par prodigal » ven. 24 janv. 2014, 16:13
Je rappelle que nous examinons les différentes possibilités logiques d'articulation entre vérité et religion.
Dans un premier temps, et c'est ce qui m'a fait réagir, Raistlin a prétendu qu'il n'y avait que deux possibilités : l'une serait qu'une seule religion a le monopole de la vérité (ce qui, en l'absence de précision, pourrait être pris pour du fondamentalisme), l'autre serait que toutes les religions sont fausses (athéisme borné). Heureusement, nous ne sommes pas obligés de choisir entre une sottise et une autre, c'est pourquoi j'ai entrepris de dresser une liste non exhaustive de possibilités théoriques. Voici l'historique.
Ceci répond à Mac. Mac, vous me parlez d'un argument. Ce n'était pas mon propos. Mais je suis d'accord avec vous. Deux choses sont en effet vraisemblables : la première est que si partout, depuis l'origine, la culture humaine comprend une dimension religieuse, c'est qu'il y a du vrai dans la religion. La seconde est qu'aucune n'a totalement tort (ce que confirme d'ailleurs le prologue de l'évangile selon saint Jean). Une troisième n'est pas certaine, mais trouve une crédibilité : il se pourrait que le Verbe de Dieu qui s'est exprimé en tous temps se soit une fois incarné, en Jésus-Christ. Cette présentation des choses me paraît bien plus recevable logiquement que l'idée selon laquelle les hommes auraient toujours déliré, sauf une fois.
Raistlin, votre réponse apporte des précisions qui ne vont plus dans le sens fondamentaliste de votre premier message, et je m'en réjouis. Cette fois vous distinguez l'essentiel de l'accidentel, et je suis bien d'accord avec vous. L'affaire Galilée, que je connais assez bien, rassurez-vous, ne prouve rien en effet qui puisse résoudre notre question. Parce qu'elle ne touche pas le dogme, oui, mais pas seulement. Parce qu'elle ne concerne pas ce que la tradition catholique appelle les vérités de foi, partie essentielle du dogme, exprimée dans le Credo.
Je suis d'accord avec vous. C'est bien là-dessus qu'il faut juger la vérité de la religion chrétienne, sur le Credo. Mais alors il faut appliquer aux autres ce que l'on s'applique à soi-même. On ne peut donc juger la vérité des autres religions que sur ce qu'elles présentent comme essentielles (encore faut-il bien le connaître), ce sur quoi elles s'engagent, comme s'engage saint Paul en disant que "si Jésus-Christ n'est pas ressuscité notre foi est vaine" (je découvre en postant que Gerardh a envoyé cette citation juste avant moi!). En revanche, on ne jugera pas le christianisme sur la Légende Dorée, ni le bouddhisme sur ce qu'on croit savoir de la réincarnation.
Récapitulons. Il y a en effet une originalité stupéfiante du christianisme, qui est de s'engager totalement sur des faits considérés comme historiques, venant authentifier une Parole divine qui s'est constamment manifestée en ce monde mais sans être reconnue. Face à cette prétention à la vérité d'un type sans précédent, quelles sont les possibilités de jugement?
1) Le christianisme est une invention délirante, comme toutes les religions (matérialisme athée "agressif").
2) Le christianisme est totalement vrai, et intègre en lui tout ce que les autres religions ont pu pressentir de la vérité (catholicisme).
3) Le christianisme est une mythologie qui s'ignore, porteuse de vérité, comme la plupart des religions (humanisme agnostique).
4) Le christianisme est un pressentiment de la vérité, à destination des esprits simples, dans l'attente de la révélation ultime (ésotérisme, en particulier musulman).
Je rappelle que nous examinons les différentes possibilités logiques d'articulation entre vérité et religion.
Dans un premier temps, et c'est ce qui m'a fait réagir, Raistlin a prétendu qu'il n'y avait que deux possibilités : l'une serait qu'une seule religion a le monopole de la vérité (ce qui, en l'absence de précision, pourrait être pris pour du fondamentalisme), l'autre serait que toutes les religions sont fausses (athéisme borné). Heureusement, nous ne sommes pas obligés de choisir entre une sottise et une autre, c'est pourquoi j'ai entrepris de dresser une liste non exhaustive de possibilités théoriques. Voici l'historique.
Ceci répond à Mac. Mac, vous me parlez d'un argument. Ce n'était pas mon propos. Mais je suis d'accord avec vous. Deux choses sont en effet vraisemblables : la première est que si partout, depuis l'origine, la culture humaine comprend une dimension religieuse, c'est qu'il y a du vrai dans la religion. La seconde est qu'aucune n'a totalement tort (ce que confirme d'ailleurs le prologue de l'évangile selon saint Jean). Une troisième n'est pas certaine, mais trouve une crédibilité : il se pourrait que le Verbe de Dieu qui s'est exprimé en tous temps se soit une fois incarné, en Jésus-Christ. Cette présentation des choses me paraît bien plus recevable logiquement que l'idée selon laquelle les hommes auraient toujours déliré, sauf une fois.
Raistlin, votre réponse apporte des précisions qui ne vont plus dans le sens fondamentaliste de votre premier message, et je m'en réjouis. Cette fois vous distinguez l'essentiel de l'accidentel, et je suis bien d'accord avec vous. L'affaire Galilée, que je connais assez bien, rassurez-vous, ne prouve rien en effet qui puisse résoudre notre question. Parce qu'elle ne touche pas le dogme, oui, mais pas seulement. Parce qu'elle ne concerne pas ce que la tradition catholique appelle les vérités de foi, partie essentielle du dogme, exprimée dans le Credo.
Je suis d'accord avec vous. C'est bien là-dessus qu'il faut juger la vérité de la religion chrétienne, sur le Credo. Mais alors il faut appliquer aux autres ce que l'on s'applique à soi-même. On ne peut donc juger la vérité des autres religions que sur ce qu'elles présentent comme essentielles (encore faut-il bien le connaître), ce sur quoi elles s'engagent, comme s'engage saint Paul en disant que "si Jésus-Christ n'est pas ressuscité notre foi est vaine" (je découvre en postant que Gerardh a envoyé cette citation juste avant moi!). En revanche, on ne jugera pas le christianisme sur la Légende Dorée, ni le bouddhisme sur ce qu'on croit savoir de la réincarnation.
Récapitulons. Il y a en effet une originalité stupéfiante du christianisme, qui est de s'engager totalement sur des faits considérés comme historiques, venant authentifier une Parole divine qui s'est constamment manifestée en ce monde mais sans être reconnue. Face à cette prétention à la vérité d'un type sans précédent, quelles sont les possibilités de jugement?
1) Le christianisme est une invention délirante, comme toutes les religions (matérialisme athée "agressif").
2) Le christianisme est totalement vrai, et intègre en lui tout ce que les autres religions ont pu pressentir de la vérité (catholicisme).
3) Le christianisme est une mythologie qui s'ignore, porteuse de vérité, comme la plupart des religions (humanisme agnostique).
4) Le christianisme est un pressentiment de la vérité, à destination des esprits simples, dans l'attente de la révélation ultime (ésotérisme, en particulier musulman).