Je me pose des questions

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Re: Je me pose des questions

par alextg » jeu. 19 juin 2014, 23:22

Bonsoir pierresuzanne,

Merci de me donner votre avis sur le sujet "Annulation après 12 ans de mariage, est-ce possible ?" dans le groupe "Le Christianisme "pour les nuls" !"

Bien cordialement

alextg

Re: Je me pose des questions

par alextg » jeu. 19 juin 2014, 23:21

Bonsoir Peccator,

Merci de me donner votre avis sur le sujet "Annulation après 12 ans de mariage, est-ce possible ?" dans le groupe "Le Christianisme "pour les nuls" !"

Bien cordialement

alextg

Re: Je me pose des questions

par Peccator » jeu. 19 juin 2014, 17:39

Bonjour Pénélope,
penelopé2 a écrit :1. Pourquoi à la messe les gestes sont-ils si codés et faut-il faire tous la même chose au même moment. Ne doit-on pas prier avec l'envie et l'amour plutôt que par obligation ?
La messe fait partie de ce qu'on appelle la liturgie, c'est à dire la prière publique de l'Eglise. Comme tout événement public, si on ne veut pas que ce soit le bazar, il faut bien qu'il y ait un peu d'ordre. Imaginez si une personne choisissait de faire une lecture, pendant qu'une autre entamerait un chant de louange...

Mal compris, les codes peuvent être vécus comme des contraintes, car leur respect empêche de faire ce qu'on veut, mais ils permettent aussi de faire quelque chose ensemble. Pour jouer au foot, il faut partager une même règle. Pour se parler, partager une même langue. La raison d'être d'un code, ce n'est pas de contraindre, mais de permettre. Il ne faut donc pas tant regarder ce que le code empêche de faire que ce qu'il permet de faire.

La prière de l'Eglise ne se limite pas à la liturgie, loin de là. Dans ce qu'on appelle les dévotions privées, la prière individuelle, chacun fait librement comme il le pense bon. Et pourtant, dès qu'on se réunit ne serait-ce qu'à 2 ou 3 pour prier ensemble, on voit bien qu'une certaine organisation se met en place.

Enfin, on n'oubliera pas qu'on ne fait pas Eglise seul. La célébration de la messe, ce n'est pas un groupe de personnes qui décident d'une heure pour prier ensemble. C'est le peuple de Dieu qui est convoqué, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Le sens premier du mot "Eglise", c'est l'assemblée de ceux qui ont répondu à une convocation.


D'autre part, le rituel liturgique n'est pas incompatible avec l'amour, ni avec l'envie de prier. Il faut l'aborder comme une éducation : apprendre à se laisser conduire, guider dans sa prière. Ne pas oublier que quand on prie, c'est en vérité l'Esprit qui prie en nous, à travers nous. Pendant la messe, il ne s'agit pas tant de ce qu'on fait que de ce qu'on écoute. C'est une erreur (très, très courante) que d'aller à la messe pour y faire quelque chose : il faut d'abord y aller pour y entendre ce que Dieu veut nous y dire. Pendant la messe, il n'y a qu'une seule personne qui parle : Dieu. Si nous essayons de parler nous aussi, nous avons du mal à l'entendre. Apprendre à prier selon les rituels liturgiques, c'est apprendre à écouter, et par là à se laisser façonner pour entrer plus avant dans une intimité avec le Seigneur.

Et c'est alors qu'on commence à comprendre que, réellement, "la liturgie est source et sommet de la vie de l'Eglise" (Sacrosanctum Concilium).


2. Pourquoi n'aurait-on pas le droit d'avoir de rapport sexuels avant le mariage ?
Je pense sincèrement que c'est une très mauvaise façon de poser le problème. Pour trouver la réponse à cette question, il faut déjà commencer par se demander ce qu'est réellement le mariage.

Trop souvent, on n'y voit que l'acte social de l'union de deux personnes, et dans certaines cultures, de deux familles. Cette dimension sociale existe, bien sûr. Mais ce n'est pas le sens profond du mariage chrétien.

Le mariage, c'est le choix libre de deux personnes qui décident de vivre pleinement leur amour, un amour libre, fécond, à l'image de l'amour divin.

