par Peccator » mar. 08 juil. 2014, 15:32
Ce site parle de "méditation" au sens des bouddhistes. Dans la tradition chrétienne, la méditation, ce n'est pas faire silence en soi. La méditation est une réflexion menée sur une base, un support, généralement un texte (mais ce peut être une oeuvre d'art ou autre support). On peut commencer son temps de prière par un court silence (quelques minutes), mais ce n'est rien d'autre que d'apaiser les pensées qui s'agitent en nous pour tout simplement pouvoir se concentrer. C'est ce qu'on fait spontanément quand on a besoin de "réfléchir au calme" sur un problème difficile.
Ce dont il est question sur ce site est beaucoup plus proche de ce qui s'appelle, dans la tradition chrétienne, la contemplation. Et un St Jean de la Croix, abondamment cité, est un des grands auteurs spirituels sur la pratique de la contemplation.
Dans tous les cas, l'énorme différence entre méditation orientale et méditation ou contemplation chrétienne, c'est qu'un chrétien n'est pas seul. Il ne s'agit pas de faire le silence en soi, dans l'immobilité du corps, pour savourer le silence et contempler je ne sais quelle immensité intérieure. Il s'agit d'entrer en dialogue avec Dieu. De nourrir une relation personnelle, entre soi et Dieu. Dans la contemplation, c'est Dieu que l'on contemple. Dans la méditation, la réflexion à partir du support mène au dialogue avec Dieu, et pas au monologue, au soliloque. Si l'on ne prend pas le temps, si l'on ne cherche même pas ce dialogue avec le Seigneur, alors on travaille à être chrétien tout seul, et plus à être en relation avec son Seigneur et son Dieu, à vivre dans cette relation où du fond du coeur, on ne sait plus que lui dire "Abba, Père !".
La pratique du mantra fait partie de la tradition hindoue, et de certaines traditions bouddhistes. Ce n'est ni un mot, ni même un concept chrétien. Il y a quelque chose de similaire dans la tradition chrétienne orientale, la prière du coeur (c'est de ça que parle Jean Cassien). Mais cette similitude ne doit pas cacher la profonde différence : encore une fois, toute prière chrétienne est relation personnelle à Dieu. Le but du silence n'est pas le silence, mais de pouvoir dialoguer tranquillement avec le Seigneur, sans être perturbé par les bruits du monde qui viennent nous distraire.
Bref, attention au syncrétisme. Nul besoin d'aller puiser dans des traditions asiatiques en pensant y trouver ce qui manquerait au christianisme : chaque tradition a sa cohérence propre, et pour découvrir les trésors de la spiritualité chrétienne, y compris méditation, contemplation et autres exercices spirituels, mieux vaut se fier à la lecture de maîtres spirituels chrétiens qui ne cherchent pas à singer les bouddhistes parce que c'est vaguement à la mode.
Ce site parle de "méditation" au sens des bouddhistes. Dans la tradition chrétienne, la méditation, ce n'est pas faire silence en soi. La méditation est une réflexion menée sur une base, un support, généralement un texte (mais ce peut être une oeuvre d'art ou autre support). On peut commencer son temps de prière par un court silence (quelques minutes), mais ce n'est rien d'autre que d'apaiser les pensées qui s'agitent en nous pour tout simplement pouvoir se concentrer. C'est ce qu'on fait spontanément quand on a besoin de "réfléchir au calme" sur un problème difficile.
Ce dont il est question sur ce site est beaucoup plus proche de ce qui s'appelle, dans la tradition chrétienne, la contemplation. Et un St Jean de la Croix, abondamment cité, est un des grands auteurs spirituels sur la pratique de la contemplation.
Dans tous les cas, l'énorme différence entre méditation orientale et méditation ou contemplation chrétienne, c'est qu'un chrétien n'est pas seul. Il ne s'agit pas de faire le silence en soi, dans l'immobilité du corps, pour savourer le silence et contempler je ne sais quelle immensité intérieure. Il s'agit d'entrer en dialogue avec Dieu. De nourrir une relation personnelle, entre soi et Dieu. Dans la contemplation, c'est Dieu que l'on contemple. Dans la méditation, la réflexion à partir du support mène au dialogue avec Dieu, et pas au monologue, au soliloque. Si l'on ne prend pas le temps, si l'on ne cherche même pas ce dialogue avec le Seigneur, alors on travaille à être chrétien tout seul, et plus à être en relation avec son Seigneur et son Dieu, à vivre dans cette relation où du fond du coeur, on ne sait plus que lui dire "Abba, Père !".
La pratique du mantra fait partie de la tradition hindoue, et de certaines traditions bouddhistes. Ce n'est ni un mot, ni même un concept chrétien. Il y a quelque chose de similaire dans la tradition chrétienne orientale, la prière du coeur (c'est de ça que parle Jean Cassien). Mais cette similitude ne doit pas cacher la profonde différence : encore une fois, toute prière chrétienne est relation personnelle à Dieu. Le but du silence n'est pas le silence, mais de pouvoir dialoguer tranquillement avec le Seigneur, sans être perturbé par les bruits du monde qui viennent nous distraire.
Bref, attention au syncrétisme. Nul besoin d'aller puiser dans des traditions asiatiques en pensant y trouver ce qui manquerait au christianisme : chaque tradition a sa cohérence propre, et pour découvrir les trésors de la spiritualité chrétienne, y compris méditation, contemplation et autres exercices spirituels, mieux vaut se fier à la lecture de maîtres spirituels chrétiens qui ne cherchent pas à singer les bouddhistes parce que c'est vaguement à la mode.