Sédation profonde et euthanasie

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Re: Sédation profonde et euthanasie

par Kerygme » jeu. 09 avr. 2020, 11:18

Kerniou a écrit : dim. 05 avr. 2020, 13:35 Les malades sont en droit d'informer le personnel médical de leur choix. Quand ils entrent à l'hôpital, ils peuvent même, donner aux médecins une lettre avec leurs dernières volontés en la matière. Il arrive, aussi, de plus en plus fréquemment, qu'on leur demande, comme je l'ai vécu, ce qu'ils souhaitent.
Cela s'appelle les directives anticipées, il existe même un formulaire officiel que j'avais placé dans un autre fil : le voici à nouveau.
Attention,il y a deux modèles pour des cas différents dans ce même pdf. Ces directives peuvent aussi être intégrées au DMP (Dossier Médical Partagé), ainsi tout médecin qui vous prend en charge peut y avoir accès.

La partie explicative est au début dans la présentation.

Re: Sédation profonde et euthanasie

par Kerniou » mar. 07 avr. 2020, 11:54

Il est vrai que privilégier la vie naissante est une valeur sinon un commandement de l'Eglise qui, lors d'une naissance, par exemple, si la vie de l'enfant et celle de la mère sont en danger, demande que l'on privilégie la vie de l'enfant au détriment de celle de la mère ...
Privilégier de jeunes vies répondrait, dans ce cas, à l'esprit des règles émises, au cours des siècles, par l'Eglise ...

Re: Sédation profonde et euthanasie

par la Samaritaine » dim. 05 avr. 2020, 20:56

Merci beaucoup Riou pour votre éclairage !

Samaritaine

Re: Sédation profonde et euthanasie

par Ombiace » dim. 05 avr. 2020, 18:05

Je profite de ce fil avec lequel je prends connaissance pour exprimer ma solidarité et ma reconnaissance pour ceux qui ont la lourde charge de faire des choix, avec un recul parfois inexistant.

Merci à Invité pour avoir créé ce fil

Re: Sédation profonde et euthanasie

par Kerniou » dim. 05 avr. 2020, 13:35

Cher Altior,
Les malades sont en droit d'informer le personnel médical de leur choix. Quand ils entrent à l'hôpital, ils peuvent même, donner aux médecins une lettre avec leurs dernières volontés en la matière. Il arrive, aussi, de plus en plus fréquemment, qu'on leur demande, comme je l'ai vécu, ce qu'ils souhaitent.
Idem, parfois, à propos du don d'organes
Merci, Riou, de nous faire partager vos observations et réflexions.

Re: Sédation profonde et euthanasie

par Riou » dim. 05 avr. 2020, 8:22

Altior a écrit : dim. 05 avr. 2020, 5:29 Vous parlez comme si les sujets (ou plutôt les objets?) de la sédation profonde l'auraient demandé.
Bonjour,
Dans les cas de cancers en phase terminale que j'ai pu observer, j'ai toujours vu les médecins en charge des patients dont l'espoir de survie était nul amener la discussion sur la manière dont les choses allaient se passer. Dans la discussion, les choses étaient toujours tournées, de manière très délicate, pour que le patient en vienne à éprouver ses souhaits. Le souhait était toujours le même : le moins de souffrances possibles, pas d'agonie. Ainsi le médecin expliquait qu'il existe des solutions allant dans ce sens. Dans le cas d'un patient déjà délirant et avec qui la communication n'était plus vraiment possible, le personnel hospitalier s'était tourné vers la femme de cet homme, afin de savoir si des souhaits n'avaient pas été communiqués en cas d'echec de la médecine à soigner la pathologie. Il n'est pas rare que, de manière formelle ou informelle, durant la maladie, le patient ait eu ce type de discussion avec un intime. Enfin, il me semble que si le patient refuse la sédation profonde, le corps médical écoute.
J'induis de cette pratique observée que le personnel médical, toutes les fois où c'est possible, met en place ce type de questionnement. Je ne sais pas si c'est le fruit d'un "protocole" ou autre, mais il semble que ce soit une pratique installée.
Quand ce n'est pas possible, je suppose que le principe de la diminution de la souffrance prévaut. On peut le discuter, peut-être, mais que le corps soignant prenne en compte le fait que l'individu est un être sensible qui souffre terriblement au physique comme au moral atteste que leur vision de la situation n'est pas celle de la réduction du patient à un objet pur et simple. Un objet ne souffre pas, et à vrai dire on ne se pose pas la question car il n'a pas de système nerveux et qu'il est dépourvu d'âme incarnée. Se soucier de la souffrance du patient, c'est le considérer comme une chair vivante et consciente affectivement liée à ses proches. C'est donc le comprendre comme un être vulnérable, un sujet passif devant la maladie et la mort.
Je n'ai pas à juger la décision de ces patients et à exiger d'eux une agonie volontaire digne d'un saint. La sainteté ne se décrète pas pour autrui.

