par anachorète moderne » ven. 30 juin 2023, 10:34
Bonjour,
Vous évoquez des désaccords (que je situe mal)
Eh bien, principalement, le rapport à autrui : il me semble que vous disiez considérer la souffrance d'autrui, d'avoir de la compassion, d'être moins centré sur soi. C'est en cela que je ne suis pas d'accord, dans le sens où je ne pense pas qu'il y ait un lien étroit entre l'égocentrisme et la dépression... Tout au plus, c'est un symptôme dans la plupart des cas. Mais pas une cause, une explication à mon sens.
Sauf si je vous ai mal compris.
C'est d'ailleurs ce que vous manifester peut-être à ce stade de nos échanges. Vous évoquez des désaccords (que je situe mal), que je vous apparaîs maladroit et que vous faites des efforts pour rester poli. Ceci engendre que vous souhaitez renoncer à poursuivre ces échanges
A vrai dire, j'ai juste un peu de mal à me concentrer et à suivre une discussion ( de façon générale )... Et j'ai peur d'être à côté de la plaque, rien de plus.

Sinon pour les " efforts pour rester poli ", je voulais surtout dire que je ne voulais pas être trop désagréable... Car oui, on peut être en désaccord sans être agressif.
J'aurais très bien pu sombrer dans la dépression après avoir vécu ce que j'ai traversé. Beaucoup de personnes sont plutôt sujettes à fuir les épreuves (alors que de mon côté je les ai recherchées, même celles mortelles pour le corps, ce qui m'a sauvé psychiquement au moins, je crois, c'est d'avoir affronté des injustices et donc de voir l'injustice se resserrer sur moi jusqu'à ce que Dieu me libère). Les personnes qui fuient les épreuves devraient mesurer leur misère spirituelle. Lorsqu'on subi une épreuve sans connaître la miséricorde de Dieu l'on peut se sentir anéanti et vivre un état dépressif.
Le truc, ce n'est pas que j'ai fui les épreuves. Encore une fois, l'étiquette " schizophrène " est là pour rappeler le côté atypique de mon état dépressif aussi. Je suis entré dans une sorte de " délire " avec un " syndrome de sauveur ". Je veux dire, que je me sentais investi d'une mission face à la misère du monde que je ne supportais pas. Le problème, c'est qu'il me semble voir l'aveu que vous n'avez pas vraiment vécu de dépression. Juste quelques symptômes au plus. Et par expérience, ceux qui ne l'ont pas vécue, comprennent vraiment très difficilement ce que c'est, sinon rien du tout. Ils projettent leur propre expérience d'une petite déprime sur ceux qui ont un véritable mal de vivre.
Il y a toujours une sorte d'incompréhension, pour les gens qui ont des personnalités / comportements un peu atypiques. Je veux dire, que quand la marge est trop grande, que des perceptions différentes s'affrontent, je pense qu'il y a incompréhension très marquée ( souvent mutuelle ).
En effet, c'est bien beau de vouloir aider les dépressifs, ou pire encore les " schizophrènes ". Mais il faut les comprendre profondément.
Bernanos nous dit : «
L'optimisme est un ersatz de l'espérance, dont la propagande officielle se réserve le monopole. Il approuve tout, il subit tout, il croit tout, c'est par excellence la vertu du contribuable. »
«
Neuf fois sur dix, l'optimisme est une forme sournoise de l'égoïsme, une manière de se désolidariser du malheur d'autrui. Au bout du compte, sa vraie formule serait plutôt ce fameux ‘après moi le déluge ».
J'ai découvert ces citations sur une revue carmélitaine traitant de la joie. L'optimisme ici, 9 fois sur 10, est perçu comme une fausse joie, basée sur des illusions.
Je suis d'accord avec cela. Je suis, dans l'idéal, favorable à la joie, mais pas une joie lâche, une joie lucide, qui regarde droit dans les yeux les réalités les plus sombres sans perdre l'espérance. C'est un idéal extrêmement exigeant, mais je ne le pense pas impossible.
De plus, j'ajouterais que pour moi, nous sommes tous des malades. Ne pas se reconnaître malade, c'est ne pas reconnaître ses failles, son penchant naturel pour le péché, l'insuffisance de nos propres forces, et donc avoir une certaine fatuité envers Dieu, qui est là pour combler nos manques naturels. Par gens " normaux ", je veux entendre dont le comportement est ordinaire. Pas forcément sain.
C'est pourquoi je suis plus réticent à parler de " maladie ". Car ça implique un clivage entre les gens qu'on peut considérer normaux / malades mentaux.
Je trouve ça faux.
