A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

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Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par Fée Violine » mer. 15 avr. 2026, 16:01

- Saint Jérome, à l'origine de la vulgate (qui a vécu en Syrie et est né en Croatie ?), qui pense que la traduction du grec est "supersubstantialem" (c'est un peu extraordinaire) ;
- Et la tradition latine qui utilise "quotidianum" (de tous les jours).
Supersubstantialem transcrit le grec épiousion.
super (en latin) = épi (en grec) = la préposition "sur" ;
ousios dérive du verbe être.
épiousios est un hapax, un mot dont il n'y a pas d'autres exemples en grec.
Le pain suressentiel.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Epiousion ... 20tangible.

Pour "ne nous laisse pas entrer en tentation", le mot traduit par "tentation", peirasma, signifie aussi l'épreuve. Peut-être pourrait-on traduire : ne nous fais pas entrer dans l'épreuve.
Dieu n'a pas mis cet arbre pour qu'il soit une tentation.

Pour le reste du Notre Père, je trouve un peu dommage de traduire "pardonne-nous nos offenses etc." alors que le texte dit : "Remets-nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs" ce qui est bien plus concret.

Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par patatedouce » mer. 15 avr. 2026, 15:31

florence_yvonne a écrit : mer. 15 avr. 2026, 15:21

Dès le départ, les traductions se contredisent les unes les autres, alors, il y en a une que l'on pourrait qualifier de bonne ?
Oui, mais la messe est antérieure aux évangiles. Pendant plusieurs années, il y avait la fraction de pain sans les évangiles. C'est à mon avis la raison de ces divergences.

- Elles peuvent provenir d'un problème de traduction ;
- Elles peuvent venir d'une tradition différente.

Les catholiques semblent avoir conservé la tradition orale.

En tout cas, c'est la conclusion que j'en déduis des éléments trouvés sur le mot quotidien.

Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par florence_yvonne » mer. 15 avr. 2026, 15:21

Matthieu 6:13

Bible Louis Segond 1910
Matthieu 6:13 - ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. Car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen !

Bible de Jérusalem
Mt 6:13- Et ne nous soumets pas à la tentation ; mais délivre-nous du Mauvais.

Parole de vie
Matthieu 6.13 - Et ne permets pas que nous soyons tentés. Mais libère-nous de l’esprit du mal.”

Bible du Semeur
Matthieu 6:13 - Garde-nous de céder à la tentation, et surtout, délivre-nous du diable. [Car à toi appartiennent le règne et la puissance et la gloire à jamais.]

Bible en français courant
Matthieu 6. 13 - Et ne nous expose pas à la tentation, mais délivre-nous du Mauvais.[Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour toujours. Amen.]”

Bible Annotée
Matthieu 6,13 - Et ne nous induis point en tentation, mais délivre-nous du mal.

Bible Darby
Matthieu 6, 13 - et ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal.

Bible Martin
Matthieu 6:13 - Et ne nous induis point en tentation ; mais délivre-nous du mal. Car à toi est le règne, et la puissance, et la gloire à jamais. Amen.

Parole Vivante
Matthieu 6:13 - Garde-nous de céder à la tentation,mais au contraire, délivre-nous du tentateur.Car c’est à toi qu’appartiennent pour toujoursle règne, la puissance et la gloire.

Bible Ostervald
Matthieu 6.13 - Et ne nous induis point en tentation, mais délivre-nous du Malin ; car à toi appartiennent le règne, la puissance, et la gloire à jamais. Amen !

Grande Bible de Tours
Matthieu 6:13 - Et ne nous abandonnez point à la tentation ; mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il.

Bible Crampon
Matthieu 6 v 13 - Et ne nous induisez point en tentation, mais délivrez-nous du mal.

Bible de Sacy
Matthieu 6. 13 - Et ne nous abandonnez point à la tentation ; mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il !

Bible Vigouroux
Matthieu 6:13 - et ne nous abandonnez pas à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il.

Bible de Lausanne
Matthieu 6:13 - Et ne nous amène pas en tentation, mais délivre-nous du Méchant Car c’est à toi qu’est le royaume, et la puissance, et la gloire, pour les siècles. Amen.

