Fée Violine :
Il parle d'évidence et non de preuve. Je connais une chose parce que je la vois.
Et alors, expliquons ici, que l'évidence ou le "simple fait de constater matériellement par la vue" devrait suffire pour constituer cette preuve. Ça, c'est ce que le sceptique réclamera toujours. La méthode expérimentale peut se baser sur ce genre de choses et alors telle que sur des évidences.
Il ne nécessite pas la foi chrétienne on le comprendra, pour se convaincre que l'expérience de Pasteur invalidant l'hypothèse de la génération spontanée est concluante. La simple évidence du fait pourrait suffire. On regarde les conditions de l'expérience, on regarde ensuite le résultat. On peut ainsi savoir que l'hypothèse de la génération spontanée est fausse.
Ce n'est rien de mal en soi. Il s'agit d'une méthode pour obtenir un certain savoir.
Et puis ...
- Montre-nous le Père et ce serait bien suffisant.
- Comment dis-tu "Montre-nous le Père" ? Il fait si longtemps que je suis avec vous [...]
La foi en tant qu'adhésion est très différente de cette évidence. C'est le cas qui a été cité, de Ste Thérèse dans les ténèbres à la fin de sa vie, décidant de croire malgré l'évidence, malgré les sentiments, malgré tous les obstacles.
Dans tout ce qui conduit vers la foi, il peut entrer des sentiments, de l'évidence, des preuves ... Sauf que la foi elle-même dépasse une sorte d'enracinement qui ne pourrait "que" s'appuyer sur un sentiment ou sur une évidence. La foi amène le sujet plus loin, au-delà, sans rien toucher aux sentiments ni rien détruire de l'évidence. Ainsi, ce serait correct d'affirmer que la foi de Thérèse ne dépendait pas de son humeur du matin, d'une simple impression, d'une beau raisonnement bien construit. Néanmoins, la foi tient compte aussi des évidences comme les apôtres pouvaient tenir compte des miracles réalisés par Jésus.
Avec la seule évidence, la simple reconnaissance visuelle : on obtient un pharisien comme dans le Nouveau Testament. C'est comme les pharisiens qui demandent à Jésus de produire un beau signe éclatant, si "phénoménal" qu'à sa seule vue tout le monde serait forcé de reconnaître l'évidence.
Évidence : face au cas pourtant indéniable d'un aveugle guéri de façon inexplicable alors le pharisien n'en peut "au mieux "que rester pantois, interdit, dubitatif.
La preuve sera faite que l'aveugle a retrouvé la vue. La guérison est prouvée. Or que sans la foi le pharisien pourra toujours se sentir libre de chercher une autre cause que celle avancée par les disciples du Christ. C'est comme la réponse que le pharisien fait à Jésus et au sujet de l'autorité de Jean le baptiste. "De qui Jean tenait-il son autorité pour faire ce qu'il faisait ?" Rép : "Je ne sais pas !"
Foi : la foi peut constater une évidence extérieure, et une évidence extérieure qui peut même être la même évidence que le sceptique constaterait. La différence c'est que la grâce qui est reçue chez l'un vient le convaincre intérieurement, vient l'éclairer sur la vérité et l'identité de ce qui est en cause. Elle provoque aussi l'adhésion. La foi n'apparaît pas dans le vide. Elle n'est pas sans raison. La foi est une forme de
savoir. Sainte Thérèse savait que Jésus est le Christ et que le Ciel existait. C'est une illumination intérieure provoquée par le Saint Esprit qui fait éprouver solidement - par contact ? - comme étant vrai ce qui a été vu, perçu, entendu, compris, etc. C'est de l'amour par-dessus tout.
Bien tard, je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle,
bien tard, je t’ai aimée !
Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors,
et c’est là que je te cherchais,
et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais !
[...]
Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ;
j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ;
tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix.
- Saint Augustin
Tu m'as touché ... connaissance par contact.