par Sapin » mar. 07 août 2007, 2:59
LumendeLumine a écrit :Pas avec le même corps: ce sera une nouvelle création.
Cette phrase peut porter à confusion quant à la résurrection versus la réincarnation.
Boris a écrit :Saint Thomas a pu mettre ses doigts dans les plaies.
Ce passage de l’évangile de saint Jean (Jn XX, 27) atteste que le corps du Christ ressuscité était le même corps puisqu’il conserve les marques de la passion.
Ainsi donc l’Église affirme que sur l’identité du corps ressuscité:
Les morts ressusciteront avec le même corps qu’ils auront porté sur la terre, De fide.
a) Le 4e concile du Latran (XIIe œcuménique) en 1215 déclare : « Ils ressusciteront tous avec le propre corps qu’ils portent maintenant» (D 429) cf : D16,40,287,347,427,464,531). L’identité matérielle du corps ressuscité avec le corps terrestre a été contestée par Orignène.
La sainte Écriture atteste implicitement l’identité en employant le terme «résurrection» ou bien «réveil»; en effet il ne peut y avoir résurrection ou réveil que si le même corps qui meurt et tombe en poussière revit de nouveau. La résurrection est affirmée expressément dans le 2e Livre des Macchabées (VII, II). «C’est du ciel (=Dieu) que j’ai reçu ces membres (= ma langue et mes mains)… et c’est de lui que j’espère les recouvrer». I Co., XV, 53 : «Il faut que cet être corruptible revête l’incorruptibilité, que cet être mortel revête l’immortalité.»
Les Pères antérieurs à Origène enseignent unanimement que «cette chair ressuscitera et sera jugée» et que «nous recevrons dans cette chair notre récompense» (Pseudo-Clément, II Corinthiens, IX, 1-5). Saint Justin affirme : «nous espérons que les morts déposés en terre reprendront leurs corps, car rien n’est impossible à Dieu) (Apol., I, 18). Les raisons de convenance citées par les Pères en faveur de la résurrection, supposent l’identité du corps ressuscité. Cette identité a été soutenue contre Origène par saint Méthode, saint Grégoire de Nysse, saint Épiphane (Haer., 64) et saint Jérôme (Adv. Joannem Hiersosolymitanum).
b) Cette identité ne doit pas être comprise en ce sens que tous les éléments matériels qui ont appartenu toujours ou à un moment donné au corps terrestre se trouveront réunis dans le corps ressuscité. De même que le corps terrestre demeure toujours le même, malgré l’échange constant des éléments matériels, de même il suffit pour lui conserver son identité qu’une partie relativement petite de la masse des éléments matériels du corps terrestre soit contenue dans le corps ressuscité. Le fait que les mêmes éléments matériels peuvent appartenir successivement à différents corps n’offre aucune difficulté à la foi chrétienne en la résurrection (cf : S. Thomas d’Aquin, Summa contra Gentiles. IV, 81).
D’après Durand de Saint-Pouçain et Jean de Naples, l’identité de l’âme est à elle seule suffisante pour l’identité du corps ressuscité. Partant de l’enseignement aristotélico-scolastique, suivant lequel la materia prima qui est pure puissance, reçoit actualité et individualité par la forme substantielle et devient ainsi un corps déterminé, ils soutiennent que l’âme spirituelle, en tant que forme essentielle unique du corps humain, façonne n’import quelle matière pour en faire son corps. Outre que l’hypothèse de l’âme humaine comme forme unique du corps, manque de certitude, les scotistes admettent une forma corporeitatis spéciale distincte de l’âme, l’explication proposée conduit à cette conséquence, qui donne à réfléchir, que les ossements d’un défunt pourraient être encore sur la terre, tandis que ce défunt serait déjà avec son corps ressuscité dans le ciel.
D’après la doctrine générale, le corps ressuscitera dans une intégrité complète, exempt de tout défaut, de toute mutilation et de toute infirmité. Thomas d’Aquin déclare : «L’homme ressuscitera dans la plus grande perfection naturelle (Suppl. 81,I), donc à l’âge Mûr. A l’intégrité du corps ressuscité appartiennent aussi les organes de la vie végétative et sensitive, y compris la différence des sexes (contre l’opinion d’Origène; D 207). Les fonctions végétatives cependant n’auront plus lieu. Matthieu, XXII, 30 : «Ils sont comme les anges de dieu dans le ciel.»
Comment approcher de la foi chrétienne en la résurrection des morts :
La raison naturelle ne peut prouver de façon convaincante le fait de la résurrection, car celle-ci est surnaturelle et ne peut être opérée que par une intervention miraculeuse divine. La raison peut cependant en prouver la convenance :
a) par l’unité naturelle entre le corps et l’âme, en vertu de laquelle l’âme est orientée vers le corps :
b) par l’idée de juste rémunération qui laisse attendre que le corps, en tant qu’instrument de l’âme, ait part à la récompense ou à son châtiment.
(S. Irénée, Adv. Haer., IV, 18,5 : V, 2,3,)
ET
La raison éclairée par la foi établit la convenance la résurrection :
a) sur l’achèvement de la rédemption accomplie par le Christ;
b) sur la conformité des membres du corps mystique avec le Christ , la Tête;
c) sur la sanctification du corps humain par les moyens de grâce, en particulier, la sainte Eucharistie.