Nouveau Testament en grec - SBL
Matthieu 6.13 - καὶ μὴ εἰσενέγκῃς ἡμᾶς εἰς πειρασμόν, ἀλλὰ ῥῦσαι ἡμᾶς ἀπὸ τοῦ ⸀πονηροῦ. (Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal.)
Dès le départ, les traductions se contredisent les unes les autres, alors, il y en a une que l'on pourrait qualifier de bonne ?

Nous buttons sur "ne nous soumet pas à la tentation" et nous oblitérons complètement la fin du verset, "mais délivre nous du mal".

Tronquer ce verset en modifie complètement le sens.

C'est Dieu qui a créé la tentation, pourquoi planter un arbre dans le jardin d'Eden, si c'est pour interdire à Adam d'en consommer le fruit ? cela aurait été tellement plus facile de ne planter cet arbre, pas d'arbre, pas d'interdiction, pas de tentation pas de désobéissance. Etre tenté par ce qui est interdit fait partie des caractéristiques humaines. On n'a jamais consommé autant d'alcool aux USA que pendant la prohibition. C'est tellement tentant de braver l'interdit.

Pourquoi Dieu a t'il créé l'interdit ?

https://dailyverses.net/fr/tentation

Et puis pourquoi interdire ce fruit ? mais, cela c'est une autre histoire.

Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par patatedouce » mer. 15 avr. 2026, 11:08

prodigal a écrit : mer. 15 avr. 2026, 9:24
Un autre exemple nous est fourni ici par la différence que Patate Douce a rappelée, entre "quotidianum" et "supersubstantialem", qui ne veulent certes pas dire la même chose, mais sont, je le suppose, corrects tous deux. Personnellement je suis cette fois trop jeune pour avoir appris "supersubstantialem", mot que je ne connaissais pas. Avez-vous encore des choses à nous apprendre à ce sujet? Je trouve que c'est très intéressant.
"quotidianum" = Provient d'une version antérieur à la vulgate (vetus latina qui était appliqué)
"supersubstantialem" = Provient de la vulgate (IV Siècle)

La messe paul VI à conservé "quotidianum".

Ça fait partie de la mission apostolique de la messe (la conservation des temoins occulaires).

Saint Augustin utilise ce mot dans Le discours du Seigneur sur la montagne (Livre II, chapitre VII) - (393-394).
CAPUT VII. — 25. Quarta petitio est, Panem nostrum quotidianum da nobis hodie. Panis quotidianus, aut pro iis omnibus dictus est, quae hujus vitae necessitatem sustentant, de quo cum praeciperet, ait, Nolite cogitare de crastino ; ut ideo sit additum, da nobis hodie : aut pro Sacramento corporis Christi, quod quotidie accipimus : aut pro spirituali cibo, de quo idem Dominus dicit, Operamini escam quae non corrumpitur ; et illud, Ego sum panis vitae, qui de caelo descendi (Joan. VI, 27, 41). Sed horum trium quid sit probabilius, considerari potest. Nam forte quispiam moveatur, cur oremus pro his adipiscendis quae huic vitae sunt necessaria, veluti est victus et tegumentum, cum ipse Dominus dicat, Nolite solliciti esse quid edatis, vel quid induamini. An potest quisque de ea re pro qua adipiscenda orat, non esse sollicitus ; cum tanta intentione animi oratio dirigenda sit, ut ad hoc totum illud referatur quod de claudendis cubiculis dictum est, et illud quod ait, Quaerite primum regnum Dei et justitiam ejus, et haec omnia apponentur vobis ? Non ait utique, Quaerite primum regnum Dei, et deinde ista quaerite ; sed, haec omnia, inquit, apponentur vobis, scilicet etiam non quaerentibus. Quomodo autem recte dicatur non quaerere aliquis, quod ut accipiat intensissime Deum deprecatur, nescio utrum inveniri queat.

