Du libre-arbitre

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Re: Du libre-arbitre

par Didyme » jeu. 23 janv. 2025, 14:50

Didyme a écrit :J'aurais envie de dire que tant que nous sommes dans l'exercice d'un libre-arbitre c'est que nous ne sommes pas libre. Mais une fois dans la liberté, cela ne signifie pas que nous n'avons plus de volonté. Bien au contraire car nous avons une volonté libérée du tiraillement des contraire, libérée de l'incertitude, de l'inconnaissance constitutive du libre-arbitre.

"Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira" (Jean 8:32)
"Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira" (Jean 8:32)

Il est d'ailleurs intéressant de noter une subtilité dans ce passage.
C'est le fait de connaître la vérité qui rend libre.
D'une, cela confirme que la Vérité atteinte libère des contraires, des errements du libre-arbitre.
Il semble que lorsqu'on connaît la Vérité alors nous ne sommes plus portés aux contraires, au péché car affranchis. Et c'est cette "incapacité" aux contraires, au péché (supposément constitutives du libre-arbitre...) qui constitue pourtant la véritable liberté.
D'autre part, cela interroge sur l'hypothèse trop souvent admise que la chute, notamment des anges s'est faite en pleine lumière.
Il semble plutôt que les anges déchus soient au contraire "stupides", qu'ils aient fait ce choix sans connaissance de la Vérité. Et qu'ils ne l'ont donc pas fait en pleine lumière.

Re: Du libre-arbitre

par Didyme » jeu. 23 janv. 2025, 14:44

cmoi a écrit :Il n’y a pas d’autre solution, face aux obstacles et aux tentations, pour rester libre et non se leurrer (présomption, orgueil, etc.), que de s’appuyer sur la foi et de lâcher-prise.
Par l'expérience on peut souvent s'en rendre compte que de cette sensation de liberté, de légèreté lorsqu'on lâche prise, qu'on cesse de lutter, de gesticuler.

cmoi a écrit :D’une façon ou d’une autre, notre liberté n’agit pas que pour nous seul mais nous associe aux autres, nous sommes responsables et solidaires, nous ne vivons pas dans notre bulle et les autres ont autant de valeur que nous (ce qui peut se dire à l'envers), d’où l’importance de l’obéissance juste (envers qui… pas seulement Dieu !) qui n’empiète en rien sur notre liberté mais en fait partie et pourquoi nous sommes « créatifs ».
C'est étonnant ce que vous dites car ça se rapproche d'une réflexion que je voulais poster dans le fil sur l'unité et que je me permets d'exposer ici du coup.


Être qui je suis n'a de réalité, consistance qu'en rapport à l'autre, à tous (unité). Individuelle, solitaire, je suis mort et je me perds moi-même. L'être étant relation par nature, je ne peut être, être qui je suis si je vais à l'opposé de la nature de l'être.

Être qui je suis c'est donc être-avec. Je ne suis pleinement moi-même qu'en relation avec tous, dans l'ensemble, en Dieu.


En effet, la liberté tirant son principe en Dieu, elle ne peut être cette liberté "du monde" individuelle, individualiste. Il s'agit bien plutôt d'une liberté de relation, d'unité.

Re: Du libre-arbitre

par ThéophileduSegala » jeu. 23 janv. 2025, 3:14

Je constate que cette question vous touche particulièrement, cher frère.

Ce qui me semble fascinant, c’est que la véritable liberté se trouve dans la soumission.

Le yang pur au cœur du yin ! ☯️

Et inversement haha 😅
Ceux qui pensent pouvoir se passer de l’Esprit Saint sont, en réalité, enchaînés à leurs passions.

Pour ma part, je me satisfais de ma condition d’« esclave », si je puis dire.

J’ai l’illusion d’un libre arbitre, et cela m’aide à fonctionner dans cette réalité.

Plus je me soumets au Saint-Esprit, plus je trouve la paix, car je Lui permets de prendre les décisions et de guider mes pas.

Je vis sans inquiétude pour le lendemain, dans une confiance qui grandit chaque jour.

