par Cinci » lun. 24 mars 2014, 16:19
«... le sceptre ne s'écartera pas de Juda
ni le bâton de chef d'entre ses pieds,
jusqu'à ce que vienne
Chiloh,
à lui les peuples obéiront.»
-
Gn 49, 10
... allusion à la royauté qui s'établira en Juda, symbolisée par le sceptre et par le bâton de chef que le souverain assis tient entre ses pieds - «Chiloh» : terme énigmatique, diversement interprété ou corrigé. La lecture : «jusqu'à ce qu'il vienne à Silo» n'offre pas un sens acceptable. Grec et lat : «jusqu'à ce que vienne ce qui lui est réservé». Sym : «celui à qui le bâton de chef est réservé». Targum d'Onkelos : «celui à qui appartient la royauté». De toute façon, c'est la désignation voilée de quelqu'un : Juda détient l'autorité jusqu'à la venue d'un personnage à qui les peuples obéiront. L'oracle se développe ainsi dans la perspective et l'attente d'un roi messianique idéal, même s'il vise d'abord David et sa dynastie Cf. vulg : «celui qui doit être envoyé». (note : Émile Osty)
«... Parce que ce peuple a méprisé les eaux de Siloé qui coulent doucement, et qu'il se réjouit au sujet de Rasin et du fils de,
7 à cause de cela, voici que le Seigneur va faire venir sur eux les eaux du fleuve, fortes et profondes, le roi d'Assyrie et toute sa puissance. Il s'élèvera partout au-dessus de son lit, et se répandra par-dessus toutes ses rives
8 Il pénétrera en Juda, il débordera, il inondera, il montera jusqu'au cou; et le déploiement de ses ailes couvrira toute l'étendue de ton pays, ô Emmanuel.»
-
Isaïe 8, 6
Pour la tentative d'explication :
Mais pourquoi de la boue ??? y a-t-il un symbole ici ?
Dans le récit de Jean 9,1-41 (prochain dimanche), la boue pourrait être comprise comme
ce qui masque la vue, la terre. Et le lavage à la piscine de Siloé comme parallèle pour le baptême, la
régénération qui permet de voir clair quant à l'identité de Jésus.
- Cf. «... Ananie s'en alla, entra dans la maison
et, posant sur lui les mains, il dit : «Saoul, mon
frère, c'est le Seigneur qui m'a envoyé - Jésus -
qui t'es apparut sur le chemin par où tu venais -
afin que tu recouvre la vue et que tu sois rempli
d'Esprit Saint. Et aussitôt tombèrent de ses yeux
comme des écailles, et il recouvra la vue. Et,
se levant, il fut baptisé [...]»
-Ac 9, 17
Il me semble qu'on peut interpréter le fait que Jésus envoie l'aveugle à la piscine et ne le guérit pas tout de suite comme la demande d'un acte de foi.
«... et il leur faisait cette injonction : «Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et au levain d'Hérode !» Et ils raisonnaient entre eux sur ce qu'ils n'avaient pas de pains. Et, s'en rendant compte, il leur dit : Pourquoi raisonnez-vous sur ce que vous n'avez pas de pains ? Vous ne saisissez pas encore et ne comprenez pas ! Vous avez le coeur endurci !
ayant des yeux vous ne regardez pas ! et ayant des oreilles, vous n'entendez pas ! Et vous ne vous rappelez pas, lorsque j'ai rompu les cinq pains pour les cinq mille, combien de couffins pleins de morceaux vous avez enlevés ? [...] Vous ne comprenez pas encore !
Et ils viennent à Bethsaïde, et on lui conduit un aveugle, et on le prie de le toucher. Et prenant la main de l'aveugle, il l'emmena hors du village et, crachant sur ses yeux, posant les mains sur lui, il l'interrogeait : «Est-ce que tu vois quelque chose ?» Et, levant les yeux, il disait : «Je vois les hommes; c'est comme des arbres que je les aperçois marcher.» Ensuite il posa de nouveau les mains sur ses yeux, et l'homme vit clair; il fut rétabli, et il percevait tout distinctement.»
-
Marc 8, 15-25
John P. Meier fait un lien entre
les divers récits de guérison d'aveugle, de Marc jusqu'à Jean.
