Je ne comprends pas trop où s'en va ce fil, ou même s'il va quelque part.
Il semble qu'on marche sur des oeufs et que les parti pris politiques ont pour effet d'escamoter certaines aspects de ce 'fait divers' qui ne vont pas dans la direction souhaitée et de balayer sous le tapis toute autre considération, fût-elle humanitaire, me trompe-je ?
En tout cas, je perçois de la retenue qui ressemble à de l'autucensure et un certain malaise, mais ce malaise est peut-être simplement le mien.
C'est vrai qu'on s'habitue au malheur, particulièrement quand il s'agit de celui des autres. Toutefois, cette histoire m'a ramené dans la tête et dans le coeur le souvenir d'une autre histoire à la fois semblable et très différente.
C'était en 1998, lors de la terrible tempête de verglas au Québec.
Pendant 3 jours, dans une région spécifique du sud-ouest québécois, il nous est tombé sur la tête une quantité impressionnante de glace . Un désastre.
Nous, nous étions dans le triangle géographique de cette tempête, à la campagne. On entendait tout autour de la maison les branches des arbres, chargés de glace, qui se brisaient et tombaient au sol dans un bruit de cristal.
Impressionnant et effrayant.
Les lignes électriques etaient rompues, il y avait des arbres brisés partout qui bloquaient les chemins, d'immenses pylônes électriques qui semblaient indestructibles s'écrasaient comme des châteaux de cartes dans un bruit assourdissant. Des transformateurs prenaient feu.
Nous sommes restés à la maison, nous devions rester à la maison, pour alimenter la génératrice qui actionnait la pompe à eau et chauffait le conduit d'eau du puits artésien, sinon tout aurait gelé. On se chauffait tant bien que mal avec le foyer, la génératrice n'étant pas assez puissante pour chauffer la maison.
Ailleurs, c'était plus difficile. Des quartiers complets de banlieue ont été évacués. Les familles ont été entassées dans des gymnases et locaux divers, d'autres trouvaient refuge chez des parents ou amis.
Cétait l'hiver, il faisait froid, le soleil se levait tard et se couchait tôt, c'était l'obscurité.
Dépendant de la région touchée, il a fallu de une à trois semaines avant de retrouver un semblant de vie normale.
Si tout cela a causé du stress, de l'inquiétude, de l'épuisement et de l'exaspération, il n'y a jamais eu de place pour le désespoir. Nous savions à quoi nous en tenir. Nous savions que nous allions tous nous serrer les coudes.
Les secours s'organisaient, les gens étaient pris en charge, logés, nourris, protégés. Les quartiers évacués et plongés dans le noir étaient patrouillés pour éviter d'éventuels pillages.
Nous étions informés jour après jour en détail de l'évolution des choses.
Des équipes de techniciens compétents et courageux travaillaient jour et nuit dans des conditions très difficiles pour rétablir le réseau.
Il y avait parmi eux des équipes venues d'ailleurs, en provenance d'autres provinces du Canada et du Maine, notre plus proche voisin américain pour prêter main-forte. D'ailleurs, quand le besoin se fait sentir ailleurs, il y a aussi des équipes d'Hydro-Québec qui sont envoyées en renfort. Ce sont des ententes de bon voisinage, comme il y en a sûrement aussi chez vous.
Tout est rentré dans l'ordre, les branches des arbres ont repoussé, de nouveaux arbres ont vu le jour, il n'y parait plus rien. Il nous reste une histoire à raconter, le souvenir d'une entraide collective, la conscience qu'on a besoin les uns des autres et qu'on peut toujours se sortir d'une mauvaise passe en ramant tous dans la même direction.
Mais les choses auraient pu être différentes, et ce dès le départ.
On aurait pu, dès la construction de nos premiers pylônes il y a de ça très longtemps, voir nos voisins du Maine et du Canada anglais s'amener avec leurs gros thanks pour tout démolir, avec la promesse que tout nouveau pylône serait aussi détruit, encore et encore...sans fin.
Ça, c'est le désespoir, l'anti-amour, le désespoir qui nourrit la haine, le haine qui se nourrit d'elle-même...sans fin.
Mais ce n'est pas ici, ça se passe ailleurs, très loin, alors pas la peine de s'étendre davantage.
Dehors, les mésanges, les roselins et les chardonnerets se font entendre. Je dois remplir leurs mangeoires.
Même sur un forum catholique bien-pensant, on finit par s'habituer...au malheur des autres.
