par jean_droit » jeu. 31 oct. 2013, 12:09
Remarque personnelle :
Vraiment intéressant mais un peu faiblard sur les solutions à apporter.
http://radionotredame.net/2013/vie-de-l ... consacree/
Plus de 3000 religieux abandonnent chaque année la vie consacrée
Le Mercredi 30 octobre 2013 à 15:06 par Adelaide Patrignani dans Vie de l'Église
C'est le chiffre alarmant fourni le 29 Octobre par un dicastère du Vatican. Quelles sont les causes de ces abandons ? Comment combattre cette fragilité des vocations ?
Pour justifier la crise des vocations, on peut se référer au "nombre des abandons". Cette donnée est "certainement le symptôme d'une crise plus large dans la vie religieuse et consacrée" qui, si elle s'amplifie "met en sérieux danger la survie de quelques-uns [des instituts religieux]".
C'est ce qu'a expliqué José Rodriguez Carballo (ci-contre), secrétaire de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique (le dicastère vatican en charge des religieux). Il intervenait le mardi 29 Octobre à Rome dans le cadre d'une journée d'études sur le thème "Fidélité et persévérance vocationnelle dans une culture du provisoire". Un extrait de son intervention, intitulée "La fragilité vocationnelle : quelles responsabilités pour les institutions de vie consacrée ?", a été publié dans la version italienne du journal du Vatican L'Osservatore Romano.
Les chiffres
Les autorisations d'abandons (qui revêtent différentes formes : décrets de démissions, dispenses d'obligations sacerdotales, etc.) sont délivrées par trois dicastères différents. En additionnant le nombre d'abandons enregistrés pendant 5 années consécutives (2008-2012), on peut calculer une moyenne d'environ 3000 par an : "plus de 3000 religieux ou religieuses ont quitté chaque année la vie consacrée", selon José Rodriguez Carballo. Et le prélat espagnol précise que ni "les membres des sociétés de vie apostolique qui ont abandonné leur consécration, ni ceux en vœux temporaires" n'ont été pris en compte.
Bien qu'il soit "quasiment impossible de révéler avec exactitude" les causes de ces abandons, les documents fournis lors d'une demande d'abandon révèlent des motifs récurrents.
Une première raison : la crise spirituelle
Le secrétaire de la Congrégation relève d'abord l' "absence de la vie spirituelle - prière personnelle, prière communautaire, vie sacramentelle - qui conduit, bien souvent, à compter exclusivement sur les activités de l'apostolat, pour pouvoir ainsi continuer ou pour trouver des subterfuges. Très souvent ce manque de vie spirituelle débouche sur une profonde crise de la foi". Et ce grand vide spirituel, dont les religieux témoignent peu, n'est pas la seule perte de sens qu'ils peuvent rencontrer sur le chemin de leur vie consacrée.
La désaffection à l'égard de la vie communautaire
La "perte du sens de l'appartenance à la communauté, à l'institution, et dans certains cas à l’Église elle-même" est la deuxième cause dont parle José Rodriguez Carballo. Elle se manifeste "dans la critique systématique des membres de sa propre communauté ou de son institution, en particulier de l'autorité, qui produit une grande insatisfaction; dans la participation insuffisante aux moments communautaires ou aux initiatives de la communauté, à cause d'un manque d'équilibre entre les exigences de la vie communautaires et les exigences de l'individu et de l'apostolat qui se déroule".
Le franciscain précise que les problèmes rencontrés le plus fréquemment dans la vie communautaire concernent "les relations interpersonnelles, les incompréhensions, le manque de dialogue et de communication authentique, l'incapacité psychique à vivre les exigences de la vie fraternelle en communauté, l'incapacité à résoudre les conflits..."
Quant aux difficultés avec l’Église, il peut s'agir d'un "manque de vraie communion avec elle". Cela se traduit par un rejet de "l'enseignement de l’Église sur des thèmes spécifiques comme le sacerdoce des femmes et la morale sexuelle".
Les problèmes affectifs
Ils sont nombreux, d'après José Rodriguez Carballo, pouvant aller "du fait de tomber amoureux, qui se conclut par le mariage, à la violation du vœu de chasteté, soit par des actes répétés d'homosexualité [...], soit par des relations hétérosexuelles, plus ou moins fréquentes. Parfois les problèmes affectifs ont une répercussion claire sur la vie fraternelle en communauté [...], en provocant des conflits continuels qui finissent par rendre la communauté invivable".
Un reflet de la société actuelle ?
Pour mieux expliquer ces différentes facteurs d'abandon, il faut pour le secrétaire de la Congrégation analyser "la société de laquelle proviennent nos jeunes".
"Nous vivons à une époque caractérisée par des changements culturels imprévisibles ", affirme-t-il, "nouvelles cultures et sous-cultures, nouveaux symboles, nouveaux styles de vie et nouvelles valeurs. Tout cela arrive à une vitesse vertigineuse".