C’est un véritable travail d’attention et de présence au Seigneur.

Comme le prophète Jérémie l’a écrit :
« Il n’appartient pas à l’homme qui marche de diriger ses pas. »
— Jérémie 10:23
Si nous possédons réellement un libre arbitre, alors il ne devrait servir qu’à s’abandonner au Saint-Esprit.

Soumis et libre ! 🔥
C’est Lui, le Consolateur…

Re: Du libre-arbitre

par Didyme » jeu. 23 janv. 2025, 1:58

ThéophileduSegala a écrit : mer. 22 janv. 2025, 15:21 Bonjour à toutes et à tous,

Veuillez m’excuser si je n’ai pas lu l’intégralité de ce fil de discussion, j’ai pourtant essayé, promis 😅
:-@

Non c'est pas grave. C'est la raison pour laquelle j'hésite parfois à relancer de vieux sujets plutôt que d'en relancer de nouveaux, c'est que ça peut rebuter. Mais c'est bien de vous y êtes lancé malgré tout. ;)

ThéophileduSegala a écrit :Avais-je vraiment le choix ? 🤔

Quoiqu’il en soit, c’est un sujet qui m’a longtemps passionné, et je souhaitais partager ma réflexion.

Un jour, j’ai eu cette illumination, le libre arbitre n’est qu’une illusion! 🤯

Je me souviens très bien de ce jour (c’était la nuit), cette idée a surgit comme une bombe dans ma vie.

En approfondissant, je me suis rendu compte que ce débat traverse l’histoire de la philosophie et continue d’animer les esprits depuis des siècles.

Mon point de vue, aujourd’hui, est le suivant : le véritable libre arbitre, pur et absolu, n’existe pas encore.
Moi aussi, j'ai connu une prise de conscience il y a de nombreuses années sur cette question du choix qui a bouleversé ma foi (et tant mieux je dois dire :) ).

Mais si la définition classique du libre-arbitre m'amènerait à la même conclusion que vous (et je partage assez ce que vous dites), il y a que l'on est tout de même doté d'une volonté et que l'on agit tout de même volontairement.

Ce qui m'apparaît c'est que le libre-arbitre n'est pas une fin en soi telle qu'on peut l'appréhender selon l'optique athée, où le libre-arbitre consiste à se déterminer, à faire ce qu'on veut, à être son propre Dieu et maître, à faire des choix pour le choix. L'objet du libre-arbitre consistant à pouvoir faire des choix sans autre fin que de faire des choix. Et où pour qu'il y ait véritablement choix libre il faudrait que l'on puisse choisir entre des contraires.
Non, le libre-arbitre m'apparaît aujourd'hui davantage comme un moyen. Car pouvoir faire des choix entre des contraires semble témoigner d'une non-liberté justement. Paradoxalement, cela résulte du fait même de ne pas être libre, que la personne n'est pas en pleine possession d'elle-même, qu'elle se cherche, qu'elle cherche, qu'elle n'est pas dans la vérité. Or, le libre-arbitre apparaît plutôt comme un moyen, une capacité d'apprentissage, d'expérimentation à travers ses choix, ses tâtonnements, ses oscillations, mais aussi ses chutes. Et ceci dans la recherche de la Vérité. (Jean 8:32)

Lorsque l'on est véritablement libre, que l'on est dans la Vérité alors le libre-arbitre n'a plus de raison d'être quelque part (d'autant plus selon le principe d'unité, de communion) puisqu'il n'y a plus alors ni raison ni utilité à pouvoir choisir entre des contraires. Il y a juste à être, à se recevoir de Dieu (mourir à soi-même), où la volonté consiste à mouvoir son être, à exprimer ce qu'on a en soi. Il n'y a plus de choix tiraillé mais il s'agit simplement d'être soi, en vérité.

ThéophileduSegala a écrit :Il sera réservé aux enfants de Dieu, que la création attend avec impatience :

En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu.
Un esclave n’est pas maître de ses choix.
Le libre arbitre véritable, dans son essence la plus pure, reste donc hors de portée.

