par Peccator » ven. 09 mai 2014, 12:12
Ca a l'air magnifique, vraiment, et j'aimerais bien pouvoir aller voir ça.
Mais il y a deux choses qui me dérangent un peu, qui me font me sentir un peu mal à l'aise :
1/ J'ai le sentiment que la phrase de Chateaubriant est exploitée dans le sens d'un retour au paganisme ou à l'animisme, d'un culte de la nature... Les chrétiens avaient christianisés les lieux de culte païens, là j'ai un sentiment de paganisation d'un lieu de culte chrétien, en douceur, avec tout plein de bon sentiments. C'est une démarche qui est loin d'être anodine. Il ne s'agit pas de crier au diable, mais d'être vigilant, de s'interroger sur les motivations sous-jacentes, plus ou moins conscientes d'ailleurs, d'une telle oeuvre artistique.
2/ cette phrase, qui est bien sous la plume de la revue Narthex (que je pensais être une revue catholique) : "L’Abbatial Saint-Ouen de Rouen, bijou de l’art gothique épuré de toute peinture ou statuaire religieuse, était le lieu parfait pour accueillir le projet."
Autant je conçois bien que l'absence de peinture ou statues soit tout à fait propice à ce projet, autant cela me dérange profondément de voir un auteur supposé catholique qualifier cette absence de "bijou épuré", comme si c'était là une qualité. Ce l'est peut-être sur le plan architectural, mais ce ne l'est certainement pas sur le plan de la foi.
Et j'en prend à témoin la réaction systématique d'une amie non-croyante, quand elle visite de telles églises : elle les trouve vide, froides, pas "habitées". Des lieux qui ont été vivants, mais qui ne le sont plus. Alors que spontanément, elle apprécie les églises décorées, avec des statues, les marques d'une présence de foi plus tangible, moins intellectuelle, plus accessible aux gens qui ne sont ni théologiens, ni spécialistes de l'architecture médiévale.
Et si on y réfléchit sous cet angle, quel est ce projet artistique, si ce n'est une façon de "peindre" la cathédrale pour y ramener de la vie. Sauf que ce n'est plus une vie de foi et de piété, mais une célébration de la nature. Comme quoi, mes deux points sont liés.
Ca a l'air magnifique, vraiment, et j'aimerais bien pouvoir aller voir ça.
Mais il y a deux choses qui me dérangent un peu, qui me font me sentir un peu mal à l'aise :
1/ J'ai le sentiment que la phrase de Chateaubriant est exploitée dans le sens d'un retour au paganisme ou à l'animisme, d'un culte de la nature... Les chrétiens avaient christianisés les lieux de culte païens, là j'ai un sentiment de paganisation d'un lieu de culte chrétien, en douceur, avec tout plein de bon sentiments. C'est une démarche qui est loin d'être anodine. Il ne s'agit pas de crier au diable, mais d'être vigilant, de s'interroger sur les motivations sous-jacentes, plus ou moins conscientes d'ailleurs, d'une telle oeuvre artistique.
2/ cette phrase, qui est bien sous la plume de la revue Narthex (que je pensais être une revue catholique) : "L’Abbatial Saint-Ouen de Rouen, bijou de l’art gothique [b]épuré de toute peinture ou statuaire religieuse[/b], était le lieu parfait pour accueillir le projet."
Autant je conçois bien que l'absence de peinture ou statues soit tout à fait propice à ce projet, autant cela me dérange profondément de voir un auteur supposé catholique qualifier cette absence de "bijou épuré", comme si c'était là une qualité. Ce l'est peut-être sur le plan architectural, mais ce ne l'est certainement pas sur le plan de la foi.
Et j'en prend à témoin la réaction systématique d'une amie non-croyante, quand elle visite de telles églises : elle les trouve vide, froides, pas "habitées". Des lieux qui ont été vivants, mais qui ne le sont plus. Alors que spontanément, elle apprécie les églises décorées, avec des statues, les marques d'une présence de foi plus tangible, moins intellectuelle, plus accessible aux gens qui ne sont ni théologiens, ni spécialistes de l'architecture médiévale.
Et si on y réfléchit sous cet angle, quel est ce projet artistique, si ce n'est une façon de "peindre" la cathédrale pour y ramener de la vie. Sauf que ce n'est plus une vie de foi et de piété, mais une célébration de la nature. Comme quoi, mes deux points sont liés.