par Théodore » mer. 25 mai 2016, 22:44
Shnaps,
La réponse est que l'Evangile ne peut pas faire table rase d'une culture, mais qu'il ne peut que l'évangéliser et la transformer.
J'admets sans honte aucune qu'un grand nombre de traditions, notamment rituelles, de l'Eglise ont des racines préchrétiennes. Et c'est normal. Les païens convertis avaient avec eux un bagage culturel qu'ils n'ont pas jeté aux orties (pour le remplacer par quoi ??), mais qu'ils ont naturellement mis au service de l'Evangile. Exemple : on se prosternait devant l'empereur ? On le fait devant le Christ. Par exemple, les premiers Pères (déjà Saint Justin en l'an 120) bâtissaient des ponts entre la philosophie païenne et le christianisme, pour montrer aux païens que le Christ était l'accomplissement et la fin de leur culture et philosophie. Tout l'art chrétien ancien est directement issu de l'art sacré païen !
Un parallèle dans l'Ancien Testament : les Hébreux ne sont pas sortis d'Egypte les mains vides, mais ont dépouillé les Egyptiens de leurs biens et de leurs bijoux. Ces artefacts avaient très certainement un usage profane, et servaient aux ennemis du peuple de Dieu ; mais une fois en sa possession, ils sont devenus son bien et lui ont servi dans son Exode.
De même, en prenant aux païens leurs culture et leurs traditions, en rejetant ce qui était incompatible avec l'Evangile, et en gardant le reste, les chrétiens sont restés eux-mêmes sans se compromettre, et ont permis à une culture païenne, une fois purifiée de ses mensonges sur Dieu, de Le glorifier.
Vous tirez très évidemment le texte biblique de son contexte, il s'agit ici de vouloir copier les usages païens pour verser dans l'idolâtrie. Ca n'est pas ce qu'a fait l'Eglise. Où croyez-vous que les artisans de l'Arche d'Alliance aient puisé leur art, sinon chez leurs maîtres égyptiens ? Que dites-vous des artisans étrangers employés par Salomon pour construire le Temple ?
Vous faites l'erreur de penser qu'un geste ou un marqueur culturel garde sa signification précise quelle que soit la circonstance dans laquelle on l'emploie. Or, il peut être dénaturé. Par exemple, avant, le titre de "Monsieur" était réservé à la noblesse. Personne ne pense aujourd'hui que, quand je vous appelle "Monsieur", je vous crois noble. La signification du mot a été totalement distordue. De même, l'Italie Fasciste avait extérieurement conservé toutes les institutions de la République italienne. En apparence il y avait un nombre affolant de parallèles, et personne ne soutiendra que les fascistes étaient des démocrates...
De même, quand Jean parle du Christ comme "le Verbe" il ne fait que reprendre un concept philosophique de Platon. Il lui donne juste un sens radicalement différent.
Pâques n'est pas concerné par ces "emprunts" au paganisme (par ailleurs plus populaires, dans le cas des oeufs et des lapins, qu'ecclésiaux) dans ce qu'elle a de fondamental. Comme je vous l'ai dit, cette fête était célébrée par tous les chrétiens en l'an 150, en pleines persécutions.
Shnaps,
La réponse est que l'Evangile ne peut pas faire table rase d'une culture, mais qu'il ne peut que l'évangéliser et la transformer.
J'admets sans honte aucune qu'un grand nombre de traditions, notamment rituelles, de l'Eglise ont des racines préchrétiennes. Et c'est normal. Les païens convertis avaient avec eux un bagage culturel qu'ils n'ont pas jeté aux orties (pour le remplacer par quoi ??), mais qu'ils ont naturellement mis au service de l'Evangile. Exemple : on se prosternait devant l'empereur ? On le fait devant le Christ. Par exemple, les premiers Pères (déjà Saint Justin en l'an 120) bâtissaient des ponts entre la philosophie païenne et le christianisme, pour montrer aux païens que le Christ était l'accomplissement et la fin de leur culture et philosophie. Tout l'art chrétien ancien est directement issu de l'art sacré païen !
Un parallèle dans l'Ancien Testament : les Hébreux ne sont pas sortis d'Egypte les mains vides, mais ont dépouillé les Egyptiens de leurs biens et de leurs bijoux. Ces artefacts avaient très certainement un usage profane, et servaient aux ennemis du peuple de Dieu ; mais une fois en sa possession, ils sont devenus son bien et lui ont servi dans son Exode.
De même, en prenant aux païens leurs culture et leurs traditions, en rejetant ce qui était incompatible avec l'Evangile, et en gardant le reste, les chrétiens sont restés eux-mêmes sans se compromettre, et ont permis à une culture païenne, une fois purifiée de ses mensonges sur Dieu, de Le glorifier.
Vous tirez très évidemment le texte biblique de son contexte, il s'agit ici de vouloir copier les usages païens pour verser dans l'idolâtrie. Ca n'est pas ce qu'a fait l'Eglise. Où croyez-vous que les artisans de l'Arche d'Alliance aient puisé leur art, sinon chez leurs maîtres égyptiens ? Que dites-vous des artisans étrangers employés par Salomon pour construire le Temple ?
Vous faites l'erreur de penser qu'un geste ou un marqueur culturel garde sa signification précise quelle que soit la circonstance dans laquelle on l'emploie. Or, il peut être dénaturé. Par exemple, avant, le titre de "Monsieur" était réservé à la noblesse. Personne ne pense aujourd'hui que, quand je vous appelle "Monsieur", je vous crois noble. La signification du mot a été totalement distordue. De même, l'Italie Fasciste avait extérieurement conservé toutes les institutions de la République italienne. En apparence il y avait un nombre affolant de parallèles, et personne ne soutiendra que les fascistes étaient des démocrates...
De même, quand Jean parle du Christ comme "le Verbe" il ne fait que reprendre un concept philosophique de Platon. Il lui donne juste un sens radicalement différent.
Pâques n'est pas concerné par ces "emprunts" au paganisme (par ailleurs plus populaires, dans le cas des oeufs et des lapins, qu'ecclésiaux) dans ce qu'elle a de fondamental. Comme je vous l'ai dit, cette fête était célébrée par tous les chrétiens en l'an 150, en pleines persécutions.