Je vous invite à méditer, approfondir le sens du mariage, et ensuite, seulement ensuite, à vous demander ce qu'est alors une relation sexuelle hors du mariage. Il ne s'agit pas d'avoir le droit ou pas. Il s'agit de se demander si c'est ou pas un acte de charité, un acte qui soit le reflet de l'amour divin.

Et si, sincèrement, vous arriver à la conclusion que oui, c'est bien ainsi que vous le vivez, alors demandez-vous pourquoi vous refusez de vous marier.

je consent qu'un rapport sans sentiments ne soit pas "bon" (je le pense aussi), mais si il y a des sentiments mais que par une raison ou un autre nous ne voulons pas nous marier (religion différentes par exemple si lui est juif ? Ou tout simplement pour finir ses études ou parce que l'on ne sent pas encore assez prêt malgré la force de nos sentiments, car tout le monde peut se tromper.) ?
Avoir des relations sexuelles ne vous aidera pas à vous assurer de la force de vos sentiments.

Et des religions différentes n'empêchent pas un mariage civil. Certes, ce n'est qu'un compromis imparfait, mais si aucune alternative n'est possible, c'est déjà un acte concret qui montre votre volonté de vous engager, qui peut tout à fait être vécu chrétiennement, et qui n'est pas vide de sens ni de valeur.

Et pour vous laissez sur une note probablement déconcertante : l'amour n'est pas un sentiment. Il ne faut pas confondre l'amour et la passion amoureuse ;)

3. Pourquoi certaines personnes disent que l'homosexualité est péché ? Si c'est Dieu qui nous offre l'amour ...
Il faudrait demander aux personnes qui le disent.

Du point de vue chrétien, être homosexuel n'est pas un péché. Seul choisir d'accomplir des actes homosexuel l'est. Un péché, c'est quelque chose que l'on choisit de faire (en pensée ou en action), pas quelque chose que l'on est.
C'est une distinction que beaucoup considèrent comme étant "jouer sur les mots", et il est de bon ton de s'en gausser dans les médias. C'est regrettable, parce que c'est capital. Vraiment.


Enfin, il faut se demander si un acte homosexuel est réellement un acte d'amour : est-ce une ouverture à l'altérité, à la différence ? Est-ce un acte fécond ?

Et cela ramène à la question difficile du lien entre sexualité et amour : l'acte sexuel est-il nécessaire à une relation d'amour ?


4. Pourquoi certaine personnes catholiques (je ne vise personne en particularité et je ne veux en aucuns cas vous offenser) -et d’ailleurs d'autre religions aussi- n'acceptent-ils pas les différences ? (comme l'homosexualité, ou les autres religions etc ...)
Que voulez-vous dire par "n'acceptent pas les différences" ?

Certaines personnes sont ni plus ni moins que des êtres humains, avec leurs limites, leurs faiblesses, et parmi leurs faiblesses ont une certaine peur de ce qui est différent, peur qui entraîne un rejet, par réflexe de protection. Ce n'est pas spécifique aux catholiques.

Le christianisme est une démarche résolument inverse : il est précisément ouverture à la différence, puisqu'il est accueil de Dieu, qui est le Tout-Autre.


Maintenant, si votre question est "pourquoi certains catholiques ne considèrent-ils pas que le point de vue des personnes différentes est aussi valable que le leur", c'est parce que les catholiques savent que le relativisme est un piège, une cessation de la pensée, un refus de continuer à chercher la vérité.
Le relativisme, cette pseudo-pensée qui voudrait que "à chacun sa vérité", que "tout n'est que point de vue sur la vérité", est un fruit du scepticisme, cette façon de "penser" qui part du principe qu'il n'est pas possible de connaître la vérité, qu'il n'est pas possible de trancher entre les points de vue. Le scepticisme n'est pas nouveau dans l'histoire de l'humanité, mais il connait une résurgence très forte actuellement, avec le post-modernisme. Renonçant à toute possibilité de connaître la vérité, il cherche refuge dans les plaisirs du quotidien : mieux vaut vivre agréablement que se poser trop de questions, pensent beaucoup de nos contemporains.