- Marc a apporté une forte plus-value au message délivré par le récit, en attribuant à celui-ci un rôle charnière au coeur de la structure d'ensemble de son évangile. Il a doté la guérison de l'aveugle de 8,22-26 d'un double visage, à la manière d'un Janus.
D'une part, la guérison regarde en arrière; elle marque la fin des deux parties de la section des pains [...] La première partie commence avec la multiplication des pains pour cinq mille (6,30-44) et se termine avec la guérison de l'homme sourd-muet (7,32-37). La seconde commence avec la multiplication des pains pour les quatre mille (8,1-10) et se termine avec la guérison de l'aveugle (8,22-26), juste après que Jésus a rabroué ses disciples pour leur aveuglement devant le mystère de sa personne, un mystère qu'il avait essayé de leur révéler à travers les deux multiplications des pains (8,14-21).
Mais en même temps la guérison de Bethsaïde regarde aussi en avant, comme nous l'avons vu lorsque nous avons étudié le récit de Bartimée. La guérison de l'aveugle de Bethsaïde, qui se fait en deux temps, symbolise la guérison de la vision spirituelle des disciples de Jésus en deux étapes : d'abord la profession de Pierre à Césarée de Philippe, où il confesse que Jésus est le Messie (8,27-30), et ensuite la pleine vision qui ne sera rendue possible que par sa mort sur la croix et sa résurrection (cf Mc 9,9; 15,39; 16, 6-7)
(Source : Un certain juif Jésus, tome II, p.512 )
Bref, le délai -
le fait que Jésus ne guérit pas tout de suite - pourrait renvoyer comme à
la brouille ou
l'obstacle qui provient de la chair.
Le texte de Jean diffère des autres récits de guérison, parce que Jésus ne demande aucun acte de foi à l'aveugle avant de le guérir. Il va demander cet acte de foi
après, comme
après que l'aveugle aura recouvré la vue.
«... le sceptre ne s'écartera pas de Juda
ni le bâton de chef d'entre ses pieds,
jusqu'à ce que vienne [i]Chiloh[/i],
à lui les peuples obéiront.»
- [b]Gn 49, 10[/b]
[size=85]... allusion à la royauté qui s'établira en Juda, symbolisée par le sceptre et par le bâton de chef que le souverain assis tient entre ses pieds - «Chiloh» : terme énigmatique, diversement interprété ou corrigé. La lecture : «jusqu'à ce qu'il vienne à Silo» n'offre pas un sens acceptable. Grec et lat : «jusqu'à ce que vienne ce qui lui est réservé». Sym : «celui à qui le bâton de chef est réservé». Targum d'Onkelos : «celui à qui appartient la royauté». De toute façon, c'est la désignation voilée de quelqu'un : Juda détient l'autorité jusqu'à la venue d'un personnage à qui les peuples obéiront. L'oracle se développe ainsi dans la perspective et l'attente d'un roi messianique idéal, même s'il vise d'abord David et sa dynastie Cf. vulg : «celui qui doit être envoyé». (note : Émile Osty) [/size]
«... Parce que ce peuple a méprisé les eaux de Siloé qui coulent doucement, et qu'il se réjouit au sujet de Rasin et du fils de,
7 à cause de cela, voici que le Seigneur va faire venir sur eux les eaux du fleuve, fortes et profondes, le roi d'Assyrie et toute sa puissance. Il s'élèvera partout au-dessus de son lit, et se répandra par-dessus toutes ses rives
8 Il pénétrera en Juda, il débordera, il inondera, il montera jusqu'au cou; et le déploiement de ses ailes couvrira toute l'étendue de ton pays, ô Emmanuel.»
- [b]Isaïe 8, 6[/b]
Pour la tentative d'explication :
[quote]Mais [b]pourquoi de la boue ???[/b] y a-t-il un symbole ici ? [/quote]
Dans le récit de Jean 9,1-41 (prochain dimanche), la boue pourrait être comprise comme [b]ce qui masque la vue, la terre[/b]. Et le lavage à la piscine de Siloé comme parallèle pour le baptême, la [i]régénération[/i] qui permet de voir clair quant à l'identité de Jésus.
