Bonjour Pénélope,
penelopé2 a écrit :1. Pourquoi à la messe les gestes sont-ils si codés et faut-il faire tous la même chose au même moment. Ne doit-on pas prier avec l'envie et l'amour plutôt que par obligation ?
La messe fait partie de ce qu'on appelle la liturgie, c'est à dire la prière publique de l'Eglise. Comme tout événement public, si on ne veut pas que ce soit le bazar, il faut bien qu'il y ait un peu d'ordre. Imaginez si une personne choisissait de faire une lecture, pendant qu'une autre entamerait un chant de louange...
Mal compris, les codes peuvent être vécus comme des contraintes, car leur respect empêche de faire ce qu'on veut, mais ils permettent aussi de faire quelque chose ensemble. Pour jouer au foot, il faut partager une même règle. Pour se parler, partager une même langue. La raison d'être d'un code, ce n'est pas de contraindre, mais de permettre. Il ne faut donc pas tant regarder ce que le code empêche de faire que ce qu'il permet de faire.
La prière de l'Eglise ne se limite pas à la liturgie, loin de là. Dans ce qu'on appelle les dévotions privées, la prière individuelle, chacun fait librement comme il le pense bon. Et pourtant, dès qu'on se réunit ne serait-ce qu'à 2 ou 3 pour prier ensemble, on voit bien qu'une certaine organisation se met en place.
Enfin, on n'oubliera pas qu'on ne fait pas Eglise seul. La célébration de la messe, ce n'est pas un groupe de personnes qui décident d'une heure pour prier ensemble. C'est le peuple de Dieu qui est convoqué, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Le sens premier du mot "Eglise", c'est l'assemblée de ceux qui ont répondu à une convocation.
D'autre part, le rituel liturgique n'est pas incompatible avec l'amour, ni avec l'envie de prier. Il faut l'aborder comme une éducation : apprendre à se laisser conduire, guider dans sa prière. Ne pas oublier que quand on prie, c'est en vérité l'Esprit qui prie en nous, à travers nous. Pendant la messe, il ne s'agit pas tant de ce qu'on fait que de ce qu'on écoute. C'est une erreur (très, très courante) que d'aller à la messe pour y faire quelque chose : il faut d'abord y aller pour y entendre ce que Dieu veut nous y dire. Pendant la messe, il n'y a qu'une seule personne qui parle : Dieu. Si nous essayons de parler nous aussi, nous avons du mal à l'entendre. Apprendre à prier selon les rituels liturgiques, c'est apprendre à écouter, et par là à se laisser façonner pour entrer plus avant dans une intimité avec le Seigneur.
Et c'est alors qu'on commence à comprendre que, réellement, "la liturgie est source et sommet de la vie de l'Eglise" (
Sacrosanctum Concilium).
2. Pourquoi n'aurait-on pas le droit d'avoir de rapport sexuels avant le mariage ?
Je pense sincèrement que c'est une très mauvaise façon de poser le problème. Pour trouver la réponse à cette question, il faut déjà commencer par se demander ce qu'est réellement le mariage.
Trop souvent, on n'y voit que l'acte social de l'union de deux personnes, et dans certaines cultures, de deux familles. Cette dimension sociale existe, bien sûr. Mais ce n'est pas le sens profond du mariage chrétien.
Le mariage, c'est le choix libre de deux personnes qui décident de vivre pleinement leur amour, un amour libre, fécond, à l'image de l'amour divin.
Je vous invite à méditer, approfondir le sens du mariage, et ensuite, seulement ensuite, à vous demander ce qu'est alors une relation sexuelle hors du mariage. Il ne s'agit pas d'avoir le droit ou pas. Il s'agit de se demander si c'est ou pas un acte de charité, un acte qui soit le reflet de l'amour divin.
Et si, sincèrement, vous arriver à la conclusion que oui, c'est bien ainsi que vous le vivez, alors demandez-vous pourquoi vous refusez de vous marier.
je consent qu'un rapport sans sentiments ne soit pas "bon" (je le pense aussi), mais si il y a des sentiments mais que par une raison ou un autre nous ne voulons pas nous marier (religion différentes par exemple si lui est juif ? Ou tout simplement pour finir ses études ou parce que l'on ne sent pas encore assez prêt malgré la force de nos sentiments, car tout le monde peut se tromper.) ?
