par Jean-Mic » lun. 18 nov. 2013, 23:51
AdoramusTe a écrit :A partir de l'après-concile, plus aucun code ne semble respecté.
Comme il a été dit plus haut, le Concile n'est ni la cause ni le point de départ chronologique de ce qu'on appelle les églises modernes. Plus encore, comme je l'ai montré, de tous temps (à l'exception notable des néo-styles du XIX°) les églises ont été MODERNES.
AdoramusTe a écrit :Les artistes auxquels on confie la construction d'église ne sont plus croyants.
Permettez-moi une boutade : heureusement, car le choix serait restreint. Plus sérieusement : heureusement car le certificat de baptême n'est nullement une garantie de talent. Or, c'est de talent que nous avons le plus besoin, plus que jamais.
AdoramusTe a écrit :A partir de l'après-concile, plus aucun code ne semble respecté.
...
Les commanditaires (les évêques, pour ne pas les nommer), ont perdu le sens de la tradition architecturale, tout comme le sens de la liturgie.
Une fois de plus, vous enfourchez votre cheval de bataille habituel sur le Concile, cause et origine de tous les errements. Dommage pour le débat

. MAIS, sur un point au moins, je suis d'accord avec vous :
il n'y a pas de grande oeuvre sans bonne commande !
C'est justement ce qui redit le Concile :
- SC 124. Les Ordinaires veilleront à ce que, en promouvant et favorisant un art véritablement sacré, ils aient en vue une noble beauté plutôt que la seule somptuosité.
...
SC 129. Les clercs, pendant le cours de leurs études philosophiques et théologiques, seront instruits aussi de l’histoire et de l’évolution de l’art sacré, ainsi que des sains principes sur lesquels doivent se fonder les œuvres d’art sacré, afin qu’ils apprécient et conservent les monuments vénérables de l’Église, et qu’ils soient capables de donner des conseils appropriés aux artistes dans la réalisation de leurs œuvres.
Inutile de nier qu'il y a eu des erreurs ... et des horreurs. Etait-ce la faute d'architectes sans talent ou de commanditaires ignares ? Sans doute un peu des deux ...
Pas de grande oeuvre sans bonne commande ! Le meilleur exemple qui me vient à l'esprit, c'est celui du chanoine Lucien Ledeur, du diocèse de Besançon. C'est lui qui fait appel à Le Corbusier pour construire Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp ; c'est lui qui confie la décoration de l'église du Sacré-Coeur à Fernand Léger (mosaïques) et à Jean Bazaine (vitraux) ; c'est lui encore qui confie la commande des vitraux de l'église Sainte-Agathe des Bréseux à Alfred Manessier (pour ne citer que les trois plus connues de ses commandes). Par le mot de commande, il faut comprendre bien plus qu'un blanc-seing, une carte blanche sans exigence à un artiste. C'est un vrai dialogue qui s'instaure entre le maître d'oeuvre (= l'architecte ou l'artiste) et le maître d'ouvrage (= le commanditaire, dans ce cas le prêtre mandaté par l'évêque).
En parlant de dialogue, les échanges épistolaires entre Henri Matisse, frère Louis Rayssiguier et le père Marie-Alain Couturier, sans oublier soeur Jacques-Marie, au sujet de la chapelle du Rosaire à Vence, remplissent un ouvrage de près de 500 pages (édité par Marcel Billot, Menil Foundation, 1999).
Toujours pour parler du dialogue, j'ajoute (pour avoir entendu personnellement les témoignages des protagonistes) celui du père Robert Bourgoin avec Claude Parent et Paul Virilio au sujet de l'église Sainte-Bernadette du Banlay à Nevers (que j'ai cité dans un précédent message), ainsi que celui du père Frédéric Benoist avec de Brice Piechaczyk (architecte du cabinet ENIA), Claude Chéret (co-auteur du mobilier) et six autres artistes au sujet de Notre-Dame-du-Rosaire aux Lilas, en banlieue parisienne (là encore témoignage à l'appui).
J'espère avoir apporté quelques éléments au débat.
