Maurice Zundel et François Varillon

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Re: 90 sermons de Zundel

par Virgile » lun. 06 févr. 2012, 10:43

mandonnaud a écrit :Car je ne maitrise pas ma langue, je suis allée en étude jusqu'en 5eme ,à par la danse et la menuiserie avec un brevet de maitrise!!!je n'ai que lu et prier....Paul de Limoges
Bonjour,

alors un "illettré" qui sait danser, faire de la menuiserie, lire Zundel et donner du temps à la prière... je me dis qu'il n'y a pas sans doute pas assez d'"illettrés" comme vous sur ce forum. Et certainement trop de gens comme moi! ;)
Merci d'avoir répondu à ma question.

Amicalement.
Virgile.

Re: 90 sermons de Zundel

par mandonnaud » lun. 06 févr. 2012, 9:27

Car je ne maitrise pas ma langue, je suis allée en étude jusqu'en 5eme ,à par la danse et la menuiserie avec un brevet de maitrise!!!je n'ai que lu et prier....Paul de Limoges

Re: 90 sermons de Zundel

par Virgile » lun. 06 févr. 2012, 6:20

Cinci a écrit :Nul n'est obligé de ruiner le discours de l'Église pour bien apprécier nos présents auteurs.
Bonjour,

en même temps garder à l'esprit que Varillon est un théologien tout de même très approximatif. Si l'on veut former solidement son intelligence et son coeur, mieux vaut lire bien autre chose et bien plutôt, aujourd'hui, dans plusieurs langues étrangères. D'autre part la réflexion de Charles n'est pas entièrement dénué d'intérêt: elle indique au moins de quelle façon certains clercs ont utilisé les écrits Varillon pour en arriver à des choses très singulières. Quant on sait par exemple qu'il y a des années-lumières de maintenant certains prêtres n'auront été "formé" à la théologie qu'à partir de la lecture de quelques polys, quelques articles, et puis deux ou trois bouquins dont la "grande oeuvre" de Varillon, on peut tout de même se poser quelques questions - à défaut de pouvoir faire des rapprochements.

Je ne connais pas bien Zundel, très superficiellement. Le seul ouvrage que j'ai vraiment lu de lui, c'est le Poème de la Sainte Liturgie - une lecture déjà ancienne et qui m'a laissé un bon souvenir. Si j'en ai le temps, je lirais volontiers les sermons proposés par Mandonnaud.

Merci donc Mandonnaud - et pourquoi vous considérez-vous comme "illettré"???

Amicalement.
Virgile.

Re: 90 sermons de Zundel

par Cinci » lun. 06 févr. 2012, 5:59

Petit Matthieu,

Bien le bonjour. Merci pour votre participation. Oui je pense que pour un pareil sujet il n'y aurait pas lieu de donner dans la violence verbale, dans la passion désordonnée (sourire). Quant à Charles, il me viendrait l'idée de ce qu'écrivait un autre jésuite dans un de ses livres et ce n'est rien de méchant ni pour l'un ni pour l'autre, vous allez voir :

  • « ... les réflexions qu'elle m'amène à faire et les conclusions auxquelles j'aboutis ne sont pas celles de la majorité des chrétiens, ni celle de la plus grande partie des catholiques, ni de tous mes compagnons jésuites. Aucun de nous n'a le monopole de la vérité : chacun voit à partir de son angle de vision personnel; la vision que nous avons est affectée par chacun des incidents de notre passé. C'est pourquoi nous avons un si grand besoin l'un de l'autre. Je ne m'attends pas à ce que mes lecteurs soient d'accord avec mes conclusions; je ne fais qu'exposer mes convictions personnelles.

    Je suis bien conscient que, sans le vouloir, je puis être dans l'erreur, chercher ma gloire personnelle ou céder à une agressivité cachée et que cela peut influencer mes conclusions; mais je sais aussi que cette peur ne doit pas m'empêcher - ni personne d'autre - de témoigner dans l'Église de ce que je pense et ressens. Je le fais, confiant que si je suis dans l'erreur, Dieu me le fera éventuellement connaître.