Je ne comprends pas trop où s'en va ce fil, ou même s'il va quelque part. :incertain:
Il semble qu'on marche sur des oeufs et que les parti pris politiques ont pour effet d'escamoter certaines aspects de ce 'fait divers' qui ne vont pas dans la direction souhaitée et de balayer sous le tapis toute autre considération, fût-elle humanitaire, me trompe-je ?
En tout cas, je perçois de la retenue qui ressemble à de l'autucensure et un certain malaise, mais ce malaise est peut-être simplement le mien.
C'est vrai qu'on s'habitue au malheur, particulièrement quand il s'agit de celui des autres. Toutefois, cette histoire m'a ramené dans la tête et dans le coeur le souvenir d'une autre histoire à la fois semblable et très différente.
C'était en 1998, lors de la terrible tempête de verglas au Québec.
Pendant 3 jours, dans une région spécifique du sud-ouest québécois, il nous est tombé sur la tête une quantité impressionnante de glace . Un désastre.
Nous, nous étions dans le triangle géographique de cette tempête, à la campagne. On entendait tout autour de la maison les branches des arbres, chargés de glace, qui se brisaient et tombaient au sol dans un bruit de cristal.
Impressionnant et effrayant.
Les lignes électriques etaient rompues, il y avait des arbres brisés partout qui bloquaient les chemins, d'immenses pylônes électriques qui semblaient indestructibles s'écrasaient comme des châteaux de cartes dans un bruit assourdissant. Des transformateurs prenaient feu.
Nous sommes restés à la maison, nous devions rester à la maison, pour alimenter la génératrice qui actionnait la pompe à eau et chauffait le conduit d'eau du puits artésien, sinon tout aurait gelé. On se chauffait tant bien que mal avec le foyer, la génératrice n'étant pas assez puissante pour chauffer la maison.
Ailleurs, c'était plus difficile. Des quartiers complets de banlieue ont été évacués. Les familles ont été entassées dans des gymnases et locaux divers, d'autres trouvaient refuge chez des parents ou amis.
Cétait l'hiver, il faisait froid, le soleil se levait tard et se couchait tôt, c'était l'obscurité.
Dépendant de la région touchée, il a fallu de une à trois semaines avant de retrouver un semblant de vie normale.
Si tout cela a causé du stress, de l'inquiétude, de l'épuisement et de l'exaspération, il n'y a jamais eu de place pour le désespoir. Nous savions à quoi nous en tenir. Nous savions que nous allions tous nous serrer les coudes.
Les secours s'organisaient, les gens étaient pris en charge, logés, nourris, protégés. Les quartiers évacués et plongés dans le noir étaient patrouillés pour éviter d'éventuels pillages.
Nous étions informés jour après jour en détail de l'évolution des choses.
Des équipes de techniciens compétents et courageux travaillaient jour et nuit dans des conditions très difficiles pour rétablir le réseau.
Il y avait parmi eux des équipes venues d'ailleurs, en provenance d'autres provinces du Canada et du Maine, notre plus proche voisin américain pour prêter main-forte. D'ailleurs, quand le besoin se fait sentir ailleurs, il y a aussi des équipes d'Hydro-Québec qui sont envoyées en renfort. Ce sont des ententes de bon voisinage, comme il y en a sûrement aussi chez vous.
Tout est rentré dans l'ordre, les branches des arbres ont repoussé, de nouveaux arbres ont vu le jour, il n'y parait plus rien. Il nous reste une histoire à raconter, le souvenir d'une entraide collective, la conscience qu'on a besoin les uns des autres et qu'on peut toujours se sortir d'une mauvaise passe en ramant tous dans la même direction.
Mais les choses auraient pu être différentes, et ce dès le départ.
On aurait pu, dès la construction de nos premiers pylônes il y a de ça très longtemps, voir nos voisins du Maine et du Canada anglais s'amener avec leurs gros thanks pour tout démolir, avec la promesse que tout nouveau pylône serait aussi détruit, encore et encore...sans fin.
Ça, c'est le désespoir, l'anti-amour, le désespoir qui nourrit la haine, le haine qui se nourrit d'elle-même...sans fin.
Mais ce n'est pas ici, ça se passe ailleurs, très loin, alors pas la peine de s'étendre davantage.
Dehors, les mésanges, les roselins et les chardonnerets se font entendre. Je dois remplir leurs mangeoires.
Même sur un forum catholique bien-pensant, on finit par s'habituer...au malheur des autres.