Re: Sédation profonde et euthanasie

par Altior » dim. 05 avr. 2020, 5:29

Riou a écrit : sam. 04 avr. 2020, 20:49 Ainsi je ne peux exiger pour autrui une agonie. Je ne peux lui dire "agonise!" s'il demande une sédation profonde
Vous parlez comme si les sujets (ou plutôt les objets?) de la sédation profonde l'auraient demandé.

Re: Sédation profonde et euthanasie

par Riou » sam. 04 avr. 2020, 20:49

invité1 a écrit : sam. 04 avr. 2020, 18:14

Là est le problème. En administrant l'euthanasie (sédation profonde ou autre), on empêche l'agonie. Or, de nombreux saints (dont sainte Faustine) ont déclaré qu'au moment de l'agonie se déroule un combat spirituel avec pour enjeu rien moins que le salut de l'âme du mourant :

Bonjour,

Je ne peux imposer à mon prochain le devoir de sainteté, tout comme l’héroïsme. La sainteté n'est une exigence que pour moi même. C'est une affaire de choix individuel, et nul ne sait comment il réagirait dans une telle situation.
C'est le même principe que pour le sacrifice : dans une telle matière, seul moi-même peut m'imposer le sacrifice. Je ne peux dire à un autre : "sacrifie-toi".
Ainsi je ne peux exiger pour autrui une agonie. Je ne peux lui dire "agonise!" s'il demande une sédation profonde qui, je le rappelle, est différente de l'euthanasie.

Re: Sédation profonde et euthanasie

par invité1 » sam. 04 avr. 2020, 18:14

Riou a écrit : sam. 04 avr. 2020, 11:59 Dans un cas de cancer en phase terminale, c'est bien la maladie qui est la cause efficiente de la mort et, si je puis me permettre l'expression, la mort a déjà accomplie son travail en prenant le dessus sur la vie, le reste de vie biologique étant ce qu'on appelle une agonie (quelques heures ou quelques jours), avec des conséquences profondes sur le physique et le moral de la personne mourante (de là l'utilité de la sédation profonde).
Là est le problème. En administrant l'euthanasie (sédation profonde ou autre), on empêche l'agonie. Or, de nombreux saints (dont sainte Faustine) ont déclaré qu'au moment de l'agonie se déroule un combat spirituel avec pour enjeu rien moins que le salut de l'âme du mourant :

Voici un extrait ce qu'a dit sœur Faustine dans sonJournal au sujet de l'agonie :

"Dans la nuit, je fus soudainement éveillée et je compris qu’une âme avait grand besoin de prières. En peu de mots, mais de toute mon âme, je priai le Seigneur de lui accorder la grâce.

Le lendemain après-midi en entrant dans la salle, je vis une personne mourante et j’ai appris que l’agonie avait commencé pendant la nuit. J’ai constaté que c’était au moment où l’on me demandait des prières.

Tout à coup, j’entendis dans mon âme une voix : « Dis ce chapelet que Je t’ai enseigné. » Je courus chercher mon rosaire. Et je m’agenouillai près de l’agonisante et je commençai avec toute l’ardeur de mon âme à dire ce chapelet.

Soudain la moribonde ouvrit les yeux. Elle me regarda et je n’eus pas le temps d’achever le chapelet qu’elle était morte dans une étrange paix. Je priais ardemment le Seigneur de tenir la promesse qu’Il m’avait faite pour la récitation de ce chapelet.

Le Seigneur me fit connaître que cette âme avait reçu la grâce que le Seigneur m’avait promise. Cette âme était la première qui ait obtenu la promesse du Seigneur. Je sentais la force de la miséricorde qui entourait cette âme.