    Dans mes moments perdus à saint Beuno, j'aimais me tenir devant la fenêtre de ma chambre, dans la tourelle, à regarder la vallée de la Clywd. Un jour je me surpris à lui parler ! Quand j'étais de mauvaise humeur, mécontent ou irrité, craintif ou inquiet, j'avais l'habitude de dire à la vallée :«Prends ça» et je lançais mes idées noires par la fenêtre. La vallée ne faisait pas explosion, mais souriait, toujours aussi paisible. C'est comme si la vallée partageait ma peine; elle me l'enlevait même, forgeant un lien entre nous; elle faisait renaître en moi la paix jusqu'au moment où j'étais à nouveau capable de lui sourire et commençais à voir la mesquinerie de ma colère intérieure». (1)



Un forum fait souvent office de «vallée» et je pense que c'est un peu ça pour Charles aussi. Donc je dirais comme l'écran de fenêtre à travers laquelle projeter parfois certaines frustrations. Et nous sommes tous un peu parents là-dessus.

_____

(1) Gérard W. Hughes, s.j., Le Dieu des surprises, p. 237

Re: 90 sermons de Zundel

par Cinci » lun. 06 févr. 2012, 5:07

Charles,

C'est fort possible que vous ayez déjà reçu des recommandations positives sur ces auteurs et puis de la part de personnes qui auraient le profil que vous me suggérez soit ! Je peux facilement vous croire. Mais ce sera pour exprimer quoi ? Ce ne serait pas un peu la rançon de la gloire ? Plus une personne sera lu et plus j'imagine combien seront nombreuses les chances aussi que nous trouvions des lecteurs pour se méprendre, non ? En l'occurence, «la méprise des uns» ne sera pas tellement un indice qui devrait faire conclure à la malignité foncière du texte qu'ils auront lu, sinon même la Bible serait à jeter au panier (!)

Quand vous écrivez :
... ces prêtres essayaient à chaque fois aussi de me dire qu'il n'y a avait pas de présence réelle dans l'Eucharistie, que la résurrection avait un sens symbolique, que le péché ce n'était au fond jamais très grave, que le cardinal Ratzinger était un fasciste, Jean-Paul II un méchant ennemi de "l'esprit du Concile", etc.
Oui et alors ce sera le dire de ces prêtres, non pas les propos de Varillon ou de Zundel. Il m'en paraitrait hasardeux ou tendancieux d'établir un lien de cause à effet «significatif» quant à la valeur (mauvaise ?) de la plume de Varillon et autres. Nul n'est obligé de ruiner le discours de l'Église pour bien apprécier nos présents auteurs.

;)

Re: 90 sermons de Zundel

par Charles » dim. 05 févr. 2012, 6:01

Raistlin a écrit :i Dieu est tout-puissant au sens fort du terme. Il est aussi Amour, au sens plénier et véritable du terme. Les deux sont à tenir et il n'y a strictement aucune raison de biffer l'un pour maintenir l'autre. L'idée d'un Dieu "barbe-à-papa" dénué de toute puissance me révulse entièrement. Que faire d'un dieu impuissant sinon le mépriser pour sa création qu'il n'a même pas le pouvoir de sauver ? Quelle irresponsabilité de sa part ce serait !
Oui, et le mépriser non seulement parce qu'il n'a pas le pouvoir de la sauver dans un second temps mais aussi parce qu'il eu celui de la réussir dans un premier temps... Dieu aurait raté la Création, qui serait mauvaise, ce qui est précisément la thèse des gnoses manichéennes et du luciférisme.
Raistlin a écrit :Bref, je crois que Dieu est Amour. J’aime Dieu parce qu’Il est Amour. Mais je crois aussi que Dieu est tout-puissant et que le Christ est victorieux du péché et de la mort. Je crois que la puissance de Dieu ne sera pas vaincue par le mal. Je crois que Dieu peut faire des miracles.
Il n'y en effet aucune raison de nier la toute-puissance de Dieu et certainement pas de modifier le bénédiction finale de la messe "Que Dieu tout-puissant vous bénisse ; au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit" par "Que Dieu qui est amour..." sous prétexte de pédagogie visant à "éviter toute dérive "jupiterienne" de Dieu"... Ca supposerait qu'on a rien entendu du reste de la messe ...

