par Cinci » lun. 08 août 2016, 21:05
Noam Chomsky relevait déjà dans Le Nouvel humanisme militaire. Leçons du Kosovo :
... prouver l'ampleur des crimes est important pour l'OTAN du point de vue politique également, afin de montrer pourquoi 78 jours d'attaques aériennes contre les forces et les infrastructures serbes étaient nécessaires. ( cf. Scott Peterson, Christian Science Monitor, 27 août 1999 )
... malgré d'intenses efforts, les résultats de l'"obsession des charniers" ainsi que la qualifient les rédacteurs du Wall Street Journal, ont été bien minces. (cf. Daniel Pearl et Robert Block, Wall Street Journal, 31 décembre 1999)
Au lieu de "vastes champs de morts" que les enquêteurs s'attendaient à trouver, le mode dominant est plutôt celui de l'assassinat épars, une forme d'épuration ethnique allégée. La plupart des massacres et des incendies de bâtiments se sont produits dans les régions où l'Armée de libération du Kosovo (UCK) était active - où dans celles où elle pouvait s'infiltrer, selon certains investigateurs appartenant aux organisations de défense des droits de l'homme; ils en concluent qu'ils s'agissait d'une tentative de nettoyer les régions qui soutenaient l'UCK, au moyen d'une terreur sélective, de pillages et de tueries sporadiques. Ces conclusions sont "en partie corroborées par le rapport détaillé de l'OSCE rendu publique en décembre 1999, qui suggère une sorte de logique militaire derrière les expulsions, concentrées dans les régions contrôlées par les rebelles et le long des voies probables de l'invasion.? (Cf. Steven Erlanger, New York Times, 5 décembre 1999)
Chomsky écrit :
L'analyse du Wall Street Journal conclut que l'OTAN a multiplié ses affirmations au sujet des "champs de morts serbes" quand elle a réalisé que les journalistes, lassés, commençaient à s'intéresser à l'histoire opposée : les civils tués par les bombardements de l'OTAN. Le porte-parole de l'alliance atlantique, Jamie Shea, a présenté des informations en provenance de l'UCK. Plusieurs des récits d'atrocités les plus épouvantables et les plus largement diffusés, attribués à des réfugiés ou à d'autres sources, se sont révélés faux, conclut le quotidien.
[...]
L'étude de l'OSCE est la troisième source majeure à avoir été publiée au sujet des crimes serbes. La première est l'acte d'accusation du département d'État contre Milosevic et ses acolytes, publiée en mai; la seconde, peu après, est le document justifiant leur inculpation formelle par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Ces deux derniers textes sont très semblables, sans doute parce que l'inculpation "remarquablement rapide par le Tribunal" s'est appuyée sur la livraison, par les États-Unis et la Grande-Bretagne, de renseignements et autres informations [...] "Le département d'État a mis son acte d'accusation à jour en décembre 1999, en y ajoutant toutes les informations qui ont pu être obtenues auprès des réfugiés et par les enquêteurs après la guerre, dans l'intention d'apporter une justification décisive aux bombardements". (cf. U,S, Department of State, "Erasing History : Ethnic Cleansing of Kosovo" , mai 1999 ... Roger Cohen, Jane Perlez, New York Times, 28 mai 1999, avec deux pages entières consacrées aux passages clés du dossier. )
Sur l'UCK ("Armée de libération du Kosovo") :
,,, dans une analyse des origines, du développement et de l'avenir possible de l'UCK, Chris Hedges écrit qu'elle fut fondée en 1991, ses membres venant en grande partie de clans au Kosovo et de groupes de militants radicaux de la diaspora albanaise, et qu'elle lança ses premières attaques armées en mai 1993, tuant deux policiers serbes et en blessant cinq autres.