[list]Cf. «... Ananie s'en alla, entra dans la maison
et, posant sur lui les mains, il dit : «Saoul, mon
frère, c'est le Seigneur qui m'a envoyé - Jésus -
qui t'es apparut sur le chemin par où tu venais -
afin que tu recouvre la vue et que tu sois rempli
d'Esprit Saint. Et aussitôt tombèrent de ses yeux
comme des écailles, et il recouvra la vue. Et,
se levant, il fut baptisé [...]»
-[b]Ac 9, 17[/b] [/list]
[quote]Il me semble qu'on peut interpréter [color=#FF0000]le fait que Jésus[/color] envoie l'aveugle à la piscine et [color=#FF0000]ne le guérit pas tout de suite[/color] comme la demande d'un acte de foi. [/quote]
«... et il leur faisait cette injonction : «Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et au levain d'Hérode !» Et ils raisonnaient entre eux sur ce qu'ils n'avaient pas de pains. Et, s'en rendant compte, il leur dit : Pourquoi raisonnez-vous sur ce que vous n'avez pas de pains ? Vous ne saisissez pas encore et ne comprenez pas ! Vous avez le coeur endurci ! [i]ayant des yeux vous ne regardez pas ! et ayant des oreilles, vous n'entendez pas[/i] ! Et vous ne vous rappelez pas, lorsque j'ai rompu les cinq pains pour les cinq mille, combien de couffins pleins de morceaux vous avez enlevés ? [...] Vous ne comprenez pas encore !
Et ils viennent à Bethsaïde, et on lui conduit un aveugle, et on le prie de le toucher. Et prenant la main de l'aveugle, il l'emmena hors du village et, crachant sur ses yeux, posant les mains sur lui, il l'interrogeait : «Est-ce que tu vois quelque chose ?» Et, levant les yeux, il disait : «Je vois les hommes; c'est comme des arbres que je les aperçois marcher.» Ensuite il posa de nouveau les mains sur ses yeux, et l'homme vit clair; il fut rétabli, et il percevait tout distinctement.»
- [b]Marc 8, 15-25[/b]
John P. Meier fait un lien entre [size=150]les divers récits de guérison d'aveugle[/size], de Marc jusqu'à Jean.
[list]
[color=#808000]Marc a apporté une forte plus-value au message délivré par le récit, en attribuant à celui-ci un rôle charnière au coeur de la structure d'ensemble de son évangile. Il a doté la guérison de l'aveugle de 8,22-26 d'un double visage, à la manière d'un Janus.
D'une part, la guérison regarde en arrière; elle marque la fin des deux parties de la section des pains [...] La première partie commence avec la multiplication des pains pour cinq mille (6,30-44) et se termine avec la guérison de l'homme sourd-muet (7,32-37). La seconde commence avec la multiplication des pains pour les quatre mille (8,1-10) et se termine avec la guérison de l'aveugle (8,22-26), [u]juste après que Jésus a rabroué ses disciples pour leur aveuglement devant le mystère de sa personne[/u], un mystère qu'il avait essayé de leur révéler à travers les deux multiplications des pains (8,14-21).
Mais en même temps la guérison de Bethsaïde regarde aussi en avant, comme nous l'avons vu lorsque nous avons étudié le récit de Bartimée. La guérison de l'aveugle de Bethsaïde, qui se fait [u]en deux temp[/u]s, symbolise la guérison de la vision spirituelle des disciples de Jésus en deux étapes : d'abord la profession de Pierre à Césarée de Philippe, où il confesse que Jésus est le Messie (8,27-30), et ensuite la pleine vision qui ne sera rendue possible que par sa mort sur la croix et sa résurrection (cf Mc 9,9; 15,39; 16, 6-7)
(Source : [u]Un certain juif Jésus[/u], tome II, p.512 )[/color][/list]
Bref, le délai - [color=#FF0000]le fait que Jésus ne guérit pas tout de suite[/color] - pourrait renvoyer comme à [color=#FF0000]la brouille[/color] ou [color=#FF0000]l'obstacle qui provient de la chair[/color].
Le texte de Jean diffère des autres récits de guérison, parce que Jésus ne demande aucun acte de foi à l'aveugle avant de le guérir. Il va demander cet acte de foi [i]après[/i], comme [i]après[/i] que l'aveugle aura recouvré la vue.