AdoramusTe a écrit :Je sais que s'il s'avérait que quelqu'un veuille aller plus en avant dans l'Eglise, je préférerais l'inviter à une veillée d'adoration qu'à une messe Paul VI.
L'adoration est aussi pratiquée dans les paroisses où l'on célèbre selon la FORM. Sur notre secteur paroissial, c'est tous les jeudis.
Je n'y inviterais pas quiconque sans discernement. Des amis attirés par le zen, par exemple, sans problème. Mais des gens qui trouvent déjà qu'on s'ennuie à la messe, et qui n'ont aucun vécu de prière personnelle ? Je doute que la greffe prenne. Je les inviterais plutôt à une veillée de méditation de la Parole.
Vous avez encore tout compris, et je ne suis pas ironique. C'est d'aujourd'hui dont nous parlons et pas d'hier (j'ai l'impression de me répéter).
Vous vous répétez, je confirme qu'effectivement vous avez du mal à être entendu sur ce point
Personnellement, je ne considère pas du tout que vous souhaitiez revenir à l'Eglise pré-conciliaire. Mais je réagis quand je lis que la FERM serait la panacée qui guérit tous les maux de l'Eglise : ces maux sont nés et ont grandis au sein même de la pratique de la FERM.
J'ai enfin réalisé quelque chose hier de tout à fait fondamental :
la FERM pratiquée aujourd'hui, aussi bien que la FORM née après Vatican II, sont toutes deux filles du mouvement liturgique commencé par dom Guéranger. La FORM n'a pas été instaurée pour tout détruire, mais dans le but au contraire de mieux célébrer la messe. Elle a été conçue par des experts en liturgie, des gens qui en ont étudié l'histoire, les sources, la pratique dans les différents rites de l'Eglise... La FERM pratiquée aujourd'hui n'a été maintenue que par des chrétiens soucieux de liturgie, qui certes n'ont pas accepté les innovations, mais ont avant tout le but de mieux célébrer la messe.
Je pense qu'il sera possible de nous rapprocher quand nous commencerons à voir non ce qui nous oppose, mais justement ce soucis commun de célébrer le mieux possible.
Je constate plusieurs choses : les personnes qui pratiquent la FERM sont beaucoup plus jeunes, la foi chez eux à été sérieusement transmise, et ils donnent en moyenne beaucoup de vocations tant sacerdotales que religieuses.
C'est vrai. Mais c'est souvent l'effet des postures un peu "radicales" : quand il faut lutter pour continuer à exercer des choix allant à contre-courant, cela renforce la vie intérieure.
C'est d'ailleurs pourquoi je pense que les épreuves que traverse l'Eglise aujourd'hui, et notamment le manque de prêtres, sont une bonne chose : elles purifieront la foi, et révèlera une braise vive d'où le feu repartira. Un peu comme la foi d'Israël a été renforcée par l'Exil à Babylone.
Alors, va-t-on enfin se poser les bonnes questions dans l'Eglise ? Les recettes de l'après Concile sont-elles encore valables ? Est-ce qu'on ne serait pas trompé ?
Les jeunes ne sont-ils pas en recherche de contemplation, de silence, de verticalité, de beauté ? Croit-on encore à l'efficacité des messes de jeunes ou à toutes ces liturgies frelatées qu'on leur propose ?
Je ne prétends pas répondre aux questions. Mais j'aimerais tant déjà les voir poser. Je rêve.
Si vous pensez qu'elles ne sont pas posées, c'est que vous ne regardez pas au bon endroit.
On voit de plus en plus de monde, laïcs autant que prêtres, s'interroger sur la pertinence de "messes de jeunes" ou de "messes de familles" auxquelles ont voit débarquer des gens qu'on ne voit jamais le reste de l'année. D'un côté, c'est signe que quelque chose ne va pas le reste de l'année, mais d'un autre côté, c'est signe que ces messes ne permettent pas de "mettre le pied à l'étrier" pour intégrer la communauté de manière plus régulière.
Contemplation, silence, verticalité, beauté : voilà des axes selon lesquels travaillent beaucoup d'équipes liturgiques, du moins celles soucieuses de faire évoluer les choses.
Mais il ne faut pas oublier que non, tout le monde ne recherche pas cela. Il y a aussi beaucoup de gens qui souhaitent des célébrations plus "vivantes", où l'on ressente effectivement éclater cette joie que nous disons avoir.