Mais pour un chrétien, c'est une attitude impossible : notre recherche, c'est le Christ, ce Jésus qui est le chemin, la vérité, la vie. Affirmer qu'il n'est pas possible de connaître la vérité, c'est nier qu'il soit possible d'avoir une relation personnelle avec Jésus : c'est rejeter la foi chrétienne.


Dans cette recherche d'une union toujours plus parfaite avec le Christ, le chrétien s'efforce d'être toujours plus accueillant envers l'autre, envers celui qui est différent. Sans pour autant penser que tout se vaut. C'est une ligne de crête parfois difficile : ce n'est pas pour rien que St Jean de la Croix comparait la voie chrétienne à un chemin de montagne ardu et étroit, duquel il est facile de redescendre vers des cheminements confortables qui ramènent dans la vallée au lieu de conduire au sommet. Le rejet de l'autre par peur de la différence est l'un de ces chemins confortables. Le relativisme, qui prétend que sommes toute tous les chemins se valent, est un autre moyen de redescendre dans la vallée au lieu de se rapprocher du sommet.

Re: Je me pose des questions

par pierresuzanne » jeu. 19 juin 2014, 15:51

penelopé2 a écrit : 4/ Pourquoi certaine personnes catholiques -et d’ailleurs d'autre religions aussi- n'acceptent-ils pas les différences ? (comme..... les autres religions etc ...)
Aujourd'hui, je m'essaye à la question 4.
Les jeunes passent le bac, il faut bien que les vieux travaillent un peu également.

Si je comprends bien, il s'agit d'une question sur la liberté religieuse.

Vatican II a discerné que les hommes pouvaient être sauvés, sans forcement avoir reçu le baptême. C'est ce qu'on appelle la liberté religieuse. Cela signifie qu'un homme qui a cru de bonne volonté à une croyance erronée peut accéder au salut éternel, s'il s'est conduit en honnête homme et qu'il a été fidèle à sa religion.

Le Christ d'ailleurs nous a montré le chemin, dans un très bel enseignement :
« Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres : il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! » Alors les justes lui répondront : « Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? » Et le Roi leur répondra : « Amen, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. ». Alors il dira à ceux qui seront à gauche : « Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité. » Alors ils répondront, eux aussi : « Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ? » Il leur répondra : « Amen, je vous le dis, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait. » Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. » (Matthieu 25, 31-46).


Ce texte est très clair. Des hommes qui ne connaissent pas Jésus (et ne sont donc pas baptisés), peuvent accéder au salut éternel en pratiquant la charité envers les pauvres.



Que des hommes puissent être sauvés sans être chrétiens, ne signifie néanmoins pas que leurs convictions religieuses étaient exactes.
Notre Dieu est bon et Il aime les hommes. C'est à dire qu'Il veut leur bien, donc leur salut. Que dans Sa bonté, Il donne le salut à des non-chrétiens charitables, ne signifie pas que ces non-chrétiens avaient une foi conforme à la vérité.

Je vous donne un exemple.
L'islam est aujourd'hui le second monothéisme en nombre de fidèles. La liberté religieuse dont disposent les musulmans (selon les chrétiens) pour accéder au salut ne signifie pas que l'islam soit vrai.


Soyons précis : Le Dieu unique du Coran n'est pas le Dieu Unique de la Bible.
Yahvé, le Dieu Trinité de la Bible, crée le bien et le libre arbitre des hommes.
Allah, le Dieu du Coran, crée le bien et le mal, et des hommes sans libre arbitre.


Cela ne vous parait sans doute pas très important, mais c'est absolument essentiel. Les musulmans affirme que le Dieu des juifs, des chrétiens et des musulmans est le même. Ils disent cela parce que le Coran l'affirme (sourate 29, 46).
Mais, nous ,chrétiens, nous n'avons aucune raison de croire ce que dit le Coran. D'autant que l'analyse de la Bible et du Coran démontre que Allah et Yahvé ne sont pas les mêmes dieux.



1/ Le Coran est très clair : Allah est le créateur du mal : « Je cherche protection auprès du Seigneur de la fente [de la graine qui germe], contre le mal qu'Il a créé. » (Sourate 113, versets 1-2).
Alors que la Genèse (chapitre 1), parle de la création de Yahvé en disant toujours qu'elle est bonne.