Pour Mgr Carballo, les anciennes valeurs ont laissé la place "à la complexité, à la pluralité, à l'opposition de modèles de vie et de comportements éthiques". La société actuelle se caractériserait par "l'incertitude, par le doute, par le repliement dans le quotidien et dans l'émotionnel". "Il devient difficile", soutient-il, "de comprendre ce qui est essentiel et ce qui est secondaire et accidentel".
Une société de marché
"Tout est mesuré et évalué selon l'utilité et la rentabilité, même les personnes", déplore José Rodriguez Carballo. "Une telle conception mercantiliste de la personne va jusqu'à privilégier l'action, l'utilité, et même l'apparence sur l'être".
Une société du "zapping"
Ce serait une autre tendance qui pousserait les jeunes à abandonner l'aventure de la vie consacrée. Un zapping, qui, au sens figuré, signifie "ne pas tenir ses engagements à long-terme, passer d'une expérience à l'autre, sans faire aucune expérience qui marque la vie". Mgr Carballo dépeint aussi un monde où "il n'y a pas de place pour le sacrifice, ni pour le renoncement, ni pour aucune valeur similaire. En revanche, celles-ci sont présentes dans le choix de la vocation qui exige, par conséquent, d'aller à contrecourant".
Une société individualiste
La dernière teinte venant assombrir ce tableau de la société actuelle, c'est celle de "la domination du néo-individualisme et de la culture de la suggestivité". Le prélat espagnol explique que "l'individu est la mesure de tout et tout est vu, mesuré et évalué en fonction de soi-même et de l'autoréalisation".
"L'homme actuel parle beaucoup, il est apparemment un grand communiquant, mais en réalité il ne réussit pas à communiquer en profondeur et, par conséquent, il ne réussit pas à rencontrer l'autre", remarque-t-il.
Quelles solutions ?
José Rodriguez Carballo a finalement proposé à son auditoire quelques pistes pour "prévenir les abandons", sans toutefois espérer "les éviter totalement". Parmi ces propositions, choisir comme "structure fondamentale" de la vie consacrée "une expérience renouvelée du Dieu Un et Trinitaire" ; ne pas "s'enfermer dans un mysticisme séparé de tout et de tous", mais faire en sorte que le "dynamisme trinitaire" établisse "une relation de communion avec les autres" et pousse au "don de soi-même aux autres" ; présenter "la vie consacrée et religieuse dans toute sa radicalité évangélique" et faire un discernement adéquat ; fournir "un accompagnement personnalisé" pendant la formation initiale et les premières années de profession solennelle.
Remarque personnelle :
Vraiment intéressant mais un peu faiblard sur les solutions à apporter.
http://radionotredame.net/2013/vie-de-leglise/plus-de-3000-religieux-abandonnent-chaque-annee-la-vie-consacree/
[quote][b]Plus de 3000 religieux abandonnent chaque année la vie consacrée [/b]
Le Mercredi 30 octobre 2013 à 15:06 par Adelaide Patrignani dans Vie de l'Église
C'est le chiffre alarmant fourni le 29 Octobre par un dicastère du Vatican. Quelles sont les causes de ces abandons ? Comment combattre cette fragilité des vocations ?
Pour justifier la crise des vocations, on peut se référer au "nombre des abandons". Cette donnée est "certainement le symptôme d'une crise plus large dans la vie religieuse et consacrée" qui, si elle s'amplifie "met en sérieux danger la survie de quelques-uns [des instituts religieux]".
C'est ce qu'a expliqué José Rodriguez Carballo (ci-contre), secrétaire de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique (le dicastère vatican en charge des religieux). Il intervenait le mardi 29 Octobre à Rome dans le cadre d'une journée d'études sur le thème "Fidélité et persévérance vocationnelle dans une culture du provisoire". Un extrait de son intervention, intitulée "La fragilité vocationnelle : quelles responsabilités pour les institutions de vie consacrée ?", a été publié dans la version italienne du journal du Vatican L'Osservatore Romano.
Les chiffres
Les autorisations d'abandons (qui revêtent différentes formes : décrets de démissions, dispenses d'obligations sacerdotales, etc.) sont délivrées par trois dicastères différents. En additionnant le nombre d'abandons enregistrés pendant 5 années consécutives (2008-2012), on peut calculer une moyenne d'environ 3000 par an : "plus de 3000 religieux ou religieuses ont quitté chaque année la vie consacrée", selon José Rodriguez Carballo. Et le prélat espagnol précise que ni "les membres des sociétés de vie apostolique qui ont abandonné leur consécration, ni ceux en vœux temporaires" n'ont été pris en compte.
Bien qu'il soit "quasiment impossible de révéler avec exactitude" les causes de ces abandons, les documents fournis lors d'une demande d'abandon révèlent des motifs récurrents.
