par etienne lorant » lun. 11 août 2014, 16:09
Le 31 juillet dernier, le président russe Vladimir Poutine a évoqué avec le maire de Moscou Sergueï Sobianine sa volonté de reconstruire deux monastères et une église orthodoxes à l’intérieur du Kremlin. Ces trois bâtiments ont été détruits durant la période soviétique, au début du XXe siècle.
Au cours de sa rencontre avec Sergueï Sobianine, le président Vladimir Poutine a déclaré vouloir redonner son « apparence historique » au Kremlin, cette forteresse de 28 hectares au centre de Moscou, en reconstruisant trois édifices religieux détruits durant la période soviétique. Selon le chef de l’Etat, ce projet devrait recevoir le soutien de l’opinion publique russe et de l’Unesco, qui a classé le site au patrimoine mondial. « Je n’insiste pas, il s’agit d’une idée et d’une proposition« , a-t-il souligné. « Si le public juge que c’est adéquat, il ne restera plus qu’à y travailler. »
Le président russe est très proche de l’actuel patriarche, Cyrille Ier. Trop parfois, selon les détracteurs du chef de l’Eglise, qui jugent que la ligne de séparation de l’Eglise et de l’Etat est devenue de plus en plus floue. La question du financement des travaux pourrait également freiner le projet. Aucune indication sur les coûts éventuels des reconstructions n’a été donnée. L’agence Reuters souligne que l’économie russe est actuellement chancelante et doit faire face à un accès réduit aux capitaux étrangers après les sanctions des pays de l’Ouest suite à la politique de Moscou envers l’Ukraine.
http://info.catho.be/2014/08/08/trois-n ... -jLtPl_v9Y
Les très bonnes relations qui existent entre le président de la Russie et le chef de l’Eglise orthodoxe russe ne datent pas d’hier. En arrivant au Kremlin, Vladimir Poutine avait déclaré que « L’Eglise orthodoxe est le gardien des valeurs morales et spirituelles de la Russie. »
Douze ans après, lors des élections présidentielles en 2012, et alors que la Russie connaissait une vague de contestation sans précédent contre le pouvoir, le patriarche Cyrille Ier n’hésite donc pas à apporter son soutien appuyé au futur président Poutine: « Vous avez joué un rôle personnel énorme pour redresser le cours de l’Histoire dans notre pays. Je voudrais vous en remercier ».
Les éloges de Vladimir Poutine à l’égard de l’Eglise sont régulières, comme ses participations aux offices religieux lors des grandes fêtes. Cet été, il a ainsi envoyé un message au patriarche, dans lequel il écrit que la Russie est devenue une grande puissance grâce à l’adoption de la foi chrétienne. « C’est la foi chrétienne orthodoxe qui a donné une impulsion au développement de la culture et de l’enseignement en Russie. Elle a libéré des forces créatrices colossales, a encouragé le peuple russe et l’a soutenu pendant des périodes difficiles. L’Eglise orthodoxe russe a toujours été avec son peuple. »
Etre ainsi proche de l’Eglise est important pour les autorités afin de toucher des millions de fidèles dans un pays où près de 70% de la population se déclare orthodoxe, même si le nombre de pratiquants réguliers n’excède pas les 7%. Mais inversement, que peut apporter une telle proximité du Patriarche avec le pouvoir? Ne risque-t-il pas de devenir un otage de ses relations avec les autorités? Cyrille Ier peut invoquer le fait que l’Eglise orthodoxe a obtenu de l’Etat la restitution d’églises et de monastères confisqués à l’époque soviétique, la présence d’aumôniers dans les unités militaires et des cours d’initiation à la culture orthodoxe dans les écoles… Ce soutien à Poutine est peut-être aussi un moyen de défendre efficacement l’opposition de l’Eglise à toute reconnaissance légale de l’homosexualité en Russie, et de mettre ainsi en avant une différence culturelle avec l’Occident.
http://info.catho.be/2013/11/05/russie- ... -jM__l_v9Y
[b][i]Le 31 juillet dernier, le président russe Vladimir Poutine a évoqué avec le maire de Moscou Sergueï Sobianine sa volonté de reconstruire deux monastères et une église orthodoxes à l’intérieur du Kremlin. Ces trois bâtiments ont été détruits durant la période soviétique, au début du XXe siècle.