Ce n’est qu’à travers cette révélation et cette libération que l’humanité pourra accéder à une véritable liberté de choix.
:toast:

On fera sûrement une grande fête, ce jour là hahaha 🥳

A la gloire de notre Sauveur, qui nous aura à jamais libéré des chaînes de toute forme d'esclavage.

Et il y’en a beaucoup, des chaînes 🫤

❤️❤️❤️
Effectivement.
On sait bien que l'on subit des influences, des interactions, des états, que notre condition de créature finie, limitée, que notre condition de pécheur, et d'autres choses, tout ça a une influence.
La preuve, nos choix sont changeant. Si la volonté était parfaitement libre, on ne ferait pas des choix différents (du moins, on ne serait pas porté aux contraires), on irait toujours dans la même direction. Or, l'expérience nous montre bien que ce n'est pas le cas.

Mais oui, certainement le salut est synonyme de liberté véritable. Et donc forcément, il serait insensé de penser que l'on est véritablement libre ici-bas. Sinon, pourquoi le salut ?

Re: Du libre-arbitre

par ThéophileduSegala » mer. 22 janv. 2025, 15:21

Bonjour à toutes et à tous,

Veuillez m’excuser si je n’ai pas lu l’intégralité de ce fil de discussion, j’ai pourtant essayé, promis 😅

Avais-je vraiment le choix ? 🤔

Quoiqu’il en soit, c’est un sujet qui m’a longtemps passionné, et je souhaitais partager ma réflexion.

Un jour, j’ai eu cette illumination, le libre arbitre n’est qu’une illusion! 🤯

Je me souviens très bien de ce jour (c’était la nuit), cette idée a surgit comme une bombe dans ma vie.

En approfondissant, je me suis rendu compte que ce débat traverse l’histoire de la philosophie et continue d’animer les esprits depuis des siècles.

Mon point de vue, aujourd’hui, est le suivant : le véritable libre arbitre, pur et absolu, n’existe pas encore.

Il sera réservé aux enfants de Dieu, que la création attend avec impatience :

En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu.
Un esclave n’est pas maître de ses choix.
Le libre arbitre véritable, dans son essence la plus pure, reste donc hors de portée.

Ce n’est qu’à travers cette révélation et cette libération que l’humanité pourra accéder à une véritable liberté de choix.
:toast:

On fera sûrement une grande fête, ce jour là hahaha 🥳

A la gloire de notre Sauveur, qui nous aura à jamais libéré des chaînes de toute forme d'esclavage.

Et il y’en a beaucoup, des chaînes 🫤

❤️❤️❤️

Re: Du libre-arbitre

par cmoi » mer. 22 janv. 2025, 10:06

En s’rappuyant sur vos réflexions, je crois inutile de remettre en cause le fait que la liberté soit dans le détail, dans la façon de s’exprimer une fois que l’on a choisi le bien (cf. l’observation de Christian).
Mais le problème survient de ce que l’on voudrait aussi contrôler (y exprimer notre liberté) les conséquences de notre choix pour autant qu’elles soient prévisibles, car elles se doivent d’intervenir dans notre choix sans quoi on mettrait de côté notre intelligence. Or il y a de fortes chances qu’elles révèlent ne l’avoir pas été (pu être totalement) en ce qu’elles proviennent de sources extérieures, et si cela demande un ajustement, nous pouvons ne pas nous sentir libres alors même que nous le sommes parce que le résultat nous échappera. Ce qui est inévitable pour acquérir de l’expérience. Et ceci quand bien même nous n’aurions pas mal présumé de notre capacité et aurions eu une intuition juste sur le monde extérieur (liberté des autres, etc.).

Il n’y a pas d’autre solution, face aux obstacles et aux tentations, pour rester libre et non se leurrer (présomption, orgueil, etc.), que de s’appuyer sur la foi et de lâcher-prise.

