Cinci a écrit : ↑jeu. 27 juil. 2017, 0:24
Encore ...
Papillon :
Les mesures prises pour contrer l'islamophobie et ses dérives sont plus que justifiées
Très mauvaise politique à mon avis. Les actes de nature criminelle sont à réprimer, mais non pas la la critique ou la dénonciation des idées religieuses, dogmes, croyances.
Plus nos politiciens veulent donner raison aux ayatollahs iraniens, associant la critique sérieuse de l'islam à un crime punissable par la loi, plus ce sont les Djemilla Benhabib qui vont en faire les frais. L'ancienne députée libérale Fatima Houda-Pépin s'élève d'ailleurs contre une semblable orientation politicienne au pays.
Cinci,
faudrait se comprendre. Je ne me prive pas de commenter et critiquer certains comportements et agissements de membres de la communauté musulmane chez nous.
En fait, je n'ai jamais caché ma tolérance limitée envers des individus venus de l'autre bout du monde, musulmans ou autres, qui débarquent ici avec une liste de revendications en poche.
Tout cela doit être discuté ouvertement sans fausse pudeur et sans balayer sous le tapis les sujets classés "délicats". Bien sûr.
Je suis bien d'accord avec ça.
Sans doute aurais-je dû écrire plus correctement "contrer les dérives de l'islamophobie" plutôt que "contrer l'islamophobie et ses dérives".
Mais quoi qu'il en soit, si on porte attention au sens des mots, une phobie est une peur irrationnelle dont l'origine peut certes être un fait concrètement et objectivement inquiétant mais dont les réactions sont inappropriées. On ne peut espérer une réflexion intelligente et une critique objective et sensée construites sur une phobie.
Ce qui peut résulter d'une phobie, ce sont justement des dérives déplorables, insensées et improductives comme on en a vues dernièrement.
Et le droit à la critique ne veut pas dire le droit d'écrire n'importe quoi, n'importe comment.
La critique ne doit pas se résumer à un déferlement de haine.
On[dirait le vox pop] ne s'est pas libéré d'une emprise religieuse pour en accueillir une autre.
Il faudrait tempérer la chose. Parler d'une "emprise" religieuse du catholicisme au Québec serait une curieuse manière d'évoquer le passé du pays. D'emblée, c'est comme partir du point de vue des ennemis de la foi catholique.
Non, pas du tout. La foi catholique est une chose, le 'power trip' d'un clergé socialement puissant et contrôlant en est une autre.
C'est vrai qu'une société donne toujours prise à des situations parfois conflictuelles et que le jugement de personnes en autorité peut toujours être discutable à certains égards. Sauf que parler d'une "emprise" de la religion sur les esprits, c'est suggérer déjà que la liberté se trouverait hors de celle-ci. Hum ...
"Discutable à certains égards", quel euphémisme !...
Il suffit de lire la petite histoire du Québec qui nous révèle dans ses moindres détails sur des décennies la censure omniprésente et puissante du clergé sur tous les aspects de la vie en société : la politique, le journalisme, l'éducation, les arts (danse, peinture, littérature, théâtre) .
Vous ne pouvez pas ignorer cela, Cinci. C'est hallucinant, toutes les interventions faites par le clergé, par le passé, pour interdire et/ou condamner l'expression de certaines opinions entre autres dans les journaux, la lecture de livres (le fameux 'index' des livres interdits) , la participation à des fêtes, la danse, la présentation de pièces de théâtre, le cinéma et plus tard la télévision.
Contrôle absolu réclamé et appliqué.
Au fait, vous écrivez ceci : " Je dirais qu'il existe une volonté bien partagée de normaliser la conduite des gens. Parlons d'un certain conformisme. Le gouvernement canadien n'a jamais eu la volonté très tranchée d'affranchir les gens de la religion en général. Je pense que c'est vrai de dire ça.
Mais l'on ne souhaite pas non plus que les religieux puissent faire obstacle à la société de consommation, empêcher les gens de manger à cinq tables en même temps.
On ne veut pas voir des "curés" se lever et apostropher les ministres sur des sujets sérieux comme le salut, les fins dernières, la survie nationale, l'économie, la pauvreté, etc. On ne voudrait pas les voir exiger la fermeture du cinéma. "
Vous choisissez évidemment avec soin les "bonnes interventions" que pourraient faire les curés, mais la méfiance et la prudence d'aujourd'hui avec les religieux se basent sur les "interventions moins bonnes" du passé. À qui doit-on reprocher ce 'refroidissement' ?
C'est amusant que vous parliez de "la fermeture du cinéma". Je comprends que dans le contexte où vous l'utilisez, il s'agit d'une figure de style. Mais par le passé, ce n'en était pas une.
Vous écrivez : ". Sauf que parler d'une "emprise" de la religion sur les esprits, c'est suggérer déjà que la liberté se trouverait hors de celle-ci. Hum ..."
Qu'est-ce que la liberté dans ces conditions d'endoctrinement ? Bien sûr personne n'avait le canon d'une arme à feu appuyé sur la tempe .
L'arme, très efficace, n'était pas sur la tempe mais entre les deux tempes, : la terrible conséquence du non-respect d'un interdit, le péché, la damnation. L'arme, c'était la peur.
Comment ignorer cette emprise psychologique puissante ?
Vous semblez faire peu de cas de l'efficacité de cette emprise sur la liberté des esprits mais d'autre part, Relief, qui défend le même point de vue que vous écrit ceci : " Ils ne sont pas libres. Des décennies de propagande anti-catholique ont formaté les esprits : être catholique, c'est être ringard, moyenâgeux, obscurantiste, intolérant, voilà ce qui s'est greffé dans les cerveaux par le biais du rouleau compresseur médiatique"
Faudrait en déduire que la propagande médiatique conditionne les cerveaux et détruit la liberté des gens mais l'endoctrinement religieux, non.
Ce qui me fait déduire, à moi, que des débats comme celui-ci risquent de tourner en rond par manque d'objectivité de part et d'autre et qu'un même principe peut être utilisé de façon contradictoire dans deux exemples différents pour servir un même intérêt.