par etienne lorant » mer. 13 nov. 2013, 12:02
Dans "Gravity", la scène qui fait basculer le scénario et donne au Dr. Stone l’envie de vivre, est construite en trois mouvements explicitement chrétiens. D’abord, la prière. Lâchée par la technique à son niveau le plus basique (le module spatial dans lequel elle s’est réfugiée est à court de carburant), prenant conscience de sa solitude (le système de communication est H.S.) et de son incapacité à se sauver toute seule, l’héroïne laisse monter du plus profond d’elle-même une humble prière, dans laquelle elle confesse à la fois qu’elle n’a jamais prié et qu’on ne le lui a jamais appris. Mais, conformément à l’adage de saint Augustin, qui souligne que le désir de prière est déjà prière, succède à cette scène un plan très court d’une reproduction d’une icône de saint Christophe (une figure mieux connue que Joseph de Copertino, saint Patron de la profession d’astronaute) laissée dans la navette par un cosmonaute russe. Image-signe qui témoigne du fait que cette prière a bien été entendue par Celui qui reste toujours à l’écoute. Pour preuve, l’apparition miraculeuse, dans tous les sens des termes, du coéquipier de l’héroïne (Georges Clooney). S’entame alors une conversation au cours de laquelle le désir de mort du Dr. Stone est mis en question afin de lui inspirer le moyen d’atteindre la capsule qui lui sauvera la vie.
A cet instant du film, le soulagement éprouvé par le spectateur, grâce à ce qui apparaît comme l’annonce d’un happy end, pourrait lui faire oublier la profondeur de l’expérience qui vient d’être vécue par l’héroïne. La suite du film montre cependant que tout vient de se jouer.
Cette prière exaucée permet, en effet, de comprendre que tout l’intérêt de "Gravity" réside dans le juste équilibre qu’il rétablit, au final, entre l’être humain et ses réalisations technologiques. Aussi développées soient-elles, celles-ci ne sont d’aucun secours si elles ne sont pas traversées, transcendées par une pensée qui fait place aux aspirations comme aux défaillances propres à la condition humaine, conférant à cette technique son utilité, son sens véritable, mais aussi ses limites.
http://www.lalibre.be/debats/opinions/g ... 4f7903b398
Dans "Gravity", la scène qui fait basculer le scénario et donne au Dr. Stone l’envie de vivre, est construite en trois mouvements explicitement chrétiens. D’abord, la prière. Lâchée par la technique à son niveau le plus basique (le module spatial dans lequel elle s’est réfugiée est à court de carburant), prenant conscience de sa solitude (le système de communication est H.S.) et de son incapacité à se sauver toute seule, l’héroïne laisse monter du plus profond d’elle-même une humble prière, dans laquelle elle confesse à la fois qu’elle n’a jamais prié et qu’on ne le lui a jamais appris. Mais, conformément à l’adage de saint Augustin, qui souligne que le désir de prière est déjà prière, succède à cette scène un plan très court d’une reproduction d’une icône de saint Christophe (une figure mieux connue que Joseph de Copertino, saint Patron de la profession d’astronaute) laissée dans la navette par un cosmonaute russe. Image-signe qui témoigne du fait que cette prière a bien été entendue par Celui qui reste toujours à l’écoute. Pour preuve, l’apparition miraculeuse, dans tous les sens des termes, du coéquipier de l’héroïne (Georges Clooney). S’entame alors une conversation au cours de laquelle le désir de mort du Dr. Stone est mis en question afin de lui inspirer le moyen d’atteindre la capsule qui lui sauvera la vie.
A cet instant du film, le soulagement éprouvé par le spectateur, grâce à ce qui apparaît comme l’annonce d’un happy end, pourrait lui faire oublier la profondeur de l’expérience qui vient d’être vécue par l’héroïne. La suite du film montre cependant que tout vient de se jouer.
Cette prière exaucée permet, en effet, de comprendre que tout l’intérêt de "Gravity" réside dans le juste équilibre qu’il rétablit, au final, entre l’être humain et ses réalisations technologiques. Aussi développées soient-elles, celles-ci ne sont d’aucun secours si elles ne sont pas traversées, transcendées par une pensée qui fait place aux aspirations comme aux défaillances propres à la condition humaine, conférant à cette technique son utilité, son sens véritable, mais aussi ses limites.
[url]http://www.lalibre.be/debats/opinions/gravity-une-profonde-gravite-5281b0cd3570aa4f7903b398[/url]