Avoir des relations sexuelles ne vous aidera pas à vous assurer de la force de vos sentiments.
Et des religions différentes n'empêchent pas un mariage civil. Certes, ce n'est qu'un compromis imparfait, mais si aucune alternative n'est possible, c'est déjà un acte concret qui montre votre volonté de vous engager, qui peut tout à fait être vécu chrétiennement, et qui n'est pas vide de sens ni de valeur.
Et pour vous laissez sur une note probablement déconcertante : l'amour n'est pas un sentiment. Il ne faut pas confondre l'amour et la passion amoureuse
3. Pourquoi certaines personnes disent que l'homosexualité est péché ? Si c'est Dieu qui nous offre l'amour ...
Il faudrait demander aux personnes qui le disent.
Du point de vue chrétien, être homosexuel n'est pas un péché. Seul choisir d'accomplir des actes homosexuel l'est.
Un péché, c'est quelque chose que l'on choisit de faire (en pensée ou en action), pas quelque chose que l'on est.
C'est une distinction que beaucoup considèrent comme étant "jouer sur les mots", et il est de bon ton de s'en gausser dans les médias. C'est regrettable, parce que c'est capital. Vraiment.
Enfin, il faut se demander si un acte homosexuel est réellement un acte d'amour : est-ce une ouverture à l'altérité, à la différence ? Est-ce un acte fécond ?
Et cela ramène à la question difficile du lien entre sexualité et amour : l'acte sexuel est-il nécessaire à une relation d'amour ?
4. Pourquoi certaine personnes catholiques (je ne vise personne en particularité et je ne veux en aucuns cas vous offenser) -et d’ailleurs d'autre religions aussi- n'acceptent-ils pas les différences ? (comme l'homosexualité, ou les autres religions etc ...)
Que voulez-vous dire par "n'acceptent pas les différences" ?
Certaines personnes sont ni plus ni moins que des êtres humains, avec leurs limites, leurs faiblesses, et parmi leurs faiblesses ont une certaine peur de ce qui est différent, peur qui entraîne un rejet, par réflexe de protection. Ce n'est pas spécifique aux catholiques.
Le christianisme est une démarche résolument inverse : il est précisément ouverture à la différence, puisqu'il est accueil de Dieu, qui est le Tout-Autre.
Maintenant, si votre question est "pourquoi certains catholiques ne considèrent-ils pas que le point de vue des personnes différentes est aussi valable que le leur", c'est parce que les catholiques savent que le relativisme est un piège, une cessation de la pensée, un refus de continuer à chercher la vérité.
Le relativisme, cette pseudo-pensée qui voudrait que "à chacun sa vérité", que "tout n'est que point de vue sur la vérité", est un fruit du scepticisme, cette façon de "penser" qui part du principe qu'il n'est pas possible de connaître la vérité, qu'il n'est pas possible de trancher entre les points de vue. Le scepticisme n'est pas nouveau dans l'histoire de l'humanité, mais il connait une résurgence très forte actuellement, avec le post-modernisme. Renonçant à toute possibilité de connaître la vérité, il cherche refuge dans les plaisirs du quotidien : mieux vaut vivre agréablement que se poser trop de questions, pensent beaucoup de nos contemporains.
Mais pour un chrétien, c'est une attitude impossible : notre recherche, c'est le Christ, ce Jésus qui est le chemin, la vérité, la vie. Affirmer qu'il n'est pas possible de connaître la vérité, c'est nier qu'il soit possible d'avoir une relation personnelle avec Jésus : c'est rejeter la foi chrétienne.
Dans cette recherche d'une union toujours plus parfaite avec le Christ, le chrétien s'efforce d'être toujours plus accueillant envers l'autre, envers celui qui est différent. Sans pour autant penser que tout se vaut. C'est une ligne de crête parfois difficile : ce n'est pas pour rien que St Jean de la Croix comparait la voie chrétienne à un chemin de montagne ardu et étroit, duquel il est facile de redescendre vers des cheminements confortables qui ramènent dans la vallée au lieu de conduire au sommet. Le rejet de l'autre par peur de la différence est l'un de ces chemins confortables. Le relativisme, qui prétend que sommes toute tous les chemins se valent, est un autre moyen de redescendre dans la vallée au lieu de se rapprocher du sommet.