par zelie » ven. 29 juin 2018, 17:25
Je reviens un instant sur l'état de droit. Eric Zemmour explique que selon lui, il y a opposition entre l'état de droit et la démocratie car la pensée du peuple et la pensée dominante (appliquée par les juges) sont deux choses différentes. Que depuis 1945, l'homme politique agit sous le regard du juge (contrairement à ce qui se faisait avant, à cause de du traumatisme laissé par l'hitlérisme), et que le juge a trop de pouvoir en ce sens qu'on lui laisse l'interprétation des lois au lieu de n'en faire que le canal de la loi. Or, la pensée dominante est une philosophie ouverte, faite de valeurs occidentales construites sur les droits de l'homme, mais péchant par leur flou, qui permet autant d'interprétations que de juges. Du coup, les juges (pour ne pas être à leur tour jugés en défaut de droit humain? ) rendent la loi comme ils la voient, pas comme le peuple la souhaite.
Et il prend l'exemple de l'Italie qui a été empêchée, au titre des lois européennes, de faire comme bon lui semblait en ce qui concerne les migrants et d'après E. Zemmour de se protéger efficacement des migrants. (En résumé, sinon voir la vidéo de Pax). Je trouve que Zemmour se trompe un peu de cible ou ne va pas au bout de son raisonnement. Je vais être un peu vache, mais Zemmour ne pouvant être traité d'abruti, je vais pencher pour un parti-pris. Celui de charger des juges et un système judiciaire.
Je reviens à la France. On va prendre l'exemple du burkini, polémique à souhait; 2/3 à 3/4 des français sont contre, mais comme des instances internationales comme l'ONU sont pour, les piscines les verront arriver, même si une majorité de français tiquent. C'est le Conseil d'Etat et le HC de l'ONU qui ont tranché; la France en ne s'y soumettant pas s'expose à des représailles juridiques.
En rester à cette observation risque de vite clore le débat... et de rester là où Zemmour s'arrête.
Depuis son institution, l'ONU s'essaie à arbitrer des débats épineux dans le sens de plus de justice et d'équité pour tous. Et globalement, on a un monde qui a beaucoup évolué depuis 1945, pour le bien de tous, mais aussi pour le bien-être de tous.
Disons que l'ONU n'est qu'un outil, auquel on donne le rôle et l'orientation qu'on veut; le problème, c'est la puissance que l'on donne à l'outil. Certains outils politiques peuvent acquérir avec le temps assez d'emprise sur le monde pour être de fait au-dessus des lois nationales ou continentales et dicter celles-ci.
Tant que l'outil est dans des mains expertes et acquises aux mêmes idées que les peuples, tout se passe bien, et le peuple lui donne de plus en plus de puissance pour se décharger de sa responsabilité et se faire materner en tombant dans la facilité, dégageant ainsi du temps pour courir après tous les hédonismes qu'on lui propose; c'est exactement l'histoire des Troglodytes de Montesquieu (lettre XIV), la bible en parle aussi quand le peuple Juif demande un roi à Dieu (1 Samuel 8:6).
Si l'outil politique désormais puissant est piloté par des gens dangereux ou des grands naïfs aux idées dangereuses, on peut vite assister à un glissement de l'autorité du peuple vers une autorité qui tend à être mondiale et unique et qui est en position de nous faire aller là où on ne veut pas aller. C'est là que le bât blesse.
Derrière cet outil donc, il y a eu des idées, car c'est pour honorer ces idées que des outils politiques mondiaux comme l'ONU, la CJUE ont vu le jour. Là on touche à un travers bien humain: on a foncé tête baissée dans une idée à une époque de révolution et de terreur où le peuple français était en pleine crise d'adolescence: on rejette toute autorité, on fait table rase du passé, sans rien anticiper de la suite.
Tant que la culture française était homogène, le système tenait, car tous ses implicites, tous ses manques étaient bridés par le même surmoi, par un peuple qui se voulait uni plus fortement que désuni. Et qui donc jouait le jeu de tous les implicites de cette loi.
D'aussi belles intentions trouvent leurs limites quand on les confrontent à des idées mondialisées, d'emblée perverties, comme celles de tous les radicalismes (si ce n'était pas l'islam, ç'en serait un autre). Les implicites niés et retournés vont être utilisés à outrance, contre un peuple muselé par sa vanité.
