par Cinci » mar. 13 nov. 2018, 3:11
(suite)
Ne commencez donc pas par le sacrifice, par la mortification, par la croix.
Regardez l'Évangile. Il commence par une immense allégresse : des promesses, des annonces, des miracles, des appels, des amitiés, des émerveillements, la présence, la tendresse de Dieu, pour nous. Ce qu'il nous fallait d'abord apprendre , le message le plus urgent, c'est que Dieu était infiniment meilleur, infiniment plus tendre, plus gai, plus jeune, plus favorable que nous ne l'imaginions.
Le grand, le principal, le plus pressant devoir, c'était d'exulter, de rendre grâces, de n'en pas revenir, d'être confus, puis exalté, de pleurer et de rire, de baiser ses mains et ses pieds, de s'arrêter pour le savoir, et puis de recommencer. Ah ! tous nos sacrifices ne valaient rien, que nous faisions dans la douleur, dans la stupeur, dans l'erreur de nous croire seuls, et parfois de nous trouver meilleurs que le Dieu auquel on les faisait. Nous faisons ce bien trop mal, nous n'étions pas dignes du bien que nous faisions. Ce bien nous faisait mal.
Le Christ ne parle pas, au début, de sacrifice, de passion, de croix. Il faut d'abord savoir qui il est, nous pénétrer de sa bonté, de son amour, de la joie de sa tendresse, et alors, mais seulement alors, tout s'ensuit. Lentement, l'amour prend conscience de lui-même, de sa force, de son exigence. Il se sent grandir, mûrir pour de plus viriles besognes, pour de plus audacieuses amours. Il sait mieux ce qu'il est et qui il aime. Il désire plus purement de le dire. Il se resserre dans l'essentiel. Il veut moins chanter et plus faire. Il devient dévorant, ambitieux, insatiable, tant il est soutenu de joie. Il se laisse envahir enfin de l'apaisement de ne plus pouvoir dépasser cet amour, d'avoir été digne de connaître et d'exercer le plus grand amour. Et il met sa joie en Croix !
Ce n'est pas Dieu qui a besoin de nos sacrifices, mais nous avons besoin de Lui montrer que nous l'aimons, et cela fortifie notre amour.
Le sacrifice est indispensable à l'amour pour l'exprimer et pour le purifier. Mais l'amour est encore bien plus nécessaire au sacrifice. Il s'agit d'une spirale mais dont le point de départ est une initiative divine.
Ce qui manque à beaucoup pour aimer Dieu, c'est certainement d'abord de connaître Son Amour et ce qu'il a fait pour nous. Mais c'est aussi, souvent, d'avoir su lui répondre en faisant quelque chose pour Lui. Le dévouement est source d'amour après en avoir été le fruit. Demandez à une mère pourquoi finalement elle aime tant son enfant, c'est parce qu'elle a tant fait pour lui. Souvent, les adolescents envisagent aisément la mort et paraissent ne pas tenir à la vie. C'est rarement par vertu et par amour du ciel, mais parce que n'ayant encore presque rien fait pour la vie, ils ne se sont pas attachés à elle. Le motif pour lequel dans notre vie religieuse nous restons si froids si pesants vis-¸a-vis de Dieu, ce n'est pas qu'il manque de nous choyer, à nous sourire, mais parce que cette bonté n'éveille aucun écho dans nos coeurs trop endurcis. Nous avons peine à croire à la générosité de Dieu, parce que nous sommes trop égoïstes. On ne comprend finalement que ceux à qui on ressemble. Dieu ne cesse pas de nous donner, mais comme nous ne lui donnons jamais rien, nous n'avons pas en nous de sentiment qui nous fasse communier à Lui, en nous faisant sentir ce que c'est que de donner, aimer et compatir.
Des enfants mal élevés ne sont pas ceux pour qui on a trop fait. On ne fait jamais trop pour un enfant. Mais ce sont ceux à qui on n'a jamais appris à rendre en échange de ce qu'ils ont reçu. Des parents qui n'ont su que gâter leurs enfants sont des égoïstes. Ils ne se sont pas vraiment donnés eux-mêmes. Ils ont gardé pour eux ce qu'il avaient de meilleur. Ils ne leur ont pas fait confidence de la joie de donner.
Le sacrifice est nécessaire, mais il ne faut sacrifier que par amour. Le sacrifice n'est pas ce qui nous coûte, un renoncement pénible et rancuneux, une destruction, une immolation, une perte sèche (soldats sacrifiés ! marchandises sacrifiées ! "La maison ne recule devant aucun sacrifice" - "Je fais de petits sacrifices").
C'est tout le contraire ! Voici l''acte le plus heureux et le plus joyeux du monde : entrer dans le monde divin de générosité et d'amour, entrer dans le jeu de Dieu qui est de donner, devenir capable d'amour et de don.
Tout ce que Dieu nous a donné, il y a moyen de le Lui rendre, en Lui exprimant la confiance que nous avons en Lui pour nous le garder infiniment mieux que nous ne pourrions le faire. Ce que nous réservons se pulvérise entre nos mains qui le retiennent. Mais tout ce qui est donné à Dieu est sauvé pour toujours.
Définition : "le sacrifice est toute oeuvre qui nous unit à Dieu dans une sainte communion". (Saint Augustin)
(suite)
Ne commencez donc pas par le sacrifice, par la mortification, par la croix.