En rentrant dans ma solitude, j’entendis ces mots : « Je défends chaque âme à l’heure de la mort comme Ma propre gloire. Que l’on récite ce chapelet soi-même, ou bien que d’autres le récitent pour l’agonisant, l’indulgence est la même.

Quand on le récite auprès de l’agonisant, la colère divine s’apaise, la miséricorde insondable s’empare de son âme et les profondeurs de Ma miséricorde sont émues par la douloureuse Passion de Mon Fils. »

Oh ! Si l’on pouvait comprendre combien est grande la miséricorde du Seigneur et que nous en avons tous besoin, surtout à cette heure décisive.

Aujourd’hui j’ai lutté contre les esprits des ténèbres à propos d’une âme. Comme Satan hait terriblement la miséricorde divine, je vois qu’il s’oppose à toute cette œuvre.

O Jésus miséricordieux, étendu sur la croix, souvenez-vous de l’heure de notre mort. O Cœur très miséricordieux de Jésus, ouvert par la lance, cachez-moi à l’heure dernière de ma mort. O Sang et Eau qui avez jailli du Cœur de Jésus soyez pour moi des sources de miséricorde insondable, à l’heure de ma mort. Jésus mourant, otage de miséricorde, apaisez la colère de Dieu à l’heure de ma mort."

(Extrait du Journal de sœur Faustine)

Re: Sédation profonde et euthanasie

par Riou » sam. 04 avr. 2020, 11:59

Altior a écrit : ven. 03 avr. 2020, 23:24 Bonjour, Riou!
Riou a écrit : ven. 03 avr. 2020, 18:53
La sédation n'est pas un "faire mourir" à mon sens, mais un accompagnant vers la mort. Que son administration précipite la mort, c'est possible
Votre deuxième phrase est en contradiction avec la première. Si la sédation profonde précipite la mort, alors elle est la cause efficiente de la mort, même si elle n'est cause ni première, ni finale.

Bonjour,

Discutable. Dans un cas de cancer en phase terminale, c'est bien la maladie qui est la cause efficiente de la mort et, si je puis me permettre l'expression, la mort a déjà accomplie son travail en prenant le dessus sur la vie, le reste de vie biologique étant ce qu'on appelle une agonie (quelques heures ou quelques jours), avec des conséquences profondes sur le physique et le moral de la personne mourante (de là l'utilité de la sédation profonde). Dans ce cas, la sédation profonde, bien qu'elle puisse accélérer le processus de mort déjà engagé biologiquement, ne fait qu'accompagner ce qui devait nécessairement arriver sans elle. Je ne comprends pas bien en quel sens on peut dire qu'elle est la cause efficiente de la mort.
Et comme vous le dites, elle n'est pas cause première et cause finale (l'intention du médecin) de la mort, contrairement à l'euthanasie, ce qui fait une différence essentielle entre les deux pratiques médicales.

Que sur quelques cas particuliers, la frontière puisse être parfois plus floue, c'est bien possible, et je m'en remets à votre jugement, qui m'a l'air techniquement plus connaisseur que le mien.

Pour ce qui est des preuves, je rebondissais sur le propos de l'infirmière dans le contexte du covid, qui sont des accusations gravissimes faite à l'encontre du personnel soignant. Je disais qu'une telle accusation se devait d'apporter des preuves irréfutables et établies, sans aucun doute possible sur la nature de la pratique et de l'intention du personnel soignant. Je veux dire par là qu'on ne peut pas accuser le personnel médical, qui fait un travail exceptionnel (déjà bien avant cette épidémie), sur la base d'une accusation seulement orale, d'un ouï-dire, sans plus d'éléments matériels attestant la pratique qu'elle dénonce. Qu'il y ait des erreurs, des débordements, des difficultés énormes au vu de la situation, c'est bien possible, et dans un tel raz de marée sanitaire, il faut malheureusement se résigner à ne pas tout pouvoir maîtriser. Mais dénoncer le personnel soignant d'accomplir une euthanasie programmée, intentionnelle et organisée d'un certain nombre d'individus (pouvant vivre plusieurs années) sur la base des critères de l'âge ou de l'état de santé préalable revient à les accuser de meurtre, ni plus ni moins. C'est donc une accusation gravissime et, je le crois sincèrement, profondément injuste. En espérant que les faits confirment mon jugement. Dans le cas contraire, la loi devra punir, comme il se doit.