Se croyant parfaits avec nos droits de l'homme et ayant donné depuis 230 ans des leçons de morale au monde entier, on a du mal à retoucher à nos lois, et plus encore à l'esprit de nos lois, pour les faire changer à notre avantage; car finalement, que recherche-t-on toujours et partout par nos leçons de morale internationales? Notre avantage.
Et quel est le vrai but d'une loi? L'avantage et la protection du peuple qui la pond sur tous les peuples qui l'entourent, pas l'égalité de tous le peuples, surtout que l'hostilité des voisins est plus souvent de mise que la bienveillance. C'est comme ça qu'on se protège, et ça on a du mal à le comprendre, nous français, dans un monde qui lui ne l'a jamais perdu de vue.
Et si en plus on y rajoute toutes les entorses qu'on a fait à notre propre idéal droit-de-l'hommiste qu'on n'a pas cessé de faire depuis 200 ans et la culpabilité qu'il en résulte aujourd'hui, nous voilà bien muselés, aux prises avec une véritable usine à gaz. Sur ce point au moins je rejoins Zemmour, c'est un vaste système inextricable.
Pour changer une loi telle que celle sur le burkini, il suffirait qu'on estime qu'en France un burkini n'est en rien une liberté religieuse mais un asservissement de la femme et qu'on s'y tienne quelles que soient les menaces et les conséquences. Et que du coup on reprenne la main sur l'interprétation des droits de l'homme et de la laïcité, quitte à y mettre des précisions. Mais un orgueil national s'y oppose, au nom du débat d'idées, de l'ouverture et de la tolérance. Il y aurait à creuser sur ce travers français de ne savoir poser des limites, car c'est bien parce qu'on a un travers que des radicalisés s'y engouffrent et s'en nourrissent.
Je vais prendre un contre-exemple: les Emirats, pays très ouvert et tolérant pour un pays musulman, et pas idiot, puisqu'il a basé sa croissance sur les mécréants les plus riches. Il n'empêche que là-bas, même si l'étranger est choyé dans toutes les structures touristiques, que les hôtels s'adaptent la manière de vivre des occidentaux, n'imposent rien, et que la loi vous laisse aller et venir en maillot de bain à la plage et en robe en ville, comme vous le souhaitez, la loi islamique gardera son rôle dès qu'un fait d'ordre juridique a lieu: la femme violée sera emprisonnée, l'émirati aura toujours raison sur l'étranger, une entreprise sera toujours dans la main d'un émirati même si c'est un occidental qui la monte, le ramadan est à respecter par tous, musulmans ou pas, dans l'espace public, la nourriture est halal, etc...
C'est un pays où vivent nombre de stars presque à l'année (on les croise à la plage!), ou N. Sarkozy avoue passer beaucoup de temps, (donc il fait bon y vivre à partir d'un certain niveau de vie), mais c'est un pays qui malgré toutes ses souplesses garde une identité forte (par ex. Dubaï ; ville où seulement 5% de la population est autochtone... mais pas dépassée, car très protégée par ses lois).
Ce pays, bien toléré par les gens qui choisissent d'y vivre, et tolérant pour les occidentaux qu'il accueille (moins pour les asiatiques pauvres, mais là n'est pas le débat), a ses lois, son identité, sa religion, sa manière de vivre et pas question qu'une autre culture aille se répandre hors des sentiers battus du tourisme ou remettre la moindre chose en question; les femmes sont en burka et y tiennent, les hommes ravis de leur culture, et les bonnes asiatiques violées pour l'hygiène sexuelle de leur maître.
Et que ça nous fasse bondir ou non, non seulement ils s'en foutent, mais ils s'en régalent. Et si on n'est pas content de leurs lois, on va en prison et on se fait expulser au bout de quelques semaines bien approvisionnées en devises.
Au-delà de l'humour un peu noir, c'est un pays qui porte plus haut que tout son identité, et ça marche parce que c'est une des façons valides pour que la protection culturelle fonctionne à la face de tout un monde.
Je ne dis pas qu'il faut tout faire comme eux; je dis qu'on est un peuple adolescent honteux de ses racines et qui s'en coupant, s'est bien trop affaibli, au point de suivre toutes les routes et courants qu'on lui présente. Je dirais même, mais c'est mon impression personnelle, que c'est de Dieu, plus que du passé ou de la culture, que l'on s'est coupé.