2/ Adam dispose de la liberté et de la responsabilité de la terre dans la Genèse : « Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu'ils dominent sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre. » Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu, il le créa, homme et femme il les créa. Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez, emplissez la terre et soumettez-là : dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre.... » Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon. » (Genèse 1, 26-31).
Le Coran, lui, nie absolument que l'homme soit libre sur terre : Sourate. 2, 31-33.

Allah est donc créateur du bien, du mal et les hommes ne disposent pas de liberté. Cela signifie que les hommes n'agissent sur terre qu'en soumission à la décision de Allah. Dans le Coran, c'est Allah qui fabrique des hommes pécheurs : « Et c’est ainsi que Nous avons placé, dans toute cité, de grands criminels pour y exercer leurs intrigues. » (S. 6, 123). Et à la fin, c'est toujours Allah, le Maître des enfers, qui les torture Lui-même en enfer : « Ce jour-là, donc, nul ne saura châtier comme Lui châtie ! Et nul ne saura garrotter comme Lui garrotte. » (Sourate 89, 25-26).
On a vu que pour le Christ, le paradis est dans la proximité de Dieu et l'enfer dans l'éloignement de Dieu. On voit que pour le Coran, Allah est le maître des enfers, Il crée des hommes pécheurs pour pouvoir les torturer lui-même en enfers.
Naturellement, Allah ne peut pas être confondu avec Notre Dieu Trinité. Ce sont deux dieux totalement différents.

Il ne faut donc pas être confus : les religions qui existent ne sont pas toutes équivalentes. Un chrétien qui sait que Dieu est amour et que Dieu a créé des hommes libres, sait également que le Coran est un livre... hérétique. Le mot est violent, mais il n'est pas possible de dire autrement, car ce que le Coran raconte sur Dieu est faux.
Cependant, les musulmans ne sont que les victimes d'une conception religieuse erronée. Grâce à la miséricorde de Dieu, à Sa générosité et à leur exercice de la charité envers les pauvres, ils peuvent accéder au salut.


C'est cela la liberté religieuse.

C'est un peu technique, mais c'est important.
Croire en la liberté religieuse, ne doit pas conduire les chrétiens à imaginer que toutes les religions se valent.

Bien amicalement à vous.

J'espère vous avoir aidé à avancer dans votre réflexion.

Pierre-Elie.

Re: Je me pose des questions

par pierresuzanne » mer. 18 juin 2014, 9:29

penelopé2 a écrit :
2. Pourquoi n'aurait-on pas le droit d'avoir de rapport sexuels avant le mariage ? je consent qu'un rapport sans sentiments ne soit pas "bon" (je le pense aussi), mais si il y a des sentiments mais que par une raison ou un autre nous ne voulons pas nous marier (religion différentes par exemple si lui est juif ? Ou tout simplement pour finir ses études ou parce que l'on ne sent pas encore assez prêt malgré la force de nos sentiments, car tout le monde peut se tromper.) ?
3. Pourquoi certaines personnes disent que l'homosexualité est péché ? Si c'est Dieu qui nous offre l'amour ...
Bon allez, je m'y colle.
J'essaie de répondre à la question 2 ( + ou - 3 !).

Jésus à dit : " Soyez parfaits comme votre Père des cieux est parfaits " (Matthieu 5, 48).

Ça y est, j'ai répondu ! J'espère que vous êtes contente ?

Plaisanterie à part, je vous comprends parfaitement et je vais essayer de développer un peu :

D'abord, vous ne définissez pas bien le terme "amour" tel que l'emploie le Christ. Quand le Christ parle d'amour, il ne parle pas de sentiment, d’émotion, il parle d'un acte de volonté." Aimer " (pour Jésus) consiste à vouloir du bien à autrui.
C'est pour cela que Jésus a dit qu'il fallait aimer ses ennemis. Il ne s'agit pas éprouver pour eux de sensibilité tendre et émoustillante, ce serait du masochisme, et Jésus n'est pas maso. Quand Jésus aime ses ennemis, il souhaite leur bien et ne veut pas se venger : il les aime donc, mais nous ne sommes pas dans l'émotion, mais dans la générosité choisie.


