à partir du moment où la messe est commencée et jusqu'à ce qu'elle complètement achevée, toute l'attention du célébrant et de l'assemblée doit être focalisée premièrement sur l'autel, à l'exception de la proclamation de la Parole où elle doit l'être deuxièmement sur l'ambon, troisièmement sur la personne du célébrant (à l'autel, à l'ambon, ou à son siège de présidence) ou du ministre qui officie (diacre, thuriféraire, lecteur, ..., ministre ordinaire ou extraordinaire). Pour être absolument complet il faudrait ajouter un quatrièmement : sur la croix durant le Triduum pascal. Ainsi donc, la présence-même du tabernacle sur l'autel apparaît redondante avec le sacrement célébré, pris dans son intégralité, c'est-à-dire du premier pas de la procession au dernier pas de procession.
A cet égard rappelons, au risque de surprendre, qu'au cours de la messe, il n'y a pas lieu de faire la génuflexion devant le tabernacle lors des diverses processions, mais seulement de saluer l'autel (voire de le baiser) dès lors qu'on s'en approche en procession. Or, durant la messe, tout déplacement d'un ministre est une procession ! Cela est évident dans une célébration solennelle avec plusieurs officiants et servants. Ça l'est un peu moins dans une messe où le célébrant est seul dans le sanctaire. Et pourtant : tout déplacement du siège à l'ambon, du siège à l'autel, autour de l'autel, est une procession. Et les plus sourcilleux seront d'accord que tout autre déplacement dans le sanctuaire n'est guère qu'agitation mal venue ...! La présence du tabernacle n'y change rien ! C'est l'autel où va être célébré le sacrifice eucharistique, sommet de la messe, qui doit faire l'objet de toute notre attention ! Le seul moment où il y a lieu de s'agenouiller devant le tabernacle, c'est quand un des ministres va quérir la réserve après la consécration afin de donner la communion en nombre suffisant, puis quand le même ministre, ou un autre, repose les hosties consacrées surnuméraires dans le tabernacle. Tout autre agenouillement devant le tabernacle pendant le déroulement de la messe révèle une incompréhension manifeste du mystère eucharistique célébré dans la messe ! A moins qu'il ne soit la conséquence malheureuse d'un déplacement non-processionnel qu'on aurait sans doute pu éviter.
J'écrivais plus haut que la valorisation extrême (et mille fois justifiée) de l'Eucharistie par le concile de Trente avait eu, entre autres, pour conséquence l'installation magnifique du [i]tabernacle[/i] comme point focal de l'église, [u]sur[/u] l'autel, surmonté d'un retable. J'avais auparavant montré combien ce nouvel usage était en rupture avec ceux des siècles précédents. Et je terminais mon message en écrivant que cette pratique si riche de sens n'était pourtant pas sans risque. (NB : Je l'avais écrit au pluriel - des risques - mais je m'aperçois que ce pluriel était inapproprié.)
Le risque encouru était, et est toujours, celui de la [i]redondance[/i]. La [i]messe[/i] n'est-elle pas [u]tout entière eucharistique[/u] ? N'est-elle pas la manifestation la plus accomplie de l'Eucharistie, sacrifice offert et communion partagée pour l'Eglise ? Elle l'est tout entière, sans rien pouvoir y retrancher : des premières notes et des premiers pas de la procession d'entrée jusqu'aux dernières notes et aux derniers pas de la procession de sortie.
Dans ces conditions, le [i]tabernacle[/i] n'est pas à proprement parler indispensable à la célébration de la messe. De fait, nombre de messes, dont nul ne mettra la validité en doute, sont célébrées quotidiennement en l'absence de [i]tabernacle[/i]. Qu'on pense aux messes d'un aumônier d'hôpital, d'un aumônier militaire, d'un aumônier scout, ...
