par Cinci » mar. 27 déc. 2016, 17:45
Bonjour,
Tout à fait. C'est bien un texte du père jésuite François Varillon.

On tombant là-dessus, je trouvais le contenu plutôt interpellant.
Il rajoutait plus loin :
- "Si vous me demandez pourquoi je suis chrétien, je vous répondrai : j'ai choisi l'Évangile comme éducateur de ma liberté. Si le bouddhisme ou l'islam éduquaient mieux ma liberté, j'aurais le devoir de me faire bouddhiste ou musulman. Nous connaissons tous l'adage : j'aime bien Platon mais j'aime encore mieux la vérité. Je transposerais volontier : j'aime bien Jésus-Christ mais je préfère encore le plus haut niveau d'existence et, si ce n'est pas Jésus-Christ qui éduque ma liberté pour atteindre le plus haut niveau d'existence, je vais chercher ailleurs. Si celui qui vous parle est chrétien, c'est qu'il a la certitude qu'il est impossible que le Coran , les Upanishads ou d'autres livres sacrés puissent conduire l'homme aussi haut que l'Évangile. Telle est ma certitude, telle est ma foi.
La liberté ne consiste pas à faire ce qu'on veut mais à vouloir ce qu'on fait. C'est à dire à assumer la responsabilité de ses actes. Un homme n'est authentiquement un homme que lorsqu'il assume la responsabilité de sa vie. La véritable liberté consiste à être capable d'affronter la mort, pas nécessairement la mort finale, définitive, mais cette mort quotidienne qu'impliquent la justice, la vérité, la liberté.
Quand on se donne vraiment, quand on s'engage à fond pour les autres, il est évident que cela fait mal, demande de véritables sacrifices.
Comprenons bien que la liberté n'est pas le pouvoir de choisir ou d'opter entre le bien et le mal. Cela, c'est le libre-arbitre. Il n'existe pas en Dieu qui ne peut opter pour l'injustice ou la haine. Mais, nous, créatures, nous construisons notre liberté à travers nos choix. Jésus aussi à eu à choisir.
Si Jésus avait écouté Satan , il aurait eu une existence honorable, glorieuse. Satan est d'ailleurs le porte-parole d'Israël et notre porte-parole à tous, dans la mesure où nous voudrions bien que Dieu soit un Dieu qui nous domine et nous commande, tellement, dans le fond, nous avons peur d'être des hommes libres. Ce n'est pas une petite affaire, en effet, que d'être un homme libre et une femme libre.
[...]
Nous n'empêchons pas, dans le monde moderne, les hommes de tourner en rond dans des activités économiques, sociales et politiques. Nous nous plaignons, nous nous disons que le monde va mal et que nous ne savons pas où il va. A qui la faute? Si, au moins, les chrétiens étaient chrétiens! Seulement, l'enjeu est la croix. Quand le chrétien fait ce qu'il a à faire, quand il est libre de la liberté du Christ, il n'évite pas la croix.
[...]
L'Évangile est la révélation de la "liberté libérante" de Dieu. C'est la définition même de l'amour. Aimer les hommes, c'est vouloir qu'ils soient (au sens fort). Vouloir que l'autre soit, c'est la justice, donc le respect qui est au coeur de la justice. Mais l'autre n'existe que s'il est libre, car c'est par la liberté que l'homme est homme. En dehors de la liberté, il n'y a pas d'humanité véritable.
Finalement, on est libre que d'aimer, car partout ailleurs que dans l'amour, il y a puissance de domination qui opprime et empêche l'homme d'être pleinement homme. "Dieu est Amour" (1 Jean 4,8) et "Nous sommes appelés à la liberté" (Ga 5,13) : quand on a compris l'identité ou la liaison intime, étroite de l'amour et de la liberté, on a compris vraiment l'essentiel de la foi.
