par Isabella » jeu. 06 août 2015, 10:15
Merci Géraldine !
Je n'ai pas dit qu'il y a eu une succession de "petites choses".
Mgr Brincard est décédé le 14 novembre 2014, un vendredi. Il pleuvait à torrents. Au Puy, c'était la messe des Saints Evêques du Puy. Tout le monde a remarqué. Sa dépouille mortelle a été ramenée de Lyon dans "sa" cathédrale. Il disait toujours "ma cathédrale". On était le 15, 1er jour de la neuvaine pour la France qui se terminera le 15 août et dont il était parmi les instigateurs avec notamment le cardinal Barbarin. Le 18, Mgr aurait eu 75 ans, la date limite de son épiscopat qui avait duré 26 ans au Puy.
Le dimanche, dans ma petite messe en rase campagne, le prêtre m'a invitée à m'exprimer avant la messe. J'ai délivré un petit résumé de la dernière homélie publique de Mgr le 14 septembre, fête de la Croix Glorieuse, sans trembler, sans pleurer (puisque les larmes avaient subitement cessé), avec toute la pédagogie dont j'étais capable. Les fidèles me regardaient et semblaient très attentifs. Le soir, j'ai écrit d'un traite un article sur Mgr, qui fut publié à Pâques dans le trimestriel paroissial, une pleine page sans pub, in extenso, pas une virgule de changée. Cette paroisse n'est pas ma paroisse, et, généralement, je suis transparente.
La semaine suivante, je reçois par la poste un livre que j'avais commandé, sur la Vierge Marie, un petit volume d'occasion en très bon état.
Sur la première page, je reconnais, médusée, l'écriture de Mgr. (j'avais échangé une brève correspondance avec lui quelques semaines avant sa mort, bien sûr son écriture, dans les derniers temps, était altérée par la maladie, mais elle restait néanmoins régulière).
De plus près, je constate qu'il s'agissait d'une dédicace à une dame, en 2000, de ce livre qui avait dû être revendu à Amazon par l'entourage de la dame probablement disparue, car je ne pense pas qu'elle se serait séparée ainsi de ce livre dédicacé par Mgr. N'empêche que ce livre a atterri chez moi justement ces jours-là.
Enfin, l'Evangile selon St Jean qu'il a choisi pour sa messe de funérailles était un extrait que j'avais redécouvert avec plaisir et émotion un jour d'été, assise près d'une source qui ne tarit jamais, dans un sanctuaire marial. Jean 6:35-40. Dans son sermon (Mgr disait toujours "sermon" rarement homélie), le Cardinal Barbarin a souligné "Henri, écoute bien", puis rectifié "Mgr Henri Brincard, écoutez bien ce qui est écrit : je le ressusciterai au dernier jour." Ce fut le dernier mot de son sermon. La transcription sur le site du diocèse, par le jeu de la ponctuation, est un peu différente. Moi, par contre, j'ai très bien entendu.
De même, Mgr avait choisi pour l'entrée le "Miserere"d'Allegri, certes connu. Je l'écoute souvent avec le texte du psaume 50 sous les yeux. Le Chanoine ICRSP qui dessert la chapelle où j'aime me rendre, a récemment parlé de ce psaume suscité par la volonté très forte de repentance par David le roi qui s'était enfoncé dans le gouffre du péché mais avait entendu l'appel du Seigneur par la voix de Nathan le prophète.
Donc non seulement cette locution intérieure a séché net mes larmes, mais elle a précédé une suite de "petites choses" que j'ai su reconnaître et apprécier.
Merci de votre attention,
In Xto
Merci Géraldine !
Je n'ai pas dit qu'il y a eu une succession de "petites choses".
Mgr Brincard est décédé le 14 novembre 2014, un vendredi. Il pleuvait à torrents. Au Puy, c'était la messe des Saints Evêques du Puy. Tout le monde a remarqué. Sa dépouille mortelle a été ramenée de Lyon dans "sa" cathédrale. Il disait toujours "ma cathédrale". On était le 15, 1er jour de la neuvaine pour la France qui se terminera le 15 août et dont il était parmi les instigateurs avec notamment le cardinal Barbarin. Le 18, Mgr aurait eu 75 ans, la date limite de son épiscopat qui avait duré 26 ans au Puy.
Le dimanche, dans ma petite messe en rase campagne, le prêtre m'a invitée à m'exprimer avant la messe. J'ai délivré un petit résumé de la dernière homélie publique de Mgr le 14 septembre, fête de la Croix Glorieuse, sans trembler, sans pleurer (puisque les larmes avaient subitement cessé), avec toute la pédagogie dont j'étais capable. Les fidèles me regardaient et semblaient très attentifs. Le soir, j'ai écrit d'un traite un article sur Mgr, qui fut publié à Pâques dans le trimestriel paroissial, une pleine page sans pub, in extenso, pas une virgule de changée. Cette paroisse n'est pas ma paroisse, et, généralement, je suis transparente.
La semaine suivante, je reçois par la poste un livre que j'avais commandé, sur la Vierge Marie, un petit volume d'occasion en très bon état.
Sur la première page, je reconnais, médusée, l'écriture de Mgr. (j'avais échangé une brève correspondance avec lui quelques semaines avant sa mort, bien sûr son écriture, dans les derniers temps, était altérée par la maladie, mais elle restait néanmoins régulière).
De plus près, je constate qu'il s'agissait d'une dédicace à une dame, en 2000, de ce livre qui avait dû être revendu à Amazon par l'entourage de la dame probablement disparue, car je ne pense pas qu'elle se serait séparée ainsi de ce livre dédicacé par Mgr. N'empêche que ce livre a atterri chez moi justement ces jours-là.
Enfin, l'Evangile selon St Jean qu'il a choisi pour sa messe de funérailles était un extrait que j'avais redécouvert avec plaisir et émotion un jour d'été, assise près d'une source qui ne tarit jamais, dans un sanctuaire marial. Jean 6:35-40. Dans son sermon (Mgr disait toujours "sermon" rarement homélie), le Cardinal Barbarin a souligné "Henri, écoute bien", puis rectifié "Mgr Henri Brincard, écoutez bien ce qui est écrit : je le ressusciterai au dernier jour." Ce fut le dernier mot de son sermon. La transcription sur le site du diocèse, par le jeu de la ponctuation, est un peu différente. Moi, par contre, j'ai très bien entendu.
De même, Mgr avait choisi pour l'entrée le "Miserere"d'Allegri, certes connu. Je l'écoute souvent avec le texte du psaume 50 sous les yeux. Le Chanoine ICRSP qui dessert la chapelle où j'aime me rendre, a récemment parlé de ce psaume suscité par la volonté très forte de repentance par David le roi qui s'était enfoncé dans le gouffre du péché mais avait entendu l'appel du Seigneur par la voix de Nathan le prophète.
Donc non seulement cette locution intérieure a séché net mes larmes, mais elle a précédé une suite de "petites choses" que j'ai su reconnaître et apprécier.
Merci de votre attention,
In Xto