Re: 90 sermons de Zundel

par Petit Matthieu » sam. 04 févr. 2012, 14:26

Tout à fait d'accord, mais le débat est riche quand il y a bienveillance entre les membres.

Re: 90 sermons de Zundel

par Ficelle » sam. 04 févr. 2012, 14:09

Petit Matthieu a écrit :Je suis tout à fait d'accord avec vous Cinci, je n'ai lu que "Joie de croire, joie de vivre" qui est exceptionnel, à mon sens.
Je n'ai lu que ce livre de Varillon et il m'a aussi beaucoup plu - même si c'était un peu difficile pour moi. Après tout, je débute... :oops:
Mais j'ai été moi aussi un peu gênée de voir que ses travaux pouvaient être un commencement d'apostasie... :( à la première lecture du message de Charles. Mais il est aussi intéressant de confronter les opinions et de voir que chacun apporte son interprétation. Le débat n'en est que plus intéressant! :)

Bonne journée! :fleur:

Re: 90 sermons de Zundel

par Petit Matthieu » sam. 04 févr. 2012, 12:55

Je suis tout à fait d'accord avec vous Cinci, je n'ai lu que "Joie de croire, joie de vivre" qui est exceptionnel, à mon sens.
J'ai été souvent surpris, et parfois même un peu choqué par certaines approches de Varillon, mais à la relecture, je n'ai jamais trouvé quelque chose de contradictoire avec la Toute-Puissance divine, qui m'a toujours paru être une évidence de la Bible. Il va loin dans la compréhension de l'amour divin, qui nous dépasse infiniment.
Or, si cet amour là nous dépasse, il n'y aurait rien d'illogique à ce que nous soyons choqué en essayant de mieux le comprendre.
Lire Varillon c'est peut-être découvrir ce qui vous manque, et je dirais même plus : ce que vous n'aimez pas chez lui est potentiellement ce qui est réellement en souffrance chez vous, et alors que la cure pourrait justement passer par une meilleure fréquentation d'une pensée comme la sienne.
Charles, je vous le dis sans aucune méchanceté, mais je trouve cette remarque exacte. Je ne lis jamais de messages de vous qui ne soient négatifs, accusateurs ou méprisants. Jamais de joie, jamais de satisfaction. Pourtant l'Evangile nous dit bien d'être heureux avec le Christ, malgré le mal et tous nos péchés. De pardonner et de ne pas juger. Il est regrettable, pour vous et pour ce forum, d'avoir systématiquement cette humeur à subir.

Re: 90 sermons de Zundel

par Cinci » sam. 04 févr. 2012, 1:31

Enfin :
Encore une fois, je ne nie pas la beauté de certaines paroles mais Varillon a écrit explicitement qu'il fallait, dans une première approche, ne retenir que l'Amour de Dieu et biffer sa toute-puissance pour, selon lui, éviter toute dérive "jupiterienne" de Dieu.
D'accord. Mais il me semble qu'il s'exprimait un peu différemment. Pourquoi dites-vous qu'il bifferait (même si dans une première approche) le concept même d'une puissance quelconque pour Dieu ? Je n'ai pas vu qu'il gommait le concept de la puissance en soi comme le fait qu'il nous articulait le tout d'une manière différente.

Quand il nous signifierait, par exemple, comment la puissance de pardon chez Dieu procèderait de son amour qui est absolument gratuit, moi je trouverais qu'il prête bien «quand même» une toute puissance au Père en question, non pas qu'il nous le ferait aimant mais impuissant en premier lieu. Il dirait que sa toute puissance résiderait dans sa faculté infinie à pardonner, non ?


Je me figurerais le père Varillon comme ayant pu nourrir un certain ressentiment à l'encontre d'une certaine représentation du Père en grand Lustucru, une représentation terrible à donner des cauchemars aux enfants. Il m'aura toujours paru comme un homme qui serait attaché à vouloir révéler le beau visage de son Seigneur, son ambition, sa passion.

Merci bien pour l'échange

Re: 90 sermons de Zundel

par Cinci » ven. 03 févr. 2012, 23:30

Voici peut-être - pour illustrer, vous permettre de vous exprimer - ce que vous n'aimerez pas tellement non plus :

  • Aussi je vous propose de lire la scène du lavement des pieds en la commentant par le grand texte de la lettre de saint Paul aux Philippiens sur la kénose (Ph2,5-9). C'est là que se trouve le mot ekenôsen, en latin exinanivit : il s'est anéanti.