De la même manière, le passé nous influence via notre mémoire, laquelle nous sert à améliorer notre choix mais aussi peut le déformer, selon la façon dont nous aurons filtré la réalité du passé. D’où l’importance de travailler sur ses souvenirs, de chercher à comprendre tout ce qui nous aura échappé, de se libérer des traumatismes, de pratiquer le pardon, de se libérer de tout ce qui fausse notre perception et de savoir prendre le présent dans toute sa nouveauté.

D’une façon ou d’une autre, notre liberté n’agit pas que pour nous seul mais nous associe aux autres, nous sommes responsables et solidaires, nous ne vivons pas dans notre bulle et les autres ont autant de valeur que nous (ce qui peut se dire à l'envers), d’où l’importance de l’obéissance juste (envers qui… pas seulement Dieu !) qui n’empiète en rien sur notre liberté mais en fait partie et pourquoi nous sommes « créatifs ».

Re: Du libre-arbitre

par ChristianK » dim. 10 nov. 2024, 18:20

On voit très bien la nécessité de distinguer libre arbitre de liberte de perfection

Re: Du libre-arbitre

par Didyme » sam. 09 nov. 2024, 19:20

Pour résumer ce que je tente d'exprimer dans le premier des trois messages et qui me paraît assez subtil c'est que (contrairement à l'acception courante) le libre-arbitre ne consiste pas à pouvoir choisir entre une chose et son contraire, bien qu'il le permette.
Sans quoi, cela accorde une valeur/vérité à ce contraire...

Non, le libre-arbitre est le propre de ce qui n'est pas libre car non (encore) établi dans la/sa vérité. Il est comme une oscillation, un tâtonnement de la volonté en cheminement, en recherche.
N'est pas libre ce qui n'est pas dans la Vérité, dans sa vérité.
Donc le libre-arbitre ne consiste pas à faire des choix entre des contraires de façon égale, tel que se poser alors en principe, en Dieu et maître.
Mais il est plutôt le fait de l'inaccompli. Il "consiste" d'une certaine façon à chercher, à apprendre. Et ceci en vue de la liberté...

Re: Du libre-arbitre

par Ombiace » lun. 04 nov. 2024, 4:52

Didyme a écrit : ven. 01 nov. 2024, 21:40 La volonté est la faculté qui permet d'exprimer qui l'on est. Il y a une liberté à être qui l'on est et non pas qui l'on veut. On peut approfondir, perfectionner, grandir, fructifier, sublimer qui l'on est mais on ne peut pas changer qui l'on est. Si on choisi d'être qui l'on veut, que l'on change qui l'on est, sommes-nous alors encore nous ? Notre être a-t-il encore une quelconque substance, consistance ?
Bonjour cher Didyme.
De nombreux chromosomes de nos génotypes ne trouvent pas leur expression en phénotypes.

Vous exprimez dans tous vos messages, parmi ceux que j'ai lus, un remarquable art de présenter le problème, que je retrouve, comme vous le suggérez, dans le désir que satan a probablement insufflé en tentation chez Eve, d'égaler la divinité, insatisfaite sans doute de sa condition de créature.
Je retrouve aussi ce souci dans la grenouille de fable, qui veut se faire aussi grosse que le bœuf

C'est peut-être dans cette insatisfaction qu'il faut creuser pour cerner le péché originel.
Didyme a écrit : ven. 01 nov. 2024, 21:40 On ne peut pas refuser d'être ce qu'on est. On peut juste refuser d'accueillir.
Si je refuse la vie, je meurs et un mort n'a pas de liberté, il l'a perdue.
Vous visez juste, me semble t il, cher Didyme : c'est la récapitulation de la Genèse

Re: Du libre-arbitre

par ChristianK » sam. 02 nov. 2024, 19:42

Il est nécessaire de ne pas confondre libre arbitre avec les autres types de libertés:

-libertés externes (d'action externe, juridique etc)

-libertés internes (de fait ou de droit moral, d'exultation etc)