Il ne faut pas donc confondre vos émotions avec l'amour, y compris conjugal.
Naturellement, il y a de la tendresse, de l'attachement, de la douceur dans l'amour conjugal, mais il y a également le choix d'être bon et la décision d'être fidèle.
On n'obéit pas qu'à ses émotions, ni à ses pulsions quand on est chrétien, mais on tente (autant que nos faiblesses nous le permettent) de les ordonner au bien, tel que la morale nous l'enseigne.
Vous faites donc l’amalgame entre emotion et amour. Or, bien des sentiments amoureux ne sont que l'expression de notre libido et non de notre capacité à vouloir le bien de l'autre.

Vous faites également l'amalgame entre ce qui fait plaisir et ce qui est bien.
Bien des choses font plaisir, mais ne font pas de bien. Nous sommes dans une société où le plaisir est devenu un Maître, presque une divinité. Un jour, j'ai entendu un jeune dire à propos de la drogue : " je ne peux pas arrêter, cela me fait plaisir " Ce à quoi, on lui a répondu, " Cela te fait certainement plaisir, mais cela ne te fait pas de bien ! " .
Parfois, effectivement, il faut renoncer à un plaisir immédiat, pour un bien supérieur.

Cela est un sacrifice, car l'attrait du plaisir, y compris sexuel naturellement, est puissant et peut être très envahissant dans la jeunesse et parfois également dans l'âge mûr.

Le Christ nous a donné un idéal : "Soyez parfaits comme votre Père des cieux est parfaits "
L'Eglise, qui n'a rien inventé, nous prescrit ce même idéal.
Naturellement, cela est difficile, voire impossible, à suivre ! Et alors ?
Que ce soit impossible à suivre, en raison de la faiblesse de notre péché, ne signifie pas que l'Eglise doive changer d'idéal.
Nous ne sommes pas un peuple de pharisiens hypocrites et menteurs, nous sommes un peuple pécheur et pardonné.


Personnellement, j'ai craqué... avant le mariage.
Et bien, j'ai été me confesser quelques jours avant mon mariage.
Je suis pécheur, je n'en suis pas fier, mais j'aime mon Dieu... du moins j'essaie.
Quand le Christ me dit " Soyez parfaits comme votre Père des cieux est parfaits ", je ne lui réponds pas : " ça va pas la tête ! c'est impossible, alors je te quitte. "
J'essaie de lui dire : " je n'y arrive pas et je te demande pardon ".

Croyez-vous réellement que Jésus ne savait pas que c'était difficile ? Pourquoi pensez-vous qu'il soit mort en croix ? Parce que nous étions parfaits ? Non, parce que nous sommes tous pécheurs !

Pour les homosexuels... et bien, ils sont pécheurs (ou blessés ou pauvres) dans leur sexualité, comme nous le sommes sans doute tous, plus ou moins. Qui n'a pas péché dans ce domaine ? Que celui qui n'a jamais péché contre la pureté leur jette la première pierre ! Les homosexuels chrétiens vivent leur sexualité dans la douleur, la culpabilité et peut-être la frustration.... finalement comme tout le monde à un moment ou à un autre de sa vie. Ce n'est de toute façon pas aux hétéro de les juger. Le Christ est le seul Juge ! Ils sont aimés de Dieu et pécheurs.... comme je le suis moi même.... et comme nous le sommes tous.

Mais ne confondons pas la charité chrétienne, ou le respect légitime envers les homosexuels, avec la loi sur le mariage pour tous. Ce sont deux sujets totalement différents, même si la dialectique perverse de notre gouvernement actuel a voulu nous le faire croire.
Une fois de plus, le mariage existe pour offrir stabilité, protection et éducation aux enfants. Les jeunes oublient toujours cela, tant leur sexualité les préoccupe : le mariage est ordonné à la naissance et à l'éducation des enfants. Il est donc extrêmement déviant de favoriser des lois qui encouragent et permettent l'homoparentalité. Les enfants ont absolument besoin d'un père et d'une mère pour grandir et s'épanouir le mieux possible. Être rassuré, paisible, équilibré, confiant dans l'avenir, apte à travailler, à apprendre, être bon, bien dans sa peau, généreux, demande d'avoir été éduqué dans une ambiance sereine, stable, " aimante", entre un homme et une femme engagés durablement l'un avec l'autre.
Une fois de plus : cela est un idéal impossible à atteindre, mais ce n'est pas parcequ'on est incapable d'être fidèle à l'idéal qu'il faut le supprimer et l'oublier.

