Réforme du Code du travail

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On efface tout et on recommence ?

par etienne lorant » mar. 30 août 2016, 15:01

PARIS (AFP) -

Les opposants à la loi travail sont appelés à manifester pour la 13ème fois à Paris et dans une quarantaine de villes en France le 15 septembre, à l'appel de sept syndicats, pour demander "l'abrogation" du texte promulgué le 8 août, a indiqué mardi le numéro un de la CGT, Philippe Martinez.

"Une manifestation aura lieu à Paris, un parcours a été déposé à la préfecture. Plusieurs manifestations sont déjà prévues dans une quarantaine de villes", a déclaré le secrétaire général de la CGT lors d'une conférence de presse au siège de la centrale.

"L'abrogation reste le mot d'ordre", a précisé M. Martinez, selon lequel "une loi qui était mauvaise au printemps est toujours mauvaise à l'automne".

"Nous souhaitons que les questions sociales soient au c?ur" de la campagne présidentielle, a-t-il ajouté.

Malgré 12 journées de mobilisation nationale entre mars et juillet, dont certaines marquées par des violences, la loi travail a été promulguée le 8 août.

Mais l'intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, Fidl, UNL) garde en tête le précédent du contrat première embauche (CPE) en 2006, promulgué mais jamais appliqué.

© 2016 AFP

Un président ne devrait pas dire çà...

par etienne lorant » dim. 28 août 2016, 15:09

Dans un nouveau livre de confidences à paraître en octobre, "Un président ne devrait pas dire ça..." (éditions Stock), François Hollande revient sur la période de fronde socialiste au cours du débat sur la Loi Travail. Le président de la République raconte comment il a mis à l'écart les frondeurs socialistes pour permettre le passage en force de la controversée loi El Khomri.

Un président ne devrait pas dire ça... : voici le nouveau livre de confidences de François Hollande (à paraître le 12 octobre aux éditions Stock). Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont ainsi rencontré le chef de l'État à 60 reprises entre avril 2012 et juillet 2016, avec plusieurs conditions : pas de conseiller pendant les entretiens, enregistrement obligatoire et pas de droit de modification sur ses propos. Le Monde révèle un premier extrait de cet ouvrage : l'épisode de la Loi Travail, ou comment François Hollande a mis à l'écart les frondeurs pour permettre le passage en force de cette loi (définitivement adoptée grâce à l'article 49-3 en juillet 2016). Le premier recours au passage en force a été décidé le 8 mai, deux jours avant son utilisation. Ce jour-là, François Hollande s'entretient à l'Élysée avec Manuel Valls, Myriam El Khomri et Bruno Le Roux. Boris Vallaud, le secrétaire général adjoint de l'Élysée, a fait les comptes : il est trop risqué pour l'exécutif de tenter un vote, notamment à cause des frondeurs socialistes. Le recours au 49-3 est acté.
Les frondeurs écartés

Le gouvernement adopte alors une stratégie : "Feindre de croire que tout le monde est de bonne volonté, avant de constater que les efforts ne sont consentis que du côté de l'exécutif". L'objectif est d'écarter définitivement les frondeurs du texte de la Loi Travail. Suivant les conseils de Boris Vallaud, François Hollande rejette chacun des amendements proposés par un frondeur socialiste. Il ne faut retenir "aucun des 84 amendements déposés par Jean-Marc Germain, aucun parmi les 128 proposés par Pascal Cherki et aucun parmi les 7 déposés par Christian Paul", résume le secrétaire général adjoint de l'Élysée. Les trois hommes sont tous des frondeurs de la première heure, Christian Paul étant leur chef de file. 460 à 470 amendements sont retenus parmi les 5000 amendements proposés, aucun n'émane d'un frondeur socialiste.
http://www.non-stop-politique.fr/actu/p ... eurs-18950

Re: Réforme du Code du travail

par etienne lorant » ven. 26 août 2016, 16:57

Chômeurs, chômeuses, votez dans la joie et la bonne humeur...


