par etienne lorant » mar. 02 juin 2015, 19:21
Il est possible de relire la parabole et d'y trouver chaque fois un aspect auquel on n'avait pas prêté attention : cette parabole "parle" à quiconque lui ouvre son cœur et son esprit.
Voici ce que j'en avais retiré l'an dernier :
Ne dirait-on pas que Jésus a "forcé le trait" avec le fils prodigue ? Non seulement il en fait un fils indigne, qui exige sa part d'héritage bien avant l'heure, mais il nous le montre parti à l'étranger, non pour y développer sa propre affaire, mais simplement pour satisfaire ses instincts, pour mener la vie des jouisseurs et des débauchés. Et lorsqu'il se trouve réduit à nourrir des porcs, ces animaux impurs pour les juifs, il a véritablement atteint le comble de l'abjection.
Or, le raisonnement qu'il fait à ce moment, est-il guidé par un regret sincère, par pénible prise de conscience ?
Non ! Mais c'est encore son ventre qui parle : soit, il a dépensé sa part d'héritage, mais que risque-t-il à rentrer pour se faire embaucher comme simple ouvrier ? Il décide de faire demi-tour et de rentrer au pays. Il a préparé une petite phrase qui devrait satisfaire son père, tout en le plaçant dans l'embarras: "Tu m'as retrouvé, mais que vas-tu faire de moi ? Tu peux me chasser, bien sûr mais je peux encore travailler !"
Ce fils indigne manque vraiment de conscience, car il ne se soucie d'aucune façon du chagrin et de la douleur qu'il a pu causer à son père - en plus de l'avoir obligé à procéder aux partages de ses biens. Comme il est loin d'imaginer l'accueil qu'il va recevoir ! La petite phrase qu'il avait concoctée, il n'a même pas le temps de la prononcer entièrement qu'il se retrouve rétabli pleinement dans sa qualité de fils. Il ne sera jamais l'ouvrier qu'il avait escompter devenir. Le père n'a rien d'un moraliste, il ne sanctionne pas ses actes, mais il n'est qu'un père qui a retrouvé son fils vivant, qui l'a espéré et attendu, tout en redoutant qu'il fut mort entre-temps.
Cet amour du Père, la qualité de cet amour, c'est l'amour que Dieu porte d'abord à ses créatures perdues, quelle que soit la bassesse dans laquelle ils ont pu descendre. Dira-t-on dès lors que le fils aîné, celui qui n'a jamais désobéi, est moins aimé que son petit frère indigne ? Certes non, car ce fils aîné, qui a condamné et rayé de son esprit et de son coeur son petit frère, est lui aussi coupable d'une faute majeure. S'il en veut à son frère cadet, il en veut aussi à son père, qu'il considère comme "bonasse": son père, a-t-il la "carrure" nécessaire pour diriger une entreprise comme la sienne ? La vérité est que le fils aîné, eût préféré que son frère meure, afin de devenir le seul patron tôt ou tard !
Le dernier verset dit tout de l'Amour dont nous sommes tous et toutes aimés, en dépit de nos erreurs, de nos errances, de nos bassesses, de nos calculs, de nos prétentions ou de nos mesquineries, car tout ce qui compte, c'est :
"Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !
Il est possible de relire la parabole et d'y trouver chaque fois un aspect auquel on n'avait pas prêté attention : cette parabole "parle" à quiconque lui ouvre son cœur et son esprit.
Voici ce que j'en avais retiré l'an dernier :
[i]Ne dirait-on pas que Jésus a "forcé le trait" avec le fils prodigue ? Non seulement il en fait un fils indigne, qui exige sa part d'héritage bien avant l'heure, mais il nous le montre parti à l'étranger, non pour y développer sa propre affaire, mais simplement pour satisfaire ses instincts, pour mener la vie des jouisseurs et des débauchés. Et lorsqu'il se trouve réduit à nourrir des porcs, ces animaux impurs pour les juifs, il a véritablement atteint le comble de l'abjection.
Or, le raisonnement qu'il fait à ce moment, est-il guidé par un regret sincère, par pénible prise de conscience ?
Non ! Mais c'est encore son ventre qui parle : soit, il a dépensé sa part d'héritage, mais que risque-t-il à rentrer pour se faire embaucher comme simple ouvrier ? Il décide de faire demi-tour et de rentrer au pays. Il a préparé une petite phrase qui devrait satisfaire son père, tout en le plaçant dans l'embarras: "Tu m'as retrouvé, mais que vas-tu faire de moi ? Tu peux me chasser, bien sûr mais je peux encore travailler !"
Ce fils indigne manque vraiment de conscience, car il ne se soucie d'aucune façon du chagrin et de la douleur qu'il a pu causer à son père - en plus de l'avoir obligé à procéder aux partages de ses biens. Comme il est loin d'imaginer l'accueil qu'il va recevoir ! La petite phrase qu'il avait concoctée, il n'a même pas le temps de la prononcer entièrement qu'il se retrouve rétabli pleinement dans sa qualité de fils. Il ne sera jamais l'ouvrier qu'il avait escompter devenir. Le père n'a rien d'un moraliste, il ne sanctionne pas ses actes, mais il n'est qu'un père qui a retrouvé son fils vivant, qui l'a espéré et attendu, tout en redoutant qu'il fut mort entre-temps.
Cet amour du Père, la qualité de cet amour, c'est l'amour que Dieu porte d'abord à ses créatures perdues, quelle que soit la bassesse dans laquelle ils ont pu descendre. Dira-t-on dès lors que le fils aîné, celui qui n'a jamais désobéi, est moins aimé que son petit frère indigne ? Certes non, car ce fils aîné, qui a condamné et rayé de son esprit et de son coeur son petit frère, est lui aussi coupable d'une faute majeure. S'il en veut à son frère cadet, il en veut aussi à son père, qu'il considère comme "bonasse": son père, a-t-il la "carrure" nécessaire pour diriger une entreprise comme la sienne ? La vérité est que le fils aîné, eût préféré que son frère meure, afin de devenir le seul patron tôt ou tard !
Le dernier verset dit tout de l'Amour dont nous sommes tous et toutes aimés, en dépit de nos erreurs, de nos errances, de nos bassesses, de nos calculs, de nos prétentions ou de nos mesquineries, car tout ce qui compte, c'est :
"Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ![/i]