Regardez l'Évangile. Il commence par une immense allégresse : des promesses, des annonces, des miracles, des appels, des amitiés, des émerveillements, la présence, la tendresse de Dieu, pour nous. Ce qu'il nous fallait d'abord apprendre , le message le plus urgent, c'est que Dieu était infiniment meilleur, infiniment plus tendre, plus gai, plus jeune, plus favorable que nous ne l'imaginions.
Le grand, le principal, le plus pressant devoir, c'était d'exulter, de rendre grâces, de n'en pas revenir, d'être confus, puis exalté, de pleurer et de rire, de baiser ses mains et ses pieds, de s'arrêter pour le savoir, et puis de recommencer. Ah ! tous nos sacrifices ne valaient rien, que nous faisions dans la douleur, dans la stupeur, dans l'erreur de nous croire seuls, et parfois de nous trouver meilleurs que le Dieu auquel on les faisait. Nous faisons ce bien trop mal, nous n'étions pas dignes du bien que nous faisions. Ce bien nous faisait mal.
Le Christ ne parle pas, au début, de sacrifice, de passion, de croix. Il faut d'abord savoir qui il est, nous pénétrer de sa bonté, de son amour, de la joie de sa tendresse, et alors, mais seulement alors, tout s'ensuit. Lentement, l'amour prend conscience de lui-même, de sa force, de son exigence. Il se sent grandir, mûrir pour de plus viriles besognes, pour de plus audacieuses amours. Il sait mieux ce qu'il est et qui il aime. Il désire plus purement de le dire. Il se resserre dans l'essentiel. Il veut moins chanter et plus faire. Il devient dévorant, ambitieux, insatiable, tant il est soutenu de joie. Il se laisse envahir enfin de l'apaisement de ne plus pouvoir dépasser cet amour, d'avoir été digne de connaître et d'exercer le plus grand amour. Et il met sa joie en Croix !
Ce n'est pas Dieu qui a besoin de nos sacrifices, mais nous avons besoin de Lui montrer que nous l'aimons, et cela fortifie notre amour.
Le sacrifice est indispensable à l'amour pour l'exprimer et pour le purifier. Mais l'amour est encore bien plus nécessaire au sacrifice. Il s'agit d'une spirale mais dont le point de départ est une initiative divine.
Ce qui manque à beaucoup pour aimer Dieu, c'est certainement d'abord de connaître Son Amour et ce qu'il a fait pour nous. Mais c'est aussi, souvent, d'avoir su lui répondre en faisant quelque chose pour Lui. Le dévouement est source d'amour après en avoir été le fruit. Demandez à une mère pourquoi finalement elle aime tant son enfant, c'est parce qu'elle a tant fait pour lui. Souvent, les adolescents envisagent aisément la mort et paraissent ne pas tenir à la vie. C'est rarement par vertu et par amour du ciel, mais parce que n'ayant encore presque rien fait pour la vie, ils ne se sont pas attachés à elle. Le motif pour lequel dans notre vie religieuse nous restons si froids si pesants vis-¸a-vis de Dieu, ce n'est pas qu'il manque de nous choyer, à nous sourire, mais parce que cette bonté n'éveille aucun écho dans nos coeurs trop endurcis. Nous avons peine à croire à la générosité de Dieu, parce que nous sommes trop égoïstes. On ne comprend finalement que ceux à qui on ressemble. Dieu ne cesse pas de nous donner, mais comme nous ne lui donnons jamais rien, nous n'avons pas en nous de sentiment qui nous fasse communier à Lui, en nous faisant sentir ce que c'est que de donner, aimer et compatir.
Des enfants mal élevés ne sont pas ceux pour qui on a trop fait. On ne fait jamais trop pour un enfant. Mais ce sont ceux à qui on n'a jamais appris à rendre en échange de ce qu'ils ont reçu. Des parents qui n'ont su que gâter leurs enfants sont des égoïstes. Ils ne se sont pas vraiment donnés eux-mêmes. Ils ont gardé pour eux ce qu'il avaient de meilleur. Ils ne leur ont pas fait confidence de la joie de donner.
Le sacrifice est nécessaire, mais il ne faut sacrifier que par amour. Le sacrifice n'est pas ce qui nous coûte, un renoncement pénible et rancuneux, une destruction, une immolation, une perte sèche (soldats sacrifiés ! marchandises sacrifiées ! "La maison ne recule devant aucun sacrifice" - "Je fais de petits sacrifices").
C'est tout le contraire ! Voici l''acte le plus heureux et le plus joyeux du monde : entrer dans le monde divin de générosité et d'amour, entrer dans le jeu de Dieu qui est de donner, [u]devenir capable d'amour[/u] et de don.
Tout ce que Dieu nous a donné, il y a moyen de le Lui rendre, en Lui exprimant la confiance que nous avons en Lui pour nous le garder infiniment mieux que nous ne pourrions le faire. Ce que nous réservons se pulvérise entre nos mains qui le retiennent. Mais tout ce qui est donné à Dieu est sauvé pour toujours.
Définition : "le sacrifice est toute oeuvre qui nous unit à Dieu dans une sainte communion". ([b]Saint Augustin[/b])