    C'est la révélation de l'humilité de Dieu. Et si j'ai choisi cette scène, c'est parce qu'elle nous fournit l'occasion de revenir sur la vérité du fondement, l'humilité de Dieu, l'humilité qui est le signe de la véritable puissance. La toute puissance, la force, qui s'incline devant ce qui est plus petit, le plus faible. La puissance de Dieu n'est en aucune manière la puissance telle que l'on entend dans le monde. En aucune manière. Jamais. C'est la force spirituelle, la puissance spirituelle, qui consiste à s'incliner librement devant ce qui est le plus petit. Ici je déclare mon impuissance à dire mieux les choses. Il faut réaliser au-dedans de soi que la puissance infinie de Dieu, c'est son humilité infinie. Cette puissance dont aucun homme, dont aucun ange n'est capable, même le plus grand. Le plus grand ange qui vous voit et qui voit Dieu, est impuissant, lui, à s'incliner librement et en toute vérité devant ce qui est le plus petit et le plus faible. C'est cela, la puissance de Dieu et il n'y en a pas d'autre. C'est une puissance d'abaissement.

    L'incarnation est l'humilité éternelle de Dieu. Voilà pourquoi Jésus est l'esclave ... Il naît pour révéler ce qu'est la puissance de Dieu, qui est la puissance d'être serviteur du plus petit. En dehors de là, il n'est pas de spiritualité. Il n'y a qu'un Dieu Jupiter qui est je ne sais quoi ou quelle cause du cosmos; on dira tout ce que l'on voudra. Cela n'a rien à voir avec Dieu, rien. Et, une fois de plus, je m'interroge en me demandant s'il m'est possible d'avoir une relation d'amour avec un autre Dieu que ce Dieu-là.

    Tout à l'heure, à la liturgie, vous lisiez ce qui est écrit :«Dieu tout-puissant et miséricordieux ...» Il faut comprendre ainsi :«Dieu dont la puissance est la miséricorde.» Il n'y a pas une puissance et une miséricorde. N'allez pas faire des commentaires, d'une part, sur la puissance de Dieu : c'est le grand militaire, mais d'autre part, il est vraiment épatant, il est très bon, il est miséricordieux. Le tout-puissant, le Dieu supercosmique, nos contemporains n'en veulent plus. Enfin, c'est très dur parce que nous nous sommes les derniers à comprendre, tellement nous sommes instruits. Mais instruits de quoi ? C'est toute la question. Il est très dur de démolir le Dieu supercosmique. Ne croyez pas que ce soit fait.

    Jésus est l'esclave, il entre dans l'esclavage, il est au plus bas, à genoux devant les hommes. C'est cela sa puissance. Allez donc vous mettre à genoux devant quelqu'un. Pour cette puissance d'aimer il faut la toute puissance infinie. C'est cela, la kénôse. La part qui ne peut être ravie à Dieu c'est le regard de Jésus agenouillé devant les apôtres. En Jésus agenouillé devant les apôtres, avec son linge autour des reins et qui frotte les pieds des apôtres, pleins de poussière, et qui les regarde de bas en haut, à ce moment-là, Dieu commence enfin à nous être révélé dans sa vérité. C'est cela, le Dieu de vérité. Le grand service que nous rend l'athéisme, un service immense, c'est de nous faire comprendre qu'il n'y a pas d'autre Dieu possible, ni en philosophie ni en sociologie. Ou cela est vrai, ou c'est l'athéisme qui est la vérité.

    Ce n'est pas par des raisonnements qu'on arrive à comprendre cela. Il faut contempler et il faut revivre par le dedans. La puissance d'aimer est un anéantissement total de soi.

    Et Jésus dit à Pierre :«Si je ne te lave pas, tu n'auras pas de part avec moi. Car la vie éternelle que je suis venu apporter aux hommes, c'est cette vie-là. C'est cela qui sera la vie éternelle et qui constituera la béatitude». Or, moi, je cherche la béatitude dans un autre genre de puissance. Non seulement moi, mais tout le monde pécheur. Le message que nous avons à livrer au monde est là.

