par Cinci » mer. 30 juin 2021, 17:44
. Un petit effort de traduction personnelle pour le bénéfice des lecteurs ... au moins avoir une idée de quoi il retourne.
Tout d'abord ...
Vers la 10e minute, l'animateur mentionne que Stephen King parviendrait à réduire le genre cinéma d'horreur en trois grandes catégories. 1) La sidération physique. C'est à dire ce qui peut nous choquer à propos de notre corps. 2) Ce qui outrepasse l'ordre naturel tels des insectes géants, des oiseaux qui ne se comportent pas comme des oiseaux normaux tels dans le film d'Hitchcock 3) La terreur, mais alors en un sens psychologique ou spirituel.
Le prêtre remarquait comment la catégorie de la «sidération» nous renverrait à la difficulté que nous avons à gérer nos peurs, par rapport à notre propre corporéité (la maladie, la mort, la mutilation, etc.). Il faut se rappeler que notre corporéité nous a été donné dans un monde déchu. Dans notre esprit, nous pouvons nous imaginer un monde différent ou nous pouvons étendre notre imagination aux réalités célestes qui devraient être immunisées à l'encontre de nos réalités physiques d'ici-bas. Et, donc, la manière de faire face à cette difficulté que représente pour nous, notre propre réalité charnelle : c'est l'incarnation du Fils de Dieu dans l'homme-Jésus. C'est ainsi que Dieu peut nous libérer de la peur ...
Dieu assume la nature humaine et choisi de vivre une véritable vie humaine. Ce qui signifie qu'il fait lui-même l'expérience de la corporéité, la gestation, la naissance, la croissance et toutes les choses associées au fonctionnement du corps humain. Il accepte tout. Et même s'il pourrait se trouver une exemption chez lui, par rapport à une limite, mais de ce qu'il n'est pas tenu dans les liens du péché, il en fait quand même une expérience de première main dans la rencontre avec les autres. Il est appelé ensuite à entrer lui-même dans la plus grande des terreurs, dans une horreur que nous connaissons, et qui n'est pas seulement la mort elle-même, mais une mort atroce, une mort dans les tortures, une mort dans laquelle l'aspect corporel de l'existence s'en trouve blessé d'une manière terrifiante, qui aboutit même à la mort de tout ce que Dieu a voulu faire quand il aura uni sa nature divine à la nature humaine du Christ.
Théologiquement parlant, la résolution pour nous des terreurs que notre propre nature corporelle peut soulever, et justement à cause de nos limites et de la mort, mais elle passe bien par l'incarnation du Fils de Dieu.
La théologie chrétienne n'est pas une fuite dans du pseudo-platonisme et dans lequel nous devrions faire abstraction de notre corps, comme si l'idéal devrait consister à nous effacer nous-mêmes dans l'attente de pouvoir enfin être déchargé de ce corps ou être libéré de toutes les formes que nous aurions pu connaître, ici-bas et que nous avons perdu. Plutôt, les choses sont comme Dieu a voulu qu'elles se présentent dans notre réalité matérielle, et y compris jusque dans les aspects les plus terrifiants de notre existence. Et Dieu résout le problème, entrant lui-même dans cette réalité crée.
Pour se guérir de la peur de la maladie, des accidents terribles, des mutilations, des tortures infligées au corps, la décrépitude, la décomposition, qui sont tous des choses qui nous sidèrent : il y a le fait que c'est bien dans notre corps que Dieu vient nous sauver.
Plus loin ...
Ce qui amène l'intervieweur à se demander (vers 16' 48'') si certains passages des Évangiles ne seraient pas eux-mêmes des récits pouvant faire peur au premier chef. Il pense à la résurrection de Lazare. Dans un sens, dit-il, ce récit a dû se présenter comme un véritable film d'horreur. Vous savez, cet homme qui émerge du tombeau, non pas ressuscité en réalité mais réanimé.
Oui, confirmera le prêtre. Le récit possède toutes les dimensions de la littérature fantastique (dans le genre horreur) parce qu'il traite de la mort, et il s'agit de la peur de la mort, et c'est même la rencontre avec la décomposition du cadavre. Il s'agit d'un corps, et ensuite la terreur qui s'empare des gens à la pensée d'un pouvoir si grand qu'il pourrait ramener un mort à la vie. Je veux dire que, dans le temps, le récit inséré dans le Nouveau Testament a fini par être domestiqué, et nous nous objecterions facilement à l'idée qu'il devrait s'agir d'un récit terrifiant. Mais la réalité est que si nous essayons de nous projeter en arrière, à l'aide de notre imagination : comment pourrions-nous prétendre que nous n'aurions pas été effrayés nous-mêmes. Nous aurions été présent, nous aurions été terrifiés !
Et cela permet même de comprendre la réaction des adversaires de Jésus. Imaginez : des gens puissants vont entendre parler d'un homme qui pourrait faire se relever des morts, et ce, à l'encontre de toutes les prévisions communes. Et, alors, l'aversion face à cela se trouve dans le fait que si cet homme est soi-disant capable de faire se relever les morts, mais alors de quoi d'autre ne sera-t-il pas capable ? Il est certainement capable de faire plus qu'eux. Et, là, vous commencez à comprendre comment a pu s'ourdir le complot pour se débarrasser de lui.
