par Cinci » mar. 26 févr. 2019, 10:18
F_Septim :
Les vices de certains Papes ne remettent-ils pas en question la position selon laquelle, le Pape est choisi est assisté de l'Esprit-Saint,
Pas vraiment.
La raison ? Ce n'est pas l'individu qui doit apporter lui-même du lustre à la fonction comme c'est la fonction qui doit lui faire sentir ses limites, sa misère et ses manques. Dans l'optique chrétienne, la tâche ou le rôle doit aider la personne à pouvoir un jour s'y présenter devant Dieu dans les meilleures dispositions qui soient et c'est à dire dans celles du pénitent, du suppliant, du pauvre. La fonction occupée fait partie de la providence au même titre ou à peu près que les limites de la personne.
Tous ceux et celles qui attendent de trouver des demi-dieux, des parangons de vertu et des saints canonisés dans la personne de chaque pape, chaque évêque et chaque curé sont des personnes qui rêvent en couleur, qui divaguent, qui fabulent; on se trouve en face de personnes qui n'ont pas une perception juste des choses et qui, de ce fait, courent elles-mêmes au devant du "scandale", de la déprime, du décrochage, d'un abonnement chez les rationalistes athées ou bien d'une inscription chez les Témoins de Jéhovah.
Oui, ce serait sans doute "bien beau" si chaque prêtre ou vicaire était un vrai "saint du ciel", mais si c'était le cas nous ne serions plus sur la terre justement. Nous serions déjà dans la Jérusalem céleste. Et, dans la Jérusalem céleste, le dernier des paroissiens serait d'une santé chrétienne à faire paraître bien misérable le Jean le baptiste du Nouveau Testament.
L'Église impose de faire avec la pâte humaine (le ministère, le sacerdoce) pour le meilleur et pour le pire. Celui qui ne comprend pas cela, je le répète, peut aller s'acheter un billet de participation dans le club des ami(e)s d'Andréa Richard (ancienne soeur et désormais militante laïque) ou alors joindre l'amicale de Michel Onfray (scepticisme et hédonisme au menu). Il y a l'option aussi qui consiste à devenir soi-même un super-chrétien cravaté et impeccable ("respectable", aurait dit Oscar Wilde) mais sans l'Église bien sûr.
L'Église catholique est en avance sur l'humain. Puis c'est tout ce qui fait son intérêt tant qu'à moi. Quand on veut la ramener à l'échelle humaine, autant se faire protestant.
Dans un fameux roman de Graham Green dont l'action se déroulait dans le Mexique révolutionnaire du début du XXe siècle, il s'avère que l'Église se retrouve éminemment présente dans la personne d'un prêtre défaillant, alcoolique, mal noté par ses supérieurs respectables (en même temps que collabos avec le régime oppresseur). La grâce agit malgré que, au travers de ...
[quote]F_Septim :
Les vices de certains Papes [b]ne remettent-ils pas en question[/b] la position selon laquelle, le Pape est choisi est assisté de l'Esprit-Saint,
[/quote]
Pas vraiment.
La raison ? Ce n'est pas l'individu qui doit apporter lui-même du lustre à la fonction comme c'est la fonction qui doit lui faire sentir ses limites, sa misère et ses manques. Dans l'optique chrétienne, la tâche ou le rôle doit aider la personne à pouvoir un jour s'y présenter devant Dieu dans les meilleures dispositions qui soient et c'est à dire dans celles du pénitent, du suppliant, du pauvre. La fonction occupée fait partie de la providence au même titre ou à peu près que les limites de la personne.
Tous ceux et celles qui attendent de trouver des demi-dieux, des parangons de vertu et des saints canonisés dans la personne de chaque pape, chaque évêque et chaque curé sont des personnes qui rêvent en couleur, qui divaguent, qui fabulent; on se trouve en face de personnes qui n'ont pas une perception juste des choses et qui, de ce fait, courent elles-mêmes au devant du "scandale", de la déprime, du décrochage, d'un abonnement chez les rationalistes athées ou bien d'une inscription chez les Témoins de Jéhovah.
Oui, ce serait sans doute "bien beau" si chaque prêtre ou vicaire était un vrai "saint du ciel", mais si c'était le cas nous ne serions plus sur la terre justement. Nous serions déjà dans la Jérusalem céleste. Et, dans la Jérusalem céleste, le dernier des paroissiens serait d'une santé chrétienne à faire paraître bien misérable le Jean le baptiste du Nouveau Testament.
L'Église impose de faire avec la pâte humaine (le ministère, le sacerdoce) pour le meilleur et pour le pire. Celui qui ne comprend pas cela, je le répète, peut aller s'acheter un billet de participation dans le club des ami(e)s d'Andréa Richard (ancienne soeur et désormais militante laïque) ou alors joindre l'amicale de Michel Onfray (scepticisme et hédonisme au menu). Il y a l'option aussi qui consiste à devenir soi-même un super-chrétien cravaté et impeccable ("respectable", aurait dit Oscar Wilde) mais sans l'Église bien sûr.
L'Église catholique est en avance sur l'humain. Puis c'est tout ce qui fait son intérêt tant qu'à moi. Quand on veut la ramener à l'échelle humaine, autant se faire protestant.
Dans un fameux roman de Graham Green dont l'action se déroulait dans le Mexique révolutionnaire du début du XXe siècle, il s'avère que l'Église se retrouve éminemment présente dans la personne d'un prêtre défaillant, alcoolique, mal noté par ses supérieurs respectables (en même temps que collabos avec le régime oppresseur). La grâce agit malgré que, au travers de ...