Haurietis Aquas a écrit :
IV. - LA NAISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT DU CULTE DU SACRÉ-COEUR.
Ce Culte est le culte de l’amour divin et humain du Verbe incarné, comme l’enseigne le Docteur Angélique, l’amour de la Sainte -Trinité est le principe de la Rédemption humaine, puisqu’il débordait sur la volonté humaine de Jésus-Christ et son Coeur adorable, et que c’est ce même amour qui l’a conduit à répandre son Sang pour nous délivrer de la captivité du péché.
Ce culte n’a jamais été complètement étranger à la piété des fidèles.
47. Le culte par lequel nous honorons l’amour de Dieu et de Jésus-Christ envers le genre humain, à travers le signe auguste du Coeur transpercé du Rédempteur crucifié, n’a jamais été complètement étranger à la piété des fidèles.
50. Si, par le Coeur transpercé du Sauveur, les hommes sont toujours plus ardemment portés à honorer son amour infini qui embrasse le genre humain, les paroles du prophète Zacharie, appliquées par saint Jean l’Evangéliste à Jésus crucifié : " Ils regarderont Celui qu’ils ont transpercé " s’adressent aux chrétiens de tous les temps.
De sainte Marguerite-Marie à Pie IX.
Nous citons par exemple, parmi ceux qui ont affermi ce culte du Coeur très sacré de Jésus, l’ont fait progressivement se développer et ont, ainsi, bien mérité de lui : saint Bonaventure, saint Albert le Grand, sainte Gertrude, sainte Catherine de Sienne, le bienheureux Henri Suso, saint Pierre Canisius, saint François de Sales. Saint ]ean Eudes fut l’auteur du premier office liturgique célébré en l’honneur du Coeur très sacré de Jésus, dont la fête solennelle,avec l’approbation de nombreux évêques de France, fut célébrée pour la première fois le 20 octobre 1672. Il faut assurément faire une place spéciale à sainte Marguerite-Marie Alacoque, qui, avec le bienheureux Claude de la Colombière, son directeur spirituel, réussit, par son zèle remarquable, à ce que soit établit ce culte.
52. Il suffit d’évoquer cette époque où se développait le culte du Coeur très sacré de Jésus pour comprendre parfaitement que son admirable progression tenait à ce qu’il convenait parfaitement à la nature de la religion chrétienne, qui est une religion d’amour.
Ce qui a été révélé à sainte Marguerite-Marie n’a rien apporté de nouveau à la doctrine catholique. Son importance vient de ce que le Christ Notre-Seigneur, en montrant son Coeur trés sacré, a voulu retenir d’une façon extraordinaire et singulière les esprits des hommes pour qu’ils contemplent et honorent le mystère de l’amour miséricordieux de Dieu à l’égard du genre humain. Le Christ, en des paroles expresses et réitérées, a montré son Coeur comme le symbole qui attirerait les hommes à la connaissance de son amour ; en même temps, il en a fait comme le signe et le gage de sa miséricorde et de sa grâce pour les besoins de l’Eglise de notre temps.
53. Le fait que le Siège apostolique ait approuvé cette liturgie solennelle avant les écrits de sainte Marguerite-Marie montre manifestement que ce culte découle des principes mêmes de la doctrine chrétienne. La Sacrée Congrégation des Rites, par un décret du 25 janvier 1765, approuvé par Notre Prédécesseur Clément XIII, le 6 février de la même année, a autorisé les évêques de Pologne et l’ Archiconfrérie romaine, dite du Coeur très sacré de Jésus, à célébrer la fête liturgique.
54. Cette première approbation, qui fut suivie, presque un siècle plus tard, du décret de la Sacrée Congrégation des rites, du 23 août I856, par lequel, a ordonné que la fête du Coeur très sacré de Jésus fût étendue à l’Église entière et fût célébrée par elle comme il convient. Comme nous le lisons dans la liturgie de cette fête : " Le culte du Coeur trés sacré de Jésus, comme un fleuve débordant, renversant tous les obstacles, se répand dans le monde entier. "