L'homme ne peut vivre sans Dieu

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Re: L'homme ne peut vivre sans Dieu

par elenos » dim. 10 juil. 2016, 14:31

Merci à Cinci de me faire découvrir ce texte

Re: L'homme ne peut vivre sans Dieu

par Relief » sam. 04 juin 2016, 21:42

Le cardinal fait un constat terriblement juste.

Re: L'homme ne peut vivre sans Dieu

par Cinci » sam. 04 juin 2016, 19:27

Bonjour,
Saperlipopette :
J'aurais une question: est-ce que ce livre parle de ces subtilités dangereuses?
Je me suis mal exprimé. Ici je ne faisais que la publicité du livre en quelque sorte, en relayant ce petit compte-rendu plus haut. Le bulletin (texte en bleu) reprenait l'extrait de Fayard. Alors le livre semble intéressant. Désolé.

Je suppose que l'auteur va glisser des exemples de ces subtilités dans son ouvrage en effet. Ce serait à vérifier.

:)

Re: L'homme ne peut vivre sans Dieu

par saperlipopette » ven. 03 juin 2016, 19:27

Bonjour Cinci,

En effet, ce livre a l'air très intéressant. Mais le cardinal n'est-il pas trop pessimiste? Il y a quand même de plus en plus de catholiques dans le monde! (sauf en Europe, donc en France évidemment).
"Je pense que les hommes qui veulent garder la présence de Dieu dans leur existence doivent être conscients des subtilités qui peuvent les conduire si facilement vers l'athéisme pratique et le dessalement de la foi; "
J'aurais une question: est-ce que ce livre parle de ces subtilités dangereuses?

"Certains chercheurs parlent même d'un "transhumanisme", un passage technologique qui irait au-delà de l'homme-être humain. Quelle orgueilleuse chimère!"
Je dirais même plus: c'est là le principe et l'absurde de l'athéisme (ou d'une certaine forme de l'athéisme): Dieu n'existe pas, donc soyons Dieu. Et c'est là qu'on voit tout l'orgueil d'une théorie pareille: Dieu n'existe pas parce que nous voulons être Dieu (s'il existait ce serait impossible).

L'homme ne peut vivre sans Dieu

par Cinci » dim. 29 mai 2016, 18:37

Dans un livre fort intéressant "Dieu ou rien", le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, fait part de ses réflexions sur Dieu, l'Église, le monde moderne, la morale, la vérité et le mal. Voici un extrait publié chez Fayard.

Ici :

  • Aujourd'hui, dans des pays riches et puissants, l'éclipse de Dieu conduit l'homme vers un matérialisme pratique, une consommation désordonnée ou abusive, et la création de fausses normes morales. Le bien matériel et la satisfaction immédiate deviennent l'unique raison de vivre. Au bout de ce processus, il ne s'agit même plus de combattre Dieu : le Père et le Christ sont ignorés. La cause est entendue; Dieu n'intéresse plus personne. Il est mort et son départ nous laisse indifférents. Nous sommes passé d'un matérialisme athée à un New Age liquide. Les tenants de ce monde ne pensent plus avoir besoin de combattre; ils sont parvenus à une autre étape qui consiste essentiellement à créer l'homme nouveau. Certains chercheurs parlent même d'un "transhumanisme", un passage technologique qui irait au-delà de l'homme-être humain. Quelle orgueilleuse chimère!

    Pour l'Église et les chrétiens, le danger devient donc plus menaçant. L'homme occidental semble avoir pris son parti; il s'est libéré de Dieu, il vit sans Dieu. La nouvelle règle consiste à oublier le Ciel pour que l'homme soit pleinement libre et autonome. Mais la mort de Dieu entraîne l'enfouissement du bien, du beau, de l'amour et de la vérité; si la source ne coule plus, si même cette eau est transformée par la boue de l'indifférence, l'homme s'effondre. Le bien devient le mal, le beau est laid, l'amour consiste en la satisfaction de quelques instincts sexuels primaires, et les vérités sont toutes relatives. Il ne faut donc pas s'étonner, disait Benoit XVI, en 2008, dans une lettre au diocèse de Rome, "qu'aujourd'hui nous doutions de la valeur de la personne humaine, de la signification même de la vérité et du bien, et, en dernier ressort, de la bonté même de la vie".

    L'athéisme moderne, héritier d'un mouvement agressif contre Dieu et le christianisme, cherche désormais à ignorer Dieu, pour rendre le monde ignorant de Lui. Les lois du Père, la parole de l'Évangile, sont cachés sous des montagnes d'artifices qui cherchent cyniquement à étourdir l'homme. Avec une hypocrisie consommée, les mêmes qui veulent détourner l'homme de son Créateur disent crânement : Dieu n'écoute pas nos souffrances. Il est absent, cette terre est une vallée de larmes où chacun ne peut compter que sur lui-même.

    Qu'Il soit militant ou à l'état de larve, l'athéisme aboutit toujours aux mêmes conséquences. L'homme est traité comme un objet, coupé de ses racines spirituelles et aveuglé par les lumières artificielles des biens ou des succès matériels. Finalement, tout athéisme cherche à changer la nature même de l'homme. Les persécutions ne sont plus celles des camps de concentration des anciens pays communistes. Désormais la persécution a gagné en subtilité.

    Dans le monde postmoderne, Dieu est devenu une hypothèse superflue, de plus en plus éloignée des différentes sphères de la vie. Je pense que les hommes qui veulent garder la présence de Dieu dans leur existence doivent être conscients des subtilités qui peuvent les conduire si facilement vers l'athéisme pratique et le déssalement de la foi; ils pourraient devenir eux aussi comme les païens d'autrefois, ces "hommes sans espérance et sans Dieu dans ce monde", décrits par saint Paul pour les chrétiens d'Éphèse (Ep 2,12) Aujourd'hui nous pouvons ne pas toujours avoir conscience de la façon dont Dieu est systématiquement rejeté dans l'obscurité; anesthésiés, les hommes montent dans une barque qui les conduit toujours plus loin du Ciel.

    Face à toutes ces difficultés, il faut revenir aux fondements de l'espérance chrétienne et affirmer que la vie sur terre n'est qu'une partie de notre existence, qui connaîtra son prolongement et son achèvement dans l'éternité. A temps et à contre-temps, l'Église doit rappeler que la vie ne peut se résumer à la satisfaction de plaisirs matériels, sans règles morales. Au bout d'un chemin sans Dieu, il n'y a que le malheur d'un enfant privé de ses parents. Oui, l'espérance ne réside qu'en Dieu seul!

    Source : Bulletin de la Fraternité de Montligeon no 17, printemps 2016

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