Bonjour,
[quote]Vous évoquez des désaccords (que je situe mal)[/quote]
Eh bien, principalement, le rapport à autrui : il me semble que vous disiez considérer la souffrance d'autrui, d'avoir de la compassion, d'être moins centré sur soi. C'est en cela que je ne suis pas d'accord, dans le sens où je ne pense pas qu'il y ait un lien étroit entre l'égocentrisme et la dépression... Tout au plus, c'est un symptôme dans la plupart des cas. Mais pas une cause, une explication à mon sens.
Sauf si je vous ai mal compris.
[quote]C'est d'ailleurs ce que vous manifester peut-être à ce stade de nos échanges. Vous évoquez des désaccords (que je situe mal), que je vous apparaîs maladroit et que vous faites des efforts pour rester poli. Ceci engendre que vous souhaitez renoncer à poursuivre ces échanges[/quote]
A vrai dire, j'ai juste un peu de mal à me concentrer et à suivre une discussion ( de façon générale )... Et j'ai peur d'être à côté de la plaque, rien de plus. :zut: Sinon pour les " efforts pour rester poli ", je voulais surtout dire que je ne voulais pas être trop désagréable... Car oui, on peut être en désaccord sans être agressif.
[quote]J'aurais très bien pu sombrer dans la dépression après avoir vécu ce que j'ai traversé. Beaucoup de personnes sont plutôt sujettes à fuir les épreuves (alors que de mon côté je les ai recherchées, même celles mortelles pour le corps, ce qui m'a sauvé psychiquement au moins, je crois, c'est d'avoir affronté des injustices et donc de voir l'injustice se resserrer sur moi jusqu'à ce que Dieu me libère). Les personnes qui fuient les épreuves devraient mesurer leur misère spirituelle. Lorsqu'on subi une épreuve sans connaître la miséricorde de Dieu l'on peut se sentir anéanti et vivre un état dépressif.[/quote]
Le truc, ce n'est pas que j'ai fui les épreuves. Encore une fois, l'étiquette " schizophrène " est là pour rappeler le côté atypique de mon état dépressif aussi. Je suis entré dans une sorte de " délire " avec un " syndrome de sauveur ". Je veux dire, que je me sentais investi d'une mission face à la misère du monde que je ne supportais pas. Le problème, c'est qu'il me semble voir l'aveu que vous n'avez pas vraiment vécu de dépression. Juste quelques symptômes au plus. Et par expérience, ceux qui ne l'ont pas vécue, comprennent vraiment très difficilement ce que c'est, sinon rien du tout. Ils projettent leur propre expérience d'une petite déprime sur ceux qui ont un véritable mal de vivre.
Il y a toujours une sorte d'incompréhension, pour les gens qui ont des personnalités / comportements un peu atypiques. Je veux dire, que quand la marge est trop grande, que des perceptions différentes s'affrontent, je pense qu'il y a incompréhension très marquée ( souvent mutuelle ).
En effet, c'est bien beau de vouloir aider les dépressifs, ou pire encore les " schizophrènes ". Mais il faut les comprendre profondément.
Bernanos nous dit : « [b]L'optimisme est un ersatz de l'espérance, dont la propagande officielle se réserve le monopole. Il approuve tout, il subit tout, il croit tout, c'est par excellence la vertu du contribuable.[/b] »
« [b]Neuf fois sur dix, l'optimisme est une forme sournoise de l'égoïsme, une manière de se désolidariser du malheur d'autrui. Au bout du compte, sa vraie formule serait plutôt ce fameux ‘après moi le déluge[/b] ».
J'ai découvert ces citations sur une revue carmélitaine traitant de la joie. L'optimisme ici, 9 fois sur 10, est perçu comme une fausse joie, basée sur des illusions.
Je suis d'accord avec cela. Je suis, dans l'idéal, favorable à la joie, mais pas une joie lâche, une joie lucide, qui regarde droit dans les yeux les réalités les plus sombres sans perdre l'espérance. C'est un idéal extrêmement exigeant, mais je ne le pense pas impossible.
De plus, j'ajouterais que pour moi, nous sommes tous des malades. Ne pas se reconnaître malade, c'est ne pas reconnaître ses failles, son penchant naturel pour le péché, l'insuffisance de nos propres forces, et donc avoir une certaine fatuité envers Dieu, qui est là pour combler nos manques naturels. Par gens " normaux ", je veux entendre dont le comportement est ordinaire. Pas forcément sain.
C'est pourquoi je suis plus réticent à parler de " maladie ". Car ça implique un clivage entre les gens qu'on peut considérer normaux / malades mentaux.
Je trouve ça faux.