par granpecheur » lun. 25 janv. 2016, 22:11
Bonsoir,
Je m'excuse de ne vous répondre que maintenant. Je crois qu'il me fallait le temps de méditer et de... prendre le temps. (Oui, je crois que je peux parler à la première personne...)
Je vous remercie beaucoup d'avoir pris la peine de me répondre avec charité et intelligence.
Depuis mon message, je me suis confessé, et donc, en plus d'aller à la messe chaque dimanche, je communie, ce qui est une grande joie. Je n'ai jamais connu une telle paix intérieure. Par ailleurs, je ressens le besoin de prier davantage et mes prières sont la cause ou l'occasion de joie et paix. Je dirais en outre, si ce n'était pas un peu ridicule, que j'ai l'impression de me trouver pendant et après la messe dans une sorte d'état de grâce.
Héraclius, sans aucun doute, la Providence est.
Mais il y a un problème : cet état, disons cette réconciliation avec Dieu, a remis plus que jamais dans ma tête la question de la vocation. Est-ce un appel, mon Dieu ?
Je suis tiraillé : à la fois, tout se passe comme si la prêtrise était "ma" vocation, à la lumière de laquelle tout mon passé et mon avenir s'éclairent ; et à la fois, outre les doutes et les inquiétudes, habituels et humains (et très divers) je crois, qui accompagnent cette pensée, l'idée de mettre l'Église dans l'embarras, avec ma très-petite personne, m'est très désagréable. Je veux dire : tantôt je veux courir en parler au prêtre, enfin ; tantôt je me dis que le plus sage est de la fermer et de continuer ainsi, de ne pas importuner des gens pour cette espèce de "caprice"....
J'en suis arrivé à un stade où le seul obstacle à des démarches allant dans le sens d'un discernement avec les autorités compétentes - soit la seule chose qui me bloque vraiment, par scrupule et prudence -, ce sont ces "penchants."
Et puis je n'en finis plus de me triturer la cervelle, relisant les textes et leurs interprétations plus ou moins subtiles. Ai-je des "tendances enracinées" ? A la fois oui : depuis l'adolescence j'ai ces fantasmes déviants ; je suis tombé plusieurs fois dans le pêché mortel correspondant, très ponctuellement certes, mais pendant plusieurs années ; et encore aujourd'hui, bien sûr, il m'arrive d'avoir ces fantasmes très déplorables (vieille technique de transition : je me force à orienter ma libido vers la gent féminine, quand ce n'est pas le cas...). Et à la fois non : je suis aussi attiré par les femmes ; d'ailleurs cette attirance est d'un autre ordre, supérieur, pas seulement "sexuel" comme avec les hommes ; jamais dans ma vie je n'ai envisagé former un couple homosexuel et m'installer dans cette situation ; jamais non plus, d'un point de vue intellectuel, même plus jeune, je n'ai été en désaccord sur ce point (ou tout autre d'ailleurs) avec la loi naturelle, et donc avec l'Église ; à chaque fois que je tombais dans le pêché, j'éprouvais du dégout, souvent pendant, toujours après, et après plus encore, un énorme sentiment de faute, de vide, de mort... Et je pourrais continuer ainsi longtemps. C'est sans fin !
Axou, vous avez raison. Mais je vous avoue que, rentrant profondément en moi-même, je ne parviens pas à m'imaginer succomber, à trente ou quarante ans, au presbytère, à la tentation d'aller visiter la chambre d'à côté... Est-ce à tort ? J'associe mes penchants à la jeunesse, à la mienne (je dois préciser que j'ai 22 ans) et à celle du monde qui m'entoure, à une immaturité, une sorte d'adolscence désordonnée qui succombe au Beau quel qu'il soit (par fantasmes, s'entend), quand il apparaît - au lieu de se contenter de le reconnaître tel simplement et de louer Dieu d'être un si parfait créateur, comme il se doit. (Je dis jeunesse, la mienne et celle des autres, j'y pense, entendons-nous bien, je n'ai jamais, au grand jamais, eu de désirs pédophiles... je parle du public universitaire...) Je ne sais pas comment expliquer la chose... C'est comme un maximalisme dans le sentiment, dans le goût, dans l'amitié... N'est-ce pas cela l'immaturité, foncièrement celle de l'"homophilie" ? Il y a un autre facteur aussi, sans doute : une longue et habituelle solitude, une méconnaissance des rapports aux autres, et des autres, qui pousse à grossir par imagination et sentiment le moindre rapport... Tout cela qui s'est estompé au fil des ans, Dieu merci, en même temps que je découvrais plus avant la vie (sociale).