Fraternellement
Jean-Mic
[quote="AdoramusTe"]A partir de l'après-concile, plus aucun code ne semble respecté.[/quote]Comme il a été dit plus haut, le Concile n'est ni la cause ni le point de départ chronologique de ce qu'on appelle les églises modernes. Plus encore, comme je l'ai montré, de tous temps (à l'exception notable des néo-styles du XIX°) les églises ont été MODERNES.
[quote="AdoramusTe"]Les artistes auxquels on confie la construction d'église ne sont plus croyants.[/quote]Permettez-moi une boutade : heureusement, car le choix serait restreint. Plus sérieusement : heureusement car le certificat de baptême n'est nullement une garantie de talent. Or, c'est de talent que nous avons le plus besoin, plus que jamais.
[quote="AdoramusTe"]A partir de l'après-concile, plus aucun code ne semble respecté.
...
Les commanditaires (les évêques, pour ne pas les nommer), ont perdu le sens de la tradition architecturale, tout comme le sens de la liturgie.[/quote]Une fois de plus, vous enfourchez votre cheval de bataille habituel sur le Concile, cause et origine de tous les errements. Dommage pour le débat :( . MAIS, sur un point au moins, je suis d'accord avec vous : [b]il n'y a pas de grande oeuvre sans bonne commande ![/b]
C'est justement ce qui redit le Concile :
[list][i][b]SC 124[/b]. Les Ordinaires veilleront à ce que, en promouvant et favorisant un art véritablement sacré, ils aient en vue une noble beauté plutôt que la seule somptuosité.
...
[b]SC 129[/b]. Les clercs, pendant le cours de leurs études philosophiques et théologiques, seront instruits aussi de l’histoire et de l’évolution de l’art sacré, ainsi que des sains principes sur lesquels doivent se fonder les œuvres d’art sacré, afin qu’ils apprécient et conservent les monuments vénérables de l’Église, et qu’ils soient capables de donner des conseils appropriés aux artistes dans la réalisation de leurs œuvres.[/i][/list]
Inutile de nier qu'il y a eu des erreurs ... et des horreurs. Etait-ce la faute d'architectes sans talent ou de commanditaires ignares ? Sans doute un peu des deux ...
[b]Pas de grande oeuvre sans bonne commande ![/b] Le meilleur exemple qui me vient à l'esprit, c'est celui du chanoine Lucien Ledeur, du diocèse de Besançon. C'est lui qui fait appel à Le Corbusier pour construire Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp ; c'est lui qui confie la décoration de l'église du Sacré-Coeur à Fernand Léger (mosaïques) et à Jean Bazaine (vitraux) ; c'est lui encore qui confie la commande des vitraux de l'église Sainte-Agathe des Bréseux à Alfred Manessier (pour ne citer que les trois plus connues de ses commandes). Par le mot de commande, il faut comprendre bien plus qu'un blanc-seing, une carte blanche sans exigence à un artiste. C'est un vrai dialogue qui s'instaure entre le maître d'oeuvre (= l'architecte ou l'artiste) et le maître d'ouvrage (= le commanditaire, dans ce cas le prêtre mandaté par l'évêque).
En parlant de dialogue, les échanges épistolaires entre Henri Matisse, frère Louis Rayssiguier et le père Marie-Alain Couturier, sans oublier soeur Jacques-Marie, au sujet de la chapelle du Rosaire à Vence, remplissent un ouvrage de près de 500 pages (édité par Marcel Billot, Menil Foundation, 1999).
Toujours pour parler du dialogue, j'ajoute (pour avoir entendu personnellement les témoignages des protagonistes) celui du père Robert Bourgoin avec Claude Parent et Paul Virilio au sujet de l'église Sainte-Bernadette du Banlay à Nevers (que j'ai cité dans un précédent message), ainsi que celui du père Frédéric Benoist avec de Brice Piechaczyk (architecte du cabinet ENIA), Claude Chéret (co-auteur du mobilier) et six autres artistes au sujet de Notre-Dame-du-Rosaire aux Lilas, en banlieue parisienne (là encore témoignage à l'appui).
J'espère avoir apporté quelques éléments au débat.
Fraternellement
Jean-Mic