    Sous la plume du père Moingt - un de mes confrères qui est professeur à la fois à l'Institut catholique de Paris et à notre maison jésuite de Fourvière, ce qui est quand même un poste important - je relisais ce soir :«Une tenace représentation de Dieu meurt quand il se révèle dans la mort de Jésus pauvre humble, désarmé, silencieux». Il faut faire mourir cette tenace représentation de Dieu. Elle est contradictoire avec la mort de Jésus. Ou alors nous dirons que Jésus est mort pour nos péchés. Mais qu'est-ce que cela veut dire exactement ? Quand les gens vous interrogent, que leur répondez-vous ? Pourquoi Jésus meurt ? En quoi sa mort nous sauve-t-elle ? C'est pourtant le centre de notre foi que nous sommes sauvés par sa mort.


Les extraits sont tirés de Vivre le christianisme ! Il s'agissait à l'origine d'une série d'enseignements du père, donnés à l'occasion d'une retraite chez les jésuites, en pleine période pascale.

Re: 90 sermons de Zundel

par Cinci » ven. 03 févr. 2012, 23:19

Bonjour,

Oui, vous l'aurez lu un peu et vous aurez développé une appréciation qui sera la vôtre, si je parle de Varillon. J'entends. Mais je n'en retire pas la même impression que vous, Raistlin. C'est ce que je me dois de dire malgré tout.

Vous écriviez :
Il semble que chez ces auteurs, la toute-puissance divine gêne, dérange, comme si Dieu devait être un pauvre enfant impuissant devant le Mal et notre folie et qu’Il ne peut que pleurer sur nos fautes.
Or regardez ceci :


... nous avons médité que le pardon est ce qu'il y a de plus profond en Dieu, qu'il est vraiment la toute-puissance de Dieu. Comme dit Romano Guardini, il faut plus de puissance pour pardonner que pour créer. Il faut y revenir, car le mystère de la Rédemption est le mystère de notre pardon. Dieu se fait homme pour la rémission des péchés. «Ce sang est versé , disons-nous dans les paroles de la consécration, pour la multitude en rémission des péchés». Or nous avons médité que la puissance de remettre le péché, de pulvériser, de réduire à néant la culpabilité, est le fond de Dieu, l'expression la plus haute de l'amour de Dieu, la gratuité absolue de l'amour.


C'est ce que François Varillon écrivait. Il ne parle pas d'impuissance de Dieu face au mal, d'une prostration stérile. Il dit que Dieu est tout puissant à pardonner et à détruire la culpabilité de l'homme; ce qui n'est pas rien. Il laisse pas entendre que Dieu ne peut rien faire, comme si lui-même n'êtait que vaincu par le mal. Ce serait une incroyable hérésie. Il dit plutôt que Dieu nous sauve.

Ensuite :


Quand on a bien compris tout ce que nous avons médité pendant la première semaine, que Dieu est une puissance infinie de pardon, pourquoi faire intervenir une justice qui apparaît nécéssairement comme une limite de l'amour ? En disant que Dieu ne peut pas pardonner sans que sa justice soit satisfaite, on intercale, dans le processus de pardon, une phase de justice.

Alors posons-nous bien la question : si la justice de Dieu exige une compensation pour le péché, peut-on encore parler de pardon ? Peut-on encore parler de gratuité ? Comme si Dieu ne pouvait pas donner libre cours à son pardon sans être préalablement vengé. Y aurait-il un conflit en Dieu entre une justice vindicative et un amour paternel ?

C'est quelque chose d'effroyable, la façon dont les gens se meuvent dans ce conflit qu'ils établissent en Dieu même : Dieu est amour, oui bien sûr, mais n'oubliez pas qu'il est justice. [...] Rappelez-vous ce que nous avons écrit au tableau : les attributs de Dieu sont les attributs de l'amour. Il n'y a donc pas de conflit en Dieu entre sa justice et son amour.

