par Fée Violine » jeu. 20 oct. 2016, 12:14
Je viens de lire "Siegfried et le Limousin". Ce n'est pas vraiment nouveau (1922) mais je ne l'avais encore jamais lu.
C'est assez compliqué, mais très beau. Le sujet est surtout sur les relations franco-allemandes, pas faciles en 1922, avec plein de références littéraires et artistiques que je n'ai pas toutes captées (quand même suffisamment pour lire ce livre avec plaisir). J'ai apprécié notamment l'humour, la poésie, la fantaisie dans les descriptions, un peu comme chez Proust, qui écrivait à la même époque et avec des phrases aussi longues.
Citations :
"Rehaussés de rouge là d'où partent leurs paroles, de bleu là d'où partent leurs regards, les visages des femmes, selon l'angle qu'elles aiment avoir avec les rayons de la lune, s'inclinaient ou se relevaient". (p44)
[sur les Allemands] "... ces 60 millions d'êtres tombés entre les Slaves et les Gaulois, et qui ont inventé, pour passer la vie et le temps, la bière, la guerre, l'okarina, et un si grand nombre de verbes irréguliers". (p72)
"Le temps était beau. Parfois un bateau rouge dépassait insensiblement un bateau tout bleu et le contenait une minute. Il était doux de voir une couleur absorber l'autre sans en être modifiée. Celles des hirondelles qui préféraient les moucherons salés voletaient sur la mer". (p183)
"Dès qu'un peuple est sauvagement pratique, comme l'américain, il élit, pour guider ses pas, les plus fumeux et ignorants idéologues que l'univers ait jamais connus. Chez vous [en France], du moins, la sagesse est entretenue par le corps même des fonctionnaires". (p217)
Je viens de lire "Siegfried et le Limousin". Ce n'est pas vraiment nouveau (1922) mais je ne l'avais encore jamais lu.
C'est assez compliqué, mais très beau. Le sujet est surtout sur les relations franco-allemandes, pas faciles en 1922, avec plein de références littéraires et artistiques que je n'ai pas toutes captées (quand même suffisamment pour lire ce livre avec plaisir). J'ai apprécié notamment l'humour, la poésie, la fantaisie dans les descriptions, un peu comme chez Proust, qui écrivait à la même époque et avec des phrases aussi longues.
Citations :
"Rehaussés de rouge là d'où partent leurs paroles, de bleu là d'où partent leurs regards, les visages des femmes, selon l'angle qu'elles aiment avoir avec les rayons de la lune, s'inclinaient ou se relevaient". (p44)
[sur les Allemands] "... ces 60 millions d'êtres tombés entre les Slaves et les Gaulois, et qui ont inventé, pour passer la vie et le temps, la bière, la guerre, l'okarina, et un si grand nombre de verbes irréguliers". (p72)
"Le temps était beau. Parfois un bateau rouge dépassait insensiblement un bateau tout bleu et le contenait une minute. Il était doux de voir une couleur absorber l'autre sans en être modifiée. Celles des hirondelles qui préféraient les moucherons salés voletaient sur la mer". (p183)
"Dès qu'un peuple est sauvagement pratique, comme l'américain, il élit, pour guider ses pas, les plus fumeux et ignorants idéologues que l'univers ait jamais connus. Chez vous [en France], du moins, la sagesse est entretenue par le corps même des fonctionnaires". (p217)