Le libre arbitre concerne la liberté interne, celle du vouloir, il n'existe aucunement pour la fin ultime qui est le bonheur ou souverain bien, il y a un déterminisme absolu à ce chapitre, nous voulons le bonheur par définition.
Concernant les moyens, bons ou mauvais, nous avons un libre arbitre. Mais le vertueux qui prend toujours ou habituellement les bons moyens a une liberté supplémentaire en plus du libre arbitre: la liberté de perfection ou d'exultation, en ce sens qu'il est libéré (librement) du mal; il conserve son libre arbitre de mal faire, liberté de fait, mais cette liberté de fait coincide avec l'absence de liberté de droit, qui interdit de mal faire.
C'est pourquoi obéir aux commandements est une forme supérieure de liberté.

Re: Du libre-arbitre

par Didyme » ven. 01 nov. 2024, 21:44

Il y a une puissance d'opposition en nous mais qui n'est pas intrinsèque à la liberté mais qui s'exprime par (l'intermédiaire de) la liberté.
Une puissance d'opposition qui influe notre volonté. Car s'il s'agissait de volonté parfaitement libre alors la volonté exprimerait notre être véritable, ce qu'il est fondamentalement, épuré. Or, celui-ci étant don de Dieu il ne s'opposerait pas à ce qu'il est, il ne s'opposerait pas à Dieu.
Nous sommes déterminés par le bien car l'être y tire son origine. Le mal en est l'absence. Si notre être s'exprime dans le mal c'est que ça n'est alors pas véritablement l'être en soi qui s'exprime.
C'est le bien/l'amour qui me fonde, qui fonde tout être. Il est donc logique que la liberté de l'être s'exprime dans ce qu'il est, dans sa nature. N'est pleinement libre que ce qui est pleinement soi. Or, si je vais dans les contraires c'est qu'il y a une forme de contrainte, d'influence...
(Quelque chose là-dedans de Romains 7)


La liberté est intrinsèquement liée au bien. La spontanéité en tant que créativité est liée au bien, à l'infinitude divine.
La liberté, pour qu'elle soit véritablement liberté, n'est prise d'aucun lien, d'aucune force, et est donc infinitude.
Il n'y a donc de liberté pleine et infinie que lorsque je me porte vers le bien, vers Dieu. Si je me porte vers les contraires, vers le mal, je me porte vers la finitude, vers la fermeture. Aussi, une telle direction démontre la non-liberté d'une volonté se portant vers le mal. Par conséquent, la volonté n'est véritablement libre en tant qu'inifini que lorsqu'elle se porte en direction du bien, qu'elle accueille Dieu.
Peut-être y a-t-il une multitude de directions que la volonté peut prendre dans le bien, et spontanément mais lorsqu'elle est dans le mal, elle n'est pas dans cette forme de liberté libre.

Le refus que nous opposons à Dieu n'est pas l'expression de la liberté, qui n'est liberté que lorsqu'elle se porte dans l'infinité de direction de Dieu, mais elle est l'echo du chaos auquel nous sommes encore originellement attaché tant que nous ne nous sommes pas encore totalement ouvert à Dieu, tant que nous ne nous sommes pas laissé ordonné/harmonisé/unifié par Dieu. Tant que la volonté se laisse encore contraindre, désorientée par le chaos, n'ayant encore trouvé la vérité. Tant qu'elle n'aura pas reconnu son origine divine.

On pourrait dire que la personne humaine a deux origines, le chaos dont elle est tirée et Dieu qui lui donne l'être. Et qu'il lui est laissé ainsi le choix entre ses deux origines, entre le chaos et Dieu.
Mais sa véritable origine en tant qu'être donc en tant qu'existant n'est en réalité qu'en Dieu.

Re: Du libre-arbitre

par Didyme » ven. 01 nov. 2024, 21:40

La volonté est la faculté qui permet d'exprimer qui l'on est. Il y a une liberté à être qui l'on est et non pas qui l'on veut. On peut approfondir, perfectionner, grandir, fructifier, sublimer qui l'on est mais on ne peut pas changer qui l'on est. Si on choisi d'être qui l'on veut, que l'on change qui l'on est, sommes-nous alors encore nous ? Notre être a-t-il encore une quelconque substance, consistance ?