Je reviens un instant sur l'état de droit. Eric Zemmour explique que selon lui, il y a opposition entre l'état de droit et la démocratie car la pensée du peuple et la pensée dominante (appliquée par les juges) sont deux choses différentes. Que depuis 1945, l'homme politique agit sous le regard du juge (contrairement à ce qui se faisait avant, à cause de du traumatisme laissé par l'hitlérisme), et que le juge a trop de pouvoir en ce sens qu'on lui laisse l'interprétation des lois au lieu de n'en faire que le canal de la loi. Or, la pensée dominante est une philosophie ouverte, faite de valeurs occidentales construites sur les droits de l'homme, mais péchant par leur flou, qui permet autant d'interprétations que de juges. Du coup, les juges (pour ne pas être à leur tour jugés en défaut de droit humain? ) rendent la loi comme ils la voient, pas comme le peuple la souhaite.
Et il prend l'exemple de l'Italie qui a été empêchée, au titre des lois européennes, de faire comme bon lui semblait en ce qui concerne les migrants et d'après E. Zemmour de se protéger efficacement des migrants. (En résumé, sinon voir la vidéo de Pax). Je trouve que Zemmour se trompe un peu de cible ou ne va pas au bout de son raisonnement. Je vais être un peu vache, mais Zemmour ne pouvant être traité d'abruti, je vais pencher pour un parti-pris. Celui de charger des juges et un système judiciaire.
Je reviens à la France. On va prendre l'exemple du burkini, polémique à souhait; 2/3 à 3/4 des français sont contre, mais comme des instances internationales comme l'ONU sont pour, les piscines les verront arriver, même si une majorité de français tiquent. C'est le Conseil d'Etat et le HC de l'ONU qui ont tranché; la France en ne s'y soumettant pas s'expose à des représailles juridiques.
En rester à cette observation risque de vite clore le débat... et de rester là où Zemmour s'arrête.
Depuis son institution, l'ONU s'essaie à arbitrer des débats épineux dans le sens de plus de justice et d'équité pour tous. Et globalement, on a un monde qui a beaucoup évolué depuis 1945, pour le bien de tous, mais aussi pour le bien-être de tous.
Disons que l'ONU n'est qu'un outil, auquel on donne le rôle et l'orientation qu'on veut; le problème, c'est la puissance que l'on donne à l'outil. Certains outils politiques peuvent acquérir avec le temps assez d'emprise sur le monde pour être de fait au-dessus des lois nationales ou continentales et dicter celles-ci.
Tant que l'outil est dans des mains expertes et acquises aux mêmes idées que les peuples, tout se passe bien, et le peuple lui donne de plus en plus de puissance pour se décharger de sa responsabilité et se faire materner en tombant dans la facilité, dégageant ainsi du temps pour courir après tous les hédonismes qu'on lui propose; c'est exactement l'histoire des Troglodytes de Montesquieu (lettre XIV), la bible en parle aussi quand le peuple Juif demande un roi à Dieu (1 Samuel 8:6).
Si l'outil politique désormais puissant est piloté par des gens dangereux ou des grands naïfs aux idées dangereuses, on peut vite assister à un glissement de l'autorité du peuple vers une autorité qui tend à être mondiale et unique et qui est en position de nous faire aller là où on ne veut pas aller. C'est là que le bât blesse.
Derrière cet outil donc, il y a eu des idées, car c'est pour honorer ces idées que des outils politiques mondiaux comme l'ONU, la CJUE ont vu le jour. Là on touche à un travers bien humain: on a foncé tête baissée dans une idée à une époque de révolution et de terreur où le peuple français était en pleine crise d'adolescence: on rejette toute autorité, on fait table rase du passé, [i]sans rien anticiper de la suite[/i].
Tant que la culture française était homogène, le système tenait, car tous ses implicites, tous ses manques étaient bridés par le même surmoi, par un peuple qui se voulait uni plus fortement que désuni. Et qui donc jouait le jeu de tous les implicites de cette loi.
D'aussi belles intentions trouvent leurs limites quand on les confrontent à des idées mondialisées, d'emblée perverties, comme celles de tous les radicalismes (si ce n'était pas l'islam, ç'en serait un autre). Les implicites niés et retournés vont être utilisés à outrance, contre un peuple muselé par sa vanité.