[youtube]http://youtu.be/kYO9OUOBItg[/youtube]

Re: Réforme du Code du travail

par etienne lorant » jeu. 25 août 2016, 11:18

Nouvelles révélation sur Libération :

Comment la réforme du code du travail s’est imposée dans le débat

Réformer le code du travail serait devenu en quelques mois la nouvelle pensée unique, de la gauche dite «réformiste» jusqu’aux libéraux. Avant de se faire remettre ce mercredi matin le rapport de la commission Combrexelle sur «la négociation collective, le travail et l’emploi», Manuel Valls peut se féliciter de débarquer sur un terrain en partie déminé. En trois mois, deux rapports et un livre auront imposé la réforme du code du travail comme seul horizon du débat. Et coup de pouce bienvenu, deux d’entre eux ont été écrits par des gens de gauche. En juin, Robert Badinter, la figure morale du socialisme publie avec le professeur de droit Antoine Lyon-Caen un livre qui se propose de simplifier le code du travail, pour eux devenu illisible, en 50 grands principes. Trois mois plus tard, c’est le think tank proche du PS Terra Nova qui présente l’ouvrage de l’avocat Jacques Barthélémy et de l’économiste Gilbert Cette, Réformer le droit du travail, qui plaide pour une «refondation du droit social» et le «développement d’un droit conventionnel dérogatoire au droit réglementaire». Gilbert Cette a la particularité d’avoir été un conseiller de Martine Aubry et d’être considéré comme un des pères des 35 heures, cette fierté de la gauche. Le même jour, c’est l’Institut Montaigne, think tank ouvertement libéral, qui propose dans un autre rapport d’aller encore plus loin en faisant de l’accord d’entreprise «la norme de droit commun». Et cerise sur le gâteau, au même moment, le patron de la CFDT, Laurent Berger, déclare dans le journal le Monde : «Non au statu quo sur le code du travail.»

Course. Une séquence si parfaite qu’elle donne l’impression d’avoir été sinon orchestrée au moins pensée par l’exécutif. En tout cas, c’est comme cela que le comprennent certains syndicats. «Ces publications tombent au bon moment ! pointe Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC. Je ne crois pas à la magie, on voit bien que cela est préparé par le lobbying des ultra-libéraux de gauche.»Et conclut : «C’est une façon de préparer l’opinion publique.» L’Elysée a-t-il vraiment pensé ce plan média dans ses moindres détails ? Non. «En fait, on aurait pu organiser tout cela, on l’a un peu fait, mais pas tant que cela, raconte un proche de François Hollande. On a surtout évité de tomber dans un débat stérile entre les tenants du statu quo et ceux aux positions trop radicales.» Tout commence fin 2014. Badinter et Lyon-Caen sont les premiers à se lancer. «Ils font un tour de piste des différents syndicats. Mais le gouvernement ne pense pas, alors, que leurs travaux vont aller très loin», raconte une source bien informée. En clair, les auteurs forment «un équipage autonome». L’Elysée est informé. Mais les deux hommes ne travaillent pas sur commande.

Au même moment, Terra Nova, think tank proche du PS, part aussi à la rencontre des partenaires sociaux, sur fond d’échec de la négociation sur la modernisation du dialogue social. Le think tank propose alors à l’économiste Gilbert Cette d’écrire une nouvelle version de son précédent ouvrage, coécrit en 2010 avec Barthélémy et dont le titre est plus que jamais d’actualité : Refondation du droit social: concilier protection du travail et efficacité économique. En février, Cette est reçu à déjeuner à Matignon par Valls. Ses thèses d’inspirations sociales-libérales intéressent au plus haut sommet de l’Etat. Et pour cause, «après avoir fermé le dossier de la réforme du contrat de travail, au début de l’année, il nous fallait rebondir sur un autre pan du code du travail», explique un proche de Hollande. Son nom est donc évoqué pour présider une commission qui devra faire des propositions en ce sens. Mais jugeant que sa plume pourrait être trop excessive, on lui préfère un homme plus consensuel : Jean-Denis Combrexelle, haut fonctionnaire au Conseil d’Etat et ex-directeur général du travail. En mai, Matignon le nomme à la tête de la commission qui porte depuis son nom. «Le choix de Combrexelle n’est pas anodin, le gouvernement avait besoin de quelqu’un qui contienne les débordements», explique un protagoniste. «Il fallait quelqu’un avec une position centrale et non pas un économiste qui défend les thèses les plus libérales», raconte-t-on à l’Elysée. Privé de label gouvernemental, Gilbert Cette accepte, de son côté, de rendre ses recommandations à Terra Nova.

