par francismichel » ven. 23 janv. 2015, 20:57
Héraclius a écrit :Bonjour,
Je ressuscite ce post parce que j'ai depuis un peu étudié ce grand Saint. Et une chose m'a frappé : il était nestorien, évêque membre de la hiérarchie l'Eglise de l'Orient de tradition syriaque orientale.
Cela soulève une question intéressante : y a-t-il des saints hétérodoxes ?
Ma réponse serait oui (mille fois oui, lorsque l'on voit les beautés de l'orient chrétien, même schismatique, même hérétique !). Mais mon opinion n'a pas grande valeur.
Est-il d'ailleurs inscrit au martyrologe romain ? (J'ai échoué à en trouver une version récente et facile d'utilisation sur le net).
Ses écrits sont en tout cas fascinants ; ils sont emplis de cette lumière propre au monachisme oriental, notamment dans sa version copte et syriaque.
Héraclius -
Bonjour Héraclius,
Votre questionnement personnel m'a fait sourire, et m'a invité à vous faire lire ce propos du Père André Borrely quant aux limites véritables de l'Eglise et à la puissance de sanctification en dehors de nos Eglises (confessionnelles) respectives:
Des hommes et des femmes tels François d’Assise et sainte Thérèse de Lisieux, le saint curé d’ars et saint Maximilien Kolbe sont là pour témoigner qu’il y a une puissance divine de sanctification et de divinisation réellement à l’œuvre dans les communautés non orthodoxes, pour montrer qu’en des chrétiens non orthodoxes, le corps et le sang du Christ reçus dans la divine communion sont parvenus à réaliser la destinée chrétienne, à savoir la déification par le Saint Esprit.
C’est ce que pensait le métropolite Euloge qui en 1934, à Lyon, remarquait : « il me semble bien que saint Séraphin de Sarov ou saint François d’Assise, ou d’autres serviteurs de Dieu ont déjà réalisé dans le labeur de leur vie l’idée de l’union des églises. Ce sont ces saints citoyens de l’église universelle unique, qui ont pour ainsi dire surmonté les divisions confessionnelles dans les sphères suprêmes. Dans les hauteurs, dans leurs saintes âmes, ils ont déjà abattu les murailles dont parlait naguère Platon de Kiev : les murailles de la division n’arrivent pas jusqu’au ciel ».
L’apophatisme devrait inspirer à tous les orthodoxes la conviction qu’ils doivent demeurer dans l’ignorance des frontières réelles de l’église. Dieu seul connaît les limites effectives de l’église. Nous devons refuser résolument de confondre la réalité effective de l’Eglise avec ce que nous pouvons humainement en percevoir et concevoir.
De l’apostolicité, de la catholicité, de la sainteté, de l’unité, bref de l’ecclésialité existe, à des degrés divers, certes, mais réels, en dehors des limites visibles et conceptualisables de l’Eglise orthodoxe. Les orthodoxes doivent être prêt à admettre avec joie et action de grâce que, par et dans l’Esprit Saint, la rédemption du Christ ressuscité atteint des hommes et des femmes pour lesquels la réception du baptême n’a jamais pu se poser, pour des raisons historiques, culturelles, sociologiques, géographiques ou psychologiques…
Propos du Père André Borrely
En d'autres termes, progresser dans votre foi et connaissance de son contenu, par les saints pères, essayer de vivre du mieux possible saintement, et ne juger pas votre prochain. Qui est hérétique ? Seul Dieu sait et peut être pas celui que vous croyez, par le moyen de votre raison.
Fraternellement en Christ
Francis
[quote="Héraclius"]Bonjour,
Je ressuscite ce post parce que j'ai depuis un peu étudié ce grand Saint. Et une chose m'a frappé : il était nestorien, évêque membre de la hiérarchie l'Eglise de l'Orient de tradition syriaque orientale.
Cela soulève une question intéressante : y a-t-il des saints hétérodoxes ?
Ma réponse serait oui (mille fois oui, lorsque l'on voit les beautés de l'orient chrétien, même schismatique, même hérétique !). Mais mon opinion n'a pas grande valeur.
Est-il d'ailleurs inscrit au martyrologe romain ? (J'ai échoué à en trouver une version récente et facile d'utilisation sur le net).
Ses écrits sont en tout cas fascinants ; ils sont emplis de cette lumière propre au monachisme oriental, notamment dans sa version copte et syriaque.
Héraclius -[/quote]
Bonjour Héraclius,
Votre questionnement personnel m'a fait sourire, et m'a invité à vous faire lire ce propos du Père André Borrely quant aux limites véritables de l'Eglise et à la puissance de sanctification en dehors de nos Eglises (confessionnelles) respectives:
[quote]Des hommes et des femmes tels François d’Assise et sainte Thérèse de Lisieux, le saint curé d’ars et saint Maximilien Kolbe sont là pour témoigner qu’il y a une puissance divine de sanctification et de divinisation réellement à l’œuvre dans les communautés non orthodoxes, pour montrer qu’en des chrétiens non orthodoxes, [b]le corps et le sang du Christ reçus dans la divine communion sont parvenus à réaliser la destinée chrétienne, à savoir la déification par le Saint Esprit. [/b]
C’est ce que pensait le métropolite Euloge qui en 1934, à Lyon, remarquait : « il me semble bien que [b]saint Séraphin de Sarov ou saint François d’Assise, ou d’autres serviteurs de Dieu ont déjà réalisé dans le labeur de leur vie l’idée de l’union des églises. Ce sont ces saints citoyens de l’église universelle unique, qui ont pour ainsi dire surmonté les divisions confessionnelles dans les sphères suprêmes.[/b] Dans les hauteurs, dans leurs saintes âmes, ils ont déjà abattu les murailles dont parlait naguère Platon de Kiev : les murailles de la division n’arrivent pas jusqu’au ciel ».
L’apophatisme devrait inspirer à tous les orthodoxes la conviction qu’ils doivent demeurer dans l’ignorance des frontières réelles de l’église. Dieu seul connaît les limites effectives de l’église. Nous devons refuser résolument de confondre la réalité effective de l’Eglise avec ce que nous pouvons humainement en percevoir et concevoir.
De l’apostolicité, de la catholicité, de la sainteté, de l’unité, bref de l’ecclésialité existe, à des degrés divers, certes, mais réels, en dehors des limites visibles et conceptualisables de l’Eglise orthodoxe. Les orthodoxes doivent être prêt à admettre avec joie et action de grâce que, par et dans l’Esprit Saint, la rédemption du Christ ressuscité atteint des hommes et des femmes pour lesquels la réception du baptême n’a jamais pu se poser, pour des raisons historiques, culturelles, sociologiques, géographiques ou psychologiques…
Propos du Père André Borrely[/quote]
[b]En d'autres termes, progresser dans votre foi et connaissance de son contenu, par les saints pères, essayer de vivre du mieux possible saintement, et ne juger pas votre prochain. Qui est hérétique ? Seul Dieu sait et peut être pas celui que vous croyez, par le moyen de votre raison.[/b]
Fraternellement en Christ
Francis