par Peccator » dim. 17 nov. 2013, 3:34
Sunshine a écrit :on m a toujours dit qu il faut mediter la bible
mais je n ai jamais compris comment

Méditer la Bible, c'est réfléchir à comment le texte me concerne aujourd'hui dans ma vie personnelle. M'efforcer de comprendre quel enseignement me donne Dieu par sa Parole, me donne à moi, personnellement. C'est donc une démarche active qui consiste d'abord à s'efforcer d'entendre, puis de comprendre.
Les plus belles pages que j'ai pu lire sur la méditation chrétienne ont été écrites par St Jean de la Croix et par Ste Thérèse d'Avila. Mais beaucoup de gens trouvent ces auteurs ardus (il est vrai qu'ils n'écrivaient pas à destination de novices complets dans la pratique de la prière chrétienne).
C'est pourquoi j'aime bien proposer une manière de faire apprise à l'école de St Ignace de Loyola (et déjà esquissée par St Jean et Ste Thérèse) : méditer avec ses sens et son imagination. C'est une façon de faire particulièrement appropriée à une grande partie des passages d'évangile, ainsi qu'aux livres "narratifs" de l'ancien testament. Une fois qu'on en a pris l'habitude, on peut l'appliquer à des textes qui semblent moins s'y prêter, comme les psaumes ou les autres livres de sagesse.
Voici une proposition pour guider sa méditation :
- choisir un passage d'évangile (par exemple, celui de la messe du jour, ou celui du dimanche suivant). Se tenir fermement à ce passage, résister pendant la méditation à la tentation d'aller voir ce que disent d'autres passages, de suivre les annotations de sa Bible, bref de se disperser. On pourra faire ça à un autre moment, pas pendant le temps de méditation de ce passage. Sans quoi, on jettera un oeil à des tas de choses intéressantes, mais on n'aura plus le temps de méditer...
- décider à l'avance du temps que l'on va consacrer à sa méditation (et s'y tenir, même si certains jours c'est dur et qu'on reste sec : c'est normal, il faut persévérer). 20min est une bonne durée pour un débutant. Avec la pratique, on ressent le besoin de prendre plus de temps.
- lire le texte, et noter ou souligner 3 ou 4 points qui "accrochent" plus particulièrement notre attention aujourd'hui
- se retirer dans son "coin prière", physiquement en allant dans un coin calme, mais aussi mentalement, en se retirant dans son intériorité et en s'efforçant de calmer son esprit pour se mettre à l'écoute de la Parole
- ce n'est pas indispensable à une méditation à strictement parler, mais je ne trouve pas inutile de faire une petite préparation pénitentielle, en présentant simplement au Seigneur tel que l'on est, avec ses faiblesses, ses péchés.
- demander à l'Esprit de nous donner une grâce, par exemple celle de savoir entendre ce qu'Il nous dit quand nous nous efforçons d'écouter la Parole
- visualiser la scène, en faisant travailler son imagination et sa mémoire : imaginer le lieu, planter le décor. Rendre le cadre concret, avec tous ses sens : voir la scène, entendre les sons, les paroles, sentir les odeurs, toucher les objets... Puis faire entrer les personnages. La foule qui regarde. Les principaux personnages du passages, Jésus et ses disciples. Leur donner un visage, un regard.
- lire tranquillement le passage, en prêtant attention aux personnages : que disent-ils ? A qui le disent-ils ? Qui regardent-ils en parlant ? Que font les autres ? Qui écoutent-t-ils ? Qui regardent-ils ? Sont-ils attentifs ? bavards ? stupéfaits ? choqués ? coléreux ? Comment réagissent-ils ?
- au fur et à mesure que l'on progresse dans le texte, s'arrêter sur chaque point que l'on a noté à l'avance, et s'y attarder plus particulièrement. Qu'est-ce que me dit ce point ? En quoi me parle-t-il ? Dans cette scène, à ce moment de l'histoire, qui suis-je, moi, parmi tous les personnages ? Je m'imagine spectateur, témoin de la scène : qu'est-ce que Jésus m'apprend, à moi qui observe. Je m'imagine interlocuteur de Jésus : qu'est-ce que je lui dis ? Est-ce que les mots qui sont écrits sont bien les miens ? Que me répond Jésus ? Je m'imagine à la place de Jésus lui-même : comment est-ce que je/Il regarde les autres personnes présentes ? Sur quel ton est-ce que je/Il leur parle ? Quels sont mes sentiments en les écoutants et en prononçant ces mots ?
On procède ainsi pour chaque point noté, jusqu'au dernier point, puis jusqu'à la fin du passage.
Quelques minutes avant la fin du temps prévu, prendre le temps de discuter tranquillement avec Jésus, de Lui faire part de ce qu'on vient d'apprendre, et surtout d'écouter ce qu'Il nous répond. Lui parler comme un ami parle à un ami.