Re: 90 sermons de Zundel

par Raistlin » jeu. 19 janv. 2012, 13:52

Cinci a écrit :Il n'ignorait pas ce que vous amenez cf. Lumière, Vérité, Sagesse, etc. Il ne faisait pas de fixette spéciale sur le qualificatif Amour pour le faire au détriment du reste, voyons. Mais l'insistance ou l'impression à gros trait de la qualité de Dieu n'était bien qu'une réaction d'ordre pédagogique, pour contrebalancer la tendace naturelle de millions de chrétiens à prendre Dieu pour tout sauf justement son identité intime qui se découvre au coeur de la révélation chrétienne. Ensuite Varillon n'a jamais dit que le reste était de second ordre. La Justice serait-elle qu'une affaire de deuxième ordre ? La Vérité n'être qu'un élément secondaire pour lui ?

Mon cher Raistlin, vous ne l'avez jamais lu ou quoi. J'ai plutôt l'impression que c'est vous qui projetez un sentiment superficiel sur lui.
Vous avez tort, j'ai lu Varillon. Et un peu de Zundel également. Encore une fois, je ne nie pas la beauté de certaines paroles mais Varillon a écrit explicitement qu'il fallait, dans une première approche, ne retenir que l'Amour de Dieu et biffer sa toute-puissance pour, selon lui, éviter toute dérive "jupiterienne" de Dieu. Bref, à le lire, la toute-puissance de Dieu devient la « toute-puissance de l’amour de Dieu », formulation ambigüe, imprécise et excessivement chargée d’un romantisme exagéré que je n’affectionne pas du tout. Il semble que chez ces auteurs, la toute-puissance divine gêne, dérange, comme si Dieu devait être un pauvre enfant impuissant devant le Mal et notre folie et qu’Il ne peut que pleurer sur nos fautes.

C'est une grave erreur, à la fois philosophique, théologique et surtout scripturaire (qu’on relise l’Ancien Testament pour voir un peu si le bras de Dieu est aussi faiblard que certains auteurs veulent nous le faire croire). Dieu est tout-puissant au sens fort du terme. Il est aussi Amour, au sens plénier et véritable du terme. Les deux sont à tenir et il n'y a strictement aucune raison de biffer l'un pour maintenir l'autre. L'idée d'un Dieu "barbe-à-papa" dénué de toute puissance me révulse entièrement. Que faire d'un dieu impuissant sinon le mépriser pour sa création qu'il n'a même pas le pouvoir de sauver ? Quelle irresponsabilité de sa part ce serait !

Bref, je crois que Dieu est Amour. J’aime Dieu parce qu’Il est Amour. Mais je crois aussi que Dieu est tout-puissant et que le Christ est victorieux du péché et de la mort. Je crois que la puissance de Dieu ne sera pas vaincue par le mal. Je crois que Dieu peut faire des miracles.

Cordialement,

Re: 90 sermons de Zundel

par Charles » mar. 17 janv. 2012, 19:48

Cinci a écrit :Vous pourriez vous garder une petite gêne avant de lancer des jugements lapidaires semblables à propos d'un bonhomme comme François Varillon. Vous lui prêtez une orientation qui est absente de son oeuvre. Sans doute, vous aimeriez «faire croire» aux gens que Varillon apostasiait la foi chrétienne, aurait dû manifester moins d'espérance que vous ? C'est grave.

Lire Varillon c'est peut-être découvrir ce qui vous manque, et je dirais même plus : ce que vous n'aimez pas chez lui est potentiellement ce qui est réellement en souffrance chez vous, et alors que la cure pourrait justement passer par une meilleure fréquentation d'une pensée comme la sienne. Enfin, vous êtes grand. Vous faites ce que vous voudrez naturellement. Et vous avez bien droit à vos goûts. Seulement, il y a que vous diffamez en attendant.
Peut-être ai-je été influencé par les prêtres qui m'ont recommandés à plusieurs reprises la lecture de Varillon ou Zundel, mystérieusement ces prêtres essayaient à chaque fois aussi de me dire qu'il n'y a avait pas de présence réelle dans l'Eucharistie, que la résurrection avait un sens symbolique, que le péché ce n'était au fond jamais très grave, que le cardinal Ratzinger était un fasciste, Jean-Paul II un méchant ennemi de "l'esprit du Concile", etc. etc.

Re: 90 sermons de Zundel

par mandonnaud » mar. 17 janv. 2012, 16:18

heureux de ces réponses,un illettrés,Paul

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