Effectivement :" Soyez parfaits comme votre Père des cieux est parfaits" est une chose impossible à faire,..
...
Mais ce n'est pas une raison pour faire le pire, sous prétexte que nous ne pouvons pas y obéir, même un peu.


Reconnaissons-nous juste comme des hommes pécheurs, et marchons humblement avec notre Dieu, sans pharisaïsme et sans hypocrisie. Essayons de faire pour le mieux. Que la perfection nous soit impossible, ne doit pas signifier que nous abandons tout.

Car abandonner cet idéal chrétien... conduit au règne de la libido sans limite, tel que le connaissait l'empire romain avec toutes ses déviances plus effroyables.

L'idéal chrétien est une boussole ! Ne le quittez pas des yeux, même s'il est exigent. Le prix à payer pour vous, pour vos enfants, et pour l'avenir de votre lignée serait bien trop lourd à payer !

C'était quoi, déjà, la question n° 4 ? Je regarderai demain, si j'ai des idées.
Si vous n'êtes pas contente de mes réponses, vous pouvez tout à fait me le dire. Vous avez le droit de me contester, cela ne me dérange pas du tout.

Bon courage à vous.
On dit toujours que la jeunesse, c'est le bel âge ! Mais je pense que la jeunesse est une période de construction et de choix très difficile. Nous les "vieux", nous devrions être capables de nous en souvenir.

Pierre-Elie, un "vieux "!

Re: Je me pose des questions

par pierresuzanne » mar. 17 juin 2014, 18:58

penelopé2 a écrit :bonjours à tous,

Je vais mette mes questions sous forme de listing :
1. Pourquoi à la messe les gestes sont-ils si codés et faut-il faire tous la même chose au même moment. Ne doit-on pas prier avec l'envie et l'amour plutôt que par obligation ?
Chère penelopé2

Vos questions sont multiples.

Je choisis la première.... car j'ai toujours aimé l'ordre. :)

En fait, les hommes ont besoin de rites et de rituels, cela est nécessaire pour leur structure psychique.

Je vous donne un exemple.
Vous avez été à l'école.
Tous les lundis matins, vous aviez math à 8 h et français à 10 heures.
Bien sûr, cela vous faisait râler, parce que vous auriez préféré regarder un film à la TV ou jouer à l'ordi, ou discuter avec vos amies. Mais il y avait math à 8 h ! et français à 10 ! et il vous a fallu y aller sans discuter.

Mais un jour, grâce à cette discipline, vous allez acquérir un métier, qui vous permettra de nourrir vos enfants et d'être autonome par rapport à la société et par rapport à vos parents.
Vous marcherez alors fière de vous au soleil. Vous serez entourée de vos nombreux enfants, qui seront bien nourris grâce à votre travail. Vous serez avec un bon mari, qui vous aura choisi pour éduquer ses enfants et pas simplement pour satisfaire la pulsion sexuelle d'un moment. Bref, de votre travail et de votre ascèse de jeune fille, naître une vie heureuse et épanouie.


Donc la discipline des maths à 8 heures et du français à 10 heures, a été utile construire votre vie humaine ( au passage, j'ai répondu à la question n° 2, je suis assez fier de moi :siffle: )

Et bien ! pour la vie spirituelle, c'est pareil, si vous n'avez pas de structure, il n'y a plus de contenu et donc pas de foi.

Les paroles de la liturgie ont été méditées pendant des siècles par l'Eglise. Elles sont dans la pure orthodoxie. Elles parlent donc exactement et fidèlement de notre Dieu Trinité. Il n'y a aucune raison de les modifier, et il est impossible de s'en passer.
Car Notre Dieu n'est pas un Dieu imaginaire, c'est un Dieu révélé. Le contenu de la foi chrétienne doit donc s'apprendre au contact de l'Eglise qui est la gardienne de la juste doctrine. Et la façon la plus simple de connaitre la vérité sur Dieu est d'écouter la liturgie de l'Eglise... servie sur un plateau et facilement accessible tous les dimanches matins. Pourquoi s'en priver ?