Le calendrier va s’accélérer. En juin, Badinter et Lyon-Caen présentent leur ouvrage à l’Elysée, avant de le rendre public. Les médias (dont Libération) s’emparent du sujet. Et crispent les syndicats et beaucoup de spécialistes du droit du travail. Puis, début septembre, c’est la course. Terra Nova double Combrexelle en publiant ses recommandations le 3 septembre, soit une semaine avant lui. Le duo Cette-Barthélémy va jusqu’à proposer un big bang social en défendant un salaire minimum pour les jeunes et différent selon les régions. Ces deux rapports vont baliser le débat. «Cela va servir à donner une apparence moins méchante au rapport Combrexelle et présenter le gouvernement comme pas si libéral», décrypte Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. «C’est vrai», reconnaît un proche de Hollande. «Tout cela nous va bien, cela nous permet d’avoir une position centrale, un peu plus modérée.»

«Normes». Comme l’a répété lundi le Président, il ne s’agit plus d’arracher des pages au code du travail, mais juste de donner plus de place à la négociation sociale. «L’inversement de la hiérarchie des normes et le basculement vers le niveau des entreprises est une tendance lourde qui prévaut en Europe depuis la crise de 2008», estime Mailly. «C’est un débat classique sur l’articulation entre démocratie sociale et politique, ce n’est pas nouveau, note, pour sa part, Luc Bérille, secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes. Mais il est vrai que les gens sont de plus en plus intoxiqués par le Medef qui fait de la simplification du code du travail le nec plus ultra de la compétitivité de l’économie française.»

Sulfureux. Reste une autre question : celle du casting des personnes retenues pour rédiger ces textes. Ou plutôt de l’étonnant don d’ubiquité de ces têtes pensantes, qui, tour à tour, ont distillé leur savoir dans l’un et l’autre de ces cercles de réflexion. Il en est ainsi de Lyon-Caen, à la fois auteur de son propre ouvrage et membre de la commission Combrexelle. Ou encore de Pierre Cahuc, professeur d’économie à l’Ecole polytechnique, membre du groupe de travail de l’Institut Montaigne, de celui mis en place par Combrexelle, mais aussi coauteur, en 2008, d’un rapport sulfureux contre le salaire minimum, avec un certain Gilbert Cette. Mais le record revient à Jacques Barthélémy, dont le nom, outre qu’il figure sur son ouvrage, se retrouve dans les deux autres publications, par le biais du cabinet qu’il a fondé. D’un côté, son associé, Paul-Henri Antonmattei, également professeur de droit, siège près de Combrexelle, de l’autre, deux de ses avocats ont participé au rapport de l’Institut Montaigne. Un petit monde ? «Plutôt un courant de pensée qui se développe, alors qu’il peinait à s’imposer jusqu’alors, car beaucoup ne voulaient pas entendre dire que l’on peut toucher au code du travail», nuance Jacques Barthélémy. Ce dont pourra se féliciter le gouvernement.


http://www.liberation.fr/france/2015/09 ... ee_1378429

Re: Réforme du Code du travail

par etienne lorant » mer. 24 août 2016, 11:18

Le 5 mai, alors que la loi travail est fortement contestée dans les rues et à l’Assemblée nationale, une note confidentielle est transmise à François Hollande. Elle fait le constat de l’obligation de recourir à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le texte et élabore une stratégie pour limiter son risque politique. Une enquête à retrouver en intégralité dans Le Monde du 22 août.


http://www.lemonde.fr/politique/video/2 ... 7_823448.h

Re: Réforme du Code du travail

par etienne lorant » mar. 23 août 2016, 17:45

Ce matin, j'ai acheté le journal "Le Monde", qui décrit comment le Président Hollande a imposé cette réforme... Pour l'instant, on ne peut que poster le lien, car l'article complet se poursuivra quelques jours :


http://www.lemonde.fr/politique/article ... 23448.html

Re: Réforme du Code du travail

par Cinci » mer. 10 août 2016, 14:41

Merci de signaler l'événement.