Re: Sédation profonde et euthanasie

par Kerniou » sam. 04 avr. 2020, 1:22

Si cette infirmière dit vrai, elle doit recueillir des preuves et porter plainte en justice.

Re: Sédation profonde et euthanasie

par invité1 » sam. 04 avr. 2020, 0:55

Voici une nouvelle inquiétante de dernière minute qui légalise la pratique de l’euthanasie :

Le décret d'urgence du 28 mars 2020 autorise désormais l'euthanasie à domicile des personnes âgées malades du coronavirus qui sont renvoyées chez elles par manque de place dans les hôpitaux.
Les médecins leur délivrent sur ordonnance un médicament à base de midazolam et/ou clonazépam provoquant une sédation profonde qui entraîne la mort :

https://www.vidal.fr/actualites/24580/r ... _covid_19/

Extrait du Vidal (cf. encadré 3) :

Dans le cadre de la prise en charge des patients COVID-19, un décret publié au "Journal officiel du 29 mars 2020" modifie temporairement, jusqu'au 15 avril 2020, le périmètre d'utilisation, de prescription et de dispensation des spécialités suivantes :

Encadré 3 - Le midazolam injectable, bientôt en ville

Le midazolam injectable est le médicament de première intention pour réaliser une sédation profonde et continue maintenue jusqu'au décès (SPCMD). Actuellement, il est disponible uniquement à l'hôpital.
La mise à disposition en ville dans les pharmacies d'officine, pour des médecins qui prennent en charge des patients en fin de vie à leur domicile, est programmée pour le mois de juin (notre article du 11 février 2020). Cette décision a été annoncée par le ministère des solidarités et de la santé début 2020, suite aux recommandations de la HAS sur les modalités d’utilisation des médicaments de sédation.

Re: Sédation profonde et euthanasie

par Altior » ven. 03 avr. 2020, 23:24

Bonjour, Riou!
Riou a écrit : ven. 03 avr. 2020, 18:53
La sédation n'est pas un "faire mourir" à mon sens, mais un accompagnant vers la mort. Que son administration précipite la mort, c'est possible
Votre deuxième phrase est en contradiction avec la première. Si la sédation profonde précipite la mort, alors elle est la cause efficiente de la mort, même si elle n'est cause ni première, ni finale.
et je ne suis pas spécialiste (il faudrait demander à ceux qui en ont la compétence sur ce forum).
Le sujet fait débat même entre spécialistes. Pour la sédation profonde généralement parlant. Pourtant, dans le cas particulier de la sédation profonde en contexte d'insuffisance respiratoire, alors il n'y a plus de débat, car les sédatifs diminuent une fonction respiratoire déjà bien écornée.

je crois néanmoins que des accusations aussi graves méritent des preuves certaines et irréfutables, avec des faits clairement établis qui permettent d'attester que le corps médical fait cela en vue de donner intentionnellement et délibérément la mort à un patient qui avait des chances de vivre.
Nous avons des preuves certaines et irréfutables, avec des faits clairement établis. Dans le cas Vincent Lambert. Dans son cas, «le corps médical», plus précisément le médecin qui le soignait, a donné intentionnellement et délibérément la mort à un patient qui avait des chances de vivre. Dans ce cas de tragique mémoire, il est vrai qu'on a procédé pas seulement à la sédation profonde, mais aussi à l'inanition et au sevrage de l'eau.

Re: Re : Sédation profonde et euthanasie

par Riou » ven. 03 avr. 2020, 18:53

invité1 a écrit : ven. 03 avr. 2020, 18:14

Tout ce qui est administré à un malade pour le faire mourir, quel que soit le moyen utilisé (sédation profonde comprise), quel que soit le nom donné à ce moyen, est dans les faits un acte d'euthanasie.

Les sentiments de compassion et de douleur psychologique que tout un chacun ressent devant à un malade en grande souffrance, fait, hélas, que trop de personnes, même chrétiennes (ce qui est plus grave), ne veulent pas (ne veulent plus) reconnaître qu'il s’agit d'euthanasie.