Je dois enfin préciser qu'absoluement jamais mes, disons, fertile imagination et excessive sensibilité... enfin tout ça, quoi que ce soit, ne m'a jamais amené à sauter sur quelqu'un, ou même beaucoup moins que cela... Ceux qui me connaissent - et aucun ne sait ces penchants et ces fautes - me prennent déjà plutôt pour un moine... ça fait rire, d'ailleurs.
Et s'il ne s'agissait que d'immaturité ? De blessures et de choses à réparer... tout cela justement qui se répare - qui se répare déjà - par la piété et le discernement patient, à plusieurs, comme pour tout candidat au sacerdoce ministériel ? Et si le mot d'"homosexualité" n'était qu'un mot ? Ou alors non, peut-être que, tout simplement, je me cherche des excuses, je "refoule" comme diraient les fanatiques de la cause gay... ou les perspicaces ? ...Mais si je refoulais, j'aurais tout de même une plus grande impression d'imposture et de mauvaise foi, non ?
Bref, les choses sont si complexes ! Comment un tel être hybride est possible ?
Une chose est certaine, c'est une vieille certitude : si je devais absolument, donc définitivement renoncer à l'idée d'une ordination (et non pas de manière relative, subjective, comme jusqu'ici), à cause de ces penchants et actes, ce serait une déchirure... Des fautes, ou des erreurs de la nature (?), en un sens absolument ineffaçables... Je maudirais (je maudis déjà !) mon environnement, les vils moyens techniques aussi, toutes les circonstances qui ont pu amener à la concrétisation de penchants qui, autrement, n'auraient jamais été, ou seraient restés si insignifiants, insus, éteints - je maudirais le grain de sable qui aurait suffi à modifier complètement la donne...
Mais bien sûr, dans le même temps, comme dans une autre dimension des choses, je l'accepterai, étrangement, comme une joie : puisque le principal est d'être dans la vérité, et donc le bien, la joie qui accompagne cette adéquation annulerait pour ainsi dire le malheur qui n'en serait plus un ; il y a bien d'autres vocations, certes.
C'est franchement impudique de s'étaler ainsi... pardonnez ce besoin (ainsi que les éventuelles coquilles).
Et merci pour vos prières !
Bonsoir,
Je m'excuse de ne vous répondre que maintenant. Je crois qu'il me fallait le temps de méditer et de... prendre le temps. (Oui, je crois que je peux parler à la première personne...)
Je vous remercie beaucoup d'avoir pris la peine de me répondre avec charité et intelligence.
Depuis mon message, je me suis confessé, et donc, en plus d'aller à la messe chaque dimanche, je communie, ce qui est une grande joie. Je n'ai jamais connu une telle paix intérieure. Par ailleurs, je ressens le besoin de prier davantage et mes prières sont la cause ou l'occasion de joie et paix. Je dirais en outre, si ce n'était pas un peu ridicule, que j'ai l'impression de me trouver pendant et après la messe dans une sorte d'état de grâce.
Héraclius, sans aucun doute, la Providence est.
Mais il y a un problème : cet état, disons cette réconciliation avec Dieu, a remis plus que jamais dans ma tête la question de la vocation. Est-ce un appel, mon Dieu ?
Je suis tiraillé : à la fois, tout se passe comme si la prêtrise était "ma" vocation, à la lumière de laquelle tout mon passé et mon avenir s'éclairent ; et à la fois, outre les doutes et les inquiétudes, habituels et humains (et très divers) je crois, qui accompagnent cette pensée, l'idée de mettre l'Église dans l'embarras, avec ma très-petite personne, m'est très désagréable. Je veux dire : tantôt je veux courir en parler au prêtre, enfin ; tantôt je me dis que le plus sage est de la fermer et de continuer ainsi, de ne pas importuner des gens pour cette espèce de "caprice"....
J'en suis arrivé à un stade où le seul obstacle à des démarches allant dans le sens d'un discernement avec les autorités compétentes - soit la seule chose qui me bloque vraiment, par scrupule et prudence -, ce sont ces "penchants."
