par Cinci » sam. 27 févr. 2016, 16:19
Bonjour,
Je viens tout juste d'apprendre l'existence d'une récente réévaluation du rôle que le gouvernement de Vichy aurait pu jouer pour expliquer le fait que, dans une europe occupée, la France apparaît comme l'un des pays dont les citoyens qualifiés naguère d'israélites (les juifs naturalisés) auront pu échapper en plus grand nombre à la déportation et l'extermination.
En l'occurence, l'ouvrage publié est assez original. Il présente le point de vue d'un historien français, de confession juive, qui vit en Israël depuis plusieurs années. Le chercheur et historien possèderait la qualité de rabbin qui plus est. Il travaillerait au centre Yad Vashem à Jérusalem.
Il réaliserait une critique du travail de l'américain Robert Paxton, cet historien (de gauche, idéologiquement engagé) dont la pensée à propos de la France de Vichy fait désormais office de vérité officielle depuis près de 40 ans, en France, et au moins dans les milieux politiques, chez nombre d'intellectuels, d'artistes et tout.
Je n'ai pas lu l'ouvrage en question, je compte bien le faire. A priori, l'approche qu'emploierait Alain MIchel me paraît être solide.
Ici :
http://www.dreuz.info/2015/03/09/alain- ... al-absolu/
Au passage, l'auteur se trouvera même à confirmer le genre de portrait moral de Pierre Laval que feu le professeur Henri Guillemin pouvait se représenter à l'époque, et pas du tout celui d'un antisémite. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu'il ferait l'éloge du personnage. On parlera simplement d'un portrait plus équilibré.
Un commentaire réaliste concernant le phénomène institutionnel :
Yad Vashem travaille avec des partenaires en France qui eux sont complètement crispés autour de cette histoire de la Shoah en France. Il y a des choses que j’aimerais bien qu’on change dans le musée, mais je ne suis pas sûr de réussir à faire admettre cela, parce que, entre autre, ils ont reçu des subventions de la part, par exemple, de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Ce n’est pas sous condition, mais c’est normal de tenir compte aussi des donateurs, et je peux le comprendre.
Or la fondation pour la mémoire de la Shoah, elle dit bien son nom, c’est une fondation pour la mémoire, ce n’est pas une fondation pour l’histoire, même si elle subventionne des choses historiques, elle ne veut pas subventionner des choses historiques qui iraient contre le narratif des mémoires qu’elle soutient
- Et lorsque Léon Poliakov écrit, dès les années 50, ou Raul Hilberg dans les années 60, que la politique française, la politique de Laval – parce que finalement c’est seulement Pierre Laval – a consisté, quand il n’y avait pas d’autres moyens, à troquer les juifs étrangers contre les juifs français, oui c’est ce qui c’est passé. Et c’est le vrai crime de Vichy. Le vrai crime de Vichy c’est d’avoir accepté. Mais, c’est un crime qui en même temps protège les juifs français, ce qui montre la complexité des choses.
A-t-on le droit de livrer des gens pour en protéger d’autres ? Ca dépend quel point de vue on regarde. Moralement peut-être n’a-t-on pas le droit. Sur le plan de l’efficacité, il faut bien reconnaître que c’est la raison principale pour laquelle la Shoah a moins frappé en France que dans la quasi totalité des autres pays en Europe.
[...]
Donc ici, Joly renforce mes arguments, à savoir que oui, la collaboration a été une politique de sauvetage, à partir du moment où elle sépare les juifs français et les juifs étrangers, qu’elle protège les juifs français, au détriment des juifs étrangers.
[...]
D’abord Laval n’a pas envoyé, en tout cas au début, les juifs vers la mort, il les a envoyés vers un programme de rapatriement des juifs à l’est. Les Allemands l’avait présenté comme une réinstallation des juifs. Vichy n’est pas conscient, dans les premiers temps, que c’est la mort. Je pense qu’à partir de fin août, début septembre, Laval se doute de ça, et c’est pour ça, on le voit, qu’il freine les choses.
Il n’y aura aucun train de déportation au mois d’octobre parce que Laval a fait pression et que Himmler a donné son feu vert en disant que les bonnes relations avec le gouvernement français passent avant l’application de la solution finale. Ce qui est quand même quelque chose d’assez exceptionnel.