Hedges décrit l'organisation comme étant
"... partagée selon une ligne de division idéologique curieuse, avec des traces de fascisme d'un côté et des relents de communisme de l'autre. La première faction est dirigée par les héritiers de ceux qui ont combattu dans les rangs des milices fascistes de la Seconde Guerre mondiale et de la division Skandenberg, une division de SS volontaire organisée par les nazis, ou par les descendants des rebelles de droite albanais hacak qui se sont soulevés contre les Serbes il y a 80 ans. La seconde faction de l'UCK, qui comprend la plupart des dirigeants en exil, est formée de vieux staliniens qui étaient dans le passé payés par Enver Hoxha, le dictateur xénophobe de l'Albanie, mort en 1985. Hedges pensait que l'UCK prendrait la direction du Kosovo après avoir été porté au pouvoir grâce à une intervention violente de l'OTAN. Il laisse également entendre que les dirigeants de l'UCK pourraient se tourner vers les islamistes radicaux prêts à soutenir une autre lutte des musulmans contre les chrétiens orthodoxes. L'unique doctrine sur laquelle les diverses factions sont d'accord est la nécessité de libérer le Kosovo de la domination serbe." (cf. Chris Hedges, "Kosovo's Next Masters", Foreign Affairs, mai-juin 1999)
Source : Noam Chomsky, Le Nouvel humanisme militaire, p.48
En résumé, la politique américaine aura consisté à prendre appui sur le prétexte du Kosovo et l'aide ponctuelle apportée par les rebelles de l'UCK pour enfoncer les Serbes de l'ex-Yougoslavie. Les accusations de "crimes contre l'humanité" lancées contre MIlosevic devaient servir de justification à l'intense campagne de bombardements de 78 jours des infrastructures civiles serbes en 1999.
Alors - nous revenons à notre affaire ici - le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie admettrait maintenant que toute l'affaire n'était qu'un écran de fumée. Contre la parole des politiciens de Washington : les observateurs du Wall Street Journal, ceux de l'OSCE, ceux du Tribunal pénal international.
Noam Chomsky relevait déjà dans [i]Le Nouvel humanisme militaire. Leçons du Kosovo[/i] :
... prouver l'ampleur des crimes est important pour l'OTAN du point de vue politique également, afin de montrer pourquoi 78 jours d'attaques aériennes contre les forces et les infrastructures serbes étaient nécessaires. ( cf. Scott Peterson, [i]Christian Science Monitor[/i], 27 août 1999 )
... malgré d'intenses efforts, les résultats de l'"obsession des charniers" ainsi que la qualifient les rédacteurs du [i]Wall Street Journal[/i], ont été bien minces. (cf. Daniel Pearl et Robert Block, [i]Wall Street Journal[/i], 31 décembre 1999)
Au lieu de "vastes champs de morts" que les enquêteurs s'attendaient à trouver, le mode dominant est plutôt celui de l'assassinat épars, une forme d'épuration ethnique allégée. La plupart des massacres et des incendies de bâtiments se sont produits dans les régions où l'Armée de libération du Kosovo (UCK) était active - où dans celles où elle pouvait s'infiltrer, selon certains investigateurs appartenant aux organisations de défense des droits de l'homme; ils en concluent qu'ils s'agissait d'une tentative de nettoyer les régions qui soutenaient l'UCK, au moyen d'une terreur sélective, de pillages et de tueries sporadiques. Ces conclusions sont "en partie corroborées par le rapport détaillé de l'OSCE rendu publique en décembre 1999, qui suggère une sorte de logique militaire derrière les expulsions, concentrées dans les régions contrôlées par les rebelles et le long des voies probables de l'invasion.? (Cf. Steven Erlanger, [i]New York Times[/i], 5 décembre 1999)
Chomsky écrit :
L'analyse du [i] Wall Street Journal[/i] conclut que l'OTAN a multiplié ses affirmations au sujet des "champs de morts serbes" quand elle a réalisé que les journalistes, lassés, commençaient à s'intéresser à l'histoire opposée : les civils tués par les bombardements de l'OTAN. Le porte-parole de l'alliance atlantique, Jamie Shea, a présenté des informations en provenance de l'UCK. Plusieurs des récits d'atrocités les plus épouvantables et les plus largement diffusés, attribués à des réfugiés ou à d'autres sources, se sont révélés faux, conclut le quotidien.
