par etienne lorant » mar. 22 mars 2016, 18:52
INTERVIEW - Anthropologue et président d'un centre social à Molenbeek, Johan Leman travaille dans cette commune de l'agglomération de Bruxelles depuis plus de trente ans. Il décrypte l'implantation de la nébuleuse djihadiste dans ce «Croissant pauvre» et ses connexions avec le trafic de cannabis.
LE FIGARO - Vous travaillez à Molenbeek depuis plus de trente ans et connaissez bien son «tissu» djihadiste. Quelle est votre analyse sur les attentats commis ce mardi à Bruxelles?
Johan LEMAN - Les relais de Daech en Europe, à Molenbeek comme ailleurs, sont organisés comme des structures mafieuses et réagissent comme telles. Ainsi, après l'arrestation de Salah Abdeslam, il était à prévoir que Daech, se sentant affaibli et menacé, allait réagir le plus vite possible. L'enquête le dira mais les attaques menées à l'aéroport et dans le métro ont vraisemblablement été déclenchées en réaction aux opérations de la semaine dernière. Elles étaient peut-être en préparation et ont été avancées. L'ordre est sans doute venu d'en haut: «N'attendez pas que la police vous arrête et découvre vos armes. Agissez maintenant!» Pour anticiper la menace, il faut bien connaître son ennemi. Se mettre dans la tête de Daech... À Molenbeek, tout le monde savait que ce n'était pas parce que Salah Abdeslam était en prison que tout était résolu.
Depuis les attentats du 13 novembre à Paris, on a beaucoup décrit Molenbeek comme une base arrière du djihadisme. Une image conforme à la réalité?
Oui, il existe à Molenbeek des réseaux terroristes. Mais il serait plus juste de parler du «Croissant pauvre», le long du canal, qui compte notamment les quartiers Forest, Molenbeek, Schaerbeek où s'est déplacé Salah Abdeslam au cours de sa cavale. Il ne faut pas plus de dix minutes en voiture pour traverser ce croissant qui est devenu pour les terroristes un labyrinthe qu'ils parcourent à leur guise, où ils bénéficient de solidarités et de planques. Pour schématiser, les candidats au djihad les plus «naïfs» sont partis en Syrie, au service de la «cause». Les plus déterminés sont restés ici et ont, pour beaucoup, des liens avec le trafic de drogue.
A découvrir sous le lien :
http://www.lefigaro.fr/international/20 ... as-fini.ph
INTERVIEW - Anthropologue et président d'un centre social à Molenbeek, Johan Leman travaille dans cette commune de l'agglomération de Bruxelles depuis plus de trente ans. Il décrypte l'implantation de la nébuleuse djihadiste dans ce «Croissant pauvre» et ses connexions avec le trafic de cannabis.
[b][i]LE FIGARO - Vous travaillez à Molenbeek depuis plus de trente ans et connaissez bien son «tissu» djihadiste. Quelle est votre analyse sur les attentats commis ce mardi à Bruxelles?
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Johan LEMAN - Les relais de Daech en Europe, à Molenbeek comme ailleurs, sont organisés comme des structures mafieuses et réagissent comme telles. Ainsi, après l'arrestation de Salah Abdeslam, il était à prévoir que Daech, se sentant affaibli et menacé, allait réagir le plus vite possible. L'enquête le dira mais les attaques menées à l'aéroport et dans le métro ont vraisemblablement été déclenchées en réaction aux opérations de la semaine dernière. Elles étaient peut-être en préparation et ont été avancées. L'ordre est sans doute venu d'en haut: «N'attendez pas que la police vous arrête et découvre vos armes. Agissez maintenant!» Pour anticiper la menace, il faut bien connaître son ennemi. Se mettre dans la tête de Daech... À Molenbeek, tout le monde savait que ce n'était pas parce que Salah Abdeslam était en prison que tout était résolu.
[b][i]Depuis les attentats du 13 novembre à Paris, on a beaucoup décrit Molenbeek comme une base arrière du djihadisme. Une image conforme à la réalité?[/i][/b]
Oui, il existe à Molenbeek des réseaux terroristes. Mais il serait plus juste de parler du «Croissant pauvre», le long du canal, qui compte notamment les quartiers Forest, Molenbeek, Schaerbeek où s'est déplacé Salah Abdeslam au cours de sa cavale. Il ne faut pas plus de dix minutes en voiture pour traverser ce croissant qui est devenu pour les terroristes un labyrinthe qu'ils parcourent à leur guise, où ils bénéficient de solidarités et de planques. Pour schématiser, les candidats au djihad les plus «naïfs» sont partis en Syrie, au service de la «cause». Les plus déterminés sont restés ici et ont, pour beaucoup, des liens avec le trafic de drogue.
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[url]http://www.lefigaro.fr/international/2016/03/22/01003-20160322ARTFIG00176-johan-leman-abdeslam-en-prison-molenbeek-savait-que-ce-n-etait-pas-fini.ph[/url]