Bonjour Papillon,
papillon a écrit :J'aborde ce fil avec en arrière-goût le sentiment désagréable de m'immiscer dans une affaire interne qui ne me regarde pas, n'étant pas française. Mais pourtant, ce terrible attentat de Paris nous concerne tous et le chagrin des non-français dont je suis est authentique et profond. Alors je me permets de donner un point de vue personnel.
Pour ma part je pense que vous faîtes bien. Il est toujours bon d'avoir un avis différent de quelqu'un qui voit la situation avec "l'éloignement" nécessaire à une vision plus globale.
Je viens d'écouter le discours de votre président et contrairement à vous, Ignotus, je considère que M.Hollande s'est comporté en véritable homme d'Etat, et ce, depuis le début de cette crise. Son discours a été fort, bien structuré et bien rendu. Moi, j'en ai été touchée et je l'appuie.
Le président Hollande est connu pour être un fin tacticien politique. Cependant je me range à votre analyse car même si je trouve que sa politique intérieure à un goût trop important de haut fonctionnaire, je le trouve convaincant et déterminé quand il met son képi de chef des armées.
Néanmoins, en cherchant le discours dans le discours, je n'ai pu m'empêcher d'avoir un sentiment de préparation du terrain de l'opinion publique à l'acceptation de certains moyens de contrôles futurs (une puce électronique sous la peau ?).
Et aux propos du général Desportes qui dit : "
Les Français doivent être conscients qu’avec ces attentats, ils vont devoir sacrifier une partie de leurs libertés individuelles.", je réponds par une citation de Benjamin Franklin : "
Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux."
Alors que le temps passe et fait son oeuvre d'oubli et d'apaisement, moi je n'ai cessé de penser à toutes les victimes passées, à toutes les victimes de l'intégrisme islamique et ses psychopathes, à ces malheureuses jeunes filles kidnappées dans le nord du Nigéria et dont personne ne parle plus. Que sont-elles devenues ? Quelle vie misérable doivent-elles subir en ce moment ? Je n'ai cessé de penser à tous ces innocents décapités sur internet, à ces malheureux en combinaisons oranges qu'on a alignés sur une plage pour les égorger comme des moutons, chacun ayant son bourreau derrière lui et à tous les autres massacres innommables qu'on nous a offerts.
Je suis d'accord, mais au risque d'être à contre courant je pense aussi à ces hommes, en orange également, qui sont enfermés en dehors de tout cadre légale à Guantánamo. Un mal ne pouvant justifié un bien, je m'interroge sur le cœur de ceux qui disent que la fin justifie les moyens.
... ville que j'aime (au fait, qui n'aime pas Paris ?)
Daesch ?
pour qu'on se réveille et qu'on agisse avec la force et la détermination nécessaires.
Pour cela il faut accepter des sacrifices. L'opinion publique française est elle prête à cela ?
Oserais-je rappeler qu'on n'est pas militaire pour la gamelle, et que mourir est un risque qui fait parti du job et qu'en cela il ne diffère pas d'autres jobs ?
Après ces décennies d'antimilitarisme post soixante-huitard, il faut effacer cette image d'Épinal du militaire décérébré, assoiffé de sang et de torture, et remettre au goût du jour cette parole de Jean 15:13 : "Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.".
Cela leur convient mieux, même s'il peut y avoir des Rambos dans la masse.
Pour cela en tant que catholique, je cautionne une action militaire terrestre (même si elle me semble encore prématurée) sans colère, sans haine, sans arrière goût de revanche, dans l'unique esprit de ramener une certaine paix dans le monde.
Cordialement.