--

CHAPITRE VII. — 25. La quatrième demande est : Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien. Par « pain quotidien », on entend soit tout ce qui subvient aux nécessités de cette vie, et à propos de quoi le Seigneur a donné ce précepte : Ne vous inquiétez pas du lendemain — c’est pourquoi il a été ajouté : donne-nous aujourd’hui — ; soit le Sacrement du corps du Christ, que nous recevons chaque jour ; soit la nourriture spirituelle dont le même Seigneur dit : Travaillez pour la nourriture qui ne périt pas ; et encore : Je suis le pain de vie descendu du ciel (Jean VI, 27, 41). On peut se demander laquelle de ces trois interprétations est la plus probable. Car quelqu'un pourrait s'étonner : pourquoi prier pour obtenir ce qui est nécessaire à cette vie, comme la nourriture et le vêtement, alors que le Seigneur lui-même dit : Ne soyez pas en souci de ce que vous mangerez ou de quoi vous serez vêtus ? Peut-on prier pour obtenir une chose sans s'en inquiéter, alors que la prière doit être faite avec une telle attention de l'esprit qu'elle se rapporte tout entière à ce qui a été dit sur le fait de s'enfermer dans sa chambre, et à cette parole : Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par-dessus ? Il n'a pas dit : « Cherchez d'abord le royaume de Dieu, et cherchez ensuite ces choses » ; mais il a dit : toutes ces choses vous seront données par-dessus, c'est-à-dire même à ceux qui ne les cherchent pas. Comment on pourrait dire avec justesse qu'on ne cherche pas ce que l'on supplie Dieu avec tant d'intensité de nous accorder, je ne sais si on peut le découvrir.

--

26. De Sacramento autem corporis Domini ut illi non moveant quaestionem, qui plurimi in orientalibus partibus, non quotidie coenae dominicae communicant, cum iste panis quotidianus dictus sit : ut ergo illi taceant, neque de hac re suam sententiam defendant vel ipsa auctoritate ecclesiastica, quod sine scandalo ista faciunt, neque ab eis qui ecclesiis praesunt facere prohibentur, neque non obtemperantes damnantur ; unde probatur non hunc in illis partibus intelligi quotidianum panem ; nam magni peccati crimine arguerentur, qui ex eo non accipiunt quotidie : sed ut de istis, ut dictum est, nihil in aliquam partem disseramus, illud certe debet occurrere cogitantibus, regulam nos orandi a Domino accepisse, quam transgredi non oportet vel addendo aliquid, vel praetereundo. Quod cum ita sit, quis est qui audeat dicere, semel tantum nos orare debere orationem dominicam ; aut certe etiam si iterum vel tertio, usque ad eam tantum horam qua corpori Domini communicamus, postea vero non sic orandum per reliquas partes diei ? Non enim jam dicere poterimus, da nobis hodie, quod jam accepimus : aut poterit quisque cogere, ut etiam ultima diei parte Sacramentum illud celebremus.

--
26. Quant au Sacrement du corps du Seigneur, pour que ceux-là ne soulèvent pas de difficulté — ils sont nombreux en Orient à ne pas communier chaque jour à la table du Seigneur —, alors que ce pain est appelé « quotidien » ; pour qu'ils se taisent donc et ne défendent pas leur sentiment par l'autorité même de l'Église (puisqu'ils agissent ainsi sans scandale, qu'ils n'en sont pas empêchés par ceux qui président aux églises et qu'ils ne sont pas condamnés comme désobéissants), ce qui prouve bien que, dans ces contrées, on ne comprend pas ce pain comme étant le pain quotidien (car ceux qui ne le recevraient pas chaque jour seraient accusés d'un grand péché) ; pour ne rien dire de plus, comme je l'ai dit, sur ce point, il y a une chose qui doit certainement venir à l'esprit de ceux qui réfléchissent : c'est que nous avons reçu du Seigneur la règle de la prière, et qu'il ne convient pas de la transgresser en y ajoutant ou en y omettant quoi que ce soit. S'il en est ainsi, qui oserait dire que nous ne devons réciter l'oraison dominicale qu'une seule fois, ou bien deux ou trois fois, seulement jusqu'à l'heure où nous communions au corps du Seigneur, et qu'ensuite nous ne devrions plus prier ainsi pour le reste de la journée ? Car nous ne pourrions plus dire : donne-nous aujourd'hui ce que nous avons déjà reçu ; et personne ne pourrait nous obliger à célébrer ce Sacrement à la toute fin de la journée.
Je pense que tout peut être surligné. C'est intéressant. Et, je pense que Anna2003 a apporté pas mal de précision sur ce sujet. Si je ne me trompe pas elle disait que les fidèles Orthodoxe communaient rarement.

En faite le débat est réel entre :
- Saint Jérome, à l'origine de la vulgate (qui a vécu en Syrie et est né en Croatie ?), qui pense que la traduction du grec est "supersubstantialem" (c'est un peu extraordinaire) ;
- Et la tradition latine qui utilise "quotidianum" (de tous les jours).