Autre chose :
Sans liturgie, pas de foi et surtout aucune possibilité de transmettre votre foi à vos enfants.

Si vous vous contentez de prier vaguement dans un coin, selon l'impulsion du moment, vous ne parviendrez jamais à transmettre votre foi à vos enfants... tout au plus garderez-vous un vague vernis de foi chrétienne, mais nous serez incapable de la transmettre.
Cela a malheureusement été démontré par l'histoire récente.
Les jeunes parents chrétiens dans les années 1970/1980 ont arrêté de faire baptiser leurs enfants et de les envoyer au catéchisme : ils ont arrêté de transmettre leur foi par les sacrements. En une génération, la foi chrétienne les a abandonné... leurs enfants sont des païens qui ne connaissent plus rien au christianisme et auxquels ont fait croire n'importe quoi.

Vous êtes jeunes, donc vous n'avez pas encore conscience à quel point la vie amoureuse n'est pas réduite à la relation à deux (hors ou dans le mariage ). La vie amoureuse conduit à la naissance d'enfants, et il ne faut pas faire n'importe quoi pour les éduquer. Une fois qu'ils sont adultes et que l'on s’aperçoit qu'on a eu tord de les laisser sans sacrements.... il est trop tard !

Sans liturgie, pas de sacrement ! Sans sacrement, pas de foi !

Sans liturgie, pas de transmission de la foi à vos enfants !



Bien cordialement à vous,

Pierre-Elie.

Re: Je me pose des questions

par Teano » mar. 17 juin 2014, 13:27

Bonjour penelopé2,

Vos questions ont déjà été posées sur le forum, pour la plupart et vous trouverez en faisant une recherche, les posts qui y sont consacrés.

1/ Voyez la rubrique "Liturgie"
2 et 3/ Voyez la rubrique "Morale et éthique"
4/ Voyez la rubrique "Vie chrétienne" et "Apologétique".

Toutefois, je vous apporte déjà une réponse : nous n'avons aucun problème à accueillir nos semblables comme ils se présentent à nous. Cela ne signifie pas que nous considérons, pour des raisons morales et spirituelles, que toutes les situations se valent.

Dans la joie de Marie,

Teano

Je me pose des questions

par penelopé2 » mar. 17 juin 2014, 11:35

bonjours à tous,
J'ai actuellement 18 ans et je me pose pas mal de question sur ma religion.
Je suis chrétienne depuis ma plus tente enfance et même si je ne vais pas très souvent à la messe je suis croyante.
Cependant, en ce moment je me pose pas mal de questions.
Je vais mette mes questions sous forme de listing :
1. Pourquoi à la messe les gestes sont-ils si codés et faut-il faire tous la même chose au même moment. Ne doit-on pas prier avec l'envie et l'amour plutôt que par obligation ?
2. Pourquoi n'aurait-on pas le droit d'avoir de rapport sexuels avant le mariage ? je consent qu'un rapport sans sentiments ne soit pas "bon" (je le pense aussi), mais si il y a des sentiments mais que par une raison ou un autre nous ne voulons pas nous marier (religion différentes par exemple si lui est juif ? Ou tout simplement pour finir ses études ou parce que l'on ne sent pas encore assez prêt malgré la force de nos sentiments, car tout le monde peut se tromper.) ?
3. Pourquoi certaines personnes disent que l'homosexualité est péché ? Si c'est Dieu qui nous offre l'amour ...
4. Pourquoi certaine personnes catholiques (je ne vise personne en particularité et je ne veux en aucuns cas vous offenser) -et d’ailleurs d'autre religions aussi- n'acceptent-ils pas les différences ? (comme l'homosexualité, ou les autres religions etc ...)

Voilà je me pose beaucoup de questions et j’espère que vous pouvez m'aider.
Merci pour vos réponses
Amicalement :)

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