par mikesss » mer. 23 oct. 2019, 17:00
Bon, j'ai un peu de temps, alors je vais préciser ce qui est autorisé dans la dissimulation prudente de la vérité:
Il est des cas où nous sommes tenus de ne pas dévoiler la vérité. Dans la plupart des cas, le silence ou dire qu’on ne veut rien dire suffiront largement.
Cependant, il est des cas où le silence même peut être un aveu: par exemple, si le vendéen ne répond rien, le garde va en conclure qu’il sait quelque chose et va fouiller la propriété.
Il est des cas où il faut même laisser ignorer aux autres qu’on sait. Bref, comment faire ?
Du fait de la relative rigidité du langage (on ne peut pas faire ressortir toutes les nuances avec des mots) et en même temps de sa relative souplesse (on a quand même une liberté dans l’utilisation des mots), l’expression peut devenir :
- Obscure (on le voit bien, certaines personnes n’arrivent pas à exprimer clairement leur pensée)
- Equivoque (un mot peut avoir un double sens, une phrase peut s’interpréter différemment...)
On peut donc utiliser ces 2 moyens pour cacher une vérité sans mentir :
- Utiliser l’équivoque : on prévoit que l’autre va utiliser le mauvais sens de la phrase ou que s’il remarque le double sens, il reste dans le doute ; mais attention : cela ne peut être utilisé qu dans des circonstances graves et cela risque d’exposer à d’autres question desquelles il sera plus difficile de se tirer.
- Utiliser un langage obscur : Il faut qu’il soit le plus évasif et le plus obscur possible : par un discours obscur et qui ne veut rien dire, on signifie qu’on ne veut rien dire, ce qui laisse le doute dans l’esprit de l’interlocuteur (en gros, c'est de la langue de bois).
Il existe une autre moyen légitime :
Toute expression est donnée dans un contexte et des circonstances objectives (personnes qui parlent, à qui on parle, époque...) Tout homme intelligent prendra en compte ce contexte.
Ce contexte et les circonstances peuvent changer objectivement le sens d’une expression et donc sa véracité. Les circonstances objectives peuvent changer le sens des expressions.
Quelques exemples:
- Quand on raconte une histoire (un conte) aux enfants, inutile de préciser qu’il s’agit d’une fiction, le contexte est suffisamment clair pour que ce ne soit trompeur pour personne (idem pour les paraboles du Christ ou les pièces de théâtre). Et si un interlocuteur ne se rend pas compte que Blanche neige est un conte, ça n’en fait pas un mensonge pour autant : le contexte est objectif
- Les formules de politesses (« je suis votre tout dévoué », n’en concluez pas que je me jetterai pour vous à la rivière)
- Un cas un peu plus intéressant : l’accusé lors de son procès qui nie son crime et invente une histoire : tout le monde comprend que l’accusé n’est pas en train de narrer des faits historiques, mais de mettre en place une défense et empêcher d’établir une vérité juridique. (j'avoue que j'ai un peu de mal avec cet exemple, mais il est donné par des moralistes)
- Le confesseur peut dire qu’il ne sait pas les péchés de ses pénitents, inutile de préciser « comme homme », parce que c’est sous-entendu par son poste de confesseur.
- Enfin, le secret dû à la fonction, à sa situation : le médecin « ne sait pas » ce qui relève du secret médical. Même Jésus a dit ne pas savoir le jour du jugement.
Conclusion : il y a un certain nombre de cas où la dissimulation de la vérité n’est pas un mensonge
- Non pas parce que personne ne s’y est trompé (si quelqu’un s’y est trompé, tant pis pour lui) ; même le fait de vouloir tromper ne constitue pas un mensonge dans ce cas-là.
- Mais parce que l’expression aura au moins un sens vrai, celui de dire qu’on ne veut rien dire, sens compréhensible d’après un contexte objectif.
Bon, j'ai un peu de temps, alors je vais préciser ce qui est autorisé dans la dissimulation prudente de la vérité:
Il est des cas où nous sommes tenus de ne pas dévoiler la vérité. Dans la plupart des cas, le silence ou dire qu’on ne veut rien dire suffiront largement.
Cependant, il est des cas où le silence même peut être un aveu: par exemple, si le vendéen ne répond rien, le garde va en conclure qu’il sait quelque chose et va fouiller la propriété.
Il est des cas où il faut même laisser ignorer aux autres qu’on sait. Bref, comment faire ?
Du fait de la relative rigidité du langage (on ne peut pas faire ressortir toutes les nuances avec des mots) et en même temps de sa relative souplesse (on a quand même une liberté dans l’utilisation des mots), l’expression peut devenir :
- Obscure (on le voit bien, certaines personnes n’arrivent pas à exprimer clairement leur pensée)
- Equivoque (un mot peut avoir un double sens, une phrase peut s’interpréter différemment...)
On peut donc utiliser ces 2 moyens pour cacher une vérité sans mentir :
- Utiliser l’équivoque : on prévoit que l’autre va utiliser le mauvais sens de la phrase ou que s’il remarque le double sens, il reste dans le doute ; mais attention : cela ne peut être utilisé qu dans des circonstances graves et cela risque d’exposer à d’autres question desquelles il sera plus difficile de se tirer.
- Utiliser un langage obscur : Il faut qu’il soit le plus évasif et le plus obscur possible : par un discours obscur et qui ne veut rien dire, on signifie qu’on ne veut rien dire, ce qui laisse le doute dans l’esprit de l’interlocuteur (en gros, c'est de la langue de bois).
Il existe une autre moyen légitime :
Toute expression est donnée dans un contexte et des circonstances objectives (personnes qui parlent, à qui on parle, époque...) Tout homme intelligent prendra en compte ce contexte.
Ce contexte et les circonstances peuvent changer objectivement le sens d’une expression et donc sa véracité. Les circonstances objectives peuvent changer le sens des expressions.
Quelques exemples:
- Quand on raconte une histoire (un conte) aux enfants, inutile de préciser qu’il s’agit d’une fiction, le contexte est suffisamment clair pour que ce ne soit trompeur pour personne (idem pour les paraboles du Christ ou les pièces de théâtre). Et si un interlocuteur ne se rend pas compte que Blanche neige est un conte, ça n’en fait pas un mensonge pour autant : le contexte est objectif
- Les formules de politesses (« je suis votre tout dévoué », n’en concluez pas que je me jetterai pour vous à la rivière)
- Un cas un peu plus intéressant : l’accusé lors de son procès qui nie son crime et invente une histoire : tout le monde comprend que l’accusé n’est pas en train de narrer des faits historiques, mais de mettre en place une défense et empêcher d’établir une vérité juridique. (j'avoue que j'ai un peu de mal avec cet exemple, mais il est donné par des moralistes)
- Le confesseur peut dire qu’il ne sait pas les péchés de ses pénitents, inutile de préciser « comme homme », parce que c’est sous-entendu par son poste de confesseur.
- Enfin, le secret dû à la fonction, à sa situation : le médecin « ne sait pas » ce qui relève du secret médical. Même Jésus a dit ne pas savoir le jour du jugement.
Conclusion : il y a un certain nombre de cas où la dissimulation de la vérité n’est pas un mensonge
- Non pas parce que personne ne s’y est trompé (si quelqu’un s’y est trompé, tant pis pour lui) ; même le fait de vouloir tromper ne constitue pas un mensonge dans ce cas-là.
- Mais parce que l’expression aura au moins un sens vrai, celui de dire qu’on ne veut rien dire, sens compréhensible d’après un contexte objectif.