Et voici la prière orale orthodoxe aujourd'hui :
Notre Père qui es aux cieux,

Que ton Nom soit sanctifié!

Que ton règne arrive!

Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel!

Donne-nous aujourd’hui notre pain substantiel,

Remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs,

Et ne nous soumets pas à l’épreuve

Mais délivre-nous du Malin : Amen!
Ils utilisent bien le mot substantiel et nous quotidien.

Est-ce Saint Pierre qui a raison ou les autres ?

En tout cas, l'Eglise catholique valide la vulgate dans sa compréhension de la bible (tradition écrite) mais conserve quotidien dans sa liturgie (tradition orale).

Et ce qui est drôle aussi, c'est que lors des messe on l'a récite avant l'eucharistie malgré l'explication de Saint Augustin. Moi personnellement, je n'ai jamais fait de lien entre le pain du notre père et la communion.

Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par prodigal » mer. 15 avr. 2026, 9:24

Il me semble que "Ne nos inducas in tentationem" n'a jamais trouvé une traduction qui fasse l'unanimité. Pour les gens de mon âge, d'ailleurs, l'actuelle est la troisième préconisée par l'Eglise, après "Ne nous laisse pas succomber à la tentation" et "Ne nous soumets pas à la tentation".
D'aucuns jugeront (dont moi, j'avoue) que cette idée d'entrer en tentation (comme on entre dans les ordres?) est un peu bizarre. Mais enfin elle existe, et le fait est qu'il existe plusieurs traductions de la prière par excellence. A ce sujet comme à d'autres, la diversité n'est pas à blâmer, et ne doit pas être opposée à l'universalité.
Un autre exemple nous est fourni ici par la différence que Patate Douce a rappelée, entre "quotidianum" et "supersubstantialem", qui ne veulent certes pas dire la même chose, mais sont, je le suppose, corrects tous deux. Personnellement je suis cette fois trop jeune pour avoir appris "supersubstantialem", mot que je ne connaissais pas. Avez-vous encore des choses à nous apprendre à ce sujet? Je trouve que c'est très intéressant.

Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par patatedouce » mer. 15 avr. 2026, 8:34

La Bible est traduite en latin (la Vulgate), version approuvée par le Saint-Siège, puis elle est transposée en langues vernaculaires. Le Saint-Siège ne pouvant valider chaque traduction individuellement, la responsabilité de ces versions incombe à chaque conférence épiscopale. Ce cheminement est toutefois donné à titre indicatif, car le processus peut s'avérer, en pratique, bien plus complexe.

Voici la traduction de la vulgate du passage de Matthieu 6 :

Pater noster, qui es in caelis, sanctificetur nomen tuum.

10 Adveniat regnum tuum; fiat voluntas tua, sicut in caelo et in terra.

11 Panem nostrum supersubstantialem da nobis hodie,

12 et dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris.

13 Et ne nos inducas in tentationem, sed libera nos a malo. Amen.
Ensuite, j'ai pris le pater noster utilisé dans le missel de 1962 qui est en latin (c'est ce qui est dit pendant la messe en forme extraordinaire mais c'est la même chose en forme ordinaire) :
Pater noster, qui es in cælis: sanctificétur nomen tuum;
advéniat regnum tuum; fiat volúntas tua, sicut in cælo, et in terra.
Panem nostrum cotidiánum da nobis hódie;
et dimítte nobis débita nostra, sicut et nos dimíttimus debitóribus nostris;
et ne nos indúcas in tentatiónem; sed líbera nosa malo
Vous pouvez voir que c'est un problème de traduction car les deux sont identiques.

cotidiánum, la différence sur ce mot est une légère différence de version latin (non signifiactive).

Sur la Bible liturgique catholique française (AELF), on a :
09 Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,

10 que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

11 Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

12 Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.

13 Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
La différence ne porte plus que sur le verset 12 entre la prière qu'on utilise au quotidien. Cette différence peut s'expliquer pour faciliter l'usage liturgique au présent.

La Bible de Jérusalem est un travail scientifique. Elle travaille sur le texte grec source et non sur la vulgate pour améliorer la compréhension. C'est pour cela qu'il est important de toujours bien analyser ses sources pour comprendre leur valeur et leur fonction.

Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par florence_yvonne » mar. 14 avr. 2026, 23:55

La Bible est la parole de Dieu, et dans la Bible, nous lisons :
Mt 6:9- " Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es dans les cieux, que ton Nom soit sanctifié,

Mt 6:10- que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Mt 6:11- Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien.
Mt 6:12- Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs.
Mt 6:13- Et ne nous soumets pas à la tentation ; mais délivre-nous du Mauvais.

Source : La Bible de Jérusalem, Éditions du Cerf.
En modifiant ce texte, nous ne prions plus de la façon que nous enseigne Matthieu, je ne suis pas sure que l'homme avait le droit de faire cela, car Jésus nous dit
Matthieu 5
17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
18 Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé.
19 Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.

Source : Bible Louis Segond 1910

Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par Carolus » mer. 06 nov. 2019, 21:46

Hantouane a écrit : mer. 06 nov. 2019, 0:53Hantouane :

On ne transforme pas intentionnellement les Ecritures à ce qu'on voudrait entendre, et pas ce qui est écrit et certifié par l'Eglise depuis le commencement.
Vous avez raison, cher Hantouane. :)

Voici l'explication selon le catéchisme :
CEC 2846 Cette demande atteint la racine de la précédente, car nos péchés sont les fruits du consentement à la tentation.
Selon CEC 2846, "nos péchés sont les fruits du consentement à la tentation."
CEC 2846 Nous demandons à notre Père de ne pas nous y " soumettre ". Traduire en un seul mot le terme grec est difficile : il signifie " ne permets pas d’entrer dans " (cf. Mt 26, 41), " ne nous laisse pas succomber à la tentation ".
Prions donc que notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ "ne nous laisse pas succomber à la tentation", n'est-ce pas ? :oui:

Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par Hantouane » mer. 06 nov. 2019, 0:53

En anglais, on dit : "And lead us not into temptation" autrement dit "ne nous conduit pas à la tentation". Et là, on a aussi une intention (involontaire ?) lié au Père de nous tenter. Il faudrait se mettre d'accord dans toutes les langues dans ces cas-là. Et pas uniquement en français. Mais je crois que ce ne serait pas accepter comme l'a été accepté par les français. On ne transforme pas intentionnellement les Ecritures à ce qu'on voudrait entendre, et pas ce qui écrit et certifié par l'Eglise depuis le commencement.

Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par AdoramusTe » ven. 01 déc. 2017, 23:57

Le « Nouveau » Notre Père : Une belle occasion de redécouvrir le dialogue entre Tradition et Écritures.
Par le Fr. Olivier-Thomas Vénard, o.p.

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https://pbs.twimg.com/media/DO5K_joWAAEFaBu.jpg:large

Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par Xavi » dim. 26 nov. 2017, 12:09

Oui, en effet, Cinci, c’est bien un combat spirituel dans lequel l’essentiel est d’éviter d’entrer dans la dynamique de l’adversaire, d’accepter d’ouvrir la porte à son influence, de sortir de la fidélité.

Et à Gethsémani, c’est bien, en effet, la même prière que Jésus propose à ses disciples : « Priez, pour ne pas entrer en tentation » (Mt 26,41), mais, là, devant l’épreuve qui est devant lui à cet instant, contrairement à ce qu’il nous propose de prier dans le Notre Père, Jésus ne demande pas une prière pour la délivrance du mal. Il vient, au contraire, d’accepter la croix, ce mal absolu, qui est devant lui.

Au pied de la croix, seuls ses ennemis évoquent cette délivrance du mal à laquelle Jésus a renoncé : « que Dieu le délivre maintenant s’il l’aime » (Mt 27,43), dans une terrible évocation du serviteur souffrant du psaume 22 : « Il le délivrera puisqu’il l’aime » (Ps 22, 9).

Jésus n’a pas voulu que ses disciples prient pour qu’il soit délivré du mal de la croix, parce que c’est par sa croix que nous sommes délivrés du mal et que Dieu répond à la prière que nous lui adressons sans cesse : « délivre-nous du mal ».

Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par Cinci » sam. 25 nov. 2017, 16:16

Bonjour,

Pour moi, le plus vraisemblable c'est la demande de Jésus à ses disciples et à Gethsémani :"Priez, afin de ne pas entrer dans la tentation".