J'ignore si ce qui est adopté comme loi est identique au projet de loi entrevu par moi il y a un bon moment dans le journal Le Monde. Le tout ressemblait à une attaque en règle du Capital contre les salariés. Sous certains aspects, le projet devait ramener les conditions de travail de certains Français à celles de 1946, avais-je pu lire dans un même article. Brutal. Quelque chose comme la véritable violence du système.

:nule: )))))

Re: Réforme du Code du travail

par Wazabi » mar. 09 août 2016, 20:32

La tristement célèbre loi réformant le Code du travail – dite « Loi El Khomri » – a été promulguée hier lundi 8 août par François Hollande et publiée ce mardi 9 août au Journal officiel. Cela signifie qu’elle vient d’entrer en vigueur aujourd’hui même, au moment précis où la majorité des Français sont en vacances et ne pensent pas à la politique.
https://www.upr.fr/actualite/france/la- ... -aout-2016

Re: Réforme du Code du travail

par etienne lorant » mer. 13 juil. 2016, 17:09

Il existe au moins un coiffeur qui n'ira jamais se plaindre pour l'avenir.

Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, a confirmé mercredi que le salaire du coiffeur personnel de François Hollande à l'Elysée s'élevait à 9.895 euros brut mensuel."Ce qui est annoncé est vrai", a déclaré le porte-parole à l'issue du Conseil des ministres, confirmant "qu'il y a aujourd'hui un coiffeur à l'Elysée, ce qui n'était pas le cas avant".

Un contrat de travail en ce sens a été signé le 16 mai 2012 par la directrice de cabinet de l'Élysée à l'époque, Sylvie Hubac, précise Le Canard enchaîné. Olivier B. est recruté "pour la durée du mandat présidentiel en cours", précise l'hebdomadaire, selon lequel son "CDD de cinq ans lui vaut une rémunération brute cumulée de 593.700 euros".

Le Canard enchaîné souligne qu'Olivier B. doit être totalement disponible et suit le président dans ses déplacements.
© 2016 AFP.


Avec la chevelure qu'a le Président Hollande, un coiffeur personnel était indispensable...

Re: Réforme du Code du travail

par Toto » mer. 06 juil. 2016, 20:08

Il eût d'ailleurs été intéressant de voir cette motion déposée, pour en suivre les conséquences. Il y a en effet 228 députés LR-UDI, 324 députés de groupe PS, radicaux, PCF, et 25 non inscrits. 56 députés de gauche étant prêts à signer une motion de censure, cela veut dire qu'il y a 324-56=268 députés de gauche qui soutiennent le gouvernement, et 228+56=284 députés qui s'opposent (pour des raisons différentes, certes). Autrement dit, en cas de dépôt de motion de censure, le sort du gouvernement n'aurait tenu qu'à la bienveillance des députés NI. Mais parmi ces députés NI, 7 sont de droite (MPF, CNI, LDS, FN-RBM), et on peut supposer qu'ils auraient voté la motion de censure.
Conclusion : si la motion avait été déposée, le gouvernement aurait possiblement chuté :284+7=291>=289

Re: Réforme du Code du travail

par etienne lorant » mer. 06 juil. 2016, 18:33

L'utilisation du 49-3 n'est que le reflet de l'immobilisme dans lequel François Hollande a plongé notre pays

Hier après-midi, le gouvernement a décidé de passer en force sur la loi travail en recourant une seconde fois à l'article 49-3 dans le but de l'adopter définitivement et sans vote. La France a donc une nouvelle fois été prise en otage, à un moment où elle devait débattre de l'emploi, première préoccupation de six millions et demi de Français qui en sont privés. L'Assemblée nationale a été humiliée et transformée en vitrine des divisions de la gauche. Malgré les reculs incessants qui ont vidé le texte de sa substance, malgré les stratégies de couloir pour acheter les uns et marchander avec les autres, la majorité de gauche n'existe pas.

Philippe Vigier

http://www.huffingtonpost.fr/

Re: Réforme du Code du travail

par etienne lorant » mer. 06 juil. 2016, 17:30

Paris (AFP)

Le projet de loi travail est "considéré comme adopté en nouvelle lecture" à l'Assemblée nationale, faute de dépôt d'une motion de censure dans le délai de 24 heures imparti, a annoncé officiellement Claude Bartolone mercredi après les questions au gouvernement.