Une première raison : la crise spirituelle
Le secrétaire de la Congrégation relève d'abord l' "absence de la vie spirituelle - prière personnelle, prière communautaire, vie sacramentelle - qui conduit, bien souvent, à compter exclusivement sur les activités de l'apostolat, pour pouvoir ainsi continuer ou pour trouver des subterfuges. Très souvent ce manque de vie spirituelle débouche sur une profonde crise de la foi". Et ce grand vide spirituel, dont les religieux témoignent peu, n'est pas la seule perte de sens qu'ils peuvent rencontrer sur le chemin de leur vie consacrée.
La désaffection à l'égard de la vie communautaire
La "perte du sens de l'appartenance à la communauté, à l'institution, et dans certains cas à l’Église elle-même" est la deuxième cause dont parle José Rodriguez Carballo. Elle se manifeste "dans la critique systématique des membres de sa propre communauté ou de son institution, en particulier de l'autorité, qui produit une grande insatisfaction; dans la participation insuffisante aux moments communautaires ou aux initiatives de la communauté, à cause d'un manque d'équilibre entre les exigences de la vie communautaires et les exigences de l'individu et de l'apostolat qui se déroule".
Le franciscain précise que les problèmes rencontrés le plus fréquemment dans la vie communautaire concernent "les relations interpersonnelles, les incompréhensions, le manque de dialogue et de communication authentique, l'incapacité psychique à vivre les exigences de la vie fraternelle en communauté, l'incapacité à résoudre les conflits..."
Quant aux difficultés avec l’Église, il peut s'agir d'un "manque de vraie communion avec elle". Cela se traduit par un rejet de "l'enseignement de l’Église sur des thèmes spécifiques comme le sacerdoce des femmes et la morale sexuelle".
Les problèmes affectifs
Ils sont nombreux, d'après José Rodriguez Carballo, pouvant aller "du fait de tomber amoureux, qui se conclut par le mariage, à la violation du vœu de chasteté, soit par des actes répétés d'homosexualité [...], soit par des relations hétérosexuelles, plus ou moins fréquentes. Parfois les problèmes affectifs ont une répercussion claire sur la vie fraternelle en communauté [...], en provocant des conflits continuels qui finissent par rendre la communauté invivable".
Un reflet de la société actuelle ?
Pour mieux expliquer ces différentes facteurs d'abandon, il faut pour le secrétaire de la Congrégation analyser "la société de laquelle proviennent nos jeunes".
"Nous vivons à une époque caractérisée par des changements culturels imprévisibles ", affirme-t-il, "nouvelles cultures et sous-cultures, nouveaux symboles, nouveaux styles de vie et nouvelles valeurs. Tout cela arrive à une vitesse vertigineuse".
Pour Mgr Carballo, les anciennes valeurs ont laissé la place "à la complexité, à la pluralité, à l'opposition de modèles de vie et de comportements éthiques". La société actuelle se caractériserait par "l'incertitude, par le doute, par le repliement dans le quotidien et dans l'émotionnel". "Il devient difficile", soutient-il, "de comprendre ce qui est essentiel et ce qui est secondaire et accidentel".
Une société de marché
"Tout est mesuré et évalué selon l'utilité et la rentabilité, même les personnes", déplore José Rodriguez Carballo. "Une telle conception mercantiliste de la personne va jusqu'à privilégier l'action, l'utilité, et même l'apparence sur l'être".
Une société du "zapping"
Ce serait une autre tendance qui pousserait les jeunes à abandonner l'aventure de la vie consacrée. Un zapping, qui, au sens figuré, signifie "ne pas tenir ses engagements à long-terme, passer d'une expérience à l'autre, sans faire aucune expérience qui marque la vie". Mgr Carballo dépeint aussi un monde où "il n'y a pas de place pour le sacrifice, ni pour le renoncement, ni pour aucune valeur similaire. En revanche, celles-ci sont présentes dans le choix de la vocation qui exige, par conséquent, d'aller à contrecourant".
Une société individualiste
La dernière teinte venant assombrir ce tableau de la société actuelle, c'est celle de "la domination du néo-individualisme et de la culture de la suggestivité". Le prélat espagnol explique que "l'individu est la mesure de tout et tout est vu, mesuré et évalué en fonction de soi-même et de l'autoréalisation".
"L'homme actuel parle beaucoup, il est apparemment un grand communiquant, mais en réalité il ne réussit pas à communiquer en profondeur et, par conséquent, il ne réussit pas à rencontrer l'autre", remarque-t-il.
Quelles solutions ?
José Rodriguez Carballo a finalement proposé à son auditoire quelques pistes pour "prévenir les abandons", sans toutefois espérer "les éviter totalement". Parmi ces propositions, choisir comme "structure fondamentale" de la vie consacrée "une expérience renouvelée du Dieu Un et Trinitaire" ; ne pas "s'enfermer dans un mysticisme séparé de tout et de tous", mais faire en sorte que le "dynamisme trinitaire" établisse "une relation de communion avec les autres" et pousse au "don de soi-même aux autres" ; présenter "la vie consacrée et religieuse dans toute sa radicalité évangélique" et faire un discernement adéquat ; fournir "un accompagnement personnalisé" pendant la formation initiale et les premières années de profession solennelle.[/quote]