Dans la prière de Jésus ("Notre Père"), le fils demande au fond que l'amour pour le Père soit tellement prédominant dans son coeur qu'il y soit gardé d'entrer dans la dynamique de l'adversaire. Il s'agit pour le fils de faire l'Inverse de nos premiers parents, de notre mère Ève pour commencer, et puis lesquels - Adam et Ève - auront bien accepté d'ouvrir la porte à l'influence sur eux des manigances du serpent antique.

Lors de l'épisode de la "tentation au désert" : Jésus refuse justement d'entrer dans la dynamique tentatrice. Jésus ne se laisse pas impressionner même par les bons objectifs apparents qui lui sont présentés par le tentateur, et qui n'ont pour dessein en réalité que de le faire sortir de la fidélité réelle à sa mission et à son Père. Les deux dernières demandes de la prière de Jésus nous renvoient au combat spirituel.

Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par Xavi » sam. 25 nov. 2017, 13:54

« Ne nous laisse pas entrer en tentation » peut ainsi se comprendre dans une perspective différente de celle d’une épreuve ou d’une tentation envoyée ou permise par Dieu pour nous faire mûrir ou nous édifier.

La perspective est de reconnaître que nous sommes dans l’épreuve et la tentation et que le Christ nous invite à prier Dieu pour que, dans cette situation, notre Père nous délivre du mal.

Dans cette perspective, « ne nous laisse pas », signifie alors « ne nous abandonne pas, ne reste pas inactif, ne sois pas loin… ».

Et, « entrer en tentation » rappelle simplement alors qu’en ce monde nous sommes sans cesse plongés dans l’épreuve et confrontés à la tentation. Il ne s’agit pas de craindre une épreuve future ou une tentation future envoyée ou permise par Dieu qui ne serait pas déjà présente, mais de demander sa présence et son secours dans la situation d’épreuve et de tentation que nous vivons tous les jours, à tout moment.

Sans cesse, en ce monde, nous sommes éprouvés et tentés, devant le choix de marcher ou non en communion avec Dieu.

« Ne nous laisse pas entrer en tentation » comme la formule précédente « Ne nous soumets pas à la tentation » n’est pas une demande d’évitement d’un possible futur éprouvant ou tentant, mais la reconnaissance d’une situation de fait avec un appel à « ne pas nous laisser » dans cette situation de confrontation au mal qui est la nôtre, comprenant un aveu que l’épreuve et la tentation, sans cesse présentes en ce monde, sont au-dessus de nos forces humaines.

Ne nous laisse pas comme si nous étions capables de réussir, par nous-mêmes, l’épreuve de la vie. Reconnaissons, au contraire, que notre foi éprouvée ne peut qu’être évaluée comme insuffisante dans le Royaume des Cieux. Reconnaissons que notre foi n'a même pas la taille minuscule d'un grain de sénevé (Mt 17,20), et qu'elle est comme un chameau qui veut passer par le chas d’une aiguille (Mt 19,24).

Ne nous laisse pas, car nos forces sont insuffisantes.

« Mais », et ce petit mot montre que c’est bien la même demande qui est en cause sous la forme d’une alternative entre deux possibilités reconnues à Dieu (nous laisser ou nous délivrer) par rapport auxquelles nous lui demandons : « ne nous laisse pas » « mais » (au contraire), « délivre-nous du mal ».

Plutôt que ne nous laisser seuls dans l’épreuve et la tentation, d’éprouver la valeur de notre foi et de nos actes que nous savons insuffisante, nous lui demandons d’agir lui-même, de venir lui-même nous délivrer des chaînes qui nous empêchent de faire le bien.

Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par Xavi » jeu. 23 nov. 2017, 21:34

AdoramusTe a écrit : sam. 04 nov. 2017, 17:09 Bonjour,

Voici un dossier sur le sujet qui montre bien que le sujet n'est pas simple.

http://biblissimo.over-blog.com/2017/04 ... -pere.html
J’ai lu avec intérêt la réflexion assez complète proposée par AdoramusTe qui est diffusée par le site Biblissimo. Il attire mon attention lorsqu’il écrit ceci (je souligne en gras) :

« Le substantif peirasmos et le verbe peirazein renvoie(nt) à une situation dans laquelle un homme ou un groupe sont mis à l’épreuve. Cette épreuve peut revêtir deux formes : une « positive », celle qui consiste à soumettre une personne ou un objet à un test (contrôle technique), à un examen scolaire ou à une « épreuve sportive » (c’est le sens fondamental) ; une autre « négative » (on dit aussi « péjorative »), quand la personne ou le groupe (non un objet) est poussé à faire le mal en vue d’être accusé. Dans sa deuxième forme, peirasmos est le plus généralement traduit par "tentation" et peirazein par "tenter".
Dans la Bible, peirazein est à plusieurs reprises associé à dokimazein, qui signifie "évaluer" la valeur d’une personne, d’un groupe, d’une situation. Cette association fera alors pencher la balance plutôt du côté du premier des deux sens, le sens positif.
»

Cela me semble très intéressant pour ouvrir un sens qui n’a guère été discuté.