Le libre-arbitre consiste-t-il à se déterminer, à être qui l'on veut ?
On dirait qu'il y a une conception ambiante, générale de la liberté qui est comme "lue" à travers notre condition, dont le péché originel est au fondement, comme un echo de celui-ci. Et ceci même dans le milieu chrétien !?
Une conception de la liberté axée sur le "moi", individualiste, consistant à être qui je veux. Une liberté de séparation partant du péché originel.
Et non plus une liberté d'unité, une liberté fondée sur Dieu et consistant à être qui je suis.

Or, la liberté consiste-t-elle à être qui je veux ou à être qui je suis ?
Nous ne sommes que par Dieu. Par nous-même nous ne sommes rien. Et vouloir être qui je veux c'est au final refuser d'être qui je suis. Et donc se perdre et s'aliéner.
La véritable liberté ne consiste qu'à être soi, et donc à se recevoir de Dieu. Et non pas à refuser Dieu et par là même se refuser soi-même, n'ayant d'autre réalité qu'en Dieu.

Être qui je veux c'est le refus de Dieu.
Être qui je suis c'est se recevoir de Dieu.

Un arbre est un arbre mais il peut être stérile ou porter des fruits, des fruits toujours nouveaux. Et il n'y a pas un fruit parfaitement identique.
Chaque arbre produit ce qui lui est propre, un pommier ne va pas produire des poires. Or, je trouve que l'on a souvent une conception de la liberté qui voudrait qu'un pommier donne des poires.
De même, Pierre n'est pas Paul et Paul n'est pas Jacques. J'aurais beau vouloir être Paul, je ne serais pas Paul pour autant. Je suis qui je suis.
Surtout que qui je suis est encombré d'un tas de choses, des limites de ma conditions, des contraintes extérieures, des blessures que je porte, des maux commis ou reçus. Que j'apprenne donc déjà à me connaître en vérité.

On ne peut pas refuser d'être ce qu'on est. On peut juste refuser d'accueillir.
Si je refuse la vie, je meurs et un mort n'a pas de liberté, il l'a perdue.
Mais la mort ne résulte pas d'un esprit sain, mais d'un esprit malade. Or, un esprit malade est-il un esprit libre ?

Re: Du libre-arbitre

par Didyme » ven. 01 nov. 2024, 21:37

Le libre-arbitre ?

M'interrogeant de nouveau sur ce sujet inépuisable, je me demandais s'il est tout à fait juste de parler de libre-arbitre en tant que volonté libre lorsque celle-ci s'oriente dans le péché, dans le refus de Dieu ?
Est-il tout à fait juste de penser que le libre-arbitre est la faculté à pouvoir se déterminer ?
Est-il tout à fait juste de penser que le libre-arbitre est la faculté de choisir pour ou contre, de choisir entre des contraires ?

Je butais de nouveau sur cette question en lisant un document qui faisait ressortir qu'il était nécessaire pour que la liberté soit sauve qu'il faille pouvoir refuser Dieu.
Pourquoi :?:

Je relisais un article dont je me souvenais sur la question du libre-arbitre dans le lien suivant :

https://www.cairn.info/revue-l-enseigne ... page-5.htm

On y lit :

"La proposition qui va s’avérer litigieuse, c’est celle que Descartes énonce en soutenant que, pour que je sois libre, il suffit que j’aie le libre arbitre ; il n’est pas nécessaire que, de surcroît, je puisse toujours user de la puissance de me porter au contraire de ce à quoi je me porte. Deux choses sont à noter : 1) cette puissance appartient toujours constitutivement au libre arbitre (puisque c’est la puissance de l’arbitre), cette puissance est dans le libre arbitre, quelque usage qu’on fasse du libre arbitre, et que sa liberté soit favorisée ou défavorisée ; 2) mais l’usage de cette puissance n’est pas requis par le libre arbitre, et même la suppression de l’usage de cette puissance est requise par le plus haut degré de la liberté du libre arbitre."