. Un petit effort de traduction personnelle pour le bénéfice des lecteurs ... au moins avoir une idée de quoi il retourne.
Tout d'abord ...
Vers la 10e minute, l'animateur mentionne que Stephen King parviendrait à réduire le genre cinéma d'horreur en trois grandes catégories. 1) La sidération physique. C'est à dire ce qui peut nous choquer à propos de notre corps. 2) Ce qui outrepasse l'ordre naturel tels des insectes géants, des oiseaux qui ne se comportent pas comme des oiseaux normaux tels dans le film d'Hitchcock 3) La terreur, mais alors en un sens psychologique ou spirituel.
Le prêtre remarquait comment la catégorie de la «sidération» nous renverrait à la difficulté que nous avons à gérer nos peurs, par rapport à notre propre corporéité (la maladie, la mort, la mutilation, etc.). Il faut se rappeler que notre corporéité nous a été donné dans un monde déchu. Dans notre esprit, nous pouvons nous imaginer un monde différent ou nous pouvons étendre notre imagination aux réalités célestes qui devraient être immunisées à l'encontre de nos réalités physiques d'ici-bas. Et, donc, la manière de faire face à cette difficulté que représente pour nous, notre propre réalité charnelle : c'est l'incarnation du Fils de Dieu dans l'homme-Jésus. C'est ainsi que Dieu peut nous libérer de la peur ...
Dieu assume la nature humaine et choisi de vivre une véritable vie humaine. Ce qui signifie qu'il fait lui-même l'expérience de la corporéité, la gestation, la naissance, la croissance et toutes les choses associées au fonctionnement du corps humain. Il accepte tout. Et même s'il pourrait se trouver une exemption chez lui, par rapport à une limite, mais de ce qu'il n'est pas tenu dans les liens du péché, il en fait quand même une expérience de première main dans la rencontre avec les autres. Il est appelé ensuite à entrer lui-même dans la plus grande des terreurs, dans une horreur que nous connaissons, et qui n'est pas seulement la mort elle-même, mais une mort atroce, une mort dans les tortures, une mort dans laquelle l'aspect corporel de l'existence s'en trouve blessé d'une manière terrifiante, qui aboutit même à la mort de tout ce que Dieu a voulu faire quand il aura uni sa nature divine à la nature humaine du Christ.
Théologiquement parlant, la résolution pour nous des terreurs que notre propre nature corporelle peut soulever, et justement à cause de nos limites et de la mort, mais elle passe bien par l'incarnation du Fils de Dieu.
La théologie chrétienne n'est pas une fuite dans du pseudo-platonisme et dans lequel nous devrions faire abstraction de notre corps, comme si l'idéal devrait consister à nous effacer nous-mêmes dans l'attente de pouvoir enfin être déchargé de ce corps ou être libéré de toutes les formes que nous aurions pu connaître, ici-bas et que nous avons perdu. Plutôt, les choses sont comme Dieu a voulu qu'elles se présentent dans notre réalité matérielle, et y compris jusque dans les aspects les plus terrifiants de notre existence. Et Dieu résout le problème, entrant lui-même dans cette réalité crée.
Pour se guérir de la peur de la maladie, des accidents terribles, des mutilations, des tortures infligées au corps, la décrépitude, la décomposition, qui sont tous des choses qui nous sidèrent : il y a le fait que c'est bien dans notre corps que Dieu vient nous sauver.
Plus loin ...
Ce qui amène l'intervieweur à se demander (vers 16' 48'') si certains passages des Évangiles ne seraient pas eux-mêmes des récits pouvant faire peur au premier chef. Il pense à la résurrection de Lazare. Dans un sens, dit-il, ce récit a dû se présenter comme un véritable film d'horreur. Vous savez, cet homme qui émerge du tombeau, non pas ressuscité en réalité mais réanimé.
Oui, confirmera le prêtre. Le récit possède toutes les dimensions de la littérature fantastique (dans le genre horreur) parce qu'il traite de la mort, et il s'agit de la peur de la mort, et c'est même la rencontre avec la décomposition du cadavre. Il s'agit d'un corps, et ensuite la terreur qui s'empare des gens à la pensée d'un pouvoir si grand qu'il pourrait ramener un mort à la vie. Je veux dire que, dans le temps, le récit inséré dans le Nouveau Testament a fini par être domestiqué, et nous nous objecterions facilement à l'idée qu'il devrait s'agir d'un récit terrifiant. Mais la réalité est que si nous essayons de nous projeter en arrière, à l'aide de notre imagination : comment pourrions-nous prétendre que nous n'aurions pas été effrayés nous-mêmes. Nous aurions été présent, nous aurions été terrifiés !
Et cela permet même de comprendre la réaction des adversaires de Jésus. Imaginez : des gens puissants vont entendre parler d'un homme qui pourrait faire se relever des morts, et ce, à l'encontre de toutes les prévisions communes. Et, alors, l'aversion face à cela se trouve dans le fait que si cet homme est soi-disant capable de faire se relever les morts, mais alors de quoi d'autre ne sera-t-il pas capable ? Il est certainement capable de faire plus qu'eux. Et, là, vous commencez à comprendre comment a pu s'ourdir le complot pour se débarrasser de lui.