Altior a écrit :
Je pense seulement que ce groupement jésuite est très attentif à tout ce qui pourrait rapprocher la pensée et la doctrine catholiques du "moralement correct" et des préoccupations de l'Occident actuel. De là à pense qu'il serait prêt à brader la doctrine morale,il y a un grand pas.
Salutation,
J'ai refait lecture du propos de Carlo Casalone dans la
Civilta Cattolica, partant du lien inséré dans l'article du journal
Le Monde. La raison de ma question était bien compréhensible (après relecture,si j'y pense) parce que le propos de Casalone correspond à un incroyable exercice intellectuel acrobatique. Pas bien évident de trouver du premier coup ce qu'il veut dire, avec le tas de considérations qu'il empile l'une par dessus l'autre.
Néanmoins, on fini par trouver qu'il appuierait lui-même le projet de loi du parlement italien pour encadrer la pratique du suicide assisté.
En un mot, il ne se déclare pas lui-même en faveur du suicide assisté. Non mais il trouve «quand même» qu'une loi autorisant la chose dans une certaine mesure et avec toutes les balises qu'on veut bien imaginer, représenterait un moyen terme acceptable. Une sorte de moindre mal. Et il donne également une courte citation du pape François que moi je trouve passablement alambiquée et vague à souhait, suffisamment en tout cas pour partir de celle-ci et comprendre que le pape à Rome donnerait lui aussi son aval à un tel projet de loi. Donc, comme à l'habitude, le pape François serait totalement en phase avec les politiques en place ou que l'on s'apprête à mettre en place.
Traduction : l'Église catholique appuierait donc le suicide assisté après cent détours, une douzaine de mises en garde, un saut à la perche, un passage au trapèze ... et uniquement pour éviter le pire, hein ... limitons les dégâts ...
Et donc ...
Je dirais que cela correspond bien à la ligne politique moderniste. C'est non en principe, oui en pratique ... et puis oui de ce qu'il faille laisser toute son autonomie au champ de compétence profane, aux décideurs appelés à se prononcer sur ce qu'il vaudrait mieux faire dans leur domaine de juridiction. Tant que l'on pourrait penser que le législateur rechercherait lui aussi le bien de tous autant que possible, pour ne pas s'écarter d'un ordre public juste ou du moins en respectant le fait que l'on causerait moins de dommage à la société en tolérant cet intolérable que s'il fallait se braquer à vouloir réprimer !
L'Église ne représente pas une force d'opposition. Elle n'inspire en rien le législateur civil ni n'empêche quoi que ce soit. Tout au plus pourrait-elle être un guide pour les fidèles bien disposés (si l'envie est au rendez-vous) à vouloir l'écouter.