[...]
L'étude de l'OSCE est la troisième source majeure à avoir été publiée au sujet des crimes serbes. La première est l'acte d'accusation du département d'État contre Milosevic et ses acolytes, publiée en mai; la seconde, peu après, est le document justifiant leur inculpation formelle par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Ces deux derniers textes sont très semblables, sans doute parce que l'inculpation "remarquablement rapide par le Tribunal" s'est appuyée sur la livraison, par les États-Unis et la Grande-Bretagne, de renseignements et autres informations [...] "Le département d'État a mis son acte d'accusation à jour en décembre 1999, en y ajoutant toutes les informations qui ont pu être obtenues auprès des réfugiés et par les enquêteurs après la guerre, dans l'intention d'apporter une justification décisive aux bombardements". (cf. U,S, Department of State, "Erasing History : Ethnic Cleansing of Kosovo" , mai 1999 ... Roger Cohen, Jane Perlez, New York Times, 28 mai 1999, avec deux pages entières consacrées aux passages clés du dossier. )
Sur l'UCK ("Armée de libération du Kosovo") :
,,, dans une analyse des origines, du développement et de l'avenir possible de l'UCK, Chris Hedges écrit qu'elle fut fondée en 1991, ses membres venant en grande partie de clans au Kosovo et de groupes de militants radicaux de la diaspora albanaise, et qu'elle lança ses premières attaques armées en mai 1993, tuant deux policiers serbes et en blessant cinq autres.
Hedges décrit l'organisation comme étant
"... partagée selon une ligne de division idéologique curieuse, avec des traces de fascisme d'un côté et des relents de communisme de l'autre. La première faction est dirigée par les héritiers de ceux qui ont combattu dans les rangs des milices fascistes de la Seconde Guerre mondiale et de la division Skandenberg, une division de SS volontaire organisée par les nazis, ou par les descendants des rebelles de droite albanais hacak qui se sont soulevés contre les Serbes il y a 80 ans. La seconde faction de l'UCK, qui comprend la plupart des dirigeants en exil, est formée de vieux staliniens qui étaient dans le passé payés par Enver Hoxha, le dictateur xénophobe de l'Albanie, mort en 1985. Hedges pensait que l'UCK prendrait la direction du Kosovo après avoir été porté au pouvoir grâce à une intervention violente de l'OTAN. Il laisse également entendre que les dirigeants de l'UCK pourraient se tourner vers les islamistes radicaux prêts à soutenir une autre lutte des musulmans contre les chrétiens orthodoxes. L'unique doctrine sur laquelle les diverses factions sont d'accord est la nécessité de libérer le Kosovo de la domination serbe." (cf. Chris Hedges, "Kosovo's Next Masters", Foreign Affairs, mai-juin 1999)
Source : Noam Chomsky,[i] Le Nouvel humanisme militaire[/i], p.48
En résumé, la politique américaine aura consisté à prendre appui sur le prétexte du Kosovo et l'aide ponctuelle apportée par les rebelles de l'UCK pour enfoncer les Serbes de l'ex-Yougoslavie. Les accusations de "crimes contre l'humanité" lancées contre MIlosevic devaient servir de justification à l'intense campagne de bombardements de 78 jours des infrastructures civiles serbes en 1999.
Alors - nous revenons à notre affaire ici - le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie admettrait maintenant que toute l'affaire n'était qu'un écran de fumée. Contre la parole des politiciens de Washington : les observateurs du Wall Street Journal, ceux de l'OSCE, ceux du Tribunal pénal international.