(S. Thomas d’Aquin, Summa contra Gentiles, IV, 79)
[quote="LumendeLumine"]Pas avec le même corps: ce sera une nouvelle création.[/quote]Cette phrase peut porter à confusion quant à la résurrection versus la réincarnation.
[quote="Boris"]Saint Thomas a pu mettre ses doigts dans les plaies.[/quote]
Ce passage de l’évangile de saint Jean (Jn XX, 27) atteste que le corps du Christ ressuscité était le même corps puisqu’il conserve les marques de la passion.
Ainsi donc l’Église affirme que sur l’identité du corps ressuscité:
[b]Les morts ressusciteront avec le même corps qu’ils auront porté sur la terre, De fide. [/b]
a) Le 4e concile du Latran (XIIe œcuménique) en 1215 déclare : « Ils ressusciteront tous avec le propre corps qu’ils portent maintenant» (D 429) cf : D16,40,287,347,427,464,531). L’identité matérielle du corps ressuscité avec le corps terrestre a été contestée par Orignène.
La sainte Écriture atteste implicitement l’identité en employant le terme «résurrection» ou bien «réveil»; en effet il ne peut y avoir résurrection ou réveil que si le même corps qui meurt et tombe en poussière revit de nouveau. La résurrection est affirmée expressément dans le 2e Livre des Macchabées (VII, II). «C’est du ciel (=Dieu) que j’ai reçu ces membres (= ma langue et mes mains)… et c’est de lui que j’espère les recouvrer». I Co., XV, 53 : «Il faut que cet être corruptible revête l’incorruptibilité, que cet être mortel revête l’immortalité.»
Les Pères antérieurs à Origène enseignent unanimement que «cette chair ressuscitera et sera jugée» et que «nous recevrons dans cette chair notre récompense» (Pseudo-Clément, II Corinthiens, IX, 1-5). Saint Justin affirme : «nous espérons que les morts déposés en terre reprendront leurs corps, car rien n’est impossible à Dieu) (Apol., I, 18). Les raisons de convenance citées par les Pères en faveur de la résurrection, supposent l’identité du corps ressuscité. Cette identité a été soutenue contre Origène par saint Méthode, saint Grégoire de Nysse, saint Épiphane (Haer., 64) et saint Jérôme (Adv. Joannem Hiersosolymitanum).
b) Cette identité ne doit pas être comprise en ce sens que tous les éléments matériels qui ont appartenu toujours ou à un moment donné au corps terrestre se trouveront réunis dans le corps ressuscité. De même que le corps terrestre demeure toujours le même, malgré l’échange constant des éléments matériels, de même il suffit pour lui conserver son identité qu’une partie relativement petite de la masse des éléments matériels du corps terrestre soit contenue dans le corps ressuscité. Le fait que les mêmes éléments matériels peuvent appartenir successivement à différents corps n’offre aucune difficulté à la foi chrétienne en la résurrection (cf : S. Thomas d’Aquin, Summa contra Gentiles. IV, 81).
D’après Durand de Saint-Pouçain et Jean de Naples, l’identité de l’âme est à elle seule suffisante pour l’identité du corps ressuscité. Partant de l’enseignement aristotélico-scolastique, suivant lequel la materia prima qui est pure puissance, reçoit actualité et individualité par la forme substantielle et devient ainsi un corps déterminé, ils soutiennent que l’âme spirituelle, en tant que forme essentielle unique du corps humain, façonne n’import quelle matière pour en faire son corps. Outre que l’hypothèse de l’âme humaine comme forme unique du corps, manque de certitude, les scotistes admettent une forma corporeitatis spéciale distincte de l’âme, l’explication proposée conduit à cette conséquence, qui donne à réfléchir, que les ossements d’un défunt pourraient être encore sur la terre, tandis que ce défunt serait déjà avec son corps ressuscité dans le ciel.
D’après la doctrine générale, le corps ressuscitera dans une intégrité complète, exempt de tout défaut, de toute mutilation et de toute infirmité. Thomas d’Aquin déclare : «L’homme ressuscitera dans la plus grande perfection naturelle (Suppl. 81,I), donc à l’âge Mûr. A l’intégrité du corps ressuscité appartiennent aussi les organes de la vie végétative et sensitive, y compris la différence des sexes (contre l’opinion d’Origène; D 207). Les fonctions végétatives cependant n’auront plus lieu. Matthieu, XXII, 30 : «Ils sont comme les anges de dieu dans le ciel.»
[b]Comment approcher de la foi chrétienne en la résurrection des morts :[/b]
La raison naturelle ne peut prouver de façon convaincante le fait de la résurrection, car celle-ci est surnaturelle et ne peut être opérée que par une intervention miraculeuse divine. La raison peut cependant en prouver la convenance :
a) par l’unité naturelle entre le corps et l’âme, en vertu de laquelle l’âme est orientée vers le corps :
b) par l’idée de juste rémunération qui laisse attendre que le corps, en tant qu’instrument de l’âme, ait part à la récompense ou à son châtiment.
(S. Irénée, Adv. Haer., IV, 18,5 : V, 2,3,)
ET
La raison éclairée par la foi établit la convenance la résurrection :
a) sur l’achèvement de la rédemption accomplie par le Christ;
b) sur la conformité des membres du corps mystique avec le Christ , la Tête;
c) sur la sanctification du corps humain par les moyens de grâce, en particulier, la sainte Eucharistie.
(S. Thomas d’Aquin, Summa contra Gentiles, IV, 79)