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Bonjour,
Je viens tout juste d'apprendre l'existence d'une récente réévaluation du rôle que le gouvernement de Vichy aurait pu jouer pour expliquer le fait que, dans une europe occupée, la France apparaît comme l'un des pays dont les citoyens qualifiés naguère d'israélites (les juifs naturalisés) auront pu échapper en plus grand nombre à la déportation et l'extermination.
En l'occurence, l'ouvrage publié est assez original. Il présente le point de vue d'un historien français, de confession juive, qui vit en Israël depuis plusieurs années. Le chercheur et historien possèderait la qualité de rabbin qui plus est. Il travaillerait au centre Yad Vashem à Jérusalem.
Il réaliserait une critique du travail de l'américain Robert Paxton, cet historien (de gauche, idéologiquement engagé) dont la pensée à propos de la France de Vichy fait désormais office de vérité officielle depuis près de 40 ans, en France, et au moins dans les milieux politiques, chez nombre d'intellectuels, d'artistes et tout.
Je n'ai pas lu l'ouvrage en question, je compte bien le faire. A priori, l'approche qu'emploierait Alain MIchel me paraît être solide.
Ici :
http://www.dreuz.info/2015/03/09/alain-michel-lhistorien-qui-a-inspire-zemmour-revele-vichy-doit-etre-montre-contre-le-mal-absolu/
Au passage, l'auteur se trouvera même à confirmer le genre de portrait moral de Pierre Laval que feu le professeur Henri Guillemin pouvait se représenter à l'époque, et pas du tout celui d'un antisémite. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu'il ferait l'éloge du personnage. On parlera simplement d'un portrait plus équilibré.
Un commentaire réaliste concernant le phénomène institutionnel :
[quote]Yad Vashem travaille avec [i]des partenaires en France qui eux sont complètement crispés autour de cette histoire de la Shoah en France[/i]. Il y a des choses que j’aimerais bien qu’on change dans le musée, mais je ne suis pas sûr de réussir à faire admettre cela, parce que, entre autre, ils ont reçu des subventions de la part, par exemple, de la [b]Fondation pour la mémoire de la Shoah[/b]. Ce n’est pas sous condition, mais c’est normal de tenir compte aussi des donateurs, et je peux le comprendre.
Or la [b]fondation pour la mémoire de la Shoah[/b], elle dit bien son nom, c’est une fondation pour la mémoire, ce n’est pas une fondation pour l’histoire, même si elle subventionne des choses historiques, elle ne veut pas subventionner des choses historiques qui iraient contre le narratif des mémoires qu’elle soutient
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[color=#0000FF][list] Et lorsque Léon Poliakov écrit, dès les années 50, ou Raul Hilberg dans les années 60, que la politique française, la politique de Laval – parce que finalement c’est seulement Pierre Laval – a consisté, quand il n’y avait pas d’autres moyens, à troquer les juifs étrangers contre les juifs français, oui c’est ce qui c’est passé. Et c’est le vrai crime de Vichy. Le vrai crime de Vichy c’est d’avoir accepté. Mais, c’est un crime qui en même temps protège les juifs français, ce qui montre la complexité des choses.
A-t-on le droit de livrer des gens pour en protéger d’autres ? Ca dépend quel point de vue on regarde. Moralement peut-être n’a-t-on pas le droit. Sur le plan de l’efficacité, il faut bien reconnaître que c’est la raison principale pour laquelle la Shoah a moins frappé en France que dans la quasi totalité des autres pays en Europe.
[...]
Donc ici, Joly renforce mes arguments, à savoir que oui, [b]la collaboration a été[/b] [b]une politique de sauvetage[/b], à partir du moment où elle sépare les juifs français et les juifs étrangers, [b]qu’elle protège les juifs français[/b], au détriment des juifs étrangers.
[...]
D’abord Laval n’a pas envoyé, en tout cas au début, les juifs vers la mort, il les a envoyés vers un programme de rapatriement des juifs à l’est. Les Allemands l’avait présenté comme une réinstallation des juifs. Vichy n’est pas conscient, dans les premiers temps, que c’est la mort. Je pense qu’à partir de fin août, début septembre, Laval se doute de ça, et c’est pour ça, on le voit, qu’il freine les choses.
Il n’y aura aucun train de déportation au mois d’octobre parce que Laval a fait pression et que Himmler a donné son feu vert en disant que les bonnes relations avec le gouvernement français passent[u] avant[/u] l’application de la solution finale. Ce qui est quand même quelque chose d’assez exceptionnel.
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