Se croyant parfaits avec nos droits de l'homme et ayant donné depuis 230 ans des leçons de morale au monde entier, on a du mal à retoucher à nos lois, et plus encore à [i]l'esprit[/i] de nos lois, pour les faire changer à notre avantage; car finalement, que recherche-t-on toujours et partout par nos leçons de morale internationales? Notre avantage.
Et quel est le vrai but d'une loi? L'avantage et la protection du peuple qui la pond sur tous les peuples qui l'entourent, pas l'égalité de tous le peuples, surtout que l'hostilité des voisins est plus souvent de mise que la bienveillance. C'est comme ça qu'on se protège, et ça on a du mal à le comprendre, nous français, dans un monde qui lui ne l'a jamais perdu de vue.
Et si en plus on y rajoute toutes les entorses qu'on a fait à notre propre idéal droit-de-l'hommiste qu'on n'a pas cessé de faire depuis 200 ans et la culpabilité qu'il en résulte aujourd'hui, nous voilà bien muselés, aux prises avec une véritable usine à gaz. Sur ce point au moins je rejoins Zemmour, c'est un vaste système inextricable.
Pour changer une loi telle que celle sur le burkini, il suffirait qu'on estime qu'en France un burkini n'est en rien une liberté religieuse mais un asservissement de la femme et qu'on s'y tienne quelles que soient les menaces et les conséquences. Et que du coup on reprenne la main sur l'interprétation des droits de l'homme et de la laïcité, quitte à y mettre des précisions. Mais un orgueil national s'y oppose, au nom du débat d'idées, de l'ouverture et de la tolérance. Il y aurait à creuser sur ce travers français de ne savoir poser des limites, car c'est bien parce qu'on a un travers que des radicalisés s'y engouffrent et s'en nourrissent.
Je vais prendre un contre-exemple: les Emirats, pays très ouvert et tolérant pour un pays musulman, et pas idiot, puisqu'il a basé sa croissance sur les mécréants les plus riches. Il n'empêche que là-bas, même si l'étranger est choyé dans toutes les structures touristiques, que les hôtels s'adaptent la manière de vivre des occidentaux, n'imposent rien, et que la loi vous laisse aller et venir en maillot de bain à la plage et en robe en ville, comme vous le souhaitez, la loi islamique gardera son rôle dès qu'un fait d'ordre juridique a lieu: la femme violée sera emprisonnée, l'émirati aura toujours raison sur l'étranger, une entreprise sera toujours dans la main d'un émirati même si c'est un occidental qui la monte, le ramadan est à respecter par tous, musulmans ou pas, dans l'espace public, la nourriture est halal, etc...
C'est un pays où vivent nombre de stars presque à l'année (on les croise à la plage!), ou N. Sarkozy avoue passer beaucoup de temps, (donc il fait bon y vivre à partir d'un certain niveau de vie), mais c'est un pays qui malgré toutes ses souplesses garde une identité forte (par ex. Dubaï ; ville où seulement 5% de la population est autochtone... mais pas dépassée, car très protégée par ses lois).
Ce pays, bien toléré par les gens qui choisissent d'y vivre, et tolérant pour les occidentaux qu'il accueille (moins pour les asiatiques pauvres, mais là n'est pas le débat), a ses lois, son identité, sa religion, sa manière de vivre et pas question qu'une autre culture aille se répandre hors des sentiers battus du tourisme ou remettre la moindre chose en question; les femmes sont en burka et y tiennent, les hommes ravis de leur culture, et les bonnes asiatiques violées pour l'hygiène sexuelle de leur maître.
Et que ça nous fasse bondir ou non, non seulement ils s'en foutent, mais ils s'en régalent. Et si on n'est pas content de leurs lois, on va en prison et on se fait expulser au bout de quelques semaines bien approvisionnées en devises.
Au-delà de l'humour un peu noir, c'est [i]un pays qui porte plus haut que tout son identité[/i], et ça marche parce que c'est une des façons valides pour que la protection culturelle fonctionne à la face de tout un monde.
Je ne dis pas qu'il faut tout faire comme eux; je dis qu'on est un peuple adolescent honteux de ses racines et qui s'en coupant, s'est bien trop affaibli, au point de suivre toutes les routes et courants qu'on lui présente. Je dirais même, mais c'est mon impression personnelle, que c'est de Dieu, plus que du passé ou de la culture, que l'on s'est coupé.