Ce qui est traditionnellement reçu comme une sixième demande (ne nous soumets ou ne nous laisse pas entrer en tentation) suivi d’une septième demande (mais délivre-nous du mal), ne pourrait-il être compris comme une seule demande dans laquelle la prière « délivre-nous du mal » demanderait au préalable de ne pas être soumis à l’épreuve « positive » dont parle Biblissimo, de ne pas être soumis à une évaluation, un test, un examen ou un contrôle de ses actes ?

S'il est soumis à une telle épreuve, tout croyant sincère, conscient de ses propres péchés pour lesquels il vient de demander le pardon dans la cinquième demande (pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés), ne peut que se reconnaître pécheur, dans l’attente de la miséricorde et du pardon.

Si nous demandons d’être délivrés du mal, n’est-ce pas d’abord parce que nous reconnaissons être pécheurs, parce que nous savons qu’à l’épreuve du jugement de Dieu nous ne méritons tous que la condamnation, que nous ne pouvons prétendre être des justes dans nos propres actes ?

Biblissimo relève que « Dans les synoptiques, le verbe peirazein est utilisé douze fois et peirasmos neuf fois. Il s’agit toujours de la confrontation de Jésus… avec les exigences de l’avènement du Royaume »

Ainsi, « ne nous soumets pas à l’épreuve » ne pourrait-il rappeler la nécessaire humilité de tout chrétien qui prie son Père des Cieux et qui vient d’abord avec l’humilité du pécheur qui lui fait demander sincèrement « délivre-nous du mal » ?

Ce serait ainsi une unique demande en deux parties assez parallèle à la demande précédente : « Pardonne-nous nos offenses » (objet de la prière) « comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (référence qui nous introduit nous-même dans une attitude de miséricorde).

Nous demandons à Dieu de ne pas être évalué (jugé) parce que nous nous reconnaissons pécheurs « mais » nous lui demandons plutôt (parce ce que nous venons de nous reconnaître imparfaits et ne méritant pas une bonne évaluation) de nous délivrer du mal.

Une reconnaissance que nous ne sommes pas encore aujourd’hui dans cette situation décrite par le livre de la Sagesse, cité par Biblissimo : « Dieu en effet les a mis à l’épreuve (epeirasen) et il les a trouvés dignes de lui » (Sag. 3,5)

Mais, la conclusion ne serait plus celle de Biblissimo lorsqu’il écrit que « La conclusion qui me semble la plus adéquate est donc celle-ci : l’orant demande à Dieu de ne pas le mettre dans une situation d’épreuve ou de tentation telle qu’il serait pris en défaut de fidélité parfaite », mais une reconnaissance qu’il est en défaut de fidélité parfaite.

S’agit-il d’éviter une épreuve ou une tentation qui risque de causer une faute qui n’existerait pas encore ou d’éviter un jugement immédiat de Dieu sur notre état de pécheur (N'éprouve pas, dans le sens n’évalue pas, n’examine pas, ne juge pas ma situation d’une manière qui ferait apparaître mon état de pécheur, mes fautes déjà présentes et commises), pour lui demander plutôt la délivrance du mal.

Un écho à la parabole du figuier stérile : « Maître, laisse-le cette année encore… Peut-être donnera-t-il des fruits à l’avenir… » (Lc 13,8-9) ?

Peut-être une piste à réfléchir.

Re: A propos du Notre Père et "ne nos inducas in tentationem"

par Héraclius » jeu. 23 nov. 2017, 14:53

Cette chronique de R. E. m'a donné des envies de meurtre.* :-[ Quelle stupidité...



*Ceci est une hyperbole, merci de ne pas accuser l'ensemble des chrétiens du monde de désir actuel de meurtre à cause d'une citation malheureuse. Merci.

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