Au lendemain d'un deuxième recours gouvernemental à l'arme constitutionnelle du 49-3 pour forcer l'adoption du projet de loi relatif "au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels", une nouvelle tentative de motion de gauche a en effet échoué, encore à deux signatures près.

Ce qui signifie aussi que la loi travail a une légitimité de deux voix près... J'en suis tout satisfait...

par etienne lorant » jeu. 30 juin 2016, 17:23

Unis depuis quatre mois contre une réforme qui privilégie selon eux l'employeur au détriment du salarié, les syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl appellent à "poursuivre la mobilisation, sur des formes à déterminer localement, durant le débat parlementaire, notamment le 5 juillet", dans un communiqué commun à l'issue d'une intersyndicale.

Le ton est atténué par rapport à celui donné mardi par la CGT: elle avait annoncé "une nouvelle journée de grève et de manifestation le 5 juillet".

Ces syndicats discuteront le 8 juillet des "suites à donner", après douze journées de mobilisation depuis mars et au moment où démarrent les vacances d'été.

Face au "mur" gouvernemental, "ça va se jouer dans la rue", a prévenu le leader de la CGT, Philippe Martinez, dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, promettant de poursuivre la mobilisation cet été.

Publié le 30 juin 2016 à 14h16

Paris (AFP)

Parole de socialiste !

par etienne lorant » mer. 29 juin 2016, 15:39

Re: Réforme du Code du travail

par etienne lorant » mer. 29 juin 2016, 15:27

Après deux semaines d'intenses discussions et d'une lutte acharnée entre les élus Les Républicains, partisans d'un durcissement du texte, et les sénateurs communistes, apôtres du rejet de la loi, le nouveau texte se veut donc un avant-goût de ce que la droite portera si elle revient au pouvoir en 2017. Le Sénat a notamment adopté le très controversé article 2 qui instaure la primauté des accords d'entreprises sur les accords de branches. Mais il a en outre fait sauter le verrou des 35 heures en donnant la possibilité aux entreprises de revenir à 39 heures même sans accord.

Le Sénat a aussi relevé, contre l'avis du gouvernement, le niveau des seuils sociaux dans les entreprises, faisant passer de 11 à 20 salariés l'obligation de faire élire des délégués du personnel, et de 50 à 100 salariés la création d'un comité d'entreprise (CE) et d'un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Le seuil minimum de 24 heures pour le temps partiel a lui été supprimé.

Les sénateurs ont également réinscrit l'instauration d'un plafonnement des indemnités octroyées par le juge en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse. Une disposition qui figurait dans la version initiale de la loi mais abandonnée par l'exécutif en échange du soutien de la CFDT. Dans le même esprit, les élus LR ont assoupli encore davantage le licenciement économique en restreignant le périmètre des difficultés de l'entreprise au niveau national. De fait, si un groupe réalise des bénéfices à l'étranger mais pas en France, il pourra plus facilement se séparer de ses salariés.

Quant au volet droits des salariés, les sénateurs ont décidé d'assouplir le compte personnel d'activité et de supprimer la généralisation de la garantie jeunes, deux concessions offertes par l'exécutif pour calmer la fronde des syndicats de travailleurs et étudiants.

Les syndicats surmotivés, les casseurs aussi

Ce durcissement d'un texte, déjà rejeté en bloc par les syndicats contestataires, ne fera que surmotiver les partisans d'un retrait pur et simple du projet de loi El Khomri. Il pourrait aussi inciter les casseurs à se remobiliser en marge des cortèges.


C'est pourquoi "un dispositif similaire à celui déployé lors de la manifestation précédente" sera mis en place et les "accès au lieu de départ du cortège seront sécurisés" par les 2500 policiers et gendarmes mobilisés "afin d'éviter toute intrusion d'objet pouvant servir de projectile ou à se dissimuler", a précisé la Préfecture de police.

Les autorités invitent notamment les manifestants "à ne pas être porteurs de sacs, suivre impérativement l'itinéraire fixé" et "se désolidariser des groupes de personnes se masquant ou s'apprêtant à commettre ou commettant des violences et/ou des dégradations".

[url]http://www.huffingtonpost.fr/2016/06/27 ... in_n_1/url]

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