Puis il est temps de se dire au-revoir et de rendre grâce, par exemple avec une prière comme un Notre Père, un Gloire au Père...
Dans la spiritualité ignatienne, on accorde beaucoup d'importance à la relecture : aussi, après chaque méditation, on note sur un carnet en quelques lignes les principaux points qui nous ont marqué pendant la méditation, et surtout les mouvements de l'âme qu'elle a suscité en nous : paix, joie, compassion, tristesse, douleur, contrition...
Relire ses notes permet de voir ainsi concrètement le chemin parcouru avec Jésus, et de voir comment notre âme réagit. C'est la base qui permet alors de faire le travail de discernement (mais chaque chose en son temps).
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Pour une proposition guidée de méditation de l'évangile, je recommande le site Vers dimanche, qui propose chaque semaine une méditation guidée en 7 points (un par jour) pour se préparer à la messe du dimanche suivant. On peut imprimer une feuille A4 qui se replie de manière très pratique, avec le texte de l'évangile et les points de méditation quotidienne, ou alors on peut les suivre à l'écran sur ordinateur ou sur téléphone ou tablette.
http://www.ndweb.org/versdimanche/
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Attention, quand on commence à se mettre à l'écoute de la Parole, on fait des découvertes, et parfois on s'emballe un peu d'enthousiasme. Il est important alors de se référer à ce que dit l'Eglise, pour s'assurer qu'on n'a pas lu de travers (ça arrive, on est persuadé d'avoir lu quelque chose qui est écrit alors qu'en fait, non), pour s'assurer qu'on n'a pas compris de travers (ce qui peut toujours arriver), et pour avoir un retour et parfois une vision différente qui permet de prendre du recul. Et pour aider au discernement des esprits, et avoir un soutien quand on entre dans un passage difficile... Je recommande très fortement d'avoir un accompagnateur spirituel, que l'on verra par exemple une fois par mois, avec qui discuter de tout cela. A minima, se référer au Catéchisme de l'Eglise. Si on pense avoir compris quelque chose et que c'est contraire au catéchisme, il faut croire fermement que c'est le catéchisme qui a raison, et qu'on a fait une erreur quelque part.
Lire et méditer la Bible, c'est très bien, mais ce n'est pas sans dangers non plus : beaucoup d'hérésies ont été enseignées par des gens qui lisaient et méditaient la Bible assidûment, mais sans se référer à l'enseignement de l'Eglise.
[quote="Sunshine"]on m a toujours dit qu il faut mediter la bible
mais je n ai jamais compris comment :([/quote]
Méditer la Bible, c'est réfléchir à comment le texte me concerne aujourd'hui dans ma vie personnelle. M'efforcer de comprendre quel enseignement me donne Dieu par sa Parole, me donne à moi, personnellement. C'est donc une démarche active qui consiste d'abord à s'efforcer d'entendre, puis de comprendre.
Les plus belles pages que j'ai pu lire sur la méditation chrétienne ont été écrites par St Jean de la Croix et par Ste Thérèse d'Avila. Mais beaucoup de gens trouvent ces auteurs ardus (il est vrai qu'ils n'écrivaient pas à destination de novices complets dans la pratique de la prière chrétienne).
C'est pourquoi j'aime bien proposer une manière de faire apprise à l'école de St Ignace de Loyola (et déjà esquissée par St Jean et Ste Thérèse) : méditer avec ses sens et son imagination. C'est une façon de faire particulièrement appropriée à une grande partie des passages d'évangile, ainsi qu'aux livres "narratifs" de l'ancien testament. Une fois qu'on en a pris l'habitude, on peut l'appliquer à des textes qui semblent moins s'y prêter, comme les psaumes ou les autres livres de sagesse.
Voici une proposition pour guider sa méditation :
- choisir un passage d'évangile (par exemple, celui de la messe du jour, ou celui du dimanche suivant). Se tenir fermement à ce passage, résister pendant la méditation à la tentation d'aller voir ce que disent d'autres passages, de suivre les annotations de sa Bible, bref de se disperser. On pourra faire ça à un autre moment, pas pendant le temps de méditation de ce passage. Sans quoi, on jettera un oeil à des tas de choses intéressantes, mais on n'aura plus le temps de méditer...
- décider à l'avance du temps que l'on va consacrer à sa méditation (et s'y tenir, même si certains jours c'est dur et qu'on reste sec : c'est normal, il faut persévérer). 20min est une bonne durée pour un débutant. Avec la pratique, on ressent le besoin de prendre plus de temps.
- lire le texte, et noter ou souligner 3 ou 4 points qui "accrochent" plus particulièrement notre attention aujourd'hui
- se retirer dans son "coin prière", physiquement en allant dans un coin calme, mais aussi mentalement, en se retirant dans son intériorité et en s'efforçant de calmer son esprit pour se mettre à l'écoute de la Parole
- ce n'est pas indispensable à une méditation à strictement parler, mais je ne trouve pas inutile de faire une petite préparation pénitentielle, en présentant simplement au Seigneur tel que l'on est, avec ses faiblesses, ses péchés.
