par Cinci » lun. 03 juil. 2017, 8:00
Le commentaire :
Cela se passe donc à Sunam, qui est un petit village du royaume du Nord; Élisée est au début de sa carrière, vers 850 avant J.C. Et il va s'instaurer entre l'homme de Dieu, Élisée, et cette famille, une relation forte et durable d'amitié. Évidemment, on peut se demander pourquoi les auteurs bibliques s'intéressent de si près à l'histoire d'une famille de Sunam; ce m'est certainement pas uniquement pour l'anecdote. Aucun livre de la Bible n'est écrit dans le seul but de nous donner des connaissances historiques! Les auteurs ont toujours un but théologique qui est de nous faire connaître et vivre la proposition d'Alliance de Dieu.
Et ce qui intéresse l'auteur du livre des Rois, ici, c'est qu'il voit dans la longue Alliance entre le prophète Élisée et la famille de Sunam une image de l'Alliance entre Dieu et le peuple d'Israël; mais commençons par lire l'histoire de cette famille de Sunam et de son amitié avec le prophète Élisée. Elle se déroule en quatre actes; ce dimanche, nous lisons seulement le premier épisode.
Le premier acte, c'est donc la promesse d'un enfant pour une femme stérile; à vue humaine, il n'y avait certainement plus d'espoir de grossesse pour cette femme puisqu'elle ne prend pas la promesse au sérieux; elle semble même reprocher au prophète de remuer le couteau dans la plaie en la berçant d'illusions; nous avons entendu la promesse d'Élisée "L'an prochain, à cette même époque, tu tiendras un enfant dans tes bras" ...mais nous n'avons pas entendu la réponse de la Sunamite, la voici : "Non, mon seigneur, homme de Dieu, ne dis pas de mensonge à ta servante." Ce qui prouve que, même si elle considère Élisée comme un homme de Dieu, elle n'est pas crédule pour autant.
Sa réaction fait irrésistiblement penser, bien sûr, à celle de Sara, la femme d'Abraham, au chêne de Mambré. Elle aussi stérile, recevant, elle aussi, une promesse de naissance, elle avait trouvé cette affirmation si saugrenue, vu son âge, qu'elle s'était mise à rire ... Et son fils, Isaac, s'appelle justement "l'enfant du rire". Notre Sunamite ne rit pas, mais elle ne prend pas plus au sérieux la promesse d'Élisée; et elle lui rappelle gentiment que lui, homme de Dieu, ne peut pas se permettre de mentir ... Mais l'année suivante, le bébé était là.
Deuxième acte, quelques années passent, l'enfant grandit, mais un jour qu'il a accompagné son père aux champs pour la moisson, il est pris d'un violent mal de tête, peut-être une insolation, et quelques heures après, il meurt sur les genoux de sa maman. Elle ne perd pas la tête, elle dépose l'enfant sur le lit du prophète, et elle court le chercher. Elle ne prévient même pas son mari : inutile de l'affoler puisque, de toute manière, d'ici peu, l'enfant sera debout! On a envie de dire "c'est beau la foi" ... Elle se précipite donc chez Élisée; et la première chose qu'elle lui dit, c'est : "Quand tu m'as promis cet enfant, je ne t'avais rien demandé, à tel point, rappelle-toi, que je ne pouvais pas y croire; et je t'avais dit : Non, mon seigneur, homme de Dieu, ne dis pas de mensonge à ta servante." Sous-entendu, "Tu ne m'as pas donné cet enfant, que je ne te demandais pas, pour me le reprendre!" ... Et vous connaissez la suite, Élisée ressuscite l'enfant (2 R 4,18-37)
Le commentaire :
Cela se passe donc à Sunam, qui est un petit village du royaume du Nord; Élisée est au début de sa carrière, vers 850 avant J.C. Et il va s'instaurer entre l'homme de Dieu, Élisée, et cette famille, une relation forte et durable d'amitié. Évidemment, on peut se demander pourquoi les auteurs bibliques s'intéressent de si près à l'histoire d'une famille de Sunam; ce m'est certainement pas uniquement pour l'anecdote. Aucun livre de la Bible n'est écrit dans le seul but de nous donner des connaissances historiques! Les auteurs ont toujours un but théologique qui est de nous faire connaître et vivre la proposition d'Alliance de Dieu.
Et ce qui intéresse l'auteur du livre des Rois, ici, c'est qu'il voit dans la longue Alliance entre le prophète Élisée et la famille de Sunam une image de l'Alliance entre Dieu et le peuple d'Israël; mais commençons par lire l'histoire de cette famille de Sunam et de son amitié avec le prophète Élisée. Elle se déroule en quatre actes; ce dimanche, nous lisons seulement le premier épisode.
[i]Le premier acte[/i], c'est donc la promesse d'un enfant pour une femme stérile; à vue humaine, il n'y avait certainement plus d'espoir de grossesse pour cette femme puisqu'elle ne prend pas la promesse au sérieux; elle semble même reprocher au prophète de remuer le couteau dans la plaie en la berçant d'illusions; nous avons entendu la promesse d'Élisée "L'an prochain, à cette même époque, tu tiendras un enfant dans tes bras" ...mais nous n'avons pas entendu la réponse de la Sunamite, la voici : "Non, mon seigneur, homme de Dieu, ne dis pas de mensonge à ta servante." Ce qui prouve que, même si elle considère Élisée comme un homme de Dieu, elle n'est pas crédule pour autant.
Sa réaction fait irrésistiblement penser, bien sûr, à celle de Sara, la femme d'Abraham, au chêne de Mambré. Elle aussi stérile, recevant, elle aussi, une promesse de naissance, elle avait trouvé cette affirmation si saugrenue, vu son âge, qu'elle s'était mise à rire ... Et son fils, Isaac, s'appelle justement "l'enfant du rire". Notre Sunamite ne rit pas, mais elle ne prend pas plus au sérieux la promesse d'Élisée; et elle lui rappelle gentiment que lui, homme de Dieu, ne peut pas se permettre de mentir ... Mais l'année suivante, le bébé était là.
[i]Deuxième acte[/i], quelques années passent, l'enfant grandit, mais un jour qu'il a accompagné son père aux champs pour la moisson, il est pris d'un violent mal de tête, peut-être une insolation, et quelques heures après, il meurt sur les genoux de sa maman. Elle ne perd pas la tête, elle dépose l'enfant sur le lit du prophète, et elle court le chercher. Elle ne prévient même pas son mari : inutile de l'affoler puisque, de toute manière, d'ici peu, l'enfant sera debout! On a envie de dire "c'est beau la foi" ... Elle se précipite donc chez Élisée; et la première chose qu'elle lui dit, c'est : "Quand tu m'as promis cet enfant, je ne t'avais rien demandé, à tel point, rappelle-toi, que je ne pouvais pas y croire; et je t'avais dit : Non, mon seigneur, homme de Dieu, ne dis pas de mensonge à ta servante." Sous-entendu, "Tu ne m'as pas donné cet enfant, que je ne te demandais pas, pour me le reprendre!" ... Et vous connaissez la suite, Élisée ressuscite l'enfant (2 R 4,18-37)