Et puis je n'en finis plus de me triturer la cervelle, relisant les textes et leurs interprétations plus ou moins subtiles. Ai-je des "tendances enracinées" ? A la fois oui : depuis l'adolescence j'ai ces fantasmes déviants ; je suis tombé plusieurs fois dans le pêché mortel correspondant, très ponctuellement certes, mais pendant plusieurs années ; et encore aujourd'hui, bien sûr, il m'arrive d'avoir ces fantasmes très déplorables (vieille technique de transition : je me force à orienter ma libido vers la gent féminine, quand ce n'est pas le cas...). Et à la fois non : je suis aussi attiré par les femmes ; d'ailleurs cette attirance est d'un autre ordre, supérieur, pas seulement "sexuel" comme avec les hommes ; jamais dans ma vie je n'ai envisagé former un couple homosexuel et m'installer dans cette situation ; jamais non plus, d'un point de vue intellectuel, même plus jeune, je n'ai été en désaccord sur ce point (ou tout autre d'ailleurs) avec la loi naturelle, et donc avec l'Église ; à chaque fois que je tombais dans le pêché, j'éprouvais du dégout, souvent pendant, toujours après, et après plus encore, un énorme sentiment de faute, de vide, de mort... Et je pourrais continuer ainsi longtemps. C'est sans fin !
Axou, vous avez raison. Mais je vous avoue que, rentrant profondément en moi-même, je ne parviens pas à m'imaginer succomber, à trente ou quarante ans, au presbytère, à la tentation d'aller visiter la chambre d'à côté... Est-ce à tort ? J'associe mes penchants à la jeunesse, à la mienne (je dois préciser que j'ai 22 ans) et à celle du monde qui m'entoure, à une immaturité, une sorte d'adolscence désordonnée qui succombe au Beau quel qu'il soit (par fantasmes, s'entend), quand il apparaît - au lieu de se contenter de le reconnaître tel simplement et de louer Dieu d'être un si parfait créateur, comme il se doit. (Je dis jeunesse, la mienne et celle des autres, j'y pense, entendons-nous bien, je n'ai jamais, au grand jamais, eu de désirs pédophiles... je parle du public universitaire...) Je ne sais pas comment expliquer la chose... C'est comme un maximalisme dans le sentiment, dans le goût, dans l'amitié... N'est-ce pas cela l'immaturité, foncièrement celle de l'"homophilie" ? Il y a un autre facteur aussi, sans doute : une longue et habituelle solitude, une méconnaissance des rapports aux autres, et des autres, qui pousse à grossir par imagination et sentiment le moindre rapport... Tout cela qui s'est estompé au fil des ans, Dieu merci, en même temps que je découvrais plus avant la vie (sociale).
Je dois enfin préciser qu'absoluement jamais mes, disons, fertile imagination et excessive sensibilité... enfin tout ça, quoi que ce soit, ne m'a jamais amené à sauter sur quelqu'un, ou même beaucoup moins que cela... Ceux qui me connaissent - et aucun ne sait ces penchants et ces fautes - me prennent déjà plutôt pour un moine... ça fait rire, d'ailleurs.
Et s'il ne s'agissait que d'immaturité ? De blessures et de choses à réparer... tout cela justement qui se répare - qui se répare déjà - par la piété et le discernement patient, à plusieurs, comme pour tout candidat au sacerdoce ministériel ? Et si le mot d'"homosexualité" n'était qu'un mot ? Ou alors non, peut-être que, tout simplement, je me cherche des excuses, je "refoule" comme diraient les fanatiques de la cause gay... ou les perspicaces ? ...Mais si je refoulais, j'aurais tout de même une plus grande impression d'imposture et de mauvaise foi, non ?
Bref, les choses sont si complexes ! Comment un tel être hybride est possible ?
Une chose est certaine, c'est une vieille certitude : si je devais absolument, donc définitivement renoncer à l'idée d'une ordination (et non pas de manière relative, subjective, comme jusqu'ici), à cause de ces penchants et actes, ce serait une déchirure... Des fautes, ou des erreurs de la nature (?), en un sens absolument ineffaçables... Je maudirais (je maudis déjà !) mon environnement, les vils moyens techniques aussi, toutes les circonstances qui ont pu amener à la concrétisation de penchants qui, autrement, n'auraient jamais été, ou seraient restés si insignifiants, insus, éteints - je maudirais le grain de sable qui aurait suffi à modifier complètement la donne...
Mais bien sûr, dans le même temps, comme dans une autre dimension des choses, je l'accepterai, étrangement, comme une joie : puisque le principal est d'être dans la vérité, et donc le bien, la joie qui accompagne cette adéquation annulerait pour ainsi dire le malheur qui n'en serait plus un ; il y a bien d'autres vocations, certes.
C'est franchement impudique de s'étaler ainsi... pardonnez ce besoin (ainsi que les éventuelles coquilles).
Et merci pour vos prières !