Je dirais que dans les groupes "FERM", vous avez les choses un peu faciles : les gens qui s'y engagent sont convaincus, motivés, et prêt à se former pour progresser. Dans les paroisses ordinaires, il faut faire avec les gens qui sont là, qui tous n'ont pas ce soucis.
Il y a eu beaucoup de dégât dans les années 70, c'est certain. L'effet mai 68 a fait ses ravages dans l'Eglise aussi. Mais il y a eu du progrès depuis. Je me rappelle très bien qu'enfant, les prêtres ne portaient pas de chasuble. J'ai été tout étonné la première fois que j'en ai vu une. J'ai vu des prêtres partir en retraite au début des années 2000, et en revenir transformer, célébrant la liturgie eucharistique comme jamais ils ne l'avaient fait. Je vois beaucoup de "jeunes" prêtres porter beaucoup plus d'attention à la liturgie, ce qui est signe pour moi que la formation en séminaire s'est améliorée.
Alors oui, évidemment, il y a du travail à faire. Beaucoup de travail. Mais on ne peut pas attendre que tout avance à la même vitesse que les communautés où ne se retrouvent que des gens particulièrement motivés (que ce soient des communautés "FERM", des groupes du renouveau charismatique ou autres, comme les mouvements organisés par les jésuites pour les jeunes).
Dans les paroisses "ordinaires", nous devons composer avec les possibilités d'évolution des gens, sous peine de les perdre en route. C'est fatigant, c'est parfois difficile de rester motiver, et la tentation est grande de claquer la porte pour aller là où ça va tout seul. Mais n'en est-il pas ainsi de tout apostolat ?
Notez quand même que verticalité, silence, contemplation, et même messe en latin pour les amateurs, tout ceci s'intègre sans difficulté dans la FORM. Ce qu'il faut faire évoluer, ce n'est pas tant le missel que la manière de célébrer. Je suis convaincu que le missel Paul VI est meilleur que le missel tridentin. Les problèmes que l'on constate ne viennent pas du missel, mais du fait que l'on ne le respecte pas, justement.
[quote="AdoramusTe"]Je sais que s'il s'avérait que quelqu'un veuille aller plus en avant dans l'Eglise, je préférerais l'inviter à une veillée d'adoration qu'à une messe Paul VI.[/quote]
L'adoration est aussi pratiquée dans les paroisses où l'on célèbre selon la FORM. Sur notre secteur paroissial, c'est tous les jeudis.
Je n'y inviterais pas quiconque sans discernement. Des amis attirés par le zen, par exemple, sans problème. Mais des gens qui trouvent déjà qu'on s'ennuie à la messe, et qui n'ont aucun vécu de prière personnelle ? Je doute que la greffe prenne. Je les inviterais plutôt à une veillée de méditation de la Parole.
[quote]Vous avez encore tout compris, et je ne suis pas ironique. C'est d'aujourd'hui dont nous parlons et pas d'hier (j'ai l'impression de me répéter).[/quote]
Vous vous répétez, je confirme qu'effectivement vous avez du mal à être entendu sur ce point ;)
Personnellement, je ne considère pas du tout que vous souhaitiez revenir à l'Eglise pré-conciliaire. Mais je réagis quand je lis que la FERM serait la panacée qui guérit tous les maux de l'Eglise : ces maux sont nés et ont grandis au sein même de la pratique de la FERM.
J'ai enfin réalisé quelque chose hier de tout à fait fondamental : [b]la FERM pratiquée aujourd'hui, aussi bien que la FORM née après Vatican II, sont toutes deux filles du mouvement liturgique commencé par dom Guéranger[/b]. La FORM n'a pas été instaurée pour tout détruire, mais dans le but au contraire de mieux célébrer la messe. Elle a été conçue par des experts en liturgie, des gens qui en ont étudié l'histoire, les sources, la pratique dans les différents rites de l'Eglise... La FERM pratiquée aujourd'hui n'a été maintenue que par des chrétiens soucieux de liturgie, qui certes n'ont pas accepté les innovations, mais ont avant tout le but de mieux célébrer la messe.
Je pense qu'il sera possible de nous rapprocher quand nous commencerons à voir non ce qui nous oppose, mais justement ce soucis commun de célébrer le mieux possible.
