par Jean-Mic » sam. 03 mai 2014, 15:07
etienne lorant a écrit :En effet, selon la tradition, Saint Sidoine fut chassé de la synagogue et renié par ses parents après sa guérison. Le moment venu d’annoncer l’Évangile, il embarqua avec Lazare, Marthe, Marie-Madeleine et d’autres disciples sur un bateau qui les emmena en Provence. Quand Maximin s’éteignit, Sidoine devint évêque d’Aix. Après sa mort, vers l’an 80, ses reliques furent placées dans la Basilique de Saint Maximin.
La légende est belle, mais ... c'est une légende !
Cette question, maintes fois débattue, trouve une réponse simple et catégorique : la légende en question est sans fondement crédible ! Lazare, Marthe et Marie ne sont jamais venus en Gaule et les deux saintes femmes n'ont jamais débarqué (en compagnie de leur hypothétique servante Sara) sur dans le delta du Rhône, sur les rivages de sable qui ont pris le nom de Saintes-Marie-de-la-Mer.
EN REVANCHE, il est certain que cette légende est ancienne et, surtout, qu'elle a alimenté un culte chrétien authentique. Ce culte n'apparaît en fait que tardivement et la légende n'est attestée au mieux qu'à l'époque carolingienne (quoiqu'en dise le site du diocèse de Fréjus-Toulon, qui parle de manière vague "des premiers siècles chrétiens").
Légende et culte des saintes Marie et de saint Lazare sont pourtant intimement liés à l'histoire provençale, et pour une certaine part, à l'identité provençale.
Ce qui est certain, c'est que le culte rendu à ces saints, à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, mais aussi à Vézelay (pour ne citer que les principaux sanctuaires qui leur sont dédiés), est AUTHENTIQUE. Sur des bases historiquement fausses, certes, mais avec une foi REELLE de la part des pèlerins et de leurs pasteurs.
On trouve le même phénomène, en plus complexe toutefois, avec un improbable débarquement de Zachée et de Véronique (devenus entre temps mari et femme !) à Bordeaux, et qui auraient évangélisé le Sud-Ouest de la France de Bordeaux à Bourges, en passant par Rocamadour et Conques ...
De telles légendes avaient évidemment pour but, conscient ou inconscient (!?), de prouver la très ancienne évangélisation de la Gaule (qui a pris en réalité plusieurs siècles). Il était sans doute plus facile, et peut-être plus valorisant, de saisir la filiation spirituelle de l'Evangile en se référant (quitte à tordre un peu la réalité historique) à des contemporains et compagnons du Christ lui-même que de se référer
au grec Irénée, disciple de Polycarpe, dont on suppose qu'il fut enseigné par (le) saint Jean (rédacteur de l'Apocalypse), dont on n'est pas certain qu'il soit le même que le saint Jean, l'un des douze ...
En résumé, on est bien en face de légendes, sans fondement historique crédible, mais la foi qui anime depuis longtemps la dévotion dans ces saints est ANTHENTIQUE et infiniment RESPECTABLE.
A la question "est-il légitime de vénérer les reliques ?", ma réponse est donc clairement "oui !"
A la question "ces reliques sont-elles bien les restes des saints ?", ma réponse est donc "pas sûr du tout, notamment pour les plus anciennes ! MAIS je suis heureux de m'associer par-delà les siècles à mes prédécesseurs dans la foi, et de m'associer dans la communion des saints à l'exemple et à la prière des saints".
A la question "faut-il douter de l'authenticité de TOUTES les reliques ?", ma réponse est "non ! à partir de la fin du Moyen-Âge, l'authenticité des reliques ne pas vraiment de doute ; auparavant, il convient d'être plus prudent sur leur authenticité, mais pas sur le culte qu'elles ont généré".
Fraternellement
[quote="etienne lorant"]En effet, selon la tradition, Saint Sidoine fut chassé de la synagogue et renié par ses parents après sa guérison. Le moment venu d’annoncer l’Évangile, il embarqua avec Lazare, Marthe, Marie-Madeleine et d’autres disciples sur un bateau qui les emmena en Provence. Quand Maximin s’éteignit, Sidoine devint évêque d’Aix. Après sa mort, vers l’an 80, ses reliques furent placées dans la Basilique de Saint Maximin.[/quote]La légende est belle, mais ... c'est une légende !
Cette question, maintes fois débattue, trouve une réponse simple et catégorique : la légende en question est sans fondement crédible ! Lazare, Marthe et Marie ne sont jamais venus en Gaule et les deux saintes femmes n'ont jamais débarqué (en compagnie de leur hypothétique servante Sara) sur dans le delta du Rhône, sur les rivages de sable qui ont pris le nom de Saintes-Marie-de-la-Mer.
EN REVANCHE, il est certain que cette légende est ancienne et, surtout, qu'elle a alimenté un culte chrétien authentique. Ce culte n'apparaît en fait que tardivement et la légende n'est attestée au mieux qu'à l'époque carolingienne (quoiqu'en dise le site du diocèse de Fréjus-Toulon, qui parle de manière vague "des premiers siècles chrétiens").
Légende et culte des saintes Marie et de saint Lazare sont pourtant intimement liés à l'histoire provençale, et pour une certaine part, à l'identité provençale.
Ce qui est certain, c'est que le culte rendu à ces saints, à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, mais aussi à Vézelay (pour ne citer que les principaux sanctuaires qui leur sont dédiés), est AUTHENTIQUE. Sur des bases historiquement fausses, certes, mais avec une foi REELLE de la part des pèlerins et de leurs pasteurs.
On trouve le même phénomène, en plus complexe toutefois, avec un improbable débarquement de Zachée et de Véronique (devenus entre temps mari et femme !) à Bordeaux, et qui auraient évangélisé le Sud-Ouest de la France de Bordeaux à Bourges, en passant par Rocamadour et Conques ...
De telles légendes avaient évidemment pour but, conscient ou inconscient (!?), de prouver la très ancienne évangélisation de la Gaule (qui a pris en réalité plusieurs siècles). Il était sans doute plus facile, et peut-être plus valorisant, de saisir la filiation spirituelle de l'Evangile en se référant (quitte à tordre un peu la réalité historique) à des contemporains et compagnons du Christ lui-même que de se référer [i]au grec Irénée, disciple de Polycarpe, dont on suppose qu'il fut enseigné par (le) saint Jean (rédacteur de l'Apocalypse), dont on n'est pas certain qu'il soit le même que le saint Jean, l'un des douze ...[/i]
En résumé, on est bien en face de légendes, sans fondement historique crédible, mais la foi qui anime depuis longtemps la dévotion dans ces saints est ANTHENTIQUE et infiniment RESPECTABLE.
A la question "est-il légitime de vénérer les reliques ?", ma réponse est donc clairement "oui !"
A la question "ces reliques sont-elles bien les restes des saints ?", ma réponse est donc "pas sûr du tout, notamment pour les plus anciennes ! MAIS je suis heureux de m'associer par-delà les siècles à mes prédécesseurs dans la foi, et de m'associer dans la communion des saints à l'exemple et à la prière des saints".
A la question "faut-il douter de l'authenticité de TOUTES les reliques ?", ma réponse est "non ! à partir de la fin du Moyen-Âge, l'authenticité des reliques ne pas vraiment de doute ; auparavant, il convient d'être plus prudent sur leur authenticité, mais pas sur le culte qu'elles ont généré".
Fraternellement