- demander à l'Esprit de nous donner une grâce, par exemple celle de savoir entendre ce qu'Il nous dit quand nous nous efforçons d'écouter la Parole
- visualiser la scène, en faisant travailler son imagination et sa mémoire : imaginer le lieu, planter le décor. Rendre le cadre concret, avec tous ses sens : voir la scène, entendre les sons, les paroles, sentir les odeurs, toucher les objets... Puis faire entrer les personnages. La foule qui regarde. Les principaux personnages du passages, Jésus et ses disciples. Leur donner un visage, un regard.
- lire tranquillement le passage, en prêtant attention aux personnages : que disent-ils ? A qui le disent-ils ? Qui regardent-ils en parlant ? Que font les autres ? Qui écoutent-t-ils ? Qui regardent-ils ? Sont-ils attentifs ? bavards ? stupéfaits ? choqués ? coléreux ? Comment réagissent-ils ?
- au fur et à mesure que l'on progresse dans le texte, s'arrêter sur chaque point que l'on a noté à l'avance, et s'y attarder plus particulièrement. Qu'est-ce que me dit ce point ? En quoi me parle-t-il ? Dans cette scène, à ce moment de l'histoire, qui suis-je, moi, parmi tous les personnages ? Je m'imagine spectateur, témoin de la scène : qu'est-ce que Jésus m'apprend, à moi qui observe. Je m'imagine interlocuteur de Jésus : qu'est-ce que je lui dis ? Est-ce que les mots qui sont écrits sont bien les miens ? Que me répond Jésus ? Je m'imagine à la place de Jésus lui-même : comment est-ce que je/Il regarde les autres personnes présentes ? Sur quel ton est-ce que je/Il leur parle ? Quels sont mes sentiments en les écoutants et en prononçant ces mots ?
On procède ainsi pour chaque point noté, jusqu'au dernier point, puis jusqu'à la fin du passage.
Quelques minutes avant la fin du temps prévu, prendre le temps de discuter tranquillement avec Jésus, de Lui faire part de ce qu'on vient d'apprendre, et surtout d'écouter ce qu'Il nous répond. Lui parler comme un ami parle à un ami.
Puis il est temps de se dire au-revoir et de rendre grâce, par exemple avec une prière comme un Notre Père, un Gloire au Père...
Dans la spiritualité ignatienne, on accorde beaucoup d'importance à la relecture : aussi, après chaque méditation, on note sur un carnet en quelques lignes les principaux points qui nous ont marqué pendant la méditation, et surtout les mouvements de l'âme qu'elle a suscité en nous : paix, joie, compassion, tristesse, douleur, contrition...
Relire ses notes permet de voir ainsi concrètement le chemin parcouru avec Jésus, et de voir comment notre âme réagit. C'est la base qui permet alors de faire le travail de discernement (mais chaque chose en son temps).
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Pour une proposition guidée de méditation de l'évangile, je recommande le site Vers dimanche, qui propose chaque semaine une méditation guidée en 7 points (un par jour) pour se préparer à la messe du dimanche suivant. On peut imprimer une feuille A4 qui se replie de manière très pratique, avec le texte de l'évangile et les points de méditation quotidienne, ou alors on peut les suivre à l'écran sur ordinateur ou sur téléphone ou tablette.
http://www.ndweb.org/versdimanche/
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Attention, quand on commence à se mettre à l'écoute de la Parole, on fait des découvertes, et parfois on s'emballe un peu d'enthousiasme. Il est important alors de se référer à ce que dit l'Eglise, pour s'assurer qu'on n'a pas lu de travers (ça arrive, on est persuadé d'avoir lu quelque chose qui est écrit alors qu'en fait, non), pour s'assurer qu'on n'a pas compris de travers (ce qui peut toujours arriver), et pour avoir un retour et parfois une vision différente qui permet de prendre du recul. Et pour aider au discernement des esprits, et avoir un soutien quand on entre dans un passage difficile... Je recommande très fortement d'avoir un accompagnateur spirituel, que l'on verra par exemple une fois par mois, avec qui discuter de tout cela. A minima, se référer au Catéchisme de l'Eglise. Si on pense avoir compris quelque chose et que c'est contraire au catéchisme, il faut croire fermement que c'est le catéchisme qui a raison, et qu'on a fait une erreur quelque part.
Lire et méditer la Bible, c'est très bien, mais ce n'est pas sans dangers non plus : beaucoup d'hérésies ont été enseignées par des gens qui lisaient et méditaient la Bible assidûment, mais sans se référer à l'enseignement de l'Eglise.