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Au cours de sa rencontre avec Sergueï Sobianine, le président Vladimir Poutine a déclaré vouloir redonner son « apparence historique » au Kremlin, cette forteresse de 28 hectares au centre de Moscou, en reconstruisant trois édifices religieux détruits durant la période soviétique. Selon le chef de l’Etat, ce projet devrait recevoir le soutien de l’opinion publique russe et de l’Unesco, qui a classé le site au patrimoine mondial. « Je n’insiste pas, il s’agit d’une idée et d’une proposition« , a-t-il souligné. « Si le public juge que c’est adéquat, il ne restera plus qu’à y travailler. »
Le président russe est très proche de l’actuel patriarche, Cyrille Ier. Trop parfois, selon les détracteurs du chef de l’Eglise, qui jugent que la ligne de séparation de l’Eglise et de l’Etat est devenue de plus en plus floue. La question du financement des travaux pourrait également freiner le projet. Aucune indication sur les coûts éventuels des reconstructions n’a été donnée. L’agence Reuters souligne que l’économie russe est actuellement chancelante et doit faire face à un accès réduit aux capitaux étrangers après les sanctions des pays de l’Ouest suite à la politique de Moscou envers l’Ukraine.
[url]http://info.catho.be/2014/08/08/trois-nouveaux-edifices-religieux-dans-lenceinte-du-kremlin/#.U-jLtPl_v9Y[/url]
Les très bonnes relations qui existent entre le président de la Russie et le chef de l’Eglise orthodoxe russe ne datent pas d’hier. En arrivant au Kremlin, Vladimir Poutine avait déclaré que « L’Eglise orthodoxe est le gardien des valeurs morales et spirituelles de la Russie. »
Douze ans après, lors des élections présidentielles en 2012, et alors que la Russie connaissait une vague de contestation sans précédent contre le pouvoir, le patriarche Cyrille Ier n’hésite donc pas à apporter son soutien appuyé au futur président Poutine: « Vous avez joué un rôle personnel énorme pour redresser le cours de l’Histoire dans notre pays. Je voudrais vous en remercier ».
Les éloges de Vladimir Poutine à l’égard de l’Eglise sont régulières, comme ses participations aux offices religieux lors des grandes fêtes. Cet été, il a ainsi envoyé un message au patriarche, dans lequel il écrit que la Russie est devenue une grande puissance grâce à l’adoption de la foi chrétienne. « C’est la foi chrétienne orthodoxe qui a donné une impulsion au développement de la culture et de l’enseignement en Russie. Elle a libéré des forces créatrices colossales, a encouragé le peuple russe et l’a soutenu pendant des périodes difficiles. L’Eglise orthodoxe russe a toujours été avec son peuple. »
Etre ainsi proche de l’Eglise est important pour les autorités afin de toucher des millions de fidèles dans un pays où près de 70% de la population se déclare orthodoxe, même si le nombre de pratiquants réguliers n’excède pas les 7%. Mais inversement, que peut apporter une telle proximité du Patriarche avec le pouvoir? Ne risque-t-il pas de devenir un otage de ses relations avec les autorités? Cyrille Ier peut invoquer le fait que l’Eglise orthodoxe a obtenu de l’Etat la restitution d’églises et de monastères confisqués à l’époque soviétique, la présence d’aumôniers dans les unités militaires et des cours d’initiation à la culture orthodoxe dans les écoles… Ce soutien à Poutine est peut-être aussi un moyen de défendre efficacement l’opposition de l’Eglise à toute reconnaissance légale de l’homosexualité en Russie, et de mettre ainsi en avant une différence culturelle avec l’Occident.
[url]http://info.catho.be/2013/11/05/russie-poutine-recompense-par-le-patriarche-cyrille-ier/#.U-jM__l_v9Y[/url]