Pas indispensable à la validité de la messe ! mais fort utile néanmoins ! [size=75](Lisez-moi jusqu'au bout avant de vous récrier.)[/size] Comme écrit plus haut, durant une messe [u]avec assemblée[/u], la [i]réserve eucharistique[/i] remplit en effet les fonctions décrites dans mon premier message : pragmatique (variable d'ajustement, dans un sens ou dans l'autre, du nombre d'hosties consacrées et du nombre de communiants), théologique (respect dû aux Espèces consacrées non consommées), et pastorale (manifestation permanente de la communion avec les absents). (Cf. supra.) Et ce n'est pas rien ! Cette troisième fonction, celle de [i]réserve[/i] en vue de la communion des absents, est encore plus grande, plus riche de sens qu'on ne le pense généralement. Ses conséquences liturgiques et ecclésiologiques sont immenses. La [i]réserve eucharistique[/i] manifeste en effet à quel point, comme le dit la prière eucharistique, le sacrement est célébré et partagé [i]pour toute l'Eglise[/i]. Toute l'Eglise ! Voilà une dimension proprement vertigineuse que l'on pourrait oublier dans nos assemblées parfois si peu nombreuses : quand nous célébrons la messe, quel que soit notre nombre et notre lieu, nous célébrons pour [u]toute[/u] l'Eglise !!!
Que le lieu et l'agencement de la réserve soit digne, et, tant qu'à faire, aussi commode d'accès que possible, tout le monde en conviendra. Mais, pour cela, nul besoin que la [i]réserve eucharistique[/i] soit [u]sur[/u] l'autel où est présentement célébré le Saint Sacrifice, ni nécessairement [u]dans[/u] le sanctuaire lui-même. En effet, à partir du moment où la messe est commencée et jusqu'à ce qu'elle complètement achevée, toute l'attention du célébrant et de l'assemblée doit être focalisée premièrement sur l'autel, à l'exception de la proclamation de la Parole où elle doit l'être deuxièmement sur l'ambon, troisièmement sur la personne du célébrant (à l'autel, à l'ambon, ou à son siège de présidence) ou du ministre qui officie (diacre, thuriféraire, lecteur, ..., ministre ordinaire ou extraordinaire). Pour être absolument complet il faudrait ajouter un quatrièmement : sur la croix durant le Triduum pascal. Ainsi donc, la présence-même du [i]tabernacle[/i] [u]sur[/u] l'autel apparaît [u]redondante[/u] avec le sacrement célébré, pris dans son intégralité, c'est-à-dire du premier pas de la procession au dernier pas de procession.
A cet égard rappelons, au risque de surprendre, qu'au cours de la messe, il n'y a pas lieu de faire la génuflexion devant le tabernacle lors des diverses [i]processions[/i], mais seulement de saluer l'autel (voire de le baiser) dès lors qu'on s'en approche en procession. Or, durant la messe, tout déplacement d'un ministre est une [i]procession[/i] ! Cela est évident dans une célébration solennelle avec plusieurs officiants et servants. Ça l'est un peu moins dans une messe où le célébrant est seul dans le sanctaire. Et pourtant : tout déplacement du siège à l'ambon, du siège à l'autel, autour de l'autel, est une [i]procession[/i]. Et les plus sourcilleux seront d'accord que tout autre déplacement dans le sanctuaire n'est guère qu'agitation mal venue ...! La présence du tabernacle n'y change rien ! C'est l'autel où va être célébré le sacrifice eucharistique, sommet de la messe, qui doit faire l'objet de toute notre attention ! Le seul moment où il y a lieu de s'agenouiller devant le tabernacle, c'est quand un des ministres va quérir la [i]réserve[/i] après la consécration afin de donner la communion en nombre suffisant, puis quand le même ministre, ou un autre, repose les hosties consacrées [u]surnuméraires[/u] dans le [i]tabernacle[/i]. Tout autre agenouillement devant le tabernacle pendant le déroulement de la messe révèle une incompréhension manifeste du mystère eucharistique célébré dans la messe ! A moins qu'il ne soit la conséquence malheureuse d'un déplacement non-processionnel qu'on aurait sans doute pu éviter.