Source : F. Varillon, "L'Évangile, appel à la foi, à la liberté" dans Joie de croire, joie de vivre, Bayard, 1981, pp.240-244
Bonjour,
Tout à fait. C'est bien un texte du père jésuite François Varillon. :) On tombant là-dessus, je trouvais le contenu plutôt interpellant.
Il rajoutait plus loin :
[list]"Si vous me demandez pourquoi je suis chrétien, je vous répondrai : j'ai choisi l'Évangile comme éducateur de ma liberté. Si le bouddhisme ou l'islam éduquaient mieux ma liberté, j'aurais le devoir de me faire bouddhiste ou musulman. Nous connaissons tous l'adage : j'aime bien Platon mais j'aime encore mieux la vérité. Je transposerais volontier : j'aime bien Jésus-Christ mais je préfère encore le plus haut niveau d'existence et, si ce n'est pas Jésus-Christ qui éduque ma liberté pour atteindre le plus haut niveau d'existence, je vais chercher ailleurs. Si celui qui vous parle est chrétien, c'est qu'il a la certitude qu'il est impossible que le Coran , les Upanishads ou d'autres livres sacrés puissent conduire l'homme aussi haut que l'Évangile. Telle est ma certitude, telle est ma foi.
La liberté ne consiste pas à faire ce qu'on veut mais à vouloir ce qu'on fait. C'est à dire à assumer la responsabilité de ses actes. Un homme n'est authentiquement un homme que lorsqu'il assume la responsabilité de sa vie. La véritable liberté consiste à être capable d'affronter la mort, pas nécessairement la mort finale, définitive, mais cette mort quotidienne qu'impliquent la justice, la vérité, la liberté.
Quand on se donne vraiment, quand on s'engage à fond pour les autres, il est évident que cela fait mal, demande de véritables sacrifices.
Comprenons bien que la liberté n'est pas le pouvoir de choisir ou d'opter entre le bien et le mal. Cela, c'est le libre-arbitre. Il n'existe pas en Dieu qui ne peut opter pour l'injustice ou la haine. Mais, nous, créatures, nous construisons notre liberté à travers nos choix. Jésus aussi à eu à choisir.
Si Jésus avait écouté Satan , il aurait eu une existence honorable, glorieuse. Satan est d'ailleurs le porte-parole d'Israël et notre porte-parole à tous, dans la mesure où nous voudrions bien que Dieu soit un Dieu qui nous domine et nous commande, tellement, dans le fond, nous avons peur d'être des hommes libres. Ce n'est pas une petite affaire, en effet, que d'être un homme libre et une femme libre.
[...]
Nous n'empêchons pas, dans le monde moderne, les hommes de tourner en rond dans des activités économiques, sociales et politiques. Nous nous plaignons, nous nous disons que le monde va mal et que nous ne savons pas où il va. A qui la faute? Si, au moins, les chrétiens étaient chrétiens! Seulement, l'enjeu est la croix. Quand le chrétien fait ce qu'il a à faire, quand il est libre de la liberté du Christ, il n'évite pas la croix.
[...]
L'Évangile est la révélation de la "liberté libérante" de Dieu. C'est la définition même de l'amour. Aimer les hommes, c'est vouloir qu'ils soient (au sens fort). Vouloir que l'autre soit, c'est la justice, donc le respect qui est au coeur de la justice. Mais l'autre n'existe que s'il est libre, car c'est par la liberté que l'homme est homme. En dehors de la liberté, il n'y a pas d'humanité véritable.
Finalement, on est libre que d'aimer, car partout ailleurs que dans l'amour, il y a puissance de domination qui opprime et empêche l'homme d'être pleinement homme. "Dieu est Amour" (1 Jean 4,8) et "Nous sommes appelés à la liberté" (Ga 5,13) : quand on a compris l'identité ou la liaison intime, étroite de l'amour et de la liberté, on a compris vraiment l'essentiel de la foi.
Source : F. Varillon, "L'Évangile, appel à la foi, à la liberté" dans [u]Joie de croire, joie de vivre[/u], Bayard, 1981, pp.240-244[/list]