[quote]Je constate plusieurs choses : les personnes qui pratiquent la FERM sont beaucoup plus jeunes, la foi chez eux à été sérieusement transmise, et ils donnent en moyenne beaucoup de vocations tant sacerdotales que religieuses.[/quote]
C'est vrai. Mais c'est souvent l'effet des postures un peu "radicales" : quand il faut lutter pour continuer à exercer des choix allant à contre-courant, cela renforce la vie intérieure.
C'est d'ailleurs pourquoi je pense que les épreuves que traverse l'Eglise aujourd'hui, et notamment le manque de prêtres, sont une bonne chose : elles purifieront la foi, et révèlera une braise vive d'où le feu repartira. Un peu comme la foi d'Israël a été renforcée par l'Exil à Babylone.
[quote]Alors, va-t-on enfin se poser les bonnes questions dans l'Eglise ? Les recettes de l'après Concile sont-elles encore valables ? Est-ce qu'on ne serait pas trompé ?
Les jeunes ne sont-ils pas en recherche de contemplation, de silence, de verticalité, de beauté ? Croit-on encore à l'efficacité des messes de jeunes ou à toutes ces liturgies frelatées qu'on leur propose ?
Je ne prétends pas répondre aux questions. Mais j'aimerais tant déjà les voir poser. Je rêve.[/quote]
Si vous pensez qu'elles ne sont pas posées, c'est que vous ne regardez pas au bon endroit.
On voit de plus en plus de monde, laïcs autant que prêtres, s'interroger sur la pertinence de "messes de jeunes" ou de "messes de familles" auxquelles ont voit débarquer des gens qu'on ne voit jamais le reste de l'année. D'un côté, c'est signe que quelque chose ne va pas le reste de l'année, mais d'un autre côté, c'est signe que ces messes ne permettent pas de "mettre le pied à l'étrier" pour intégrer la communauté de manière plus régulière.
Contemplation, silence, verticalité, beauté : voilà des axes selon lesquels travaillent beaucoup d'équipes liturgiques, du moins celles soucieuses de faire évoluer les choses.
Mais il ne faut pas oublier que non, tout le monde ne recherche pas cela. Il y a aussi beaucoup de gens qui souhaitent des célébrations plus "vivantes", où l'on ressente effectivement éclater cette joie que nous disons avoir.
Je dirais que dans les groupes "FERM", vous avez les choses un peu faciles : les gens qui s'y engagent sont convaincus, motivés, et prêt à se former pour progresser. Dans les paroisses ordinaires, il faut faire avec les gens qui sont là, qui tous n'ont pas ce soucis.
Il y a eu beaucoup de dégât dans les années 70, c'est certain. L'effet mai 68 a fait ses ravages dans l'Eglise aussi. Mais il y a eu du progrès depuis. Je me rappelle très bien qu'enfant, les prêtres ne portaient pas de chasuble. J'ai été tout étonné la première fois que j'en ai vu une. J'ai vu des prêtres partir en retraite au début des années 2000, et en revenir transformer, célébrant la liturgie eucharistique comme jamais ils ne l'avaient fait. Je vois beaucoup de "jeunes" prêtres porter beaucoup plus d'attention à la liturgie, ce qui est signe pour moi que la formation en séminaire s'est améliorée.
Alors oui, évidemment, il y a du travail à faire. Beaucoup de travail. Mais on ne peut pas attendre que tout avance à la même vitesse que les communautés où ne se retrouvent que des gens particulièrement motivés (que ce soient des communautés "FERM", des groupes du renouveau charismatique ou autres, comme les mouvements organisés par les jésuites pour les jeunes).
Dans les paroisses "ordinaires", nous devons composer avec les possibilités d'évolution des gens, sous peine de les perdre en route. C'est fatigant, c'est parfois difficile de rester motiver, et la tentation est grande de claquer la porte pour aller là où ça va tout seul. Mais n'en est-il pas ainsi de tout apostolat ?
Notez quand même que verticalité, silence, contemplation, et même messe en latin pour les amateurs, tout ceci s'intègre sans difficulté dans la FORM. Ce qu'il faut faire évoluer, ce n'est pas tant le missel que la manière de célébrer. Je suis convaincu que le missel Paul VI est meilleur que le missel tridentin. Les problèmes que l'on constate ne viennent pas du missel, mais du fait que l'on ne le respecte pas, justement.