Le milieu médical achève donc bien les malades, comme on achève les chevaux, sauf que ce n’est pas d'une balle dans la tête.
Bonjour,

La sédation n'est pas un "faire mourir" à mon sens, mais un accompagnant vers la mort. Que son administration précipite la mort, c'est possible et je ne suis pas spécialiste (il faudrait demander à ceux qui en ont la compétence sur ce forum).
La sédation profonde, telle qu'encadrée par la loi Léonetti, ne vise pas une action qui donne la mort, puisqu'elle a pour intention de laisser mourir un patient en milieu médical dont on sait que le cas est désespéré. Pour avoir accompagné des proches dans cette situation, comme beaucoup de gens à notre époque, j'y vois une immense différence.
Car l'euthanasie vise la mise à mort intentionnelle et délibérée d'un être humain qui pouvait vivre, et ce par des moyens actifs et techniques organisés et conçus pour faire mourir. Très différent de la sédation, dont l'intention n'est pas de donner la mort, mais d'atténuer les souffrances dans le processus de mort en cours et contre lequel la médecine ne peut plus rien. Il y a sans doute de la compassion dans cette intention, et si cette compassion est correctement orientée, elle me semble être une vertu que le milieu médical fait très bien d'exercer sans qu'on l'accuse d'euthanasie et, par voie de conséquence, de meurtre inavoué.

Quant aux propos de cette infirmière, je ne les ai pas vu puisque la vidéo n'est pas en ligne. Mais je crois néanmoins que des accusations aussi graves méritent des preuves certaines et irréfutables, avec des faits clairement établis qui permettent d'attester que le corps médical fait cela en vue de donner intentionnellement et délibérément la mort à un patient qui avait des chances de vivre. Sans ces preuves, rien ne nous oblige à la croire, et je me refuse personnellement à souscrire à ces propos tout le temps que la chose ne sera pas démontrée. Si ces propos s'avéraient vrais, ce serait effectivement très grave, d'autant plus qu'il reste encore des capacités d'accueil en France pour traiter tous ces cas.

Re: Re : Sédation profonde et euthanasie

par invité1 » ven. 03 avr. 2020, 18:14

Riou a écrit : ven. 03 avr. 2020, 13:45 La différence entre les deux est essentielle. Ce n'est pas, à mon avis, un problème de vidéo ou de scoop, mais de discernement entre deux pratiques médicale opposées, avec une distinction que cette infirmière ne semble pas faire.
L'infirmière connaît parfaitement la différence ; c'est son métier.

Ce qu'elle dénonce, c'est ceci : Avant qu'ils soient hospitalisés, beaucoup de ces malades âgés atteint par le coronovarius pourraient guérir s'il étaient mis sous un traitement pendant 3 à 4 semaines, comme ils l'auraient été en temps normal. Avant d'attraper le virus, certaines de ces personnes âgées n'étaient ni en "fin de vie", ni condamnées à court terme par quelqu’autre maladie chronique, ni même en souffrance.

Ce sont ces malades-là que l’infirmière de la vidéo défendaient en disant qu'on leur administrait trop souvent une sédation profonde pour les faire mourir uniquement parce qu' actuellement il n'y pas pour eux la possibilité qu'ils se fassent soigner pendant 3 à 4 semaines dans les hôpitaux, semaines à l'issue desquelles elles auraient été guéries et auraient pu vivre plusieurs années encore.
Riou a écrit : ven. 03 avr. 2020, 13:45 Laisser mourir consiste à accepter un processus de mort devenu inévitable, tant la situation du patient est biologiquement condamnée. La sédation profonde est là pour accompagner cette acceptation de la mortalité à venir, et ceci en diminuant le plus possible les souffrances physiques et morales de l'individu souffrant. Ceci permet aussi de prévenir l'acharnement thérapeutique, qui est en fait un acharnement technicien à maintenir en vie un corps détruit par la maladie et sans espoir de reconstruction.
Tout ce qui est administré à un malade pour le faire mourir, quel que soit le moyen utilisé (sédation profonde comprise), quel que soit le nom donné à ce moyen, est dans les faits un acte d'euthanasie.

Les sentiments de compassion et de douleur psychologique que tout un chacun ressent devant à un malade en grande souffrance, fait, hélas, que trop de personnes, même chrétiennes (ce qui est plus grave), ne veulent pas (ne veulent plus) reconnaître qu'il s’agit d'euthanasie.

Le milieu médical achève donc bien les malades, comme on achève les chevaux, sauf que ce n’est pas d'une balle dans la tête.

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