Le problème qui m'apparaît ici est encore une fois parmis tant d'autres de confondre l'être et le péché, la liberté et le péché. Qu'il y ait une puissance en l'homme qui rende les contraires possibles est un fait mais elle résulte davantage de la condition créé/finie, de ce lien au chaos auquel l'homme demeure sensible.
Cette puissance de se porter au contraire n'est pas constitutive de la liberté mais du créé, de la finitude.

D'ailleurs, je commence à avoir beaucoup de difficultés avec le terme "libre-arbitre" auquel je préfère "volonté libre".
Nous ne déterminons pas, nous ne décidons pas de ce qui est bien ou mal, ce qui est vrai. Ce qui fait le bien et le mal, la vérité ne dépend pas de nous.
Il nous appartient juste de le découvrir, de le saisir.
Déterminer dans le sens de découvrir ce qui est, oui. Déterminer dans le sens de nous poser en principe, en Dieu et maître, non.
Et pour véritablement reconnaître la Vérité, il faut expérimenter, grandir en connaissance, et très souvent chuter.

On pourrait dire que oui, on a un libre-arbitre mais qui m'apparaît avant tout être une faculté, un "outil" d'apprentissage, de maturation, de progression lié à la finitude, aux limites humaines. Une faculté d'expérimentation vers la connaissance de la vérité, du bien et du mal, mais aussi vers la découverte de soi, afin que ceux-ci saisis nous parvenions à la liberté.
Celui qui est dans la Vérité n'a pas besoin de libre-arbitre puisqu'il Sait.

J'aurais envie de dire que tant que nous sommes dans l'exercice d'un libre-arbitre c'est que nous ne sommes pas libre. Mais une fois dans la liberté, cela ne signifie pas que nous n'avons plus de volonté. Bien au contraire car nous avons une volonté libérée du tiraillement des contraire, libérée de l'incertitude, de l'inconnaissance constitutive du libre-arbitre.

"Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira" (Jean 8:32)


Cette volonté libre, davantage que de faire des choix (libre-arbitre) va surtout pouvoir s'exprimer pleinement, exprimer qui elle est, ce qu'elle a en elle.

Les choix se font tant que demeure l'ignorance, comme un tâtonnement vers la Vérité, un tâtonnement vers soi. Certainement le libre-arbitre vise à atteindre la liberté, l'accomplissement, l'être, être (être qui je suis en vérité). Il vise à trouver Dieu et trouvant Dieu à se trouver soi-même, à s'habiter pleinement, à être unifié en étant uni à Dieu notre vie.
La division, le péché demeure tant que demeure cette ignorance, cette confusion en nous. Mais nous trouvant en Dieu nous pouvons alors entrer pleinement dans notre moi véritable, dans notre accomplissement, dans la liberté, dans l'être qui ne nécessite plus les errements du libre-arbitre.


Parce que nous sommes autre en tant que créé, nous sommes et d'une volonté distincte de Dieu, et des êtres finis.
C'est comme si dans cette phase d' "enfantement", nous recevions l'être de Dieu mais tout en étant encore "au contact" du néant dont nous sommes tirés, et qu'il nous fallait désormais entrer entièrement en Dieu, entièrement dans l'être, revêtir intégralement qui nous sommes en Dieu, nous accomplir, pour laisser ce néant originel derrière nous. Quelque chose de la déification de la créature humaine.
Mais ce chemin est douloureux, tortueux, tâtonnant, et produit de nouveau du chaos. Chaos, chemin tortueux que Dieu assume à la Croix.
Dieu respectant la liberté, respectant ce cheminement personnel en ne contraignant pas mais en usant de patience. Comme voulant/désirant que l'homme fasse sa part de chemin, que celui-ci reconnaisse Dieu et le trouvant se trouve lui-même, se connaisse. Comme la mère et le nouveau-né se reconnaissant, se contemplant, étant unis dans l'amour et la reconnaissance.



Cette approche permet de justifier pourquoi Dieu et les bienheureux jouissent d'une parfaite liberté bien que ne pouvant pas/plus pécher. Cela explique aussi pourquoi la Croix, pourquoi la lutte contre le péché. Cela n'aurait aucun sens si le péché était l'expression de la liberté bonne...


La liberté en son essence consiste-t-elle à pouvoir accepter/refuser ou plutôt à pouvoir exprimer, déployer ?
Si le refus est nécessaire alors le péché en sa nécessaire possibilité devient un bien !?...
Si la liberté nécessitait la possibilité du refus alors cela accorderait au péché une valeur, en ferait donc un bien...
Si le refus était une puissance du libre-arbitre alors cela serait intrinsèque au libre-arbitre et celui-ci étant don de Dieu alors ce serait comme dire que Dieu accorde une valeur au péché/refus. Il ne chercherait donc ni à le combattre ni à le vaincre.

Supposer le libre-arbitre comme faculté de pouvoir choisir le bien ou le mal revient à accorder une consistance, une valeur au mal.
Presque comme une approche manichéenne avec le mal face au bien, des contraires sur le même plan, sur le même pied d'égalité.

Re: Du libre-arbitre

par cmoi » mar. 14 avr. 2020, 13:17

Pour compléter, je dirai simplement que pour mieux combattre un adversaire il faut bien le comprendre, et donc penser le mal.
C'est une hypothèse comme les autres, que la réalité vérifiera ou non, mais si on n'en guette pas les signes, on risque de passer à côté ou de s'apercevoir trop tard de son erreur.
Je gage que si un certain nombre de parents avaient pensé l'hypothèse qu'un prêtre pouvait être un pédophile, il y aurait eu moins de victimes d'une calaminé qui a fait les gros titres d'une récente actualité.

Actualité au cours de laquelle nous avons appris la fréquence d'agression d'un des leurs : cette horreur ne sera jamais mise en image et ne fera jamais l'objet d'aucun film réaliste, qui pourtant dépasse en horreur tous ceux qui existent.

Si un prêtre, et qui en tant que tel "n'était pas mauvais" a pu faire cela, imaginez de quoi seraient capables certaines personnes qui non seulement ne sont pas croyantes, mais que... (autant ne rien préciser) et que vous croisez peut -être dans la rue, et dont vous ne savez rien de la vie.

Il n'y a pas un journal régional qui n'ait sa rubrique de faits divers alimenté de faits similaires au quotidien (et ce n'est que le résultat d'une trempette dans un vivier, pour alimenter la rubrique).

Si donc vous n'en avez pas été témoin ou si peu, c'est que d'autres vivent avec au quotidien, et que vous vous jouissez d'une protection indubitable en raison des sacrements du Christ.

Re: Du libre-arbitre

par prodigal » mar. 14 avr. 2020, 10:52

Cher Julia,
je crois qu'il faut comprendre qu'il n'y a pas deux étapes dans la création, l'une qui donnerait la possibilité de penser, de ressentir, et de vouloir le bien, puis ensuite l'autre, qui donnerait en plus, à l'homme ainsi créé, une nouvelle possibilité qui serait de penser, ressentir et vouloir le mal.
Il y a nécessairement les deux à la fois, ou ni l'un ni l'autre.
En effet, si je perçois la valeur d'un acte de charité, donner mon superflu à un plus pauvre que moi par exemple, je ne peux pas ne pas être capable de penser que je pourrais ne pas le faire. Faire le bien, c'est éviter de faire le mal, ou bien faire le mal, c'est éviter de faire le bien, on ne peut avoir l'un sans l'autre.
La question est donc de savoir s'il vaut mieux être créé avec la possibilité d'aspirer au bien, mais aussi au mal, ou bien s'il ne serait pas mieux d'être incapable du bien comme du mal. Ou si vous préférez, s'il vaut mieux être capable d'aimer, sachant que cela implique la possibilité de ne pas aimer, ou bien être incapable d'aimer. Poser la question, n'est-ce pas y répondre?

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