par Riou » sam. 04 avr. 2020, 11:59
Altior a écrit : ↑ven. 03 avr. 2020, 23:24
Bonjour, Riou!
Riou a écrit : ↑ven. 03 avr. 2020, 18:53
La sédation n'est pas un "faire mourir" à mon sens, mais un accompagnant vers la mort. Que son administration précipite la mort, c'est possible
Votre deuxième phrase est en contradiction avec la première. Si la sédation profonde précipite la mort, alors elle est la cause efficiente de la mort, même si elle n'est cause ni première, ni finale.
Bonjour,
Discutable. Dans un cas de cancer en phase terminale, c'est bien la maladie qui est la cause efficiente de la mort et, si je puis me permettre l'expression, la mort a déjà accomplie son travail en prenant le dessus sur la vie, le reste de vie biologique étant ce qu'on appelle une agonie (quelques heures ou quelques jours), avec des conséquences profondes sur le physique et le moral de la personne mourante (de là l'utilité de la sédation profonde). Dans ce cas, la sédation profonde, bien qu'elle puisse accélérer le processus de mort déjà engagé biologiquement, ne fait qu'accompagner ce qui devait nécessairement arriver sans elle. Je ne comprends pas bien en quel sens on peut dire qu'elle est la cause efficiente de la mort.
Et comme vous le dites, elle n'est pas cause première et cause finale (l'intention du médecin) de la mort, contrairement à l'euthanasie, ce qui fait une différence essentielle entre les deux pratiques médicales.
Que sur quelques cas particuliers, la frontière puisse être parfois plus floue, c'est bien possible, et je m'en remets à votre jugement, qui m'a l'air techniquement plus connaisseur que le mien.
Pour ce qui est des preuves, je rebondissais sur le propos de l'infirmière dans le contexte du covid, qui sont des accusations gravissimes faite à l'encontre du personnel soignant. Je disais qu'une telle accusation se devait d'apporter des preuves irréfutables et établies, sans aucun doute possible sur la nature de la pratique et de l'intention du personnel soignant. Je veux dire par là qu'on ne peut pas accuser le personnel médical, qui fait un travail exceptionnel (déjà bien avant cette épidémie), sur la base d'une accusation seulement orale, d'un ouï-dire, sans plus d'éléments matériels attestant la pratique qu'elle dénonce. Qu'il y ait des erreurs, des débordements, des difficultés énormes au vu de la situation, c'est bien possible, et dans un tel raz de marée sanitaire, il faut malheureusement se résigner à ne pas tout pouvoir maîtriser. Mais dénoncer le personnel soignant d'accomplir une euthanasie programmée, intentionnelle et organisée d'un certain nombre d'individus (pouvant vivre plusieurs années) sur la base des critères de l'âge ou de l'état de santé préalable revient à les accuser de meurtre, ni plus ni moins. C'est donc une accusation gravissime et, je le crois sincèrement, profondément injuste. En espérant que les faits confirment mon jugement. Dans le cas contraire, la loi devra punir, comme il se doit.
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Bonjour, Riou!
[quote=Riou post_id=418589 time=1585932803]
La sédation n'est pas un "faire mourir" à mon sens, mais un accompagnant vers la mort. Que son administration précipite la mort, c'est possible[/quote]
Votre deuxième phrase est en contradiction avec la première. Si la sédation profonde précipite la mort, alors elle est la cause efficiente de la mort, même si elle n'est cause ni première, ni finale.
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Bonjour,
Discutable. Dans un cas de cancer en phase terminale, c'est bien la maladie qui est la cause efficiente de la mort et, si je puis me permettre l'expression, la mort a déjà accomplie son travail en prenant le dessus sur la vie, le reste de vie biologique étant ce qu'on appelle une agonie (quelques heures ou quelques jours), avec des conséquences profondes sur le physique et le moral de la personne mourante (de là l'utilité de la sédation profonde). Dans ce cas, la sédation profonde, bien qu'elle puisse accélérer le processus de mort déjà engagé biologiquement, ne fait qu'accompagner ce qui devait nécessairement arriver sans elle. Je ne comprends pas bien en quel sens on peut dire qu'elle est la cause efficiente de la mort.
Et comme vous le dites, elle n'est pas cause première et cause finale (l'intention du médecin) de la mort, contrairement à l'euthanasie, ce qui fait une différence essentielle entre les deux pratiques médicales.
Que sur quelques cas particuliers, la frontière puisse être parfois plus floue, c'est bien possible, et je m'en remets à votre jugement, qui m'a l'air techniquement plus connaisseur que le mien.
Pour ce qui est des preuves, je rebondissais sur le propos de l'infirmière dans le contexte du covid, qui sont des accusations gravissimes faite à l'encontre du personnel soignant. Je disais qu'une telle accusation se devait d'apporter des preuves irréfutables et établies, sans aucun doute possible sur la nature de la pratique et de l'intention du personnel soignant. Je veux dire par là qu'on ne peut pas accuser le personnel médical, qui fait un travail exceptionnel (déjà bien avant cette épidémie), sur la base d'une accusation seulement orale, d'un ouï-dire, sans plus d'éléments matériels attestant la pratique qu'elle dénonce. Qu'il y ait des erreurs, des débordements, des difficultés énormes au vu de la situation, c'est bien possible, et dans un tel raz de marée sanitaire, il faut malheureusement se résigner à ne pas tout pouvoir maîtriser. Mais dénoncer le personnel soignant d'accomplir une euthanasie programmée, intentionnelle et organisée d'un certain nombre d'individus (pouvant vivre plusieurs années) sur la base des critères de l'âge ou de l'état de santé préalable revient à les accuser de meurtre, ni plus ni moins. C'est donc une accusation gravissime et, je le crois sincèrement, profondément injuste. En espérant que les faits confirment mon